mercredi 31 octobre 2018

Le petite fille du phare de Christophe Ferré - Editions Archipel

**** Chronique de Jess ****

 
Le temps d'une soirée dans un pub tout proche de leur villa située sur la côte de granit rose de Ploumanac’h, Morgane et Elouan ont laissé leur fille de 10 jours, Gaela, aux bons soins de son frère adolescent, Arthur. Mais au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d'effraction, pas de demande de rançon. À la douleur de la disparition, la famille voit s'’ajouter la violence du soupçon de la gendarmerie. Morgane, une mère déjà éprouvée par la perte d'un enfant, Elouan, un père souvent absent, une fortune familiale enviable… Les pistes se multiplient mais l'enquête n'avance pas.

Pourtant près d'un mois plus tard, le miracle : Gaela est rendue à ses parents. Le soulagement l'emporte sur l’'incompréhension, sauf pour Arthur, convaincu que ce bébé n'est pas sa sœur.
 
 
En lisant la 4ème de couverture j'ai tout de suite eu envie de lire cette histoire qui promettait d'être addictive.
L'histoire de la famille Kergouat, qui un soir voit leur vie se transformer en cauchemar quand à leur retour de soirée, ils se rendent compte que Gaela leur bébé de 10 jours a disparu. Mais chose encore plus étrange la petite réapparait un mois plus tard par miracle. Toute la famille est soulagée sauf Arthur qui est persuadé que le bébé n'est pas sa sœur. Le juge en charge de l'affaire est aussi troublé par cette drôle de disparition. De toute sa carrière, il n'a jamais eu affaire à un cas pareil. Plusieurs hypothèses vont s'échafauder. Et chacun aura ses petits secrets notamment Morgane qui cache pas mal de choses. 
 
Bon sur le coup je me suis spoliée toute seule en voulant regarder le nombre de pages du livre. Je suis tombée sur le nom du coupable d'entrée de jeu et j'étais un peu verte de m'être gâchée mon plaisir comme ça. Ca m'apprendra à faire plus attention. Mais ça ne m'a pas empêché de lire l'histoire pour savoir le pourquoi du comment.

Alors malheureusement cette histoire ne m'a pas emballé du tout et je vais essayer de vous dire pourquoi. Les sentiments dans cette histoire sont très mal décrits. J'ai trouvé l'attitude de la mère suite à l'enlèvement de sa fille en totale contradiction avec le comportement d'une mère dont l'enfant a disparu. Je n'avais pas l'impression qu'elle était plus touchée que ça de la disparition de son bébé. Moi qui ait aussi un bébé, je ne peux qu'imaginer dans quel état je serais si ma fille disparaissait !
Bon déjà je trouve ça un peu gros de laisser un bébé de 10 jours seule avec son grand frère de 13 ans même si ce dernier est mature pour son âge. Et le coup de la mère qui part faire une balade au bord de la mer pour se changer les idées.... Alors est-ce une ruse de l'auteur pour nous faire douter de la culpabilité de la mère dans cette affaire? Je pencherais pour cette hypothèse.
 
Les dialogues ne sont pas du tout naturels, ils sonnent faux comme si on regardait une mauvaise série TV mal joué. Le style est plutôt soutenu dans les dialogues ce qui donne ce côté peu naturel à la vie familiale. Je n'ai eu aucune empathie pour les personnages ou plutôt une antipathie. Surtout pour Morgane dont je n'ai pas du tout compris le comportement. Elle cache pas mal de choses au juge et aux enquêteurs qui je pense aurait pu permettre de faire avancer l'enquête. Son rapprochement avec Léa, une journaliste/bloggeuse est aussi particulier. Léa connaît la plupart des rebondissements de l'affaire et c'est elle qui renseigne Morgane.
 
Pas mal d'incohérences dans certains passages (par ex : Morgane ne répond pas à des dizaines d'appels du juge et ensuite elle dit qu'elle répond aux moindres appels depuis la disparition de sa fille). Il y a pléthore de rebondissements qui tombent un peu comme un cheveu dans la soupe. En général j'aime les rebondissements et les thrillers psychologiques mais dans ce livre ils sont très mal utilisés. Un des rebondissements m'a un peu laissé bouche bée sur la fin tant j'ai trouvé que c'était trop gros et improbable. J'étais à deux doigts de refermer le livre et d'arrêter puis je me suis dit "peut-être qu'il y a une bonne explication à la fin" et oui ouf, l'honneur est sauf finalement je ne m'étais pas tant spolié que ça!

Le seul point positif de ce livre sera pour moi la description des paysages de la Bretagne. On sent à travers les lignes de l'auteur son amour pour sa région. Les descriptions sont vraiment très visuelles, on ressent la houle sur notre visage, on sent l'iode et on en prend pleins les mirettes imaginaires.

Je suis plutôt bon public en général et je suis déçue de ne pas avoir adhéré à cette histoire. Mais tout ceci n'est que mon avis. Je vous invite à vous faire votre propre idée sur cette histoire.

 
Je remercie les Editions Archipel pour cette lecture.

mardi 30 octobre 2018

Moi non plus de Lucie Crisa - Auto Edition

**** Chronique de Jess ****

Moi Non Plus raconte l’histoire d’une jeune écrivaine franco-britannique. Emma a 24 ans, une demi-sœur qu’elle adore, une belle-mère extraordinaire, une mère alcoolique qui ne se souvient d’elle que lorsqu’elle a besoin de lui dire des méchancetés par téléphone, un père abusif verbalement et un chat qui aime dormir sur sa tête.
Après plusieurs revers éditoriaux et familiaux, Emma a perdu son inspiration. C’est pourquoi elle se décide à partir sur un coup de tête (et sur proposition de sa sœur) sur l’île de Jersey. Là-bas, elle pourra reprendre sa vie en main et écrire son nouveau livre. Mais les choses vont rarement comme on l’espère. Sur place, elle fait la connaissance explosive de Sacha. Entre eux, c’est la haine au premier regard. Mais leur haine cache également une profonde attirance physique, que ni l’un ni l’autre n’est content de ressentir. S’en suit alors une aventure inattendue pour notre héroïne qui l’amènera à faire des choix difficiles.


Petite pause polar suite à la lecture du Chattam qui m'a donné envie de lire un livre un peu plus léger. Une petite comédie romantique était ce dont j'avais besoin.
J'ai connu Lucie Crisa avec son livre La théorie du baiser (retrouvez mon avis ici). J'avais eu un gros coup de cœur pour ce roman donc quand Lucie m'a contacté pour lire son petit dernier je ne pouvais refuser!

Me voilà donc embarquée pour l'Ile de Jersey avec Emma, 24 ans. Jeune fille un peu paumée. Elle veut devenir écrivain, a été publié dans une maison d'éditions qui a fait faillite. Son père ne supporte plus de la voir vivre à ses crochets et décide de lui couper les vivres. Sa demi-sœur va lui proposer de garder la maison d'hôte qui appartient à la famille sur l'Ile de Jersey. Pas du tout emballée au premier abord, Emma décide quand même de partir à l'aventure. Elle va rencontrer petit à petit les gens du coin et surtout le beau Sasha Deschanel, qui est un écrivain à succès. Une forte antipathie va naître entre eux dès le départ. Mais souvent la haine et l'amour ne sont qu'une très fine ligne. Et ces deux-là vont commencer à entretenir une drôle de relation de "Je t'aime "pas" moi non plus".
Encore une fois, mon côté fleur bleu est ressorti à la lecture de ce roman. Malgré un début un peu laborieux, je suis finalement rentrée dans l'histoire pour ne plus vouloir quitter Emma et Sasha et voir où leur relation allait les emmener. Tous les deux en mal d'amour, et tous les deux ayant peur de ce genre de sentiment romantique tout ça promet une relation particulière!
Au départ, j'ai eu un peu de mal avec Emma que je prenais pour une petite fille gâtée pourrie. Mais au fil des pages, je me suis attachée à cette jeune femme fragile, rejetée par ses parents (abandonnée par sa mère, et dénigrée par son père). Quant à Sasha, difficile de cerner ce bonhomme. Beau, charmant, devant tout le monde, il peut se montrer détestable envers Emma.
L'auteur reprend ce qui marche dans les romans style Chick lit et New romance. Une histoire impossible, une rupture, un rabibochage, un rebondissement ou une situation improbable et des scènes olé olé. Mais tout cela fonctionne à merveille. Je suis arrivée à la fin de ce roman triste de devoir quitter Emma et Sasha. J'aurais voulu continuer à lire leur non amour, leur passion destructrice.
Le style de Lucie est toujours très agréable à lire. Seul petit point négatif, un peu trop de mots en anglais, j'ai trouvé ça parfois un peu trop. Et curieusement j'ai trouvé certaines expressions qui paraissait traduit de l'anglais comme si l'auteure avait écrit son livre en anglais et l'avait traduit en français. Mais c'est seulement mon ressenti et ça ne m'a pas plus dérangé que ça dans ma lecture et dans l'histoire passionnante d'Emma et de Sasha.

Un livre qui fait du bien à lire, c'est léger, c'est frais. Laissez vous tenter et tombez aussi sous le charme du beau Sasha ;-)

Je remercie Lucie de m'avoir fait découvrir cette nouvelle histoire.

vendredi 26 octobre 2018

Le signal de Maxime Chattam - Editions Albin Michel

**** Chronique de Jess ****


La famille Spencer emménage dans la petite ville perdue de Mahingan Falls. Pourtant les nouveaux venus n’y trouvent pas la tranquillité espérée : suicides mystérieux, disparitions de jeunes filles et autres accidents peu naturels s’enchaînent, semant l’angoisse chez les enfants Spencer. Ethan Cobb se doit d’enquêter.







Depuis quelques années je suis déçue des nouveaux romans de Maxime Chattam. Je ne retrouve pas celui que j'ai découvert au moment de la trilogie du mal. Heureusement qu'il restait sa série Autre-monde qui avait été une série coup de cœur pour moi.
Mais à chaque parution malgré les déceptions, je ne peux m'empêcher de lire ses nouveaux romans. Celui-ci prévoyait d'être différent, plus dans ce que l'auteur aime faire, nous faire peur.
Un conseil de lecture pour ce livre : le soir, chez vous, seul, ça c'est le conseil si vous voulez bien flipper! Sinon je vous conseille de rester proche de votre conjoint et d'éviter de lire la nuit si vous ne voulez pas faire de cauchemars. Ce bouquin est carrément flippant.
Les premiers chapitres peuvent paraître très clichés et faire penser à un mauvais film d'horreur. Par exemple, quelqu'un qui roule une nuit sans lune et qui se retrouve avec une drôle de femme sur la plage arrière ou alors la babysitter qui entend de drôles de bruits dans le babyphone et qui disparaît. Malgré donc certains gros clichés, Maxime Chattam a réussi à me ferrer, à m'agripper avec ses griffes d'auteurs pour ne plus me lâcher.
Terrifiant, angoissant, la peur va suinter à chaque chapitre. Maxime Chattam prend nos pires cauchemars pour les coucher sur le papier dans une histoire diabolique.
L'atmosphère qui se dégage est tout bonnement angoissante. Le lieu choisi, cette petite ville des USA coincée entre une montagne et la mer et qui n'est accessible que par deux routes n'aurait pas pu être mieux propice à cette histoire. De drôles de choses vont se dérouler à Mahingan Falls.
La famille Spencer a décidé de quitter New-York avec leurs 3 enfants pour vivre au grand air et se vivifier. Lui est auteur et elle présentatrice TV (ça me fait penser à quelqu'un tiens!), ils ont adopté Owen, leur neveu qui a perdu ses parents dans un accident de voiture quasiment 2 ans plus tôt. Plusieurs phénomènes étranges vont arriver à la famille Spencer. L'horreur va commencer à s'insinuer dans leur petite vie paisible.

Roman choral, chacun à la parole et va enquêter de son côté pour savoir ce qu'il se passe. Tom Spencer va commencer à se demander si la maison ne serait pas possédée.
Ethan Cobb, un policier qui vient de rejoindre le commissariat suite à son départ de Philadelphie, va se poser des questions suite à des disparitions et des meurtres un peu hors normes. Et la bande d'ados composée des fils d'Olivia et Tom, de Connor et Corey (le frère de Gemma la babysitter) vont aussi comprendre qu'il se passe des phénomènes anormaux dans la ville.

J'ai été totalement immergée dans cette histoire. J'ai été moi aussi coupé du monde pour vivre le temps de ma lecture à Mahingan Falls. J'ai été possédée par cette histoire et j'ai voulu savoir le fin mot de l'histoire. L'auteur ne va rien nous épargner, âmes sensibles s'abstenir car certaines scènes sont vraiment très visuelles et par conséquent très gore! Suspens, rythme haletant qui monte crescendo jusqu'au final. L'auteur ne va pas nous laisser un seul moment de répit.

Après le thriller et le fantastique, Maxime Chattam a décidé de mixer les deux et je pense qu'il aurait dû s'y mettre bien plus tôt car il excelle dans le fantastique. J'ai retrouvé les mêmes sensations que lors de ma lecture de sa série Autre-Monde. Je ne lis habituellement pas trop ce genre de littérature mais sur ce coup là j'ai eu un énorme coup de cœur pour cette histoire de dingue.

PS : Il est rare que je parle de la couverture et du livre en lui-même mais je trouve ce livre particulièrement magnifique avec la tranche noire et le bord des pages noirs également.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour cette lecture.


mercredi 24 octobre 2018

La maison de la falaise d'Audrey Perri - Editions City

*** Chronique by Aurélie ***

 
4ème de couverture
Dévastée par une récente rupture, Alma quitte Londres pour passer l'été chez sa grand-mère Mina, dans un petit village au bord de la mer. C'est là, dans la bibliothèque familiale, qu'elle découvre entre les pages d'un livre, une ancienne lettre. Le courrier est adressé à son arrière-grand-mère, autrefois employée chez les Wilson, une famille habitant une grande maison du coin, battue par les embruns.

Qui est cette femme noyée dont la lettre parle avec tant de douleur ? Quel rôle a été joué par sa propre famille dans ce drame ?

Alma se lance sur les traces de Selina Wilson, une jeune femme qui a vécu dans les années 1910. Une femme éprise de liberté, refusant de se plier à un mariage arrangé.

Dans les méandres d'une histoire familiale tourmentée, Alma va découvrir un secret bouleversant.

 
Mon avis
Je remercie les éditions City pour cette lecture.
 
En 2011, Alma est une jeune femme de 29 ans parachutée chez sa grand-mère Mina quasiment centenaire. Alma a été envoyée chez sa grand-mère à la suite du naufrage inattendu de sa vie intime et professionnelle. Loin du tumulte de la ville, Alma se sent bien seule dans cette petite bourgade. Elle décide de tromper son ennui dans un livre lorsqu'elle tombe sur une lettre qui parle d'une noyée et qui aurait un lien avec son arrière grand-mère. Il n'en faut pas plus pour qu'Alma se passionne pour cette histoire. Qui est la noyée dont on parle dans cette lettre ? Est-ce un accident, un suicide ? Qui l'a écrite ? Elle décide d'en parler à Mina qui étrangement ne souhaite pas développer le sujet plus que cela.
En parallèle, dans les années 1909 à 1914 à l'aube de la guerre, nous découvrons les familles Wilson avec leurs enfants Selina et Matthew et les Clark avec leurs enfants Sybil et Laura. Deux familles avec de grands secrets, deux familles très différentes avec beaucoup de points communs. Nous allons suivre leur quotidien, leurs problèmes, leurs mésententes, leurs joies, leurs tristesses, mais aussi leurs drames.
 
"La maison de la falaise" est le premier roman d'Audrey Perri. L'auteure a choisi de nous emporter dans une fresque familiale très agréable à lire. Nous sommes littéralement plongés dans deux histoires, deux époques qui nous le savons pertinemment finiront pas se rejoindre.
 
Les chapitres alternent entre les années 1909 à 1914 et une partie contemporaine en 2011. J'ai beaucoup aimé ce rythme d'un chapitre sur deux qui mixe à merveille ces deux périodes pour finir par se rejoindre tout à fait naturellement. Audrey Perri a su nous transporter habilement entre ces deux époques en adaptant son style avec deux ambiances différentes. L'histoire en elle-même prend le temps de s'installer en nous immergeant totalement dans des chapitres longs. Cela peut avoir un côté frustrant quand on hâte de retourner dans une époque plus qu'une autre ;)
 
Toutefois, j'ai été plus happée par la période d'avant-guerre avec ses personnages attachants ou d'autres méprisants, avec ses mystères/secrets, ses révélations... La partie contemporaine est pour moi en demi-teinte car c'était captivant uniquement lorsque Alma enquêtait sur cette étrange histoire de noyée. Mais pour le reste, il s'agit d'un mal-être répété inlassablement sur un ton geignard qui finit par lasser.
 
Dans cette saga familiale, il y a beaucoup de thèmes abordés dont l'émancipation des femmes, l'amour, l'amitié mais aussi la rupture et le deuil. Tant de sujets qui vous emportent dans un tourbillon d'émotions. Tous les ingrédients pour une belle histoire sont réunis au travers des émotions des personnages qui ont chacun leur rôle à jouer. Un roman à la Victoria Hislop qui ne pourra que vous emporter au cœur de ses secrets.
 
# By Aurélie :) 

lundi 22 octobre 2018

Ultima de L.S Hilton - Editions La Bête Noire

**** Chronique de Jess ****


Elisabeth Teerlinc, marchande d'art, femme fatale, sait reconnaître les faux. Après tout, elle-même n'est qu'une imitation, un personnage créé de toutes pièces. Son véritable nom, Judith Rashleigh, est enterré sous les mensonges, tout comme les hommes qui ont cru pouvoir la détruire.
Prise entre les feux croisés d'un chef de la mafia serbe et d'un inspecteur italien corrompu, elle est chargée de contrefaire un célèbre tableau afin de le céder pour 150 millions de dollars à une société de vente aux enchères – celle-là même où elle fut assistante...
Pour Judith, la perspective de duper son ancien chef et le monde de l'art est aussi excitante que le sexe " extrême " qu'elle pratique. Mais s'exposer ainsi sous les feux des projecteurs n'est pas sans risque, et le masque qu'elle s'est habilement construit menace de tomber...



Suite et fin de la série Maestra de L.S Hilton.
Judith alias Elisabeth s'était retrouvé dans une très mauvaise posture à la fin de Domina. Nous la pensions perdue avec la découverte du cadavre qu'elle avait laissé dans son appartement de Venise et elle aussi par la même occasion quand elle s'est fait arrêter par Da Silva. Mais Da Silva, ce flic italien pourri, va avoir besoin d'aide pour aider Raznatovic à rembourser une dette. Ils veulent qu'elle créé un faux tableau de maître et le vende via l'ancienne maison de vente où elle était assistante à Londres. Pour Judith le challenge ne lui fait pas peur et de plus arnaquer son ancien patron n'est pas pour lui déplaire! Mais il va falloir qu'elle mette au point un scénario machiavélique car plusieurs embûches vont se mettre en travers de son chemin et elle sait qu'à la fin elle va se faire assassiner par la mafia.

Comme dans les précédents tomes, L.S Hilton nous embarque dans une folle aventure à travers l'Europe et le Maghreb. J'ai trouvé le scénario mis en place par Judith pour créer un faux absolument prodigieux. Et on sent que l'auteure connaît son sujet lorsqu'elle nous raconte l'histoire des peintres et qu'elle analyse certains tableaux. On ressent son amour pour l'Art. Toutes ces descriptions donnent envie de découvrir les tableaux dont elle parle.
Son périple artistique est vraiment passionnant. Nous allons découvrir Tanger, l'Allemagne, d'autres villes d'Europe et pour finir Judith retournera à Londres. 
Alors par contre petit bémol pour la partie qui se passe à Londres car j'ai eu du mal à croire que son ancien patron ne la reconnaisse pas. Cette partie me paraît un peu grosse à avaler. Autre point négatif, certains points du scénario sont parfois un peu compliqué à comprendre.

Judith dans ce dernier tome va découvrir enfin l'amour. Mais est-ce que ça ne va pas la rendre un peu moins toxique et dangereuse? Je vais vous laisser en juger. Judith va-t-elle réussir l'exploit de vendre un faux? 
Ce dernier tome n'est pas différent des précédents à part que cette fois Judith est contrainte et forcée de faire ce qu'on lui demande. Je l'ai trouvé quand même un peu plus sage que dans les précédents opus de la série. Il faut dire que cette fois l'enjeu est lourd de conséquences.

Une lecture agréable tout comme les précédents mais qui ne sera pas un coup de cœur. Je suivrais quand même les prochaines parutions de l'auteure pour voir ce qu'elle sortira ensuite comme histoire.  


Mes autres chroniques :








vendredi 19 octobre 2018

L'ombre de la fauvette de Jean-Louis Desforges - Editions De Borée

**** Chronique de Jess ****



De retour dans la ferme familiale depuis quelques années, Joseph mène un combat auprès de ses amis et voisins paysans pour sauver leurs terres qui risquent de disparaître sous le béton d'une ville nouvelle. La nuit, c'est une autre bataille qui se livre contre ses propres fantômes, ceux de la guerre d'Algérie. Pourtant, lorsqu'il rencontre Adèle, une institutrice souhaitant faire visiter l'exploitation à ses élèves, il lui semble que la vie va enfin lui sourire et que le bonheur peut tout effacer. Mais il ignore encore que la jeune femme est rongée par son propre passé...



Je remercie les Editions De Borée et Jean-Louis Desforges pour leur confiance.

Ce roman me touche particulièrement car l'histoire se déroule aux alentours de Cergy qui n'est pas très loin de chez moi. Mais c'est un Cergy que je ne connaissais pas encore. Dans les années 60, au moment où se construisait Cergy-Préfecture et la ville nouvelle. 
Joseph est revenu depuis peu de temps de la guerre d'Algérie. Il vit avec son père dans leur ferme et mène de front le combat contre l'urbanisation qui envahit Cergy et les environs. 
Il va rencontrer un matin une jeune institutrice de Pontoise, Adèle qui voudrait emmener ses jeunes élèves visiter la ferme. Il tombe en une seconde sous son charme. Mais la belle a un passé compliqué qui va l'empêcher de s'unir avec Joseph. Un sombre passé qui date de la seconde guerre mondiale. Joseph qui ne supporte plus de voir sa belle si malheureuse va décider d'enquêter sur son passé pour y trouver une solution.

Voici une belle histoire que nous raconte Jean-Louis Desforges. Une histoire d'amour entre deux êtres touchés dans leur cœur par la guerre. La seconde guerre mondiale pour l'une, où la mère a été embarquée de force par les allemands dans un lebensborn, ces maisons pouponnières créées pour accélérer le développement de la race aryenne.
Et la guerre d'Algérie pour l'autre qui l'a profondément marqué. Atteint du trouble de stress post-traumatique peu connu à l'époque, Joseph a aussi ses propres démons à combattre. 
Il va nous faire revivre plusieurs évènements particulièrement marquants de sa vie de soldat. 
Sa quête du passé d'Adèle m'a particulièrement plu. Suite à l'arrivée des alliés pour libérer la ville où elle était avec sa mère, les soi-disant résistants l'ont traité de collabo, l'ont rasé sur la place publique devant son enfant. Elle a eu beau fuir, ils ont fini par la rattraper et lui retirer sa fille. Les dernières nouvelles qu'a pu avoir Adèle c'est que sa mère ne supportant pas la situation a fini  démente et s'est jeté dans le fleuve.
Il va donc remonter dans le temps pour connaître le fin mot de l'histoire et rendre la paix à sa bien-aimée.

J'aime beaucoup les romans qui parlent de la seconde guerre mondiale, j'en ai vu un autre aspect dans cette histoire. Quant à la guerre d'Algérie, j'ai lu très peu de références à cette guerre et grâce à ce livre j'en ai appris un peu plus. 
Ce roman est plein de sentiments et de bonnes valeurs. L'amour qui lie deux amoureux, mais aussi l'amour pour sa famille. Le lien qui unit tous les personnages est très fort. J'ai lu avec beaucoup d'émotions certains passages et je dois avouer avoir eu les larmes aux yeux parfois. 
J'ai beaucoup aimé les références à Cergy, Pontoise, et ses alentours que je connais bien. Le petit clin d'œil au parc d'attraction Mirapolis aussi m'a fait sourire car j'y suis allée peu de temps après l'ouverture en 87.

Encore un merveilleux roman de Jean-Louis Desforges que je ne peux que vous conseiller. 

Mes autres chroniques :




Mitragyna de Alain Siméon et Sandrine Zorn - Editions Lajouanie

**** Chronique de Jess ****



C'est l'histoire de Camille, une jeune prof de sciences qui s'apprête à passer trois jours à Paris, à visiter musées, monuments et boîtes de jazz. Trois jours qui s'annoncent paisibles... sauf qu'à peine arrivée au musée d'Orsay on l'agresse violemment et on lui vole son sac. Le lendemain le précieux bagage est retrouvé aux pieds du cadavre d'un clochard assassiné. Pourquoi Camille ne dit-elle pas à la police qu'elle connaissait très bien le SDF, du temps où il était son brillantissime directeur de thèse ? Pourquoi se retrouve-t-elle avec un trousseaux de clés dont elle ignore tout ? Pourquoi file-t-elle au nez et à la barbe du policier qui mène l'enquête vers Chartres et le labo de recherche qu'elle avait du quitter précipitamment quelques années plus tôt ? Pourquoi sa sœur, journaliste au Monde est-elle menacée ? Les réponses à ces nombreuses interrogations semblent se trouver à Dakar où chercheurs, agents secrets, trafiquants et industriels vont se rejoindre. Et si toute cette histoire n'était qu'un immense scandale sanitaire et humanitaire ! 


Je remercie les Editions Lajouanie pour cette lecture. 

Camille la petite quarantaine part pour un week-end à Paris où elle a prévu de passer du bon temps entre visites de musées, expo, et concert. Mais tout ne va pas se passer comme prévu quand elle se fait agresser et voler son sac dans les toilettes du Musée d'Orsay et se retrouve enfermée après la fermeture. 
Et lorsqu'elle va déposer plainte au commissariat elle voit sur un écran d'ordinateur, la photo d'un SDF mort avec son sac à côté de lui. Mais chose plus étonnante c'est que cet homme est son ancien professeur de thèse, Pierre Viguier, qui lui a mis un coup de couteau dans le dos une dizaine d’années auparavant. Il lui a en effet volé une découverte importante pour les vendre à un gros laboratoire pharmaceutique.
Pourquoi cet homme ressurgit du passé? Pourquoi Camille va cacher qu'elle connaît cette homme à la police? Et pourquoi se retrouve-t-elle avec un trousseau de clés qu'elle ne connaît pas dans ses affaires? Il semblerait que Viguier se sente menacé et ai cherché à retrouver Camille pour qu'elle continue sa quête. Mais quelle quête? Et qui cherchait à ce que Viguier meurt? 
Elle va décider d'enquêter de son côté pour savoir qui se cache derrière tous ces faits et surtout ce que Viguier avait découvert. 
Cette enquête va la conduire à Dakar où elle va faire un bond dans son passé. Elle va finalement s'associer à Silas Kravinsky, le capitaine en charge de la mort de Viguier.

J'avais un peu d'appréhension concernant cette lecture à cause du sujet scientifique. J'avais peur d'être perdue par les deux auteurs à cause de termes pompeux, et incompréhensibles. Mais pas du tout, les auteurs nous offrent un excellent polar qui ne nous laisse pas une seule seconde de répit.
Tout est bien dosé dans les différentes étapes de l'enquête. Car nous aurons un policier, Bailly, resté à Paris, et Silas à Dakar avec Camille qui va s'associer avec un flic local des plus sympathique. Le tout s'imbrique parfaitement et nous donne qu'une seule envie vite tourner les pages jusqu'au dénouement.

Les différents voyages de Camille vont être aussi très dépaysant et donner un plus à l'histoire. Un polar qui nous fait voyager et nous entraîne sur les traces des "biopirates", de problèmes sanitaires et autres magouilles des laboratoires pharmaceutiques.
En bref un polar dans l'air du temps. Une chasse au trésor très différente de ce qu'on a pu lire. Un gros casse-tête scientifique passionnant.




L'embaumeur de Isabelle Duquesnoy - Editions Point

**** Chronique de Jess ****



Après la Révolution. Pour échapper à son affreuse mère et séduire la ravissante Angélique, Victor Renard, jeune homme au physique disgracieux, apprend le métier d'embaumeur aux côtés d'un maître bienveillant.
Il découvre le commerce des organes, l'art de momifier le cœur des défunts que les artistes peintres s'arrachent pour en faire des pigments.
Où l'on découvre que certains tableaux de nos musées nationaux, ont été peints avec le sang des rois de France.
Humour décapant, intrigues et aventures dans la crasse du 18e siècle font de ce roman un chef-d'oeuvre plébiscité par les libraires...



Je remercie Babelio et sa masse critique ainsi que les Editions Points pour cette nouvelle lecture.
Petite pause polar avec un roman historique. J'aime bien voyager dans le temps comme vous devez commencer à le savoir. La période de la Révolution française fait partie de celle que je préfère.
Le hasard fait que c'est le deuxième livre que je lis sur la Révolution française en un mois. 
J'avais été attirée par la 4ème de couverture et son résumé qui laissait présager une drôle d'histoire.

Victor Renard, condamné à mort va nous relater sa vie de sa jeunesse jusqu'à son incarcération. Victor est né avec un torticolis de naissance et en ayant assassiné son jumeau à la naissance. Enfin, il ne l'a pas fait volontairement bien que sa mère lui ai affirmé le contraire. Son père va décéder dans de tragiques circonstances et il va se retrouver à chercher un travail pour subvenir aux besoins de sa mère et séduire Angélique, une jeune prostituée dont il est tombé amoureux. Sa mère va lui trouver un travail chez un embaumeur. Pour Victor ce sera une révélation. Il va trouver en ce maître un vrai père. Il va lui apprendre toutes les techniques d'embaumement jusqu'à d'autres actions un peu moins catholiques.
En ce qui concerne son crime nous ne l'apprendrons qu'à la fin du livre. 

J'ai été totalement immergée dans le Paris du XVIIIème siècle. L'auteure a fait un travail remarquable de recherches et de documentations pour nous offrir ce roman. Tout y est pour qu'on est l'impression de vivre aux côtés de Victor Renard. Les descriptions des lieux, de son travail, des habits et des coutumes de l'époque. Même le style est en adéquation avec l'époque. 

Petit bémol, malgré le fait que l'histoire se déroule pendant la Révolution je n'ai pas ressenti le chaos, la famine, et la colère qui devait à cette époque faire rage. Les cents dernières pages tirent en longueurs et j'avais hâte de terminer car je commençais à m'ennuyer. Par contre je n'aurais jamais imaginé la faute commise par Victor Renard pour finir condamner à mort. 
Cette lecture a été plaisante mais ne restera pas gravé dans ma mémoire. 





Apocryphe de René Manzor - Editions Calmann-Levy

**** Chronique de Jess ****


Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.
Un adolescent en quête de justice et de vérité.

Une fresque épique, violente et émouvante, un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l'histoire officielle.


Je remercie les Editions Calmann-Lévy pour cette nouvelle lecture.

J'ai lu tous les livres de René Manzor et à chaque fois ce fût de gros coup de cœur. En lisant la 4ème de couverture d'Apocryphe, j'ai eu un doute à savoir si j'allais le lire ou non car le thème de la religion est pour moi rédhibitoire. Mais connaissant René Manzor, je me suis laissée porter par sa plume et il m'a emportée très très loin! 

Dans ce roman, il va revenir à sa façon sur l'histoire de David De Nazareth. Il va mêler le vrai et le fictionnel pour notre plus grand bonheur. Par contre, j'aurais du mal à classer ce livre dans une catégorie. Il est ici publié en thriller. Thriller biblique donc? En tout cas cela fonctionne à merveille. René Manzor nous fait remonter le temps et nous embarque à Jérusalem 2000 ans plus tôt. J'ai trouvé que c'était un pari osé de la part de l'auteur d'écrire une histoire mettant en scène Jésus et son histoire mais c'est ce qui fait sa différence et son point fort ! 

Epopée biblique sanglante et fascinante du 1er siècle, ce livre a dû demandé un travail de titan! On sent le scénariste dans la reconstitution remarquable des scènes d'actions ou dans les descriptions de la Palestine et de Rome au moment de l'antiquité.
Les scènes de combats sont tellement visuelles qu'on a l'impression de les vivre de l'intérieur. Un roman d'actions qui ne faiblit pas une seule seconde mais qui s'accélère dès qu'on approche de la fin. Des revirements de situation et des rebondissements viennent pimentés l'histoire pour redonner de l'élan à l'action. 
Les personnages sont tous très bien travaillés que ce soit les ennemis ou les héros de cette histoire. On se prend d'affection pour ces derniers et l'on souhaite qu'ils sortent indemnes de leur épopée.

J'avais peur que le côté religieux me rebute mais tout est parfaitement intégré dans l'histoire et tout se mêle à la perfection. J'ai passé un excellent moment de lecture en lisant ce livre que je n'arrive toujours pas à classer. Mais l'auteur a réuni les ingrédients qui me font aimer une lecture : le dépaysement, voyager dans le temps et aucune longueur.

Il fallait oser écrire un bouquin pareil, je pense que soit ça passe soit ça casse, mais pour moi c'est une grande réussite! Bravo!


Autre chronique :


Parfois je mens d'Alice Feeney - Editions Marabout

**** Chronique de Jess ****


« Je m'appelle Amber Reynolds. Il y a trois choses que vous devez connaître à mon sujet : je suis dans le coma ; mon mari ne m'aime plus ; parfois, je mens... ». Amber est inconsciente, dans un lit d'hôpital, prise au piège d'un esprit actif mais d'un corps inactif, capable d'entendre et de comprendre, mais incapable de communiquer avec les rares proches qui lui rendent visite ou le personnel soignant. Comment est-elle arrivée là ? Elle nous livre ses pensées, parfois confuses, alors qu'elle s'efforce de mettre en ordre les morceaux épars de sa vie, plongée dans son monde intérieur. Mais est-il possible de la croire alors qu'elle se déclare elle-même être un menteuse ?


Je remercie les Editions Marabout pour cette nouvelle lecture.

Imaginez-vous vous retrouver dans une chambre d'hôpital, incapable de bouger ni d'ouvrir les yeux, ne sachant pas ce qu'il vous est arrivé. Vous entendez ce qu'il se passe autour de vous, vous sentez lorsqu'on vous touche, vous ressentez des sensations (la faim, la soif, un certain mal être aussi parfois). Mais vous n'arrivez pas à parler ni à bouger pour qu'on sache que vous êtes toujours là. C'est le cas d'Amber, qui après un accident de voiture se retrouve dans le coma. Elle ne se rappelle rien de ce qui a pu la mettre dans cet état. Elle va chercher à se rappeler. Elle sent qu'une menace pèse sur elle. Mais qui lui veut du mal? Son mari? Sa sœur? Petit à petit elle va glaner des indices et remonter le fil de ses souvenirs pour comprendre ce qu'il s'est passé.

Les chapitres vont alterner entre le moment présent et la semaine qui a précédé l'accident. Nous remontons dans le temps et découvrons la vie d'Amber, ses doutes, ses craintes professionnelles et personnelles. Nous allons découvrir les personnes qu'elle a rencontré lors de cette semaine. Tout le monde peut nous sembler coupable.
Mais ne vous fiez pas à ce qu'elle vous raconte car elle-même nous prévient dès le premier chapitre :"Parfois je mens".
Et puis de temps en temps, nous lisons le journal d'Amber alors âgée de 10 ans. Elle nous relate sa vie de famille, ses pensées, son amie Taylor, ses rêves, ses peurs. Que viennent faire ses extraits de journal dans l'histoire actuelle ? Plusieurs incohérences font que nous nous interrogeons sur Amber. Est-ce vrai ce qu'elle nous raconte ou affabule-t-elle? Où est le vrai du faux dans son histoire ?

On doute tout au long de notre lecture, on s'interroge, on se questionne, on a l'impression parfois d'avoir zappé un élément crucial. L'auteur nous met mal à l'aise, nous trompe volontairement, nous ment elle aussi.
J'adore les thrillers psychologiques. Celui-ci n'est pas beaucoup différent de ceux que j'ai pu lire (alternance de passé et présent, mensonge, sentiments d'être épié, surveillé, harcelé).
Mais curieusement je n'ai pas ressenti d'empathie pour Amber. C'est un personnage très particulier, un peu faux, on sent qu'elle cache quelque chose de malsain. Mais c'est curieux car parfois j'avais de la peine pour elle. Sentiment contradictoire finalement pour ce drôle de personnage.

Et puis arrivé vers la fin je me suis pris une claque magistrale, un uppercut qui m'a mis KO. Tout ce que je pensais avoir compris et acquis de cette histoire n'est en fait qu'une grosse mascarade. Ce livre est un véritable trompe l'œil. Une fois fini, j'ai eu la tentation de le relire une seconde fois pour voir si j'aurais pu comprendre avant ce que l'auteur nous à fait croire.
Jamais je n'aurais pu imaginer un tel scénario. Un seul mot me vient : magistral.
Je sais que ça ne se fait pas trop de comparer deux auteurs mais sur ce coup Alice Feeney m'a autant impressionné que Michel Bussi. Dans la tromperie, le mensonge, les faux-semblants j'ai retrouvé l'art de M.Bussi. Et c'est plus qu'un compliment.
Ce livre est tout simplement époustouflant. J'ai eu du mal à trouver le sommeil une fois la dernière page tournée car j'essayais encore de comprendre comment j'avais pu être berné à ce point.
Si vous aimez les thrillers psychologiques foncez vite l'acheter! 

 *****

*** Chronique by Aurélie ***

Après un terrible accident de voiture, Amber est dans le coma. Son corps reste inerte au contraire de son esprit qui est en alerte. Elle ne se souvient de rien, tout est flou, incompréhensible. La frustration est présente car il est impossible pour Amber, de communiquer de quelque manière que ce soit. Impuissante, elle assiste au défilé de ses proches dont son mari et sa sœur. Au travers de ses cauchemars, ses souvenirs, ses délires, Amber essaye de comprendre comment elle en est arrivé là. Et puis, il y a cette sensation de malaise qu'elle éprouve comme si sa vie était en danger. Alors qui veut se venger d'Amber, un personnage qui dès le début nous dit que parfois, elle ment...

Durant cette lecture, vous ne verrez pas le temps passé. L'auteure tire ses ficelles au fur et à mesure tout en maintenant un suspens de fou. On plonge directement dans l'univers d'Amber, un personnage pas très net et assez solitaire. Les chapitres alternent entre maintenant et une semaine avant l'accident où on découvre la vie d'Amber avec ses projets professionnels, ses projets personnels, ses envies, ses craintes,... En parallèle, nous lisons des extraits du journal intime d'Amber lorsqu'elle était plus jeune. Amber est un personnage qui créé un certain malaise car on ne sait pas si elle affabule, si elle exagère ou si elle ment tout simplement. On ne distingue plus les cauchemars ou souvenirs du réel. Le doute est omniprésent... surtout qu'Amber n'est pas si innocente qu'on veut bien nous le faire croire...

Alice Feeney a l'art et la manière de vous faire languir, d'attiser votre curiosité, de vous questionner ou de vous envoyer sur de fausses pistes. Croyez-moi, j'ai cherché la faille jusqu'au bout. Et puis, quand elle a fini de tisser sa toile (qui au passage vous a bien englué), elle nous assène une terrible révélation ! A peine le temps de digérer celle-ci qu'elle nous en remet une couche pour finir par un uppercut en pleine face, qui m'a laissée K-O. Ce livre est parfait tant au niveau de l'histoire, où se succèdent tour à tour des actions, des rebondissements, des surprises mêlés à une ambiance tantôt malsaine, pesante.

"Parfois, je mens" est un thriller psychologique que je résumerais à un mot : MAGISTRAL ! Pour ma part, il n'y a aucune fausse note dans ce premier thriller réalisé avec intelligence. Ce livre est un vrai page-turner, j'ai failli en faire une nuit blanche juste pour connaître la suite. Un livre difficile à poser tant Alice Feeney nous retourne le cerveau.

Une lecture addictive à lire d'urgence, un véritable coup de cœur pour ce scénario machiavélique !

# By Aurélie :) 

jeudi 18 octobre 2018

Interview Salvatore Minni

1. « Claustrations » est votre premier thriller. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’écrire?

J’ai commencé à écrire lorsque j’avais 19 ou 20 ans, mais je pense que l’envie a toujours été là, au fond. Il n’y a pas de déclencheur particulier.
Simplement, le besoin d’écrire, comme boire ou manger, en fait.
Lors de mes études, ma professeure de littérature française m’a retenu à la fin du cours suite à un exercice de rédaction. Elle m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit « Vous avez du talent. Continuez! Je suis certaine que, si vous le souhaitez et travaillez, vous serez publié, un jour. » Elle ne s’est pas trompée. Elle m’a donné la force et le courage d’écrire plus que les simples petits textes que j’écrivais à mes heures perdues.


2. Pourquoi avoir choisi le style « polar »?

Parce que je suis un psychopathe! (rires)
Je n’ai pas choisi d’écrire des thrillers. Ce sont les thrillers qui m’ont choisi, j’ai envie de dire.
Il semblerait que lorsque je couche des mots sur le papier (enfin, sur mon écran d’ordinateur), ce ne sont jamais des scènes lumineuses avec une atmosphère légère et de la bonne humeur. C’est toujours un décor sombre et oppressant qui se construit sous mes yeux.
J’ai tenté d’écrire des choses positives, mais cela tourne toujours au thriller.
J’aurai essayé! (rires)


3. Comment vous est venue l’idée du scénario si machiavélique de « Claustrations »?

« Claustrations » a germé dans mon esprit à une époque où je me sentais oppressé par certains coups durs que la vie m’avait réservés. Le thème de l’enfermement s’est donc très vite imposé à moi. J’ai commencé par écrire l’histoire de Charles. Ce personnage a décidé de s’enfermer dans sa cave de son plein gré, par exemple. D’ailleurs, le livre a été écrit dans l’ordre que vous l’avez lu. Les personnages de Charles et Rose, Clara, ensuite etc. C’est dans cet ordre que les personnages se sont mis à vivre sous mes yeux d'auteur. Avec, à chaque fois, la même question « OK, il a décidé de s’enfermer ou elle se retrouve enfermée, mais pourquoi? »
Quelques années auparavant, j’ai regardé un film des années 90 « Identity », ce film, peu connu, m’avait retourné à l’époque. Disons que je lui ai emprunté quelques idées. Les personnages de ce film souffrent énormément… 


4. Un deuxième livre est en cours d’écriture? Pouvez-vous nous mettre l’eau à la bouche?

Il s’agit d’un thriller psychologique également.
Il sera à la fois plus lumineux (pas de huis clos) et plus sombre à la fois (rire sadique).
Les personnages sont, pour la plupart, écorchés vifs et vont devoir faire face à diverses difficultés que je leur ai concoctées.
Étant en phase de relecture, je ne l’ai pas encore soumis à mon éditeur.
J’espère qu’il pourra être publié l’année prochaine. 


5. Une anecdote rigolote à nous raconter?

Lors du petit-déjeuner littéraire que Mot Passant, une librairie bruxelloise a organisé, une jeune lectrice qui était à mes côtés m’a prouvé qu’elle connaissait mon roman mieux que moi-même!
Nous parlions d’un passage avec d’autres lectrices. Celui où Françoise est en difficulté à l’aéroport.
Je ne parvenais plus à situer exactement le contexte.
Cette jeune fille me lâche tout de go « attendez, je vais vous montrer, vous en parlez à la page 159 »!
Là, j’éclate de rire à la fois impressionné et embarrassé par la mémoire incroyable de cette jeune fille!
Elle m’a d’ailleurs marqué, je parle souvent d’elle autour de moi. J’espère qu’elle lira cet entretien et qu’elle se reconnaîtra! Elle m’a touché par sa simplicité, sa timidité et à la fois, son cran.
Un moment que je n’oublierai pas, c’est certain!


6. Pourquoi avoir utilisé ces temps dans votre roman?

Tout simplement parce que je suis amoureux du subjonctif imparfait! Parce que je le trouve d’une telle beauté! Je sais que cela perturbe certains lecteurs, mais j’aimerais tellement que ce temps soit réutilisé… Je ne l’ai pas choisi par prétention, loin s’en faut. Juste parce que je trouve dommage que certains temps fassent partie du passé. Même le subjonctif présent est en danger! Lorsque j’entends certaines personnes parler… Je suis conscient que certains lecteurs ont failli abandonner la lecture de "Claustrations" à cause de ces temps dits désuets, mais je sais que j’aurais beaucoup de mal à les abandonner, si mon éditeur finissait par me l’imposer...

vendredi 12 octobre 2018

Les enfants de Lazare de Nicolas Zeimet - Editions Jigal

**** Chronique de Jess ****


Tout commence quand Pierre Sanak, journaliste reporter d'images à France Télévisions, croise par hasard cette jeune artiste un peu fantasque et très énigmatique. D'origine cambodgienne, Agathe a été adoptée, vit à Paris, ne se sépare jamais de sa guitare et semble errer entre plusieurs mondes. Pierre en tombe immédiatement amoureux. Apprenant en conférence de rédaction l'incroyable nouvelle de la résurrection momentanée de Sokhom, un jeune Cambodgien qui aurait vécu une expérience de mort imminente, Pierre ne peut s'empêcher de tisser un lien ténu avec l'histoire d'Agathe. Le journaliste s'envole aussitôt pour une semaine de folles investigations à Siem Reap et dans la jungle d'Angkor où, bien après le génocide, le tourisme des orphelinats semble perdurer. Une dangereuse course contre la montre s'engage alors. Pierre parviendra-t-il à découvrir le secret d'Agathe ?


Nicolas Zeimet fait partie des auteurs que je suis de près et dont chaque livre a été une très belle découverte et des coups de cœur. Je suis ravie qu'il ait sorti un nouveau polar et c'est avec délectation que j'ai commencé ma lecture. 

L'histoire commence lentement. Nous faisons la connaissance de Pierre qui est reporter d'images à France TV. Il commence à avoir un gros ras-le-bol de son métier, il fatigue et n'a plus autant la niaque qu'il y a quelques années. Un matin, il se rend avec une journaliste sous la Tour Eiffel où une jeune femme vient de se suicider en sautant du 1er étage. Pierre va être saisi d'un malaise en voyant la jeune femme. Il la connaît, c'est Agathe, une jeune chanteuse d'une vingtaine d'années qu'il a rencontré quelques jours plus tôt et dont il est tombé éperdument amoureux.
Ce même matin, il apprend par une de ses collègues qu'un enfant au Cambodge s'est réveillé dans son cercueil pendant la cérémonie religieuse qui précède la crémation.
Il semblerait qu'il y ait un lien entre Agathe et ce garçon mais lequel?
Pierre veut absolument faire un reportage sur ce qu'il s'est passé au Cambodge, et veut chercher la vérité sur le "suicide" de son amie. Il décide de partir au Cambodge pour trouver les réponses à ses interrogations.

Après les USA, Nicolas Zeimet nous embarque pour l'Asie. Je peux vous dire qu'à la base je ne suis pas trop attirée par les pays asiatiques mais avec son histoire, Nicolas a réussi l'exploit de me faire voyager là-bas et d'avoir envie d'y aller en vrai. J'ai été totalement immergée dans ce pays, dans cette ville flottante. Je suis même allée regarder sur Google maps pour voir si les images qui apparaissaient dans ma tête pendant ma lecture étaient bonnes ou erronées. Les descriptions sont tellement bien imagées qu'on s'y croirait. Tout est décrit avec merveille, on en prend plein les mirettes seulement avec l'imagination tellement les mots sont bien choisis.
Et tout ce qui concerne l'Histoire de ce pays, sa culture sont très bien dépeints. J'ai appris énormément de choses sur le Cambodge. L'auteur a fait un travail de recherches colossal sur ce pays.
Le sujet de l'histoire est des plus addictifs, en tout cas pour moi. Ces phénomènes de résurrection, d'expérience de mort imminente, sont de très bons sujets peu abordés dans le milieu du polar et tout bonnement passionnant.

Il est rare de dire cela d'un roman noir mais j'ai trouvé ce livre tout simplement bouleversant et extraordinaire. Je me suis énormément attachée à Pierre et à sa quête de la vérité, surtout quand il expose au grand jour les atrocités qu'il se passe dans ce pays.
Le rythme s'accélère en cours de lecture jusqu'au final dont on attend le dénouement avec impatience. Un polar bluffant qui me prouve une fois de plus que Nicolas Zeimet fait partie des très bons auteurs à suivre. 

Envolez-vous vous aussi pour le Cambodge et venez découvrir cette histoire fascinante et dépaysante! 


Mes autres chroniques :

Seul les vautours

Retour à Duncan's Creek