vendredi 28 septembre 2018

Sur le toit de l'enfer de Ilaria Tuti - Editions La bête noire

**** Chronique de Jess ****



Dans les montagnes sauvages du Frioul, en Italie, le commissaire Teresa Battaglia, la soixantaine, la langue acérée et le cœur tendre, est appelée sur les lieux d'un crime pour le moins singulier : un homme a été retrouvé mort, les yeux arrachés. À côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages... et ses vêtements ensanglantés.
Pour Teresa, spécialiste du profilage, cela ne fait aucun doute : le tueur frappera à nouveau. Elle va devoir rassembler toute son énergie et s'en remettre à son expérience pour traquer cette bête humaine qui rôde dans les bois. Si tant est que sa mémoire ne commence pas à lui faire défaut...
Une auteure au talent magistral.
Un thriller au rythme implacable.


Il y a certains lecteurs qui aiment les polars suédois, pour ma part j'adore les polars italiens. Je n'ai encore jamais été déçu en lisant des auteurs italiens et c'est donc avec plaisir que je rencontre la plume de Ilaria Tuti.

Dès les premiers chapitres, l'atmosphère nous tient en haleine. Une atmosphère oppressante, glaçante, effrayante. 
L'histoire commence en Autriche en 1978 où l'auteure nous décrit un lieu atypique qui serait une sorte d'hôpital ou de pouponnière. Mais nous n'avons aucune idée de ce qu'il s'y passe. Des choses étranges s'y déroulent.
S'ensuit une enquête de police de nos jours. Un homme est retrouvé mort assassiné, les yeux énuclés et son corps mis en scène. Le commissaire Teresa Battaglia est sur le coup avec l'aide d'un petit nouveau dans son équipe Massimo Marini.
Teresa est un drôle de personnage, un caractère bien trempé qui aime persécuter son équipe et surtout les nouveaux membres. Mais sous sa carapace on sent une faille, une bonté. On sent qu'il s'est passé quelque chose dans son passé.
Elle a une très bonne vision des meurtriers et est capable d'analyser une scène de crime à la perfection. Mais ce crime va lui donner du fil à retordre. Surtout que vont s'enchaîner d'autres crimes qui vont les laisser perplexes.

Et puis certains chapitres nous replongent en 1978 dans ce fameux hôpital. J'ai particulièrement aimé ces chapitres et j'avais hâte de les retrouver dans ma lecture pour comprendre le lien entre ce qu'il se passe de nos jours et ce qui se déroulait cette année là. 
J'ai émis des hypothèses dès le début et j'avais hâte de savoir si j'avais raison ou tort.
Teresa se retrouve avec une affaire sur les bras qu'elle n'avait pas anticipé et surtout avec un tueur très différent de ceux qu'elle a pu rencontrer auparavant. Car il semblerait que finalement il n'est pas cherché à tuer ses victimes. 

L'ambiance qui se dégage de ce polar ne changera pas du début à la fin. Angoissant, flippant à souhait, j'ai senti le souffle chaud du tueur sur ma nuque et son regard insistant sans jamais le voir. Mais curieusement j'ai ressenti de la pitié et beaucoup d'empathie pour lui. Chose assez inhabituelle dans un polar où en général nous ressentons de l'antipathie et de la colère envers le tueur.
Le petit village où se déroule les faits est hostile tant à cause du climat, que des paysages de montagne mais aussi aux habitants qui y résident. Les villageois sont pour la plupart contrariés par l'arrivée de l'équipe du commissaire Battaglia chez eux. Les secrets sont bien cachés et certains ne souhaitent pas qu'ils s'ébruitent. 

Un polar différent de ce qu'on peut lire habituellement. J'ai aimé cette histoire atypique, cette ambiance décrite par l'auteure tout au long du livre. Une lecture addictive grâce à une accélération de l'enquête en fin de livre qui nous fait tourner les pages rapidement pour enfin connaître le dénouement. Des personnages tout aussi déroutants qui changent. 
Un livre à découvrir et une auteure à suivre de près !






dimanche 23 septembre 2018

Le pensionnat des innocentes d'Angela Marsons - Editions Belfond

4ème de couverture
Ils pensaient leur plus terrible secret enterré à jamais.
En pleine nuit, cinq individus scellent un pacte au-dessus de la tombe qu’ils viennent de creuser.

De nos jours. Kim Stone, inspectrice au tempérament rebelle et solitaire, se voit confier une nouvelle enquête. Teresa Wyatt, directrice d’école, a été retrouvée noyée dans sa baignoire. Peu de temps avant sa mort, elle s’était intéressée à une fouille archéologique prévue autour d’un foyer d’accueil où elle avait travaillé avant que le lieu ne soit entièrement détruit par les flammes. Un autre employé du foyer est à son tour retrouvé assassiné. Kim, qui a connu enfant l’assistance publique, est profondément impliquée dans cette enquête. Au mépris des procédures, elle demande aux archéologues de commencer leurs fouilles : plusieurs squelettes sont retrouvés…




Mon avis
Je remercie les éditions Belfond pour cette lecture.

Teresa Wyatt est retrouvée noyée dans sa baignoire. Celle-ci n'est autre que l'ex directrice du foyer pour filles de Crestwood. Les ex employés finissent par tomber les uns après les autres... Qu'est-ce qui les relie ? Pourquoi cet acharnement sur les ex employés de Crestwood ?

En parallèle, des squelettes sont retrouvés sur le terrain de Crestwood... A qui appartiennent ses squelettes ? C'est l'inspectrice Kim Stone qui est chargée de résoudre toute cette pagaille.

"Le pensionnat des innocentes" est le premier thriller psychologique d'Angela Marsons, et je dois dire que tous les ingrédients indispensables pour un bon thriller sont réunis. A travers cet opus, Angela Marsons a choisi d'aborder des thèmes sociaux qui ne laisse personne indifférent. Elle pointe les dysfonctionnements des familles d'accueil, des foyers,... des enfants laissés pour compte considérés comme des numéros, et qui peuvent en plus subir des sévices. Le handicap est aussi abordé, une thématique sensible mais brillamment mise en lumière. 

Dès le prologue l'auteure nous plonge dans l'horreur, avec une ambiance glauque, qui nous pousse dès le début à nous interroger. Loin de s'arrêter en si bon chemin, elle redémarre sur les chapeaux de roue dès le premier chapitre avec un meurtre. A partir de là, ma curiosité n'a fait que s'accentuer. Vous l'aurez donc compris l'auteure frappe fort dès les premiers instants et vous embarque dans une succession d'actions et tout cela dans une ambiance noire particulièrement soignée.

Nous faisons aussi la connaissance de l'inspectrice Kim Stone, avec son caractère bien trempé. Cette enquête réveille en elle des souvenirs qu'elle voudrait laisser derrière elle. Que cache-t-elle ? Pourquoi ce caractère borderline ? Malgré tout cela, j'ai beaucoup aimé le personnage de Kim Stone. Elle n'a pas sa langue dans sa poche et j'ai adoré !

Ce thriller est un vrai page-turner qui peut devenir très rapidement addictif. Il se dévore grâce au style fluide de l'auteure, mais aussi aux rebondissements, à l'action... Il se passe toujours quelque chose ! Aucun temps mort n'est à déplorer. Vous vous poserez beaucoup de questions car l'auteure s'ingénie à nous lancer sur plusieurs pistes. Et quand arrive la fin, celle-ci nous laisse bouche bée... Enfin, la partie psychologique s'imbrique parfaitement et est superbement travaillée.

D'après ce que j'ai compris, nous retrouverons Kim Stone dans d'autres aventures que je ne louperais sous aucun prétexte ! Pari remporté pour ce premier opus magnifiquement réalisé.

 # By Aurélie :)

vendredi 21 septembre 2018

Une nuit avec Jean Seberg de Marie Charrel - Fleuve Editions

**** Chronique de Jess ****



Lausanne, hôtel Beau-Rivage, 1970. Une jeune femme, algérienne par sa mère, afro-américaine par son père, est missionnée par les Black Panthers pour approcher un « gros poisson » et obtenir de celui-ci de quoi alimenter
les caisses du parti. Mais le « gros poisson » en question, Jean Seberg au sommet de sa gloire, de sa beauté et de ses fragilités, se révèle moins facile que prévu à amadouer. Elizabeth tombe sous le charme de l'actrice
qui, l'espace d'une nuit, bouleverse son regard sur l'existence et les luttes pour lesquelles elle était prête à tout sacrifier.
Elle gardera de ces heures volées au monde le souvenir d'une amitié plus intense que l'amour et plus forte que la mort, souvenir ravivé cinquante ans plus tard, quand son petit-fils disparaîtra mystérieusement pour suivre à son tour la voie de la révolte.




Je remercie Marie Charrel pour sa confiance et l'envoi de son nouveau roman chaque année. 

C'est toujours avec délectation que je commence un roman de Marie Charrel car je sais que je vais passer un très bon moment livresque.
Marie aime allier histoire vraie et fiction et ce nouveau livre ne déroge pas à la règle. Avec une plume magnifique, elle va nous conter l'histoire d'Elisabeth et de son petit-fils Alexandre.
Elisabeth est métis, algérienne par sa mère, afro-américaine par son père. Suite à la disparition de son petit-fils, elle va se replonger dans son passé pour essayer de comprendre ce qu'il se passe dans la tête d'Alexandre.

Suite aux évènements du 8 février 1962, la vie d'Elisabeth va être totalement bouleversé. La mort de son compagnon dans les émeutes du métro Charonne va lui donner envie de se battre pour une grande cause. Elle veut essayer de changer le monde et va tout faire pour se faire entendre. Elle quitte tout d'abord la France, pour vivre en Angleterre avec son père puis lors de vacances aux Etats-Unis elle décide de rester y vivre. Elle va rejoindre les Black Panthers quelques temps plus tard. 
Par un malheureux hasard, ce qu'a connu Elisabeth dans sa jeunesse recommence en 2016. Emeutes aux USA suite à plusieurs meurtres d'afro-américain par la police blanche, attentats dans Paris, nouvelle guerre et migrants qui fuient leur pays, le monde va mal.
Quant à Alexandre, depuis les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan, il ne sait plus trop où il en est. Avec sa peau caramel ou café au lait, les gens commencent à le regarder avec un peu plus d'insistance. ll va décider lui aussi de s'engager pour une cause qu'il pense juste. Mais ses parents sont persuadés qu'il est parti rejoindre Daesh en Syrie. 

Roman d'actualité, Marie Charrel nous prouve que la société est un éternel recommencement (guerre, émeutes raciales, migration des habitants des pays en guerre...). Le travail de recherche est impressionnant, on sent la journaliste derrière ce roman. Je trouve remarquable d'arriver à conjuguer fiction et Histoire dans un roman. L'auteure y arrive avec merveille!
J'ai aussi appris énormément de choses sur ce qu'il se passait aux USA dans les années 70. Le mouvement des Black Panthers, les horreurs qu'inventaient le FBI sous la direction d'Edgar Hoover et qui ont été découverts grâce au cambriolage de leurs locaux en mars 71. Tout ce qui concerne le passé d'Elisabeth est tout simplement passionnant.

Ce que je regrette par contre et tout comme son précédent ouvrage c'est que les couvertures et résumés ne sont pas très vendeurs et ne donnent pas forcément envie au premier coup d'œil alors que chacun de ses romans sont de véritables pépites littéraires. Donc j'espère que mon avis vous donnera envie de lire ce roman et la plume de Marie Charrel.
Je verrais bien ce roman adapté au cinéma car je pense que ça ferait un film magnifique. 


Mes autres chroniques :

mercredi 19 septembre 2018

Faux amis de Linwood Barclay - Editions Belfond

**** Chronique de Jess ****

La ville de Promise Falls est sous le choc. L'écran du drive-in vient de s'effondrer en pleine séance. Bilan : quatre morts. Accident ? Acte malveillant ? L'impassible inspecteur Barry Duckworth enquête. Et un détail le perturbe : l'heure de l'explosion, 23 h 23 ; un chiffre qui évoque d'autres crimes non élucidés...
De son côté, le privé Cal Weaver travaille sur une sombre affaire. Une effraction a eu lieu au domicile d'Adam Chalmers, ponte local décédé au drive-in. Le vol en question : des vidéos érotiques que le défunt réalisait dans son sous-sol... Qui apparaissait sur ces films ? Y a-t-il un lien entre tous ces faits divers ?
Phénomènes étranges autour de la grande roue, agressions sur le campus, meurtres inexplicables. Un vent de panique souffle sur Promise Falls et l'heure est venue pour Cal Weaver et Barry Duckworth d'unir leurs forces.
Mais par où commencer dans cette ville où tous les psychopathes du coin semblent s'être donné rendez-vous ?


Enfin la suite de Fausses promesses qui avait été une excellente lecture (ma chronique ici). 
Je vous conseille de ne pas lire ma chronique si vous n'avez pas lu Fausses promesses car j'ai peur de vous spolier. 
Il est préférable de commencer par le premier de la série mais vous pouvez aussi lire celui-ci car l'auteur fait des rappels au précédent sans dévoiler les points forts de l'enquête. Car c'est souvent le problème avec les trilogies, on n'est pas forcément au courant et on se rend compte qu'il y avait un tome 1 en lisant le tome 2. Ça peut être rageant mais dans cette trilogie, l'auteur met tout en œuvre pour spolier au minimum l'enquête précédente en donnant un max d'infos pour qu'on sache ce qu'il s'est passé avant. Ou si comme moi vous avez du mal à vous rappeler d'un livre lu des mois auparavant, les rappels aident à se remémorer certains détails.

L'histoire commence donc quelques semaines après les évènements qui avaient marqué la petite ville de Promise Falls. Nous étions resté à la fin de notre lecture sur quelques interrogations qui n'avaient pas été réglé notamment l'assassinat d'Olivia Fisher, assassinée 3 ans auparavant et le meurtre sanglant de Rosemary Gaynor.
Un nouvel incident et pas des moindres vient de nouveau perturber la ville. Beaucoup de commerces ferment dans la ville et c'est au tour du drive in de mettre la clé sous la porte. Mais une dernière soirée cinéma est organisée avant la destruction de la structure. Malheureusement une explosion met fin à la fête et l'écran écrase plusieurs voitures faisant 4 morts. 
Parmi les morts, Adam et sa femme Miriam. Le même soir leur maison se fait cambrioler. Il semblerait que le couple cachait quelque chose de pas très catholique et que quelqu'un à peur que ça leur saute à la tête suite à leur décès. 
Nous retrouvons les personnages rencontrés dans le précédent opus. 
David, embauché par Finley qui veut se représenter à la mairie.
Cal, détective privé qui va être embauché par la fille de Adam, Lucy. Cette dernière souhaite qu'il retrouve ce que le cambrioleur a pris dans la maison. Ils découvrent que le couple organisait des soirées échangistes filmées dans une chambre au sous sol de leur maison.
Clive Duncomb, le chef de la sécurité du campus qui avait arrêté l'étudiant qui agressait les jeunes filles et qui n'est pas tout net. 
Et l'inspecteur Barry Duckworth, qui va essayer de démêler ce sac de nœuds. Car peu après l'attentat au Drive in d'autres incidents vont avoir lieu et le chiffre 23 sera de nouveau mis en scène. 

Linwood Barclay nous embarque encore dans une affaire complexe. Et encore une fois, nous n'avons pas toutes les réponses à nos interrogations et je dois dire que c'est très frustrant! Le livre s'arrête sur un cliffhanger horrible qui nous donne qu'une seule envie : lire la suite. Mais il va falloir attendre encore quelques mois pour la suite. 
Roman choral, nous avons l'histoire des points de vues de tous les personnages. Je ne suis pas particulièrement fan de ce type de roman car j'ai toujours l'impression que ça part dans tous les sens. Nous connaissons tout des différentes histoires à tiroirs. A la fin du livre, j'ai fait un petit résumé des points importants et qui n'ont pas été résolus car je me connais je ne me rappellerai plus de certains détails au moment de lire le final. 

Un polar prenant, qui m'a fait passer un excellent moment. J'aime beaucoup les histoires de Linwood Barclay. Il faut un certain talent aussi pour mêler autant d'histoires et de personnages sans s'emmêler les pinceaux. J'attends avec impatience le dernier tome pour enfin connaître les tenants et aboutissants de cette histoire complexe. 

Je remercie les Editions Belfond pour cette lecture.



lundi 17 septembre 2018

Mère toxique d'Alexandra Burt - Editions Denoël

4ème de couverture
De son enfance, Dahlia se souvient surtout de nuits dans des hôtels miteux et d'un quotidien chaotique à sillonner les routes du pays, au côté d'une mère complètement déjantée. Devenue adulte, Dahlia cherche désespérément à prendre le contre-pied de cette vie, mais son enfance clandestine et le mystère qui entoure sa naissance l'empêchent d'aller de l'avant. La jeune femme décide de se rendre auprès de sa mère à Aurora, petite ville poisseuse au beau milieu du Texas. Elle plonge alors dans le passé d'une femme au bord de la folie. Après une découverte macabre dans une ferme voisine, Dahlia comprend que certains secrets devraient rester enterrés à tout jamais...


Mon avis
Je remercie les éditions Denoël pour cette lecture.
Après une longue absence, Dalhia revient à Aurora où sa mère s'est définitivement installée. Elle veut éclaircir le mystère qui entoure sa naissance, les fuites incessantes en pleine nuit de motel en motel, de ville en ville, pourquoi elle n'a jamais été à l'école... Des mystères/secrets lourds à porter... Qu'est ce qui a poussé Memphis a fuir toute sa vie ? Que cache-t-elle à Dalhia ?
En parallèle, lors de son jogging matinal, Dalhia trébuche sur une fille à moitié enterrée et laissée pour morte. Qui est-elle ? Dalhia a-t-elle interrompu le travail du tueur ? Tant de questions que Dalhia décide de mener son enquête.
Nous suivons également l'histoire de Quinn qui est victime d'un atroce événement. 

"Mère toxique" est le second thriller d'Alexandra Burt. La couverture de ce livre est très intrigante mais celle-ci prend tout son sens lorsque notre lecture est terminée. Ce thriller n'est pas très original au niveau de l'histoire mais psychologiquement, c'est une totale réussite. L'ambiance est "toxique", étouffante, et tourne à la paranoïa. C'est sans conteste le point fort de ce roman. 

"Mère toxique" se partage entre quatre personnages : Quinn, Memphis, Dalhia et Aella (gitane/sorcière). Chaque chapitre donne la parole à un personnage. Les personnages les plus représentés sont essentiellement Memphis/Dalhia et Quinn de l'autre côté.
Nous suivons l'histoire de chaque personnage pas à pas, avec quelques flashbacks pour nous aider. J'ai été complètement happée par la première partie de ce livre car on sait que même si on ne voit pas tout de suite le lien, on se doute bien que quelque chose relie tous ces personnages. Malheureusement pour moi, à peine la moitié du livre passée, j'ai vite compris ce qui allait arriver.

La thématique psychologique nous fait naviguer aux frontières de la folie, à la folie pure. Une psychologie très fouillée qui porte remarquablement ce roman noir. Le travail de l'auteure sur ce thriller psychologique est considérable, dommage que je n'ai pas été surprise par quelques rebondissements, ce qui aurait pu remporter une totale adhésion de ma part.

C'est donc une lecture mitigée car j'ai adoré le travail fait sur la psychologie des personnages, l'ambiance,... mais j'ai été déçue de l'histoire pour laquelle j'ai trop vite compris la fin.

 # By Aurélie :)

vendredi 14 septembre 2018

Là où rien de meurt de Calderon et De Moras - Editions La bête noire

**** Chronique de Jess ****



Quand les morts reviennent pour résoudre les mystères des vivants... Paul Bénévent, auteur nîmois à succès, ne se remet pas de la disparition de sa femme, survenue trois ans plus tôt. N'ayant plus rien écrit depuis, il s'apprête à en finir lorsque de soudaines inondations dévastent sa ville et déposent devant sa porte le corps sans vie d'Alexandre, un ami d'enfance. Très vite, l'enquête révèle que la victime n'est pas morte noyée, mais assassinée. Paul devient le principal suspect. Dans sa quête pour s'innocenter, il découvre bientôt que son ami avait un mystérieux rendez-vous avec une inconnue. Alors que l'étau de la police se resserre, Paul décide de partir sur ses traces...


Tout commence à Nîmes pendant de violentes crues. La ville est sans dessus dessous. Paul est aussi tourmenté que la tempête qui règne sur la ville. Suite au décès prématuré de sa femme il n'est plus que l'ombre de lui-même et semble vouloir en finir une bonne fois pour toute. Mais l'apparition d'une femme dans le bar de son amie Ophélie va le chambouler. Et quand un cadavre est découvert dans son jardin et que Paul découvre que c'est son ami d'enfance, tout son passé va remonter à la surface. L'inspecteur Salinque va être appelé sur les lieux du drame, et pense tout de suite que ce n'est pas une noyade due à la tempête mais bien un meurtre. Il promet à Paul de le tenir au courant. Ce dernier va partir à la recherche du coupable et par la même occasion découvrir le destin d'une autre personne. 
Les auteurs nous emmène dans un véritable jeu de piste et nous font voyager entre la France et Prague. Paul va remonter les différentes pistes et tenter d'échapper à un triste sort.

J'ai été totalement happée par cette histoire peu commune. Les auteurs nous embarquent dans une histoire passionnante mêlant ésotérisme, alchimie, astronomie et mystère. 
C'est bien une des premières fois que je ressens autant les sentiments d'un personnage. Paul est à part, dévasté par le deuil et par la rancœur envers sa mère. Un homme blessé qui on espère pansera ses plaies et vivra enfin heureux.
J'ai aussi trouvé le personnage de Salinque différent des flics que l'on peut rencontrer dans la plupart des polars. Je l'ai trouvé touchant, sympathique, qui va tout mettre en œuvre pour trouver le meurtrier même si tous les indices tendent à penser que Paul est coupable. Salinque lui le voit plus en victime.

Il se dégage aussi une atmosphère particulière dans cette intrigue. La tempête, la pluie, le chaos qui en découle donne à l'histoire un petit côté authentique et flippant. Cela fait écho aux sentiments qui troublent Paul depuis quelques années.
Un livre qu'on ne peut pas poser, tellement prenant qu'on pourrait aller se cacher dans les toilettes pendant le travail pour pouvoir continuer à le lire. Il y a aussi un petit côté romantique qui m'a particulièrement plu. Pas de temps mort dans cette histoire, tout est mis en œuvre pour tenir le lecteur en haleine. Et la fin nous offre de belles surprises.
Je suis toujours interrogative sur le fait d'écrire un livre à 4 mains et je serais curieuse de savoir comment ils s'y sont pris. Dans tous les cas c'est un succès et un énorme coup de cœur. Je regrette de ne pas avoir lu et découvert cette petite pépite plus tôt. 
Foncez découvrir ce polar vous ne serez pas déçu une seule seconde! 

Nos adorables belles-filles de Aurélie Valognes - Editions Michel Lafon

**** Chronique de Jess ****



Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut :
Un père, despotique et égocentrique, Jacques.
Une mère, en rébellion après 40 ans de mariage, Martine.
Leurs fils. Matthieu éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants. Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps. Alexandre, rêveur mou du genou.
Et surtout. trois belles-filles délicieusement insupportables !
Stéphanie, mère poule angoissée. Laura, végétarienne angoissante. Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l'arrivée va déstabiliser l'équilibre de la tribu.
Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d'une sagesse (bien à elle) à faire pâlir le Dalai Lama, et un chien qui s'invite dans la famille et dont personne ne veut.
Mélangez, laissez mijoter. et savourez !



Entre deux polars, je continue avec des lectures plus légères. J'avais beaucoup aimé Au petit bonheur la chance (ma chronique ici) j'ai donc continué dans ma lancée avec Nos adorables belles-filles

Jacques et Martine sont proches de la retraite. Tous les ans que ce soit pour Noël, les vacances de février et les vacances d'été ils se retrouvent avec leurs fils et leurs belles-filles pour passer un bon moment ensemble. Enfin, bon moment c'est vite dit! Jacques est un phénomène et passe son temps à faire des réflexions devant ses belles-filles. Pour lui c'est un jeu, et ce n'est pas méchant, mais les demoiselles ne le voit pas du même œil. Donc cette année Martine met les points sur les i, il faut qu'il se tienne à carreau car une petite nouvelle fait son entrée, Jeanne, la compagne de Nicolas. Il ne faudrait pas la faire fuir comme les précédentes.
Et puis Martine met également les choses au clair dans ce qu'il ne lui convient plus dans sa vie et dans son couple. Elle souhaite que Jacques lâche du lest au boulot et passe plus de temps avec elle. Car le temps passe vite et on ne sait pas ce que l'avenir réserve. 

Alors moi je n'aurais pas choisi un titre comme celui-ci. Car d'adorable j'en ai trouvé qu'une seule, Jeanne. C'est la petite dernière a rentrer dans cette famille de dingue. Il n'est pas facile de s'intégrer dans une famille qui a déjà ses défauts, ses petites manies, et surtout quand on n'est pas sûr que notre compagnon nous aime comme nous l'aimons. 
Les deux autres belles-filles, Laura et Stéphanie, sont deux pestes. L'une qui ne mange rien aux repas, qui impose ses règles alors que finalement elle ne les suit pas elle-même. Et l'autre, enceinte du 3ème enfant, qui fait passer ses hormones avant la politesse et flippe pour ses enfants à longueurs de journée.
Le personnage que j'ai le plus apprécié et qui m'a donné envie de le connaître en personne est Jacques. Je l'ai trouvé particulièrement attachant et drôle. J'aime beaucoup mon propre beau-père mais si je devais changer j'en voudrais bien un comme lui! Quant à Martine, c'est la belle-mère parfaite, qui fait tout pour que ses belles-filles se sentent bien et acceptent de revenir chez eux. 

Ce roman se dévore comme un paquet de bonbons acidulés et doux à la fois. C'est drôle, c'est frais. Un livre qui se lit tout seul et qui vide la tête. Si vous souhaitez une lecture légère je vous le conseille. Un bon petit livre à lire pendant les vacances au bord d'une piscine ou allonger sur la serviette de plage!
Il me reste maintenant à lire Mémé dans les orties et Minute papillon et je serais à jour ! 

jeudi 13 septembre 2018

Arcanes Médicis de Samuel Delage - Editions De Borée

**** Chronique de Jess ****


Alors que la quiétude règne sur la villa Médicis, un cadavre est découvert un matin dans l’'une des fontaines des jardins. Ce drame bouleverse les artistes pensionnaires et le personnel, d’'autant que la victime est le fils du directeur de ce lieu incontournable de l'art et de la culture. Dépêché sur place, le commissaire Castelli conclut rapidement à un homicide et ne tarde pas à découvrir que la victime entretenait des liens ambigus avec les résidents.


Premier livre que je lis de Samuel Delage et sûrement pas le dernier. Me voilà partie en Italie à la Villa Médicis où il se passe de drôles d'évènements. 
Valente Peyron, le fils du Directeur de la Villa est retrouvé mort et énuclé dans une des fontaines du parc. Le commissaire Castelli est nommé pour diriger l'enquête qui va lui donner du fil à retordre. 
Le Directeur devait organiser une grande exposition à la Villa mais les évènements font qu'il va demander de l'aide à Yvan Sauvage, un célèbre expert en art. Ce dernier va retrouver dans la Villa une personne qu'il connaît, Marion Evans. Ces deux là ont déjà vécu d'autres aventures. 
J'apprends à la fin de ma lecture que Marion et Yvan sont des personnages récurrents pour Samuel Delage. Mince j'ai raté les premières histoires de ces deux là. Il va falloir que j'y remédie car j'ai eu envie de connaître leur passé en lisant cette histoire.

J'ai été embarqué dans ce huis clos passionnant. Les lieux de l'enquête sont merveilleusement bien décrits et j'ai vécu en Italie le temps de ma lecture. Chaque personnage va être un suspect potentiel. On doute, on émet des hypothèses tout au long de la lecture pour essayer de mettre un nom sur le coupable. 
Des faits étranges vont avoir lieu, des résidents vont se faire cambrioler et des objets auxquels ils tiennent vont disparaître. Tous les personnages ont leurs petites manies d'artiste. Le personnel administratif peut aussi faire partie des suspects potentiels. Il y a un des personnages qui est particulièrement bien imagé, le secrétaire général. Un personnage complexe et très antipathique. Curieusement, c'est un personnage qui m'a marqué. 

Le style de l'auteur est fluide, les descriptions permettent à notre imagination de nous projeter dans cette Villa. L'histoire met un peu de temps à se mettre en place. La tension et le suspens vont monter crescendo. Les évènements vont s'enchaîner et le rythme va s'accélérer pour notre plus grand plaisir. Le passé de Yvan donne à l'enquête principal un plus non négligeable. On souhaite connaître le lien entre lui et ce qu'il se passe à la Villa Médicis.

Voici une très belle découverte. Depuis le temps que j'entends parler de Samuel Delage, je peux enfin dire que j'ai lu un de ses livres et ce premier essai m'a conquise. Je renouvellerai l'expérience pour me faire une idée définitive sur l'auteur. 
Si vous voulez lire un excellent huis clos dans un endroit magnifique, partez vous aussi en Italie découvrir cette histoire. 



lundi 10 septembre 2018

Canyon Creek de Alexis Aubenque - Edtions du Toucan

**** Chronique de Jess ****


Canyon Creek, petite ville tranquille de l'Ouest américain qui tient son nom du canyon qui la borde, est en proie à une succession de crimes de jeunes filles latino-américaines. La sergente Suzie McNeill est persuadée qu'il s agit d'un tueur en série, contrairement au chef de la police locale qui n'y voit qu'une simple coïncidence statistique.
Avec l'aide du lieutenant Jack Spencer, elle est prête à dépasser les limites du règlement pour prouver ses théories et arrêter le détraqué qui sévit dans sa ville. Mais c'est un but qui sera difficile à atteindre alors que revient dans sa vie Dale Turner, un homme au passé mystérieux, tout juste sorti du coma, amnésique après un accident étrange survenu un mois plus tôt..


J'avais une petite panne de lecture. Et dans ces cas là je prends dans ma bibliothèque une valeur sûre. Comme il me reste encore quelques livres de Alexis Aubenque j'ai décidé de lire Canyon Creek. Et encore une fois, c'est un très bon choix, car comme d'habitude dès les premières lignes je suis embarquée dans l'histoire.

Alexis aime nous emmener dans des petits bleds paumés des Etats-Unis dans ses polars. Celui-ci ne déroge pas à la règle et nous emmène au Colorado dans la petite ville de Canyon Creek. Ville sous l'autorité du Shérif McNeil qui veille au grain depuis des dizaines d'années. Le calme de Canyon Creek est bouleversé quand plusieurs jeunes femmes d'origine latino sont retrouvées violées et assassinées.
Les meurtres sont vites classés et personne ne voit de lien entre eux exceptée Suzie, la fille du Shérif qui est sergente au commissariat. Elle va faire équipe avec la brebis galeuse du commissariat pour retrouver le coupable des meurtres. 
Un autre fait divers a lieu. L'accident de Dale Turner, fiancée de la fille d'un ponte de la ville. Il se réveille complètement amnésique suite à une chute dans une ravine. Sa recherche du passé va lui faire découvrir de drôle de surprise sur sa vie. Personne ne le croit amnésique et plusieurs personnes vont lui montrer de l'animosité. Qu'a-t-il bien pu faire pour mériter tel traitement. 

Comme vous devez le savoir j'adore voyager dans mes lectures et être complètement immergée dans une histoire. Alexis Aubenque a le don de regrouper tout ça pour mon plus grand plaisir. Tous les ingrédients qui fait de ses polars des coups de cœur sont réunis. Des personnages attachants ou ignobles, des descriptions de paysages à couper le souffle, un suspens au rendez-vous, une fin improbable et pour couronner le tout une petite histoire d'amour ;-)
Le rythme est plus lent par rapport à ses dernières histoires mais ça n'a pas été pour me déplaire. L'enquête est fastidieuse et longue
Je suis contente qu'il me reste quelques livres de l'auteur dans ma bibliothèque. Je n'aurais pas à attendre les prochaines sorties pour satisfaire mon plaisir de découvrir les polars d'Alexis. 

Encore un coup de cœur pour ce polar. Je vous invite à découvrir cet auteur si vous ne le connaissez pas vous ne serez pas déçu une seule seconde. Vous pouvez retrouver mes avis sur ses autres polars sur le blog ;-)




jeudi 6 septembre 2018

Au petit bonheur la chance de Aurélie Valognes - Editions Mazarine

**** Chronique de Jess ****



Parce que derrière chaque imprévu de la vie,
se cache une chance d'être heureux !

1968. Jean a six ans quand il est confié du jour au lendemain à sa grand-mère. Pour l'été. Pour toujours. Il n’'a pas prévu ça. Elle non plus.
Mémé Lucette n'est pas commode, mais dissimule un cœur tendre. Jean, véritable moulin à paroles, est un tourbillon de fraîcheur pour celle qui vivait auparavant une existence paisible, rythmée par ses visites au cimetière et sa passion pour le tricot. Chacun à une étape différente sur le chemin de la vie – elle a tout vu, il s'étonne de tout –, Jean et Lucette vont s'apprivoiser en attendant le retour de la mère du petit garçon. Ensemble, dans une société en plein bouleversement, ils découvrent que ce sont les bonheurs simples qui font le sel de la vie.

Un duo improbable et attachant pour une cure de bonne humeur garantie !


Premier roman de Aurélie Valognes que je lis et ce ne sera pas le dernier! Depuis le temps que je vois passer ses romans sur la Toile je me suis enfin décidée à lire un de ses romans.
Et quelle belle surprise que ce roman! J'aime les histoires simples qui laissent transparaître plein d'émotions. Et j'ai trouvé tout ça dans Au petit bonheur la chance. 

Quand sa mère réveille Jean en pleine nuit pour partir de chez eux, il se demande bien ce qu'il peut se passer. Ils arrivent chez mémé Lucette où sa mère le laisse pour les vacances d'été, le temps pour elle de trouver un travail et un logement sur Paris. 
Jean va passer son été à attendre sa maman et à essayer de se faire à la vie avec sa grand-mère. C'est qu'elle n'est pas très commode mémé Lucette. Elle qui passe son temps entre ses tricots, la messe et la visite quotidienne au cimetière, ne s'attendait pas du tout à devoir gérer un petit bonhomme plein de vie. Mais quand Jean se rend compte que sa mère ne reviendra pas tout de suite et qu'il devra rentrer à l'école à Grandville, il finit par se faire une raison. Nous allons donc suivre le quotidien de ce petit garçon. 

J'ai été très émue par cette lecture. Aurélie Valognes a très bien su restituer les années 70 dans son roman. J'ai beaucoup aimé les petits clins d'œil aux objets, ou marques qui sont apparus à cette période. Je suis pourtant née une dizaine d'années après mais j'ai souvent souri sur certains détails. 
Et puis comment ne pas aimer Jean, ce petit bonhomme de 6 ans qui se retrouve du jour au lendemain déposé comme un colis chez sa grand-mère. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai un fils du même âge mais j'ai été particulièrement touché par cette histoire. Surtout que comme Jean, j'avais une relation très forte avec ma grand-mère. Je n'ai par contre pas eu du tout d'empathie pour Marie, la mère de Jean. Je n'ai pas compris ses choix, ses aspirations. 

Mais dans ce récit, Aurélie Valognes dépeint aussi le quotidien des femmes à cette époque. Les différences entre les hommes et les femmes. Le rôle des femmes cantonnées à être mère au foyer et ne pas travailler. Le peu de choix qu'elles avaient surtout quand elles se retrouvaient enceinte. Et le risque qu'elles encouraient en se faisant avorter illégalement.

Un roman magnifique, attachant, plein de sentiments, de joie, de rire, de pleurs aussi. Je vais me pencher sérieusement sur les autres romans de Aurélie Valognes pour confirmer mon sentiment de lecture. 
Pour ce qui concerne celui-ci c'est un coup de cœur. 

mardi 4 septembre 2018

Maudite de Denis Zott - Editions Hugo Thriller

**** Chronique de Jess ****



Pour survivre, elle doit faire face à ses pires cauchemars.

" Marseille à feu et à sang dans un polar incandescent. " Hubert Artus
Marseille. En face du stade Vélodrome, le dixième étage des Mimosas est en flammes. C'est l'appartement de Tony Beretta, petit dealer mais légende parmi les supporters ultras de l'Ohème.
Une jeune femme, blessée, parvient à s'échapper du brasier. Luce, seize ans, une gueule d'ange, enceinte jusqu'aux yeux, n'est pas partie les mains vides : elle s'est enfuie avec l'argent et la drogue de Tony.

Et l'argent et la drogue, ça attire du monde. Canari, le flic pourri de la BAC. Les hommes de main de Tony. Ceux du Libyen, jeune caïd qui a pour ambition de renverser les anciens, tel le vieux Topin. Et même Yasmina, l'infirmière trop belle pour être innocente, qui veille sur Luce et ses jumeaux. Impossible, pour Luce, d'espérer se sortir seule de ce piège qu'est devenue sa ville.

Mais à qui faire confiance, et comment survivre et protéger ses bébés, quand sa propre mère dit d'elle qu'elle est maudite, et que son ange protecteur pourrait bien s'avérer être un démon ?
Pour trouver la lumière, Luce n'aura d'autre choix que de faire face à ses pires cauchemars.

J'ai commencé ce livre en me disant après quelques pages "Mais c'est quoi ce bouquin de dingue!" et je termine en me disant exactement la même chose. Alors de nouveau, je vais faire des comparaisons mais ce sera un gros compliment. Ce livre est un mélange entre Karine Giebel et Ghislain Gilberti. Giebel pour le glauque, le noir, le manque d'espoir, l'horreur à chaque page, et le Gilberti pour le côté drogue, cartel, flic pourri. 
Je pense que je n'ai jamais lu un livre pareil. De la première à la dernière page c'est un compilé de violence et d'horreur. Je me suis dit plusieurs fois "Mais pourquoi tant d'horreurs? Pourquoi il n'y a pas un peu de lumière dans cette histoire?"

Cette histoire, c'est celle de Luce, à peine 16 ans, enceinte jusqu'au cou de jumeaux. Le père, ou celui qui croit l'être c'est Tony un type d'une quarantaine d'années. C'est son ange, le Lybien, qui a demandé à Tony d'héberger Luce après l'incendie et la mort de son père adoptif. Mais un soir de match tout part en vrille. C'est un soir de grand match, l'OM rencontre le PSG. Pour Tony, il n'y a que l'OM qui compte et il ne faut surtout pas le faire chier un soir de match. Il lui a bien dit à Luce, pas un mouvement, pas un bruit, pas une parole ou il l'explose. Mais une envie pressante fait bouger Luce et une coupure de courant signe la fin de la partie et le début de l'enfer pour Luce. Et pour que quelqu'un lui vienne en aide, elle incendie l'appartement et vole le butin de Tony. 
Mais tout le monde va vouloir récupérer Luce et le butin.

Je n'ai jamais rencontré autant de pourritures dans un seul livre. Ils sont tous pourris jusqu'à la moelle. Que ce soit Luce, Tony, ou même le canari (flic à la BAC) et les autres flics, ils sont tous à mettre dans le même sac.
Quand on pense qu'il va y avoir un petit espoir et bien on se trompe et on se reprend un torrent de violence. Même les choses que vous ne pouviez imaginer vous saute à la gorge.

Je me suis dit parfois mais pourquoi écrire une horreur pareille et surtout pourquoi je continue ma lecture. L'auteur a transformé Marseille en champ de bataille. On se dit c'est trop, il ne peut pas se passer autant d'horreurs. Ce livre m'a dérangé au plus profond de moi. Et si c'était le but de l'auteur c'est un pari gagné. En ce qui concerne les personnages c'est bien la première fois que tous me font horreur.

Si vous aimez les livres de Karine Giebel et Ghislain Gilberti, ce livre est fait pour vous. Par contre si vous ne supportez pas les scènes gores, violentes et la tension à chaque page, passez votre chemin.