lundi 19 août 2019

UK Serial killer d'Emily Tibbatts - Editions Ring


**** Chronique de Jess **** 


Pour la première fois en librairie : les dix plus effroyables tueurs en série de Grande-Bretagne.
Si les tueurs français et américains ont largement nourri la littérature criminelle et le cinéma, les serial killers d'outre-Manche restaient, jusqu'à ce livre noir, inconnus du grand public. 
Dans l'ombre de Jack l'Éventreur, ce sont des hommes et des femmes noyés dans la masse, cannibales, nécrophiles, éventreurs, empoisonneurs, pédophiles et prédateurs qui ont tué et massacré en nombre durant des décennies. 

La conférencière Emily Tibbatts, fondatrice du site francophone de référence tueursenserie.org et auteur de dizaines de biographies en ligne de serial killers, fait son entrée en librairie avec les longs portraits immersifs et passionnants des dix plus terrifiants tueurs en série de Grande-Bretagne. UK Serial Killers vous plonge dans leur histoire intime et leur traque, le détail de leurs crimes qui vous fera frémir d'horreur, leurs motivations macabres, les progrès des techniques médico-légales, d'enquêtes... 

Et l'ampleur de ces chasses à l'homme.


J'aime énormément les histoires de faits divers et en particulier les tueurs en série. Ce n'est pas pour rien que je suis fan de Stéphane Bourgoin et de ses ouvrages sur les tueurs en série (dont certains livres ont été édité chez Ring). Je ne suis pourtant pas très au fait des tueurs en série anglais à part le célèbre Jack L'éventreur. J'ai donc été plus que ravie de recevoir ce livre-documentaire qui retrace le parcours de 10 tueurs et tueuses en série.

Certains documentaires peuvent parfois être ennuyeux à lire mais celui-ci est très bien fait. L'auteure va dresser un portrait édifiant de chaque tueur en série. Elle va nous raconter leur enfance et comment tout a débuté pour finir par la traque du tueur par les différents services de police d'Angleterre et parfois même d'Irlande. Certains ont tué pendant des dizaines d'années avant d'être enfin arrêté ! Il faut dire que certaines histoires remontent au XIXème siècle où la science n'était pas encore trop au fait de la police.
Chaque tueur est différent des autres, entre la veuve noire, le pédophile, les tueurs de femmes ou des couples de tueurs, le pire de l'humain est bien décrypté. L'histoire d'un des couples de tueurs m'a particulièrement choqué ! 
Je me demande comment il est possible qu'un être humain fasse autant de mal à un autre être humain. Je n'arrive pas à comprendre certaines actions et l'horreur de certaines histoires.

Emily Tibbatts nous offre son travail remarquable dans cet ouvrage. Un documentaire percutant, effrayant, qui ne vous laissera pas de marbre. J'ai découvert une nouvelle auteure que je vais suivre de près. Elle reprend ces faits divers en s'appuyant sur les faits et rien que les faits, pas d'extrapolation ni de faits romancés ou imaginés. Et elle nous livre aussi le "Pourquoi" des meurtres ce qui est vraiment passionnant. 

Si vous aimez les faits divers, les histoires vraies et surtout les tueurs en série ce livre doit absolument rejoindre votre bibliothèque ! 

dimanche 18 août 2019

Sang famille de Michel Bussi - Pocket Editions

**** Chronique de Jess ****



« Je m'appelle Colin Rémy. J'ai seize ans. Je suis orphelin.

C'est du moins ce que tout le monde m'a toujours dit. Pour ma part, je ne l'ai jamais vraiment cru.
C'est aussi pour cela que je suis retourné cet été d'août 2000 à Mornesey, la petite île anglo-normande au large de Granville où j'ai passé les premières années de ma vie.
C'est alors que tout a basculé dans la folie.
Quel rapport entre mon histoire et l'évasion de deux prisonniers lors d'un transfert vers le centre de détention, semant la panique sur Mornesey au coeur de la saison touristique ?
Dois-je croire les légendes de l'île ? Mornesey serait peuplée de bagnards et de leurs descendants ... Un trésor légendaire, la Folie-Mazarin, dormirait dans le labyrinthe de souterrains creusés sous l'île.
A qui puis-je faire confiance ? 



Ce roman est une réédition qui date des années 2000. J'aime beaucoup les romans de Michel Bussi car il arrive toujours à me retourner le cerveau et à me mettre de belles claques. 
Dans ce roman, il nous emmène sur l'île de Monersey (île fictive inventée par l'auteur). Le jeune Colin y passe ses vacances dans un camp de voile. Il déteste pourtant la voile, mais ce qui l'a décidé à passer ses vacances là-bas est surtout son histoire personnelle. Quand il avait 6 ans son père a disparu en mer, son corps a été retrouvé 6 jours plus tard. Et sa mère n'acceptant pas sa mort, s'est suicidée quelques semaines plus tard. Mais pour Colin tout ceci est faux. Il est persuadé que son père est vivant, et que son oncle et sa tante, chez qui il vit depuis le drame, lui cachent la vérité. Il va donc partir à la découverte de son passé.
Son père était le propriétaire de l'Abbaye de l'île où il a pratiqué pendant une petite dizaine d'années de nombreuses fouilles. Ce lieu est à l'origine d'un drame qui a conduit à la disparition de son père. 
Une histoire de trésor caché est aussi au cœur des légendes de l'île.  

Dans le même temps, deux prisonniers de la prison de l'île s'évadent lors d'un transfert. Simon Casanova est le jeune employé de la mairie et pour faire régner l'ordre parmi les touristes, il va se passionner pour l'affaire et tenter de comprendre pourquoi ils se sont évadés. 

Michel Bussi, nous emmène dans une véritable chasse au trésor dans ce roman. L'enquête va être menée en parallèle entre Simon et Colin. Nous, lecteurs, apprendrons bien souvent la vérité avant les protagonistes. Dans son premier roman, Michel Bussi avait déjà les prémices d'un grand auteur. On retrouve les ingrédients qui font de lui (c'est ce que je pense) un véritable génie littéraire pour nous faire croire des choses. Mais du coup je commence à voir venir les choses et le twist final ne m'a pas étonné plus que ça. 
J'ai trouvé aussi qu'il y avait certaines longueurs et répétitions. 

J'ai quand même passé un agréable moment de lecture. Un roman idéal pour les vacances, à lire sur sa serviette de plage. Mais je ne pense pas que je me rappellerais longtemps de l'histoire et de l'intrigue. 

Autres chroniques :


Le temps est assassin

Nympheas noirs

On la trouvait plutôt jolie

lundi 12 août 2019

Seul avec la nuit de Christian Blanchard - Editions Belfond


**** Chronique de Jess ****


Que sommes-nous réellement prêts à faire pour sauver nos proches ?

Cette question, Éric de la Boissière se la pose tous les jours. Sa fille, Élodie, est atteinte d'une grave maladie rénale. Du fait de son groupe sanguin, ses chances de recevoir une greffe sont quasi nulles. Mais avec beaucoup d'argent... Élodie doit pouvoir être soignée, pense Éric. Dirigeant d'un établissement financier, il a entendu parler de réseaux parallèles permettant d'obtenir un organe sain de donneurs volontaires.


Que sommes-nous prêts à sacrifier pour sauver nos proches ?
Cette question, Gilles Patrick ne se l'était jamais posée. Mais depuis quelques semaines, ce grand chirurgien ne dort plus. Tandis qu'un revolver est braqué sur la tempe de son épouse et de sa fille, un groupe d'hommes le contraint à pratiquer de lourdes opérations sur de jeunes patients pourtant en pleine santé.

Les circonstances ont beau être différentes, la raison qui a fait basculer ces deux hommes dans un autre monde est la même. Et si la volonté de sauver un proche n'était pas une raison suffisante ? D'une noirceur abyssale, le nouveau roman de Christian Blanchard explore les âmes compromises et pousse ses personnages, comme le lecteur, dans leurs pires retranchements.



Premier livre que je lis de Christian Blanchard. Celui-ci me faisait de l’œil depuis quelques mois et encore plus en lisant les quelques avis dithyrambiques. Encore une fois je profite de l'été pour lire ceux qui me donne envie.


Premier chapitre, l'horreur ! Une jeune Érythréenne est enfermée dans un cargo avec plusieurs centaines de migrants. Heureusement pour elle, elle s'est trouvée un endroit où de l'air et un peu d'eau de pluie passe. Elle sera la seule survivante de ses plusieurs jours de traversée. Et quand enfin elle se sent en sécurité à l'hôpital elle va faire la rencontre de trop qui va la ramener encore plus loin dans l'enfer. 
Un chirurgien se réveille en pleine nuit avec un pistolet braqué sous son nez. Sa femme et sa fille sont ligotées et menacées également. On va lui demander la pire des choses pour un médecin, amputer des enfants ou prélever leurs organes.
Diarra et Sayid sont deux jeunes immigrés qui viennent de Lybie et de Syrie. Ils ont tous les deux été amputés pour rapporter plus d'argent lorsqu'ils mendient au carrefour. Mais ils décident de fuir leur bourreau.
Et puis nous avons Muette et Nemo. Un matin lors de sa balade, Némo tombe sur une jeune fille en haut d'une passerelle. Nemo est vieux et Muette va lui rappeler quelqu'un. Il va se prendre d'affection pour elle et la protéger. Il voudrait surtout savoir ce qui lui est arrivé et qu'elle lui parle enfin.
Et nous aurons aussi Elodie, jeune fille de 12 ans continuellement sous dialyse car ses reins ne fonctionnent plus. Son groupe sanguin est rare, trouver un rein encore plus. Ses parents ont de l'argent et vont tout faire pour lui trouver un rein peu importe d'où il provient.

Roman choral qui va nous raconter la même histoire ou presque mais avec des points de vues différents. Quel est le lien entre chaque personnage? J'ai essayé de comprendre, d'émettre des hypothèses mais en me plantant sur toute la ligne. Surtout que l'auteur distille de faux indices pour nous induire en erreur ;-)
Et il y a cette noirceur, l'horreur que vivent certains et certaines. L'horreur que font subir des individus vénaux pour de l'argent facile. Le pire de tout je pense, est que l'on sait qu'il se passe ces choses là (maltraitance des migrants, viols, prostitutions des enfants etc) mais qu'on ne fait rien et qu'on laisse faire. 
Les descriptions de l'horreur que vivent certains personnages sont à couper le souffle. Que ce soit une douleur physique ou mentale, l'auteur la décrit avec perfection. 
Je me suis énormément attachée à certains personnages notamment Némo et aux deux jeunes africains. Le style et la construction de l'histoire sont addictifs. On passe d'un personnage à l'autre et souvent le chapitre s'arrête sur un fait marquant.

J'aurais un petit bémol, juste un, j'ai trouvé la fin un peu rapide. Je n'ai pas eu d'explications à certaines de mes interrogations en ce qui concerne un des personnage. J'ai eu l'impression que l'auteur était pressé de finir son histoire. Je trouve ça dommage car la quasi totalité du livre est une réussite.
Ce livre fera partie cette année des livres qui m'auront mis une claque et qui font réfléchir sur les problèmes actuels de la société, ici les migrants et le manque de donneurs d'organes. 




samedi 10 août 2019

Quand nos souvenirs viendront danser de Virginie Grimaldi - Editions Fayard

**** Chronique de Jess ****



"Lorsque nous avons emménagé impasse des Colibris, nous avions vingt ans, ça sentait la peinture fraîche et les projets, nous nous prêtions main-forte entre voisins en traversant les jardins non clôturés.

Soixante-trois ans plus tard, les haies ont poussé, nos souvenirs sont accrochés aux murs et nous ne nous adressons la parole qu'en cas de nécessité absolue. Nous ne sommes plus que six: Anatole, Joséphine, Marius, Rosalie, Gustave et moi, Marceline.

Quand le maire annonce qu'il va raser l'impasse - nos maisons, nos souvenirs, nos vies -, nous oublions le passé pour nous allier et nous battre . Tous les coups sont permis: nous n'avons plus rien à perdre, et c'est plus excitant qu'une sieste devant Motus."
À travers le récit de leur combat et une plongée dans ses souvenirs, Marceline livre une magnifique histoire d'amour, les secrets de toute une famille et la force des liens qui tissent une amitié.



Chaque année j'attends avec impatience le nouveau roman de Virginie Grimaldi. Je continue mes lectures plaisirs et celles que je n'ai pas eu le temps de lire cette année. Comme d'habitude les histoires de Virginie sont comme des petits bonbons qu'on déguste et une fois commencées on ne peut plus s'arrêter.

Virginie aime mettre en scène des personnes âgées. En général elles sont secondaires, cette fois elle les met en scène et en pleine lumière grâce à l'impasse des Colibris où vivent six d'entre eux. Marceline va nous raconter leurs histoires. Pourquoi elle le fait? car le maire a décidé de raser l'impasse pour y construire un parking qui jouxtera la nouvelle école qu'ils vont y bâtir. Pour les habitants de cette impasse c'est le choc, surtout quand on sait qu'ils y ont vécu toute leur vie. Ce n'est pas seulement du béton qu'ils vont détruire ce sont aussi leurs souvenirs. Malgré leur plus de 80 ans elles décident de se battre contre la mairie et tout ceux qui veulent les expulser. 
Marceline est devenue aigrie avec les années, on sent qu'il s'est passé pas mal de choses dans cette impasse et dans sa vie qui ont favorisées cette rancune et cette animosité. Elle va nous livrer sa vie, grâce à ses souvenirs et à son journal. Nous découvrirons sa vie de son emménagement à sa vie actuelle. 

Comme d'habitude, Virginie nous offre une belle histoire et de beaux personnages. Ces tranches de vie nous sont conter avec douceur, tendresse et humour. J'aime le style de Virginie, son humour, la façon dont elle décrit les personnages, les scènes qui sont souvent cocasses. Elle aborde des thèmes qu'elle traite avec finesse et justesse : l'amour, l'amitié, la vieillesse, la maladie, les regrets, la mort, le deuil et tout ce qui peut nous arriver dans une vie. 
Elle retrace aussi l'émancipation des femmes et par conséquent celle de Marceline. 
Virginie Grimaldi nous offre encore un merveilleux roman, une belle histoire, vraie, qui nous touche car on a tous vécu quelque chose qu'elle décrit. Des histoires simples mais pleines de sentiments. On passe du rire aux larmes, on sourit grâce aux jeux de mots et aux belles phrases. 

Encore une fois, Virginie Grimaldi m'a séduite. Elle fait partie des auteurs feel-good que j'affectionne. Ses romans sont pleins de douceur, de fraîcheur et de belles choses. Des livres qui font du bien au moral ;-)

Autres chroniques :






jeudi 8 août 2019

Le Sicilien de Carl Pineau - Editions Lajouanie

**** Chronique de Jess ****


Nantes, 1995. Une jeune albanaise est assassinée dans des conditions particulièrement sauvages. Dario, gérant de discothèque d'origine sicilienne, fait figure de principal suspect : on a retrouvé le cadavre dans le coffre de sa voiture ! Greg  Brandt, policier madré, est chargé de l'enquête, et dresse une liste bien plus étoffée de coupables potentiels, au premier rang de laquelle on trouve quelques mafieux, fraîchement débarqués d'Europe de l'Est, des notables aux curieuses fréquentations, des truands locaux et quelques hommes de main russes.


J'avais beaucoup entendu parlé de Carl Pineau avec son "Arménien". C'est donc avec le Sicilien que je le découvre. Et pour ma part le fait de ne pas avoir lu le premier ne m'a absolument pas dérangé. Ce qui est très curieux d'ailleurs pour un deuxième tome car il n'y a quasiment aucune référence au premier roman. 

Dès les premières lignes je dois vous avouer que j'ai été directement emportée dans l'histoire. Dario est gérant d'une discothèque. Je pense qu'il se rappellera très longtemps du soir de son 33ème anniversaire où il se fait interpeller pour le meurtre d'une albanaise. Une cliente de la discothèque qui a passé la soirée à lui faire du rentre dedans et que la police va retrouver éviscérée dans la voiture de Dario. Et en plus de ça, Leïla, sa fiançée est introuvable. Heureusement pour Dario, il va tomber sur un flic intègre qui dès le départ sera convaincu de son innocence. 

J'ai tout de suite eu un gros coup de cœur pour Dario. Et pourtant il fait des choses qui me font horreur dès le premier chapitre mais je ne sais pas pourquoi il m'a tout de suite séduite. Le rythme est bien dosé et efficace. Pas de temps morts, tout est là pour qu'on tourne les pages rapidement pour connaître le dénouement. L'histoire et l'enquête se tiennent de A à Z. J'ai aimé retourné dans les années 90. C'est drôle de penser qu'on pouvait fumer partout à cette époque ;-). Le monde de la nuit est très bien dépeint. C'est magouille et compagnie et on s'imagine très bien le tableau. Mais aussi le milieu gay des années 80-90, avec l'arrivée du Sida et des conséquences sociales qui en découlent. 
J'ai cherché aussi le coupable et le mobile de l'enquête mais je me suis plantée de toute beauté. Pareil en ce qui concerne la disparition de Leïla.
Carl Pineau n'épargne ni ses personnages, ni ses lecteurs ! J'ai souffert avec Dario, et j'ai eu du mal à imaginer certaines scènes sans frémir. J'ai aussi versé ma larme dans une autre scène. 

En bref c'est une très belle découverte que m'offre les Editions Lajouanie. Je vais vite m’enquérir du premier opus afin de vite retrouver Dario ;-) Et par conséquent, je dis vite, vite la suite ! 

lundi 5 août 2019

Un jour comme les autres de Paul Colize - HC Editions

**** Chronique de Jess ****

Emily vit seule en Italie où elle passe ses journées à trouver le mot juste - elle est traductrice littéraire de métier - et à faire parler les chiffres qu'elle affectionne. Mais surtout, elle passe ses journées à attendre. 


614 jours qu'elle attend. Presque deux années à se repasser en boucle la dernière journée d'Éric. En apparence un jour comme les autres. À essayer de comprendre. À ne pas pouvoir faire son deuil. 

Alain est reporter d'investigation au Soir, en Belgique. Il passe ses journées à enquêter, creuser, recouper les informations. Éric, il l'a connu. Suffisamment pour s'intéresser à sa disparition. Et encore plus quand il réapparaît...


Ça y est, j'ai enfin lu un roman de Paul Colize, depuis le temps que je devais lire cet auteur. J'en avais plusieurs dans ma bibliothèque mais j'ai préféré lire son dernier. Après je ne sais pas si c'était une bonne idée de commencer par celui-ci mais maintenant c'est fait :-)

Emily vit dans l'attente depuis quasiment 2 ans. Dans l'attente de l'homme de sa vie, Eric Deguide, qui est parti sans laisser de trace un jour du mois d'octobre. L'enquête de police est au point mort. Eric est professeur à l'Université, et écrit souvent des papiers pour le journal le Soir. Il est spécialiste du Droit international et se bat souvent contre des abus de certains pays.
Emily s'est exilée sur les bords du Lac Majeur, un endroit où elle avait passé quelques jours avec Eric quelques temps auparavant. Elle est en contact régulier avec Michel Lambert, qui a créé un forum sur les affaires criminelles et les disparitions. Michel s'est passionné sur cette histoire et compte bien découvrir ce qui s'est passé. Un jour il va recevoir un étrange  message qui va leur donner un nouveau point de départ.
Et puis l'enquête va repartir, mais pas de la part des policiers mais de journalistes belges. Alain Lallemand connaissait bien Eric. Il demande à son confrère Fred de fouiller et d'essayer de trouver sur quoi Eric travaillait.

L'histoire va se découper en plusieurs parties ou plutôt plusieurs actes. Le thème musical de ce polar est basé sur l'Opéra. Certains protagonistes de l'histoire sont passionnés d'Opéra (notamment Emily qui est chanteuse lyrique). Chaque acte pointera des éléments de l'enquête qui vont nous permettre de connaître la vérité sur la disparition d'Eric.

Paul Colize m'a offert un polar très différent de ce que j'ai l'habitude de lire. Le rythme est lent, les sentiments sont très bien décryptés. J'ai beaucoup aimé la plume de Paul, fluide, addictive, parfois poétique.
Mais, car il y a un mais, j'ai parfois été un peu perdu dans les différents nœuds de l'enquête. Je me suis parfois demandée si je comprenais bien tout. Mais cela ne m'a pas empêché de vouloir absolument connaître le dénouement de cette histoire bien mystérieuse.

Pour une découverte je suis plutôt satisfaite et je lirais les autres pour me faire un avis bien tranché.

vendredi 2 août 2019

La vie sauvage des femmes de Bénédicte Brézillon - Editions Mon Poche

**** Chronique de Jess ****

"Mercredi, ou la hantise de la femme active qui s'offre une punition en milieu de semaine pour que son enfant s'épanouisse harmonieusement. Je n'échappe pas à la règle. Le mercredi, c'est la journée en apnée qui finit en noyade." Epouse et mère modèle, publicitaire accomplie, Agathe pourrait passer pour l'archétype de la femme de devoir que rien n'émeut. Mais ce mercredi-là, il suffit d'un mot maladroit de son mari et d'une rencontre à un vernissage pour que son équilibre vacille... Et si elle avait manqué son destin ? Rattrapée par ses rêves et ses névroses ordinaires, elle décrit les étapes d'un fiasco qui la conduira, à coups de Xanax et de variété française, à réinventer sa vie. L'autodérision sauve de tout, y compris de la charge mentale : c'est ce que nous rappelle cette comédie jubilatoire en forme d'ode aux femmes d'aujourd'hui.



Comment ne pas se mettre dans les chaussures d'Agathe, la petite quarantaine, mariée, mère de deux enfants et accomplie professionnellement quand ce portrait nous ressemble énormément ? 
Elle jongle entre son 4/5ème, les contrats à rendre dans les temps, ses enfants et faire le bonheur de son mari qu'elle aime toujours autant. Mais sous son air de tout maîtriser, le burn-out pointe le bout de son nez, et c'est à coup de Xanax qu'elle réussit à tenir bon. Mais Agathe a aussi du mal à accepter son statut de petite bourgeoise parisienne qui a tout pour être heureuse. C'est sûr que quand on a tout difficile de se plaindre et de ne pas se sentir bien alors qu'on a tout pour être heureuse.

Un soir, lors d'une soirée professionnelle elle va faire une rencontre qui va chambouler son petit quotidien. Agathe va commencer sa petite crise de la quarantaine.
Etant moi-même au 4/5ème, plusieurs petites péripéties m'ont fait particulièrement sourire, notamment quand tous les mercredis matin son mari lui dit "amuse-toi bien!". Toutes les femmes ne travaillant pas les mercredis savent comment se déroule une journée type avec des enfants : courir aller récupérer les enfants à l'école, préparer le déjeuner, courir pour les emmener à leurs activités, ranger un minimum la maison et préparer le repas du soir pour toute la famille. En gros, on ne s'amuse pas bien au contraire !

Bénédicte Brezillon dresse un beau portrait de la femme moderne qui gère son quotidien au millimètre près. L'humour sera souvent au rendez-vous et ajoute un gros plus à cette histoire. L'auteure va nous raconter la vie d'Agathe qui pourrait être la vie de n'importe quelle femme de notre époque. Humour, situations cocasses, réalité des choses, Bénédicte Brézillon ne fera pas de concessions. 

J'ai passé un agréable moment à lire cette histoire qui pourrait être tirée d'une histoire vraie. Un bon roman à lire sur la plage cette été !

Je remercie les Editions Mon poche pour cette découverte.