lundi 29 juillet 2019

Sex Doll de Danielle Thiery - Editions Flammarion


**** Chronique de Jess ****


À Paris, l'ouverture d'un hôtel de passe 2.0, dont les pensionnaires sont des poupées en silicone, ne fait pas l'unanimité. Son jeune propriétaire, précurseur sur le marché du sexe, n'avait pas imaginé les réactions violentes que sa start-up provoquerait.

Dans le même temps, l'Office, dirigé par le commissaire Marion, est confronté à une série de meurtres atroces. Trois femmes sont retrouvées mutilées, des parties de leur corps trafiquées afin d'en faire des créatures parfaites. 

La psycho-criminologue Alix de Clavery, dont l'expertise est indispensable sur ce dossier, a mystérieusement disparu. Si Marion devine que ces affaires sont liées, elle n'imagine pas à quel point. 

De Paris au Japon, elle traque ce Docteur X qui l'obsède depuis quinze ans. 


Je continue la lecture des livres que je n'ai pas eu le temps de lire cette année et qui me faisaient de l’œil depuis longtemps. C'est donc avec le petit dernier de Danielle que je continue. 

Je retrouve avec plaisir les personnages de Danielle Thiery. Edwige Marion enquête sur une série de meurtres de femmes. Pendant cette enquête, elle va être touchée plus particulièrement car le tueur envoie directement des messages à ses proches pour leur dire où trouver les corps. Alix, la psychologue de l'équipe, qui a tendance à partir comme une fusée au moindre indice sans prévenir quiconque disparaît du jour au lendemain sans laisser de trace. Mais à force de n'en faire qu'à sa tête dans les précédentes enquêtes, Marion et Valentine ne sont pas plus inquiètes que çà dans un premier temps. 
Mais quand des similitudes entres les femmes tuées et les destinataires des messages apparaissent, le doute n'est plus permis. Cette fois, le tueur veut s'en prendre à Marion à travers ses proches notamment à sa fille Nina.

Et dans un autre temps, nous rencontrons le patron d'un drôle d'établissement. Il tient une maison close, de poupées. Des Sex doll dont le succès n'est plus à démontrer dans certains pays notamment au Japon. Un soir, il retrouve une de ses poupées totalement massacrée avec un drôle de message coincé dans sa bouche. Le nom qu'a donné le client est Docteur X. Edwige Marion va prendre une douche froide quand elle entendra ce nom. La dernière fois qu'elle a entendu ce nom c'était quand elle travaillait à Lyon il y a 15 ans.
Quel est le lien entre cette maison close, et l'affaire de Marion? Qui est ce Docteur X et pourquoi revient-il au bout d'autant de temps? 

Encore une fois, Danielle nous offre un polar très bien mené et nous emmène dans les tréfonds de la folie humaine. Elle y ajoute une petite touche ésotérique qui m'a beaucoup plu. Je ne m'attendais pas à ça en lisant cette histoire. 
Le doute s'insinue tout au long de l'histoire. Certains personnages vont être pointés du doigt. Coupable ? Victime ? Edwige Marion va vivre l'enquête de sa vie dans ce polar. Rien n'est laissé au hasard, chaque interrogation a une réponse. Le rythme va aller crescendo au fur et à mesure que l'enquête avance. Le compte à rebours sera lancé dans la dernière ligne droite. La psychologie dans cette histoire est parfaite. Surtout en ce qui concerne le personnage très particulier d'Alix.

J'ai passé encore un excellent moment de lecture grâce à Danielle et vivement le suivant car le dernier chapitre m'a laissé sur ma faim ! 
Salon Polar'Osny avec Didier Fossey et Danielle Thiery


Autres chroniques :



jeudi 25 juillet 2019

L'amour de ma vie de Clare Empson - Editions Denoël

**** Chronique de Jess ****



Catherine ne parle plus. Ni à son mari, ni à ses enfants, ni aux médecins, pas même à sa meilleure amie. Elle a été témoin d’une scène terrible et depuis plus un mot. Pourtant, du fond de sa bulle, Catherine se souvient… 

Elle se souvient de Lui, Lucian, l’amour de sa vie rencontré à la fac. À cette époque, elle s’était laissé entraîner dans son cercle d’amis, privilégiés et hédonistes. Difficile d’oublier leur rupture, aussi : en une nuit, tout a volé en éclats. Elle l’avait quitté, détruisant leur vie à tous les deux. Sans qu’il n’y comprenne rien. 
Elle se souvient surtout de leurs retrouvailles, quatre mois plus tôt : le hasard les a réunis, comme pour leur offrir une seconde chance. La passion a resurgi immédiatement. Toutefois, impossible d’éviter la question essentielle : pourquoi ? Pourquoi Catherine s’était-elle enfuie, cette nuit-là ? 


En lisant le résumé de ce livre jamais je n'aurais pu penser qu'en le finissant je serais autant bouleversée, autant lessivée. J'ai l'impression d'être passée dans une machine à laver, ou qu'un tsunami de sentiments m'a emporté. Clare Empson est une auteure que je ne connaissais pas, elle signe avec L'amour de sa vie son premier roman et c'est une totale réussite! 
Je ne pourrais même pas caser ce livre dans une catégorie, car certes c'est noir, c'est aussi un drame, une tragédie mais il y a aussi de l'amour. Une histoire à la Roméo et Juliette version 2019.

Catherine et Lucian ont vécu à l'âge de 20 ans un amour passionnel. Rien ni personne n'aurait pu se mettre en travers de leur amour. Sauf que Catherine, du jour au lendemain, quitte Lucian sans explications et a toujours refusé de le revoir. Que s'est-il passé ? Pourquoi alors qu'elle l'aime plus que tout, Catherine est-elle partie ? Pourquoi a-t-elle décidé de retourner avec son ex petit-ami Sam et de vivre avec lui alors que c'est Lucian qu'elle a dans la peau et qu'elle pense à lui chaque jour qui passe.

L'histoire va être découpée en différentes parties et différents points  de vue. Tout d'abord aujourd'hui, Catherine est internée car elle ne parle plus suite à un choc émotionnel. Qu'a-t-il pu se passer pour qu'elle soit ainsi en total choc? 
Et puis nous retournons en arrière avec l'histoire de Catherine et Lucian quinze ans auparavant. Et nous remonterons le fil de ces 4 derniers mois. De la nouvelle rencontre entre Catherine et Lucian jusqu'au drame qui a fait que Catherine est devenue muette. Chaque personnage va donner sa voix. Nous aurons la version de Lucian et celle de Catherine. Nous rentrerons dans leur tête, dans leur cœur pour comprendre les rouages de leur histoire. 


L'histoire se met en place lentement mais sûrement. L'auteur nous emporte dès les premiers chapitres. On se demande parfois où elle va nous emmener mais on n'imagine pas une seule seconde de ce qui va nous tomber sur le nez ! 


Ce roman ne traite pas seulement d'amour, amour passionnel et amour à sens unique. Il parle également d'amitié, de famille, de trahison, de deuil et de la mort de personne proche. L'auteure a su maîtriser tous ses sentiments à merveille au point que j'ai pu ressentir ce que Catherine et Lucian ressentaient. J'ai essayé de comprendre pourquoi elle était partie il y a 15 ans, j'ai cherché au fond de moi qu'est-ce qui avait pu la faire fuir au point de briser l'amour de sa vie. J'avais de gros doute qui se sont révélés en partie exacts. Mais j'aurais voulu réécrire leur histoire. J'aurais voulu que la chute soit moins violente. Car je peux vous dire que le final est violent, quand enfin on comprend et réalise le dénouement. Moi qui avait peur que la fin retombe comme un mauvais soufflé. J'aurais seulement voulu réécrire l'histoire de Lucian et Catherine. 
Il y a des couples littéraires qu'on ne peut pas oublier, ceux-ci en feront partis.
Ne passez pas à côté de cette pépite vous ne le regretterez pas. En ce qui me concerne c'est un immense coup de cœur !


Traduction : Jessica Shapiro


mardi 23 juillet 2019

Les vents de la colère de Michel Verrier - Editions De Borée

**** Chronique de Jess ****


Gilbert Champaillet et son fils François ont toujours vécu dans leur ferme. Alors qu'un projet de parc éolien est en passe de se concrétiser sur leur terres, l'un et l'autre se demandent s'il doivent l'accueillir comme une chance ou comme un sujet de discorde qui pourrait désunir leur famille. En effet, Agnès et Julie, les filles de Gilbert, semblent bien déterminées à s'opposer à la construction de ces éoliennes qu'elles considèrent comme néfastes. La négociation avec Joachim Mayer, l'ingénieur allemand chargé de leur présenter le contrat, s'annonce tendue. Mais les uns et les autres sont loin de se douter de la découverte surprenante qu'ils vont faire à l'occasion de ce rendez-vous. Une simple photographie posée sur un rebord de cheminée, un visage qui n'est pas inconnu à l'ingénieur : une simple coïncidence ? Joachim Mayer voudrait en avoir le coeur net. Et il va devoir se plonger dans le passé de la personne qui lui est la plus chère, sa grand-mère Irma.


Je continue ma pause polar avec un livre d'une maison d'éditions que j'affectionne. J'avais beaucoup aimé le premier roman de Michel Verrier que j'avais lu "Les loups du Pilat" (mon avis ici) c'est donc les yeux fermés ou presque que j'ai commencé ma lecture des Vents de la colère.

Les Champaillet sont paysans de père en fils. Mais la rudesse de la vie et l'exode rural font que François, le fils souhaite autre chose que de rester vieux garçon et paysan. Lorsqu'une société allemande souhaite implanté un parc d'éoliennes sur une partie sauvage de leur terrain, le père et le fils voient enfin un autre avenir pour eux. Mais ce n'est pas vraiment l'avis des soeurs de François, Agnès et Julie, qui sont contre le projet. 
Joaquim, l'ingénieur allemand va découvrir lors d'une visite à la ferme, la photo de Julie qui est le portrait craché de sa grand-mère adoptive Irma. Simple hasard? La suite va lui apprendre qu'il n'existe pas de hasard. 

Ce roman est sans le vouloir partagé en deux parties. Tout d'abord la partie sur le projet du parc éolien. L'auteur a fait un très bon travail de recherche sur les énergies renouvelables, sur les avantages et les inconvénients des éoliennes et sur les problèmes écologiques que notre planète rencontre de plus en plus. Tout l'administratif, et le politique qui en découlent sont aussi très bien retranscrit. Petit bémol, parfois un peu de longueurs et de redondance dans toutes ses explications. Il nous raconte ensuite très bien la vie des paysans en montagne, l'entraide qu'il existe entre eux quand l'un est dans le pétrin. L'accueil est tout aussi merveilleux et j'ai eu l'impression d'avoir été invité à passer un agréable moment à la Ribaudière.

Et puis comme en fond sonore, nous avons le mystère de la ressemblance entre Julie et Irma, la grand-mère de Joaquim. Pur hasard, secret de famille ? Joaquim va partir à la recherche de la vérité. En cours de route il y trouvera l'amour. J'ai plus particulièrement aimé cette partie de l'histoire. Mon petit côté fleur bleue je pense, surtout que c'est très très fleur bleue. J'avais vraiment hâte de connaître moi aussi la vérité sur cette histoire et j'ai donc englouti ce livre en deux jours. 
La plume de Michel Verrier est toujours aussi magnifique. Les dialogues sont beaux, les descriptions des paysages encore plus. Il a su aussi créer des personnages attachants qu'on a envie de rencontrer. Je suis triste en refermant ce livre de les quitter. 

Encore un très bon moment de lecture passé avec les Editions De Borée que je remercie chaleureusement. 


lundi 22 juillet 2019

Une évidence d'Agnès Martin Lugand - Editions Michel Lafon

**** Chronique de Jess ****


Reine mène une vie heureuse qu'elle partage entre son fils de dix-sept ans et un métier passionnant.
Une vie parfaite si elle n'était construite sur un mensonge qui, révélé, pourrait bien faire voler son bonheur en éclats...
Faut-il se délivrer du passé pour écrire l'avenir ?



J'essaie de profiter de l'été pour lire un peu les livres que je n'ai pas eu le temps de lire pendant l'année. Le petit dernier d'Agnès Martin Lugand me faisait envie depuis longtemps et j'avais besoin de lire autre chose que du polar.

Comme d'habitude l'auteure met en scène une femme. Cette fois-ci c'est Reine qui est à l'honneur, la petite quarantaine, mère célibataire d'un ado de 17 ans. Elle a tout pour être heureuse, une famille aimante, un boulot qu'elle adore, et un associé qu'elle aime d'un amour platonique mais sincère depuis 18 ans. Le père de son fils ne fait pas partie de sa vie et tout va pour le mieux. Même si les 18 ans de son fils approche et qu'elle a peur que ce dernier parte du cocon familial et qu'elle se retrouve seule. Elle arrive donc à un cap de sa vie. Mais Reine garde un secret au fond d'elle qu'elle ne veut absolument pas que son fils découvre.
Et un concours de circonstance va faire qu'elle va se retrouver face à son passé sans y être préparé. En partant à la rencontre de client à St Malo, elle va se retrouver face au père de son fils.
Toutes ses certitudes vont voler en éclat. Elle va donc devoir faire face à son passé et accepter les conséquences de ses choix passés. Mais elle va aussi faire une autre rencontre pendant ce séjour qui va la chambouler au plus profond d'elle-même. Un amour passionnel comme elle n'en a jamais connu. Je dois dire que ce dernier point m'a un peu laissé pantoise. 

Je retrouve l'auteure que j'ai aimé grâce à ses premiers romans. J'ai retrouvé tout ce que j'avais apprécié : l'amour passionnel, les choix de vie difficile à prendre, l'amitié, la mort, le deuil. Tout est décrit avec justesse et simplicité. Les sentiments sont bien présents. J'ai aimé la relation mère-fils que Reine entretient avec Noé son fils même si je l'ai trouvé un peu trop too much et trop excessive. D'ailleurs j'ai trouvé les réactions de Reine dans certaines scènes beaucoup trop exagéré. Mais ce n'est que mon avis.

Les descriptions de St Malo m'ont donné envie d'y retourner. J'étais gamine la première fois que j'y suis allée et ce livre m'a vraiment donné envie d'aller m'y promener. 
Un roman qui m'a emmené en Bretagne et qui m'a fait passer un excellent moment. Une bonne lecture d'été. 
En lisant ses romans j'ai un peu l'impression qu'Agnès Martin Lugand est notre version féminine et française de l'auteur américain Nicholas Sparks dont je suis totalement fan.

Mes autres chroniques :








samedi 20 juillet 2019

Laissez moi faire de Gélou Morel - Editions Marivole

**** Chronique de Jess ****


À 17 ans, Gélou a gagné la célébrité et la fortune en interprétant le rôle principal d'une série télévisée pour adolescents. Oui, mais aujourd'hui, elle a 30 ans. La série s'est arrêtée, Gélou a dépensé tout son argent (avec l'aide des impôts) et ceux qui se souviennent d'elle trouvent qu'elle a beaucoup vieilli depuis ses 17 ans ! Devrait-elle se résigner à être démodée prématurément ? Ce n'est pas son style ! Pour reconquérir le succès, elle est prête à tout ! Vraiment tout ! Y compris reprendre au cinéma le rôle qui l'avait rendue célèbre 13 ans plus tôt ! Et même, partager l'affiche avec Sophie Sagnet, la garce qui lui a pris l'homme qu'elle aimait, juste parce qu'il était un journaliste influent ! La confrontation des deux femmes s'annonce difficile, certes ! Mais il en faudrait davantage pour effrayer Gélou. Qui ne s'aperçoit même pas qu'elle se précipite et nous entraîne à sa suite dans une cascade d'aventures improbables, entre suspense et fous rires !



Petite pause polar pour revenir à un style que j'aime aussi énormément le feel good. 

Gélou est devenu célèbre grâce à la série dans laquelle elle a joué pendant 7 ans, "l'été de tous les garçons". Mais suite à l'arrêt de la série c'est plutôt l'oubli qui pointe le bout de son nez. Une chute vertigineuse surtout que l'homme qu'elle aime la quitte pour une star de télé-réalité. Elle en est à faire des voix pour des films porno lorsqu'on lui propose de jouer dans l'adaptation ciné de sa série. Mais elle devra partager l'affiche avec Sophie Sagnet, la fameuse star de télé réalité qui lui a piqué son mec. Le tournage va se dérouler tant bien que mal jusqu'à ce qu'un incident perturbe l'équipe. Le tournage est mis en pause et la police s’en mêle. Gélou va se retrouver malgré elle avec de gros problèmes sur le dos.

Ce récit est basé sur l'histoire vraie d'une actrice mais ne me demandez pas qui car je n'ai pas réussi à trouver qui elle est ! L'auteure mêle feel-good à roman policier car oui il y aura une enquête de police dans cette histoire. 
J'ai beaucoup aimé le style, c'est un livre qui se lit d'une traite. J'ai aimé comment Gélou décrit le monde du 7ème art. Toutes les subtilités du milieu nous sont expliqués, analysés, décortiqués afin que l'on comprenne un peu mieux ce monde superficiel. 
Par contre niveau choix d'hommes elle a tout à apprendre. Surtout quand on comprend ce qu'elle a vécu avec Frédéric l'homme qui l'a quitté pour Sophie. Certains personnages sont attachants, d'autres carrément détestables. 
Le personnage de Gélou va évoluer tout au long de l'histoire pour devenir plus femme et moins enfant, plus posé aussi et ses choix d'hommes s'en ressentiront.

Je pense qu'il y aura d'autres histoires / enquêtes avec Gélou et je la retrouverais avec un grand plaisir. Un roman frais, drôle, pétillant malgré l'enquête policière.
Si vous cherchez la lecture feel-good de l'été, je vous conseille ce roman et j'espère que vous passerez un aussi bon moment que moi ;-) 

Je remercie chaleureusement les Editions Marivole pour cette découverte.

vendredi 19 juillet 2019

Tu tueras le roi de Sandrone Dazieri - Editions La Bête Noire


**** Chronique de Jess ****


Voilà quinze mois que Dante Torre, l'Homme du Silo, a été enlevé. Quinze mois que Colomba Caselli vit retirée du monde dans une petite ferme perdue dans la région italienne des Marches.

Mais, après une violente tempête de neige, Colomba découvre un adolescent autiste, Tommy, dans la remise de son jardin. Il est traumatisé et couvert de sang, ses parents ont été assassinés. Pour la police locale, cela ne fait aucun doute : c'est lui le coupable. Entraînée malgré elle dans l'enquête, l'ancienne commissaire de police découvre des liens entre cette affaire et la disparition de Dante et, peut-être, un moyen de retrouver ce dernier.
Pendant ce temps, un mystérieux « Roi de Deniers » agit dans l'ombre.


Attention, merci de ne pas lire cette chronique si vous n'avez pas lu les tomes précédents. Je risque de vous spolier.

Enfin le troisième tome des enquêtes de Dante et Colomba. Le soucis avec les séries c'est que si je ne les lis pas à la suite ou alors proche dans le temps j'oublie totalement ce qu'il s'est passé dans les précédents tomes. Le second a été lu il y a 2 ans, et je dois dire que j'ai été complètement perdu dans ma lecture. L'histoire commence pourtant par le dernier chapitre de Tu tueras l'ange, mais j'avais totalement oublié ce qu'il s'était passé. 
L'auteur ne fait quasiment pas de retour en arrière, donc difficile pour ma mémoire de poisson rouge de me rappeler de tous les personnages, de qui a fait quoi à qui et pourquoi. 

Malgré tout j'ai été ravi de retrouver Colomba et Dante. Dans Tu tueras l'ange, nous en étions resté au meurtre de Giltiné par Léo, Colomba qui se fait poignarder par Léo et ce dernier qui kidnappe Dante. 
Donc c'est une enquête très spéciale que va mener Colomba dans ce livre. Après avoir trouvé un jeune autiste dans son jardin dont les parents ont été assassiné elle va tenter de tout faire pour retrouver Dante. Elle est persuadée que l'assassinat des parents de Tommy est l'oeuvre de Léo et que Tommy a été un enfant enlevé tout comme Dante l'a été enfant.

S'ensuit encore une quête pour savoir si tous les protagonistes des enlèvements ont bien tous été arrêté et vérifier qu'il n'existe plus de prison où sont retenus prisonniers des enfants. Encore une fois la mort va poursuivre Colomba dans cet opus. L'auteur ne fera pas de cadeau à nos protagonistes. J'ai moins aimé ce dernier tome car j'ai l'impression que ça n'aura jamais de fin. Il y a toujours quelqu'un qui passe au travers des mailles du filet. Mais j'avoue que la fin m'a scotché car je ne m'attendais pas à cette révélation. 
Dommage que l'auteur est attendu 2 ans pour sortir le dernier tome. Je pense que j'aurais eu une autre impression si je l'avais lu plus tôt dans le temps. Ça reste néanmoins un bon polar.


Autres chroniques :







vendredi 12 juillet 2019

Les victorieuses de Laëtitia Colombani - Editions Grasset


**** Chronique de Jess ****


A 40 ans, Solène a tout sacrifié à sa carrière d'avocate : ses rêves, ses amis, ses amours. Un jour, elle craque, s'effondre. C'est la dépression, le burn-out. Tandis qu'elle cherche à remonter la pente, son psychiatre l'oriente vers le bénévolat : sortez de vous-même, tournez-vous vers les autres, lui dit-il. Peu convaincue, Solène répond pourtant à une petite annonce : " association cherche volontaire pour mission d'écrivain public " .
Elle déchante lorsqu'elle est envoyée dans un foyer pour femmes en difficultés... Dans le hall de l'immense Palais de la Femme où elle pose son ordinateur, elle se sent perdue. Loin de l'accueillir à bras ouverts, les résidentes se montrent distantes, insaisissables. A la faveur d'un cours de Zumba, d'une lettre à la Reine d'Angleterre ou d'une tasse de thé à la menthe, Solène va découvrir des femmes aux parcours singuliers, issues de toutes les traditions, venant du monde entier.





Il y a deux ans je faisais la connaissance des écrits de Laëtitia Colombani grâce à son merveilleux roman La tresse qui avait été un énorme coup de cœur (mon avis ici). Son nouveau roman n'a donc pas attendu bien longtemps avant d'être lu. Laëtitia Colombani aime mettre à l'honneur des femmes dans ses romans et elle le fait bien.

Dans cette histoire elle va pointer le doigt sur des problèmes de société (le burn-out et la précarité des femmes). Solène, la quarantaine, voit sa vie chamboulée quand un de ses clients se suicide sous ses yeux. Incapable de faire face elle s'enfonce dans la dépression pendant de longs mois. Pour elle plus question de retravailler au cabinet d'avocat où elle est avocate. Elle a trop sacrifié sa vie pour continuer sur la même pente et ne plus réussir à se relever. Son psychiatre lui conseille de faire du bénévolat et elle trouve une annonce sur le site de la Mairie de Paris. Une association recherche un écrivain public dans un foyer pour femmes. Voilà comment Solène va se retrouver une fois par semaine au Palais de la femme.
Petit à petit elle va remonter la pente. En aidant ses femmes, en les écoutant raconter leur vie. Chaque histoire sera touchante.
Mais curieusement je ne me suis pas trop attachée à Solène. Je n'ai eu aucune empathie pour elle. 

Et puis l'auteure reprend un ingrédient qui avait plutôt bien fonctionné dans son précédent roman en nous parlant d'une autre femme, Blanche Peyron. Ce personnage n'est pas fictif mais une femme qui a vraiment existé. Elle va nous conter sa vie, nous raconter son parcours hors-norme et comment elle va consacrer sa vie à l'Armée du Salut. Elle sera la fondatrice du Palais de la femme à Paris. J'aurais aimé que ce portrait de femme soit plus poussé et plus travaillé.

Un roman qui se lit vite, qui est agréable mais qui ne sera pas un coup de cœur. J'ai préféré son premier livre.




BAD de Chloé Esposito - Editions Fleuve Noir


**** Chronique de Jess ****


Se débarrasser de Beth, sa soeur jumelle riche et belle, fut chose facile pour Alvie Knightly après tout, une chute est vite arrivée. En revanche, prendre sa place se révèle beaucoup plus difficile.

Dans un moment d'inattention et de débauche, Alvie s'est fait dépouiller de sa nouvelle fortune par son amant, disparu depuis. Grâce à Tinder, elle finit par le localiser à Rome et se met aussitôt à sa poursuite. Mais un autre événement risque fort de lui compliquer la vie : le corps de sa soeur vient d'être découvert et Alvie alias Beth est désormais le suspect numéro un.
Prête à tout et forte d'une imagination sans pareil, Alvie commence un drôle de jeu, avec la police à ses trousses. 


Voici une suite que j'attendais avec impatience. J'avais adoré le premier tome MAD (mon avis ici). J'avais fait la rencontre d'Alvina, une jeune femme "jemenfoutiste" jusqu'au bout des ongles, sans état d'âme et aucune empathie qui préfère passer son temps à baiser plutôt qu'à s'occuper de son prochain. Il lui était arrivé pas mal de galères dans le tome précédent (et elle avait laissé beaucoup de cadavres derrière elle !) et l'histoire s'était terminé quand son partenaire de crime, Nino, l'avait abandonné au Ritz de Londres en lui volant sa voiture, ses vêtements et son argent.

Ce tome va donc être la quête d'Alvie afin de retrouver Nino et de lui faire payer son vol et abandon. Mais cette quête ne sera pas de tout repos pour Alvie. Comme d'habitude elle va n'en faire qu'à sa tête, et peu importe les conséquences. Rien ne l'en empêchera même pas quelques petits cadavres qu'elle laissera dans son sillage. 

Encore une fois je suis sous le charme de ce thriller complètement déjanté. Comme je l'avais dit pour le tome précédent, je ne saurais même pas classer cette lecture tellement elle est déroutante. Je n'ai jamais rencontré un personnage aussi déjanté et taré qu'Alvie (sauf peut-être dans la série de L.S Hilton avec ses livres Maestra / Domina / Ultima qui je trouve ressemble beaucoup à la série de Chloé Esposito).
Mais je préfère Alvie. J'ai encore rigolé plus d'une fois tellement certaines situations sont cocasses et aberrantes ! 
Malgré le fait qu'elle puisse être détestable, je la trouve super attachante et c'est le genre de nana que j'aimerais rencontrer (mais pas me la mettre à dos surtout!).
J'ai vraiment hâte de lire le dernier tome de cette série et de voir jusqu'où Alvie va aller pour atteindre son but. 

Je pense que l'auteure a pris plaisir à écrire une histoire pareille, en tout cas je l'aurais été à sa place. Çà doit être marrant d'écrire une histoire de dingue pareille!
Si vous cherchez une série un peu, beaucoup déjanté, qui vous fera voyager de Londres à Rome, qui vous fera rire, je vous conseille cette série ! 

mardi 9 juillet 2019

Dans l'antre du monstre de Karen Rose - Editions Harper Collins


**** Chronique de Jess ****


A vingt-trois ans, Taylor Dawson débarque à Baltimore pour réaliser son rêve : travailler en tant qu'équithérapeuthe au centre Healing Hearts et aider les enfants victimes de traumatismes. Mais Taylor est aussi en quête de sa propre histoire. Son père, le détective Clay Maynard, qu'elle n'a jamais revu depuis qu'elle était tout bébé, travaille également à Healing Hearts. 

Lorsque Taylor est amenée à s'occuper de deux fillettes dont la mère a été brutalement assassinée, elle découvre Clay sous un autre jour et fait la connaissance de Ford Elkhart, dont le regard la hante.
Mais au moment où Taylor se sent enfin prête à recommencer sa vie, une terrible menace surgit de l'ombre, lui révélant le vrai visage du mal. 


Premier livre que je lis de Karen Rose et ce ne sera pas le dernier. Karen Rose écrit des polars très différents de ce que je peux lire en général. 

Quand Taylor Dawson débarque à Baltimore pour faire son stage au centre d'équithérapie, elle va changer la vie de beaucoup de personnes. A 23 ans, Taylor n'a pas eu une vie très banale. Elle a passé son enfance à fuir et à se cacher d'une menace. Mais lorsque sa mère sur son lit de mort lui avoue que toute sa vie n'est qu'un mensonge elle décide de partir à la recherche de la vérité. 
Elle va trouver dans le centre des personnes qui ont toutes plus ou moins soufferts dans leur vie (violence conjugale, meurtres, kidnapping etc). Mais toutes et tous veulent faire le bien autour d'eux et surtout protéger et permettre aux enfants de se remettre d'un traumatisme. Elle va s'occuper de deux petites filles, Jasmine et Janie dont la mère a été assassinée et dont le tueur court toujours. Pour l'équipe soignante et les policiers en charge de l'affaire ils sont quasiment sûrs que Jasmine a vu le meurtrier et qu'elle est donc en danger. Ils vont faire tout ce qui leur est possible pour la protéger et arrêter le meurtrier. La petite fille est muette depuis le drame et elle va commencer à se lier à Taylor. 

L'histoire va se dérouler sur quelques jours seulement. Et en plus de l'affaire criminelle, l'auteur nous offre un côté romantique qui n'est pas pour déplaire à mon petit cœur d’artichaut :-) 
Le suspens sera présent même si on connaît d'entrée de jeu le nom du tueur. L'enquête en elle-même sera de mettre un terme à ses agissements et de l'arrêter. 
Il y a énormément de personnages dans cette histoire donc un petit conseil amis lecteurs prenez des notes si vous ne voulez pas être perdu. Et aussi suspens dans le parcours de la vérité de Taylor. Qu'est ce qu'elle recherche à Baltimore, que s'est-il passé avec son père biologique? 
Les personnages du centre sont tous plus attachants les uns que les autres. Ils sont une vraie famille même s'il n'existe pas forcément de liens de sang entre eux. L'histoire se tient de bout en bout, rien n'est laissé de côté. 
Petit bémol pour moi c'est que je me suis rendue compte que ce qui est arrivé à certains personnages à fait l'objet d'autres livres donc je suis un peu déçue de ne pas avoir lu les précédents. Mais l'auteure revient sur chaque histoire donc je n'ai pas trop été perdu. 

J'ai passé un excellent moment de lecture et je vais me pencher plus près des autres livres de l'auteure afin de lire les autres histoires passées des personnages.

Je remercie les Editions Harper Collins pour cette lecture.

jeudi 4 juillet 2019

La lame de Frédéric Mars - Editions Métropolis

**** Chronique de Jess ****


Dans une France proche et obscure à la cité de La Solidarité, quartiers nord de Marseille : l'officier de PJ Simon Mardikian découvre le cadavre ravagé d'une jeune prostituée noire, Joy, alias Queen, sans identité définie. Son enquête sur les réseaux mêlant drogues, migrants et traite d'êtres humains ne fait que commencer. 

Le lendemain, à Lagos, capitale du Nigéria, dans le bidonville flottant de Makoko, l'instituteur Sékou Williams tient tête au dealer Kaza qui cherche à recruter des revendeurs parmi ses élèves. Mais soudain s'abat une immense vague-submersion, dispersant des milliers de réfugiés à travers le continent africain. 

Au même moment, à l'Élysée, le président de la République Bako Jackson annonce sa candidature à sa propre réélection. Il en profite pour dévoiler le renforcement du dispositif Frontex. C'est sa fermeté sur les questions migratoires qui a valu à ce fils de pasteur nigérian de ravir le pouvoir à l'extrême droite en 2027. À peine a-t-il achevé son allocution qu'on lui annonce la catastrophe climatique de Lagos. 


Frédéric Mars m'avait totalement conquise avec son thriller Les marcheurs (mon avis ici) et il me tardait de lire La lame vu les bons avis que j'ai pu entendre et lire. J'avais un peu peur au début de m'embrouiller dans la pléthore de personnages, de lieux et aussi le côté politique de l'histoire mais c'était sans risque connaissant l'écriture parfaite de Frédéric Mars. 
Que peut-il y avoir de commun entre une prostituée massacrée dans une cité de Marseille, un président de la République française, et une catastrophe climatique au Nigeria? 
Moi qui ne suis pas vraiment fan des thrillers géo-politique / anticipation, j'ai finalement été totalement happée par cette histoire de malade. 

Marseille, quartier de la Soli, une jeune femme noire est retrouvée morte, massacrée, son cadavre abandonné au pied des immeubles. Simon Mardikian va essayer d'enquêter pour retrouver le coupable. Il va en faire une affaire personnelle car sa propre fille a été retrouvé morte dans la même cité. Mais ce ne sera pas de tout repos quand on sait que les policiers ne mettent plus du tout les pieds dans la cité.

Dans le même temps à Lagos au Niger, une vague-submersion va détruire une grosse partie de la région. Ce sont des milliers de personnes qui vont se retrouver sans rien. Nous suivrons l'histoire de Sekou, un jeune instituteur au cours d'un grand périple qu'il n'aura  demandé à personne. 
Et puis, nous avons le président de la République française Bako Jackson, le "Obama" français. Des personnes vont essayer de le faire tomber par tous les moyens. 

C'est le deuxième thriller d'anticipation que je lis cette année et c'est tout autant un coup de cœur que le précédent. Car en plus de nous en mettre plein la gueule, cette histoire de malade nous fait réfléchir sur notre avenir et sur les problèmes de société actuels. Frédéric a fait un travail de recherche remarquable pour écrire ce thriller politique. Tout est clair, limpide et coule de source. 

Et le titre est particulièrement bien choisi car tout va tourner autour de la lame (sous toutes ses formes possibles) et c'est drôlement bien fichu. 
En fait vous prenez une pelote de laine ou une guirlande de Noël toute emmêlée et vous prenez à chaque fois un bout, puis un autre et au final vous savez que tous les bouts vont se rejoindre. C'est tout à fait l'image qui me vient en tête en finissant ce livre. Tout s'explique au fur et à mesure, toutes les relations entre les personnages vont s'éclaircir et nous donner  une idée précise du pourquoi et du comment. Et je trouve remarquable qu'un auteur parvienne à emmêler tous les personnages et l'intrigue sans fausse note et sans se planter.

Dans ce thriller géo-politique, Frédéric Mars dénonce ce qui risque de nous arriver d'ici une vingtaine d'années si on ne fait pas un peu plus attention. De grosses catastrophes naturelles, qui entraîneront de grosses vagues migratoires qui ne resteront pas sans conséquences. 
Frédéric Mars signe un thriller captivant, haletant, parfaitement maîtrisé, addictif, et très visuel. Ce bouquin fera un très bon film à gros budget. 

Si vous voulez un thriller qui change, je vous conseille grandement ce thriller !