samedi 19 octobre 2019

Anamnèse de Salvatore Minni - Editions Slatkine & Cie

**** Chronique de Jess ****


Anamnèse, du grec anamnêsis : action de rappeler à la mémoire. En médecine, l'ensemble des renseignements fournis au médecin par le malade ou par son entourage sur l'histoire d'une maladie ou les circonstances qui l'ont précédée. En ésotérisme, le fait de recouvrer la connaissance totale de ses existences antérieures. 

Marie est en proie à des cauchemars aussi sinistres que sanglants. Qui est cette femme poignardée à mort qui l'implore ? Pourquoi lui demande-t-elle pardon ? Elle tente de découvrir ce qui se cache derrière ces images atroces qui l'assaillent chaque nuit... 

Dans sa descente en enfer, des secrets seront dévoilés, des masques tomberont, et la vérité éclatera. Qui en subira les conséquences ? Marie ? Sophie ? Luc ? Ou encore Jack Lee dont Marie est devenue l'obsession...? 

Plongez dans l'univers frissonnant et bouleversant de Salvatore Minni. Et n'oubliez jamais qui vous êtes...




J'avais vraiment hâte de découvrir le nouveau roman de Salvatore Minni, j'ai donc été plus que contente quand je l'ai trouvé dans ma boite aux lettres il y a deux jours. 
Comme pour son premier roman Claustrations (mon avis et celui d'Aurélie ici) j'ai mis une journée pour le lire.

J'ai relu mon avis de son premier roman car j'avoue qu'une fois fini je suis un peu sceptique. Je suis pour une fois bien embêtée car je ne sais pas trop comment vous donner mon ressenti. Ma joie du début s'est un peu transformée en déception.

Comme pour Claustrations, le sujet principal de ce livre sera encore la psychiatrie et ses méandres. 
Marie est victime de cauchemars horribles toutes les nuits. A tel point qu'elle commence à s'en rendre malade. Elle voit toujours du sang, une femme sans visage poignardée et une inscription partielle gravée sur son torse. Pour elle, qui est psychiatre et qui a l'habitude d'analyser les rêves de ses patients, la situation est très frustrante. Elle va être aidée de Sophie, son assistante, qui fera tout son possible pour l'épauler durant cette période. 
Un matin, elle reçoit un appel d'un certain Paul qui lui dit qu'il l'a enfin retrouvé et qu'il veut la voir. Mais au lieu de l'appeler Marie, il va l'appeler Vanessa. Cet homme va continuer à suivre Marie pour essayer d'avoir une explication avec elle. Sophie, se fera de plus en plus de soucis pour Marie et tentera de connaître la vérité. Marie n'a jamais parlé de son passé à Sophie, le sujet est tabou. J'ai trouvé le personnage de Sophie très superficiel, tout comme sa relation avec un autre personnage très peu crédible(je ne le citerais pas afin de ne pas vous spolier l'histoire). 

Nous suivrons également un des patients de Marie, Jack Lee. Atteint de gros troubles psychiatriques, ce personnage est particulièrement flippant. 
Alors je vais mettre une petite parenthèse pour vous parler des chapitres où il est question de ce personnage. L'auteur pour parler de lui va l'appeler tout le temps Jack Lee (exemple dans le premier chapitre : " Crayon à la main, Jack Lee tentait de finir le Sudoku qu'il avait sous les yeux (...) La pièce à peine éclairée. Jack Lee avait une sainte horreur de la lumière directe ). Ce tic d'écriture m'a particulièrement gêné. Est-ce que c'est fait exprès ? 
J'ai trouvé aussi des incohérences temporelles dans l'histoire mais je ne saurais dire si c'est fait exprès aussi ou non. 

Comme pour Claustrations j'ai essayé de comprendre ce qui se passait. J'ai encore une fois été perdue pendant ma lecture. Bien plus que pour ma lecture de Claustrations. Et quand j'ai tourné la dernière page j'ai eu une impression d'inachevée ou alors de ne rien avoir compris à ma lecture... Sentiment très déroutant sachant que l'histoire était quand même inspirante sinon je ne l'aurais pas lu aussi rapidement.
Ou alors ce côté brouillon est là pour nous démontrer l'état psychologique de Marie ? Mais dans ce cas je pense que l'auteur aurait dû nous fournir une fin plus aboutie afin que l'on comprenne un peu plus l'histoire. Je finirais pas dire que n'écrit pas des romans psychologiques qui veut. J'en suis vraiment désolée, mais pour moi ce livre est un gros flop.
Le seul point positif de cette lecture est que Salvatore a abandonné l'imparfait du subjonctif !

Ceci n'est que mon humble avis, je vous laisse vous faire votre propre opinion. Ce roman plaira sûrement à certains lecteurs.

Dans tous les cas, je remercie Marc-Olivier Rinchart pour sa confiance et les Editions Slatkine & Cie. 

jeudi 17 octobre 2019

The suicide book de Pierre Gaulon -

**** Chronique de Jess **** 

Deux suicides.
Violents.
Une vieille femme retrouvée les poignets entaillés dans son salon.
Un officier de police qui se tire froidement une balle dans la tête.
Pour Grand-Mare, bourgade habituellement sans histoires, le compte est lourd et attire les curieux. Maryline Jane, journaliste spécialisée dans les faits divers étranges fait partie de ceux-ci. Mais l’enquête s’avère délicate et les langues difficiles à délier. Le hameau est imprégné de croyance populaire et le suicide reste un sujet tabou, même chez les jeunes générations.
En apparence, les victimes n’avaient pas de lien entre elles. Mais pourquoi possédaient-elles dans leur bibliographie cet e-book au titre si singulier ? Et pourquoi la journaliste éprouve-t-elle tant de peur à ouvrir le fichier numérique ?


Marilyne est journaliste à la "24ème heure" une revue qui traite des faits-divers un peu troublants. Elle part dans une petite ville de province, Grand-mare, où une série de suicides a eu lieu. Tout d'abord une personne âgée vivant seule, ensuite un policier se tire une balle dans la tête avec son arme de service. Et d'autres vont suivre ...
Marilyne va donc essayer de trouver un lien entre tous ces suicides et va tomber sur un e-book qu'apparemment chacun des suicidés a lu. 
Avec l'aide d'HP un de ses ami qui se dit "chasseur de fantôme" et qui traite du paranormal et des phénomènes exceptionnels, elle va enquêter sur ce fameux e-book au nom particulier : The suicide book. Il va par la même occasion lui raconter l'Histoire du suicide et ses conséquences au Moyen-Age. 

Depuis quelques années maintenant, je lis avec plaisir les livres de Pierre Gaulon. C'est toujours une superbe découverte et je n'ai encore jamais été déçue. Il aime mêler le paranormal à ses romans et il le fait bien. Pas de surenchère, pas de voyeurisme malsain, pas de scènes irréalistes.
Cette fois, il va traiter d'un sujet qui restera longtemps tabou : le suicide. J'ai appris énormément de choses sur le sujet et je dois reconnaître que Pierre a fait un travail de recherche remarquable pour nous retracer l'histoire du suicide depuis le Moyen-Age. 
Mais le suicide n'est pas le seul thème abordé dans ce livre. Il y a aussi le handicap. Marilyne a été victime d'un grave accident de voiture au cours duquel elle a perdu son fiancé. Elle souffre 24/24h et la vie lui est bien pénible depuis cet accident. 

L'enquête est bien menée et l'intrigue parfaitement maîtrisée. Nous allons peu à peu connaître le coupable et son mobile. Le scénario est très original et mêle passé et présent avec brio. Je me suis dit tout du long qu'heureusement que personne n'essaie de créer un e-book qui donnerait envie de se suicider sinon ce serait l'hécatombe surtout vu la vitesse de propagation d'un fichier sur internet ! 

J'ai beaucoup aimé les deux personnages principaux et j'aimerais beaucoup les revoir dans de nouvelles enquêtes qui traitent du "paranormal" 

Autres chroniques :



Pour seul refuge de Vincent Ortis - Editions La bête noire

**** Chronique de Jess ***

La plus terrible des prisons est celle qui n'a pas de murs.

De la neige à perte de vue, une ourse affamée, pas une habitation à des kilomètres à la ronde.
Seuls, perdus dans les immensités sauvages du Montana, à plus de deux mille mètres d'altitude, deux hommes se font face : un jeune Indien accusé de viol avec tortures et le juge qui l'a condamné.
Chacun possède la moitié des informations qui pourraient les sauver, or : Ensemble, ils s’entre-tueront. Séparés, ils mourront.


En commençant ce livre, je ne m'attendais pas à un tel scénario. 
Tout d'abord, l'histoire se déroule aux USA. Je suis toujours épatée par les auteurs français qui mettent en scène leur histoire dans un autre pays que le leur. Ça peut vite devenir casse-gueule, ce qui n'est pas du tout le cas dans ce polar. Nous avons l'impression de lire un polar d'un auteur américain. Deuxièmement, ce livre est le premier de Vincent Ortis, et c'est une vraie surprise tant le scénario et la plume sont parfaits. 

Un juge va être enlevé suite à la panne de sa voiture en pleine tempête de neige. Un autre individu est maintenu en captivité et nous ne savons pas qui il est. Un homme est derrière tout ça mais nous ne savons pas pourquoi il a établi un plan aussi machiavélique. Pour ma part j'avais un peu deviné le "pourquoi" mais il me manquait des éléments. Roman choral, nous aurons le point de vue de chaque protagoniste, que ce soit le méchant, les victimes et les policiers en charge de l'enquête. 

La psychologie des personnages est à son paroxysme. Le scénario implacable. L'auteur va nous emmener loin. Roman très visuel, sans longueur. Nous passons d'un personnage à l'autre ce qui rend la lecture fluide et passionnante. L'auteur a su dégager une ambiance très particulière. Préparez vos plaids pour lire cette histoire car le froid sera au rendez-vous. 

Pour un premier roman c'est un sans faute que nous offre Vincent Ortis. Je comprends qu'il ait remporté le prestigieux prix des enquêteurs. Un auteur à suivre de très près !

mercredi 16 octobre 2019

Sång de Johana Gustawsson - Editions Bragelonne

**** Chronique de Jess ****


[Sång] : nom fém. En suédois, signifie « chanson ». En Suède, une famille est massacrée dans sa luxueuse demeure. Ce terrible fait divers rappelle sur ses terres Aliénor Lindbergh, une jeune autiste Asperger récemment entrée comme analyste à Scotland Yard : ce sont ses parents qui ont été assassinés. Avec son amie Alexis Castells, une écrivaine spécialisée dans les crimes en série, la profileuse Emily Roy rejoint sa protégée à Falkenberg, où l'équipe du commissaire Bergström mène l'enquête. Ensemble, elles remontent la piste du tueur jusqu'à la guerre civile espagnole, à la fin des années 1930, lorsque le dictateur Franco réduisit toute résistance au silence, dans le sang. 





Revoici les personnages fétiches de Johana dans une nouvelle enquête. Nous retrouvons la touche de Johana qui rend ses polars addictifs. Des chapitres qui se passent dans le passé et qui vont se mêler petit à petit au présent. 
Cette fois c'est en Espagne que nous embarque Johana, avec les conflits qui l'ont touché dans les années 30. Je n'étais pas du tout familière avec l'Histoire de l'Espagne et encore une fois je dois pointer du doigt la qualité du travail de recherche sur cette horrible période historique. 
Cette partie est tout simplement bouleversante, avec des scènes très dures qui décrivent les atrocités qu'ont vécues les femmes et les enfants dans les orphelinats sous le règne de Franco. 

Comme on le sait quand on lit un livre de Johana, il y aura un lien entre ce passé tragique et l'enquête actuelle. Car 
tout commence par un meurtre, l'assassinat d'une famille, les Lindbergh, en apparence sans histoire et de leur fille Louise. Emily vivra une enquête particulièrement difficile, car cette famille c'est celle d'Aliénor sa petite protégée au sein de Scotland Yard. Les parents d'Aliénor géraient une clinique de PMA en Suède. 
Emily va devoir remettre en question ses savoirs en tant que profileuse, pour trouver le coupable de ce triple meurtre. Elle sera accompagnée dans cette enquête d'Alexis Castells, l'écrivaine avec qui elle forme une équipe de choc. 

Ce polar n'est pas seulement un "polar" mais c'est aussi un hommage à la femme. Tout d'abord aux femmes qui ont subi les conflits en Espagne. Les viols, les agressions physiques et psychologiques qu'elles ont endurées pendant des années. Et puis le combat actuel de beaucoup de femmes pour devenir mère. 
Les alternances entre passé, présent et les chapitres courts vont donner un rythme prenant à cette histoire. J'ai cherché quel pouvait être le lien entre les meurtres et le passé mais sans succès. La fin nous offre un cocktail de rebondissement qui m'a laissé parfois complètement bouche bée. Johana m'a encore offert un excellent moment de lecture mais je suis déçue ... déçue de l'avoir déjà dévoré et de devoir attendre encore longtemps avant de lire le prochain. 

Merci Lilas pour cette lecture et pour ta confiance. 

Autres chroniques 

Block 46

Mör 

lundi 14 octobre 2019

Qui se cache ? Dans la jungle et Qui se cache ? Dans la ferme Editions De Borée jeunesse


**** Chronique d'Emma ****




Aujourd'hui Emma vous fait découvrir deux nouveaux livres jeunesse sortis le 19 septembre aux Editions De Borée jeunesse. 

Comme vous pouvez le voir en images, Mademoiselle Emma est ravie de ces deux nouvelles histoires qu'elle s'est empressée d'ouvrir et de feuilleter avant que nous partions à la découverte des différents animaux.







Elle a tout d'abord découvert Qui se cache ? dans la jungle et a adoré donner le nom des animaux qu'elle découvrait à chaque page, que ce soit les animaux qui se demandaient qui se cachait ou l'animal découvert. Elle était très impatiente de pousser la petite languette sur le bas de page pour découvrir l'animal caché. 





Dans Qui se cache ? Dans la ferme, même principe, sur chaque nouvelle page un animal se demande qui se cache dans l'histoire. Donc en plus de découvrir l'animal caché, elle découvre aussi d'autres animaux. Elle a beaucoup aimé répondre à chaque question et découvrir le coquin qui se cache.








Les illustrations sont très bien faites, les différents animaux ont une très bonne bouille, les couleurs sont attractives et le façonnage du livre très pratique afin que les petits doigts de l'enfant puisse découvrir les animaux cachés, la preuve en image avec Emma qui s'amuse à pousser la languette. 

Livre cartonné et très solide. J'avais un peu peur que les pages avec les petites languettes où l'on découvre l'animal soient fragiles mais pas du tout. Tout glisse parfaitement. Les phrases ne sont pas trop longues ce qui évitent que les petits bouts s'impatientent. 
Des petits livres parfaits pour découvrir de nouveaux animaux et pour améliorer le langage et le vocabulaire des touts petits. 




Emma remercie chaleureusement les Editions De Borée pour ces deux supers livres !


Date de sortie : 19 septembre 2019
Prix : 9,95 euros
Nombre de pages : 16
Tranche d'âge : 3 ans et plus
Editeur : De Borée jeunesse 

samedi 12 octobre 2019

Je ne suis pas un monstre de Carme Chaparro - Editions Plon

**** Chronique de Jess ****



Un enfant disparaît dans un centre commercial de Madrid le 24 décembre.

Même lieu et même mode opératoire qu'une ancienne affaire, l'enlèvement de Nicolás Acosta deux ans plus tôt. Et si tout recommençait ?
L'inspectrice Ana Arén, qui a failli lors de cette précédente enquête, se lance à corps perdu pour retrouver ce petit garçon. Mais certains journalistes viennent contrarier son enquête, avides de scoops et d'audience.
Les fausses pistes s'enchaînent, les rumeurs enflent et les politiques s'en mêlent. La ville tremble devant la menace d'un tueur en série. La reporter Inés Grau, proche d'Ana, couvre l'affaire mais la pression est telle qu'elle est prête à tout pour une révélation, quitte à trahir son amie et mettre en danger sa famille.
Alors que la vérité est sur le point d'éclater, l'inspectrice se retrouve face à une effroyable réalité qui pourrait la consumer. 




C'est drôle, car c'est ma deuxième lecture qui se passe en Espagne en moins d'une semaine et c'est mon premier polar espagnol. 
Quand j'ai lu le résumé de ce polar, je n'ai pas du tout été emballée. Mais en voyant les divers retours de lecture ma curiosité a été piquée et je l'ai sorti de ma bibliothèque. Je finis cette lecture totalement choquée ! Je vais avoir beaucoup de mal à passer à une autre lecture après cette histoire. J'espère que cet avis vous donnera envie de foncer lire ce livre.

Il y a 2 ans le petit Nicolas, 4 ans, a disparu sans laisser de trace dans un centre commercial. L'enquête a toujours été au point mort. Pour Ana, qui est inspectrice-chef de la brigade des mineur cette affaire la ronge depuis deux ans. Alors quand le petit Kike disparaît lui aussi dans le même centre commercial, le doute et le hasard n'est plus permis. Le même ravisseur d'enfant, surnommé Slender man, a repris du service pour son plus grand malheur. Une course contre la montre va commencer. Tout le monde le sait les premières heures sont cruciales dans la recherche de disparus. Tic Tac le compte à rebours est lancé.... 

Deux femmes seront à l'honneur dans ce polar. Ana tout d'abord mais aussi Inès, journaliste d'une chaîne d'information connue. Elles sont amies et chacune a travaillé sur cette affaire à sa manière. Il peut être curieux de voir une flic et une journaliste amies mais ces deux là font bien la paire. 
Roman choral, nous aurons le point de vue de plusieurs personnages et une alternance entre eux à chaque chapitre. Nous allons donc suivre l'enquête de différents points de vue.

L'auteure a fait très fort en matière de psychologie dans ce polar. Elle a su nous décrire parfaitement ce qu'une famille pouvait ressentir lors d'un drame, tous les sentiments qui pouvaient en découler et en particulier la culpabilité qu'un parent peut ressentir quand il perd un de ses enfants. On a tous eus un jour, je pense, une frayeur, une grosse peur d'avoir perdu notre enfant. C'est un sentiment horrible, l'impression d'étouffer de ne plus respirer jusqu'à ce qu'enfin on le trouve. Alors ne jamais le retrouver, je ne peux qu'imaginer l'horreur que l'on pourrait ressentir. Une scène dans les premiers chapitres m'a d'ailleurs tiré les larmes tant j'ai imaginé ce qu'avait pu ressentir une mère. L'auteure prend le temps aussi de nous présenter ses personnages en profondeur, nous connaîtrons toutes leurs faiblesses. 

Une histoire de kidnapping somme toute banale si ce n'est la pléthore de rebondissements que va nous offrir l'auteure et dont on ne s'attend pas. Carme Chaparro a écrit une histoire machiavélique. Comment peut-on inventer une histoire pareille? 
J'ai adoré le personnage d'Ana, brut de décoffrage, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui fera tout pour résoudre cette affaire quitte à y laisser sa santé. Mais nous suivrons aussi son désarroi et surtout sa descente aux enfers lors de la résolution de l'enquête.
Le dénouement de l'enquête est magistral, époustouflant. Ca faisait longtemps que je n'avais pas pris une telle claque! Ce polar m'a bouleversé, je vais avoir beaucoup de mal à m'en remettre. Je ne regrette pas une seule seconde cette lecture et remercie les blogueurs qui en ont fait de la pub et qui m'ont donné envie de lire. Et merci aux Editions Plon pour leur confiance et pour cette lecture.
Un immense coup de cœur !

mardi 8 octobre 2019

Les secrets de Cloudesley d'Hannah Richell - Editions Belfond

**** Chronique de Jess ****


1955. On dit qu'au manoir de Cloudesley l'ennui n'existe pas. Pourtant, ce lieu de faste et de beauté, Lillian Oberon rêve de le fuir. À vingt-six ans, la jeune femme n'arrive plus à maintenir les apparences d'une vie heureuse aux côtés du séduisant magnat et collectionneur Charles Oberon. Qu'est-elle réellement pour lui ? Une oeuvre de plus à contempler ou une femme à aimer ? Mais le jour où le destin place sur son chemin un peintre passionné, une autre vie semble possible.

Soixante ans plus tard, de la splendide demeure ne reste qu'une bâtisse en ruines. De retour à Cloudesley pour veiller sur Lillian, sa grand-mère adorée, Maggie Oberon fait une promesse : sauver l'héritage familial. Mais comment affronter les créanciers ? Et, surtout, comment la jeune femme, aux prises avec ses erreurs passées, pourra-t-elle gérer seule le domaine ?

Maggie ignore qu'entre les murs décrépis de la vieille maison se cache un trésor inestimable. Et un terrible secret, qui pèse sur elle et sur Lillian.


Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait de pause polar avec un roman aussi magnifique ! Tout d'abord je dois vous parler de la couverture que je trouve absolument splendide et qui reflète parfaitement ce roman. 
La construction du roman est celle que je préfère le plus et ce qu'on retrouve de plus en plus dans les romans ou polars de nos jours. Une alternance entre passé et présent qui rend la lecture complètement addictive.

L'auteur nous emmène dans la campagne anglaise dans le manoir de Cloudesley qui a vécu ses heures de gloire dans les années 50-60 au temps faste où Lillian Oberon y vivait avec son mari Charles et son beau-fils Albie. 
De nos jours, le manoir tombe en ruine. Lillian a 86 ans, est très malade et sa petite-fille Maggie va essayer de sauver le domaine pour sa grand-mère. 
En plus de la demeure, Maggie va devoir gérer ses propres problèmes personnels notamment le pourquoi elle a fui un an plus tôt pour partir à l'autre bout du monde.
L'auteure nous dévoilera de cette partie que d'infimes informations au fil de la lecture. Plusieurs énigmes dans l'histoire nous tiendrons en haleine.

Lilian, elle, va se remémorer une partie de son passé, notamment le fameux été 1955 où elle fera la rencontre d'une vie : un amour passionnel. Je n'en dirais pas plus sauf que j'adore les histoires d'amour impossible. 
Lilian s'est mariée très jeune et pensait avoir rencontrer le prince charmant en Charles Oberon, un jeune veuf, vivant seul avec son fils Albie. Lillian va tout de suite tomber sous le charme de ce petit garçon, qu'elle aimera comme son propre fils. Mais la cage dorée dans laquelle elle est enfermée va révéler un autre aspect moins glorieux. Petit à petit, l'auteure va nous embarquer dans les souvenirs de Lilian, de plus en plus intimes. J'ai eu énormément d'empathie pour Lillian et ce qu'elle a vécu. 

Cette histoire est tout simplement bouleversante. Je suis passée par tout un tas de sentiments pendant cette lecture en apprenant le passé de Lillian. Les personnages sont tantôt attachants tantôt détestables. La fin est très surprenante je ne m'y suis pas attendue une seule seconde. Je suis triste de quitter cette histoire qui restera longtemps dans ma mémoire. Je ne peux que vous conseiller ce roman !

lundi 7 octobre 2019

Le neutrino de Majorana de Nils Barrellon - Jigal Editions

**** Chronique de Jess ****


Au début du siècle dernier, en Italie, Ettore Majorana, jeune savant de la trempe d Einstein, partage sa fougue et sa passion entre les particules et Emilia, une jeune étudiante argentine. Bien des années plus tard, au CERN le plus grand accélérateur de particules du monde , 600 millions de protons se heurtent chaque seconde pour faire jaillir du vide la matière telle que nous la connaissons. L univers, les étoiles, la terre, la mer, les arbres, les plantes, les êtres vivants... Ainsi que les cadavres. Quand le corps de Sabrina Marco, chercheuse dans le prestigieux laboratoire, est découvert, le crâne fracassé, aux abords du complexe, après la sidération de tous, les questions vont très vite s enchaîner. Qui ? Pourquoi ? Le meurtre ayant eu lieu sur la frontière, c est en parfaite coopération, que la police française et la police suisse vont devoir mener l enquête. Et aller de surprise en surprise...


C'est toujours avec plaisir que je commence un polar de Nils. Dans ce nouveau polar, il laisse ses personnages récurrents pour nous offrir un polar scientifique mêlant passé et présent. Il nous avait déjà offert un polar historique avec "La lettre et le peigne" (retrouvez mes autres chroniques en fin d'article). J'avais été très impressionnée par son travail de recherche et pour le coup je le suis encore plus vu le sujet traité. Je ne suis pas une grande fan de physique, j'étais très nulle dans cette matière quand j'étais à l'école. J'avoue avoir été un peu perdue pendant ma lecture, mais tout comme les personnages principaux, donc je suis rassurée ;-). Donc Nils après d'avoir dit que tu pouvais devenir prof d'Histoire, tu peux aussi enseigner la physique maintenant ;-)

Nils va alterner passé et présent, entre l'Italie dans les années 30 et la France et Suisse de nos jours. Dans le passé, nous allons découvrir Ettore Majorana, un génie de la physique, surdoué de naissance. Je suis toujours impressionnée par ce genre de personne, je me demande toujours comment dès tout petit ils peuvent avoir autant de savoir scientifique. Ettore était un personnage très particulier, brillant, qui va faire de grandes découvertes dans le milieu scientifique. Nous suivrons son parcours de sa naissance à sa vie adulte. Ces différents retours en arrière m'ont énormément plu. Nils va romancer la vie d'Ettore Majorana dans ce polar et il va le faire à la perfection.
Puis nous allons suivre l'enquête de gendarmerie des capitaines Boudier et Neaume, qui vont devoir trouver le meurtrier d'une scientifique travaillant au CERN, Sabrina Marco. Mais malheureusement pour eux, son corps a été déposé sur la frontière entre la France et la Suisse et ils vont devoir faire équipe avec Mark Zellwegger, un policier suisse pas très commode. 
Petit clin d’œil donc a un autre auteur qui a prêté son nom à un personnage de Nils. Du coup j'ai très bien visualisé ce personnage ;-) Et puis tout du long nous aurons des rappels à d'autres personnes du monde littéraire. 

Je ferme cette petite parenthèse ;-). C'est encore pour moi une totale réussite que ce polar. Je savais qu'il y avait forcément un lien entre Sabrina Marco et ce scientifique connu, j'ai mis quelques chapitres à comprendre lequel. Quant au mobile je n'avais aucune idée et je me suis laissée porter par l'enquête. J'avais aussi un petit doute dès le départ sur le ou les coupables et je ne me suis pas trompée.
J'ai retrouvé l'humour de Nils et j'ai ri plusieurs fois en lisant cette histoire. J'aime lire des livres qui m'apprennent des choses, et grâce à Nils j'ai fait connaissance avec Ettore Majorana et de son travail.
Laissez-vous aussi emporter par ce polar scientifique qui vous tiendra en haleine du début à la fin ! 

Autres chroniques :





jeudi 26 septembre 2019

Affaires de famille d'Agnès Naudin - Editions Mon Poche


**** Chronique de Jess ****


Immersion au sein de la brigade de protection de la famille.

Quand les gens me demandent quelle est ma profession, je leur réponds que je suis capitaine de police à la brigade territoriale de la protection de la famille. Leur réaction est souvent la même : " Ce doit être dur comme métier, non ? " Si je leur réponds non, je passe pour insensible. Si je leur réponds oui, je leur mens.

Retour sur trois affaires : un bébé secoué, un viol sur mineure et un viol conjugal. Derrière elles, ce sont avant tout des personnes, des situations familiales complexes, souvent de la maltraitance ou de la violence. Mais comment en parler en gardant une juste distance ? 
L'auteur passe tout en revue, sans aucun tabou : les autopsies, les interrogatoires, mais aussi ses réactions de jeune flic. À travers ces histoires, Agnès Naudin dévoile ses propres morceaux de vie : deux réalités, professionnelle et privée, se confrontent et s'entrechoquent.


J'aime lire des témoignages pour faire un break sur mes lectures habituelles. J'avais vu passer ce livre d'Agnès Naudin et il me tentait beaucoup. 

Capitaine de police à la brigade territoriale de la protection de la famille, elle va revenir sur trois affaires qu'elle a traité et qui l'ont marqué d'une façon ou d'une autre. 
La première est de loin la plus dure : la mort d'un bébé qui a été secoué. C'est l'affaire qu'elle aurait aimé ne jamais avoir traiter mais malheureusement on ne choisit pas les affaires sur lesquelles on travaille. Etant maman j'ai eu beaucoup de mal avec cette histoire. 
Agnès Naudin, va nous relater les enquêtes de A à Z, les procédures, les interrogatoires. La deuxième enquête est celle d'un viol sur mineur. Sur celle-ci, je me suis bien imaginée les différents interrogatoires avec la victime et son violeur. Situations parfois cocasses, parfois très énervantes. On se demande comment elle arrive à garder son calme devant tant de bêtises ! Elle va prendre certaines situations avec humour afin de prendre du recul et ne pas se mettre dans les pas des victimes. Mais ce n'est pas une chose facile surtout quand on a un tel niveau d'empathie qu'Agnès Naudin.

Et puis elle nous raconte sa vie personnelle. Ses vacances, ses amis, sa famille et son fils de 5 ans qui lui mène parfois la vie dure. Ces différentes parties de sa vie privée ne m'a pas spécialement emballé mais il nous donne le caractère autobiographique de cette histoire.

J'ai beaucoup aimé la façon dont elle revient sur chaque affaire et je pense que je lirais d'autres livres de l'auteure.

Je remercie les Éditions Mon Poche pour cette découverte.

lundi 23 septembre 2019

Un couple irréprochable d'Alafair Burke - Editions Presse de la Cité

**** Chronique de Jess ****


Angela, trente ans, vit une vie confortable et routinière avec son fils surdoué de treize ans et Jason, son mari, professeur d'économie en pleine ascension professionnelle. Mais leur bonheur de façade explose lorsque Jason est soupçonné d'être un prédateur sexuel, et que l'une des deux jeunes femmes qui l'accusent disparaît. Tandis que la presse de tout le pays se repaît du scandale, Angela est partagée entre la honte, le désir de défendre son mari, et le besoin de préserver un sombre secret.


Connaissez-vous la série New-York police judiciaire : Unité spéciale pour les victimes? En ce qui me concerne je ne ratais aucun épisode. Quand j'ai commencé ce polar, j'ai tout de suite eu l'impression de regarder un épisode. Dès les premières minutes le scénario est posé, une victime, un coupable, une arrestation et puis ensuite viennent les pièces de l'enquête qui mettent tout en péril.

Jason et Angela Powell sont mariés depuis plusieurs années et vivent confortablement dans une maison au cœur du Village à Mannathan. Lui est un éminent professeur à NYU, PDG d'un cabinet de conseil et un auteur à succès. Elle s'occupe de leur maison et de leur fils Spencer. Mais tout vire au cauchemar lorsqu'une stagiaire porte plainte pour agression sexuelle et qu'une collaboratrice l'accuse de viol puis disparaît du jour au lendemain. Angela voit son petit monde vaciller. Surtout qu'elle aussi a des secrets bien gardés qu'elle ne veut pas voir ébruiter au grand jour. Son mari est-il vraiment coupable des accusations proférées à son encontre? Et pourquoi Angela refuse de dire ce qu'il s'est passé pendant les 3 années où elle a disparu avant de rencontrer Jason?
L'inspecteur Duncan, une femme pugnace et consciencieuse, elle va essayer de démêler le vrai du faux dans cette histoire mais elle est loin de s'attendre à une histoire pareille. 

Ce qui est bien dans ce thriller c'est qu'on pense avoir tout compris dès le départ mais au final pas du tout. Le secret d'Angela nous est raconté dès les premiers chapitres et nous savons aussi ce qu'il en est des agissements de son mari. Mais plus nous continuons dans la lecture et plus nous apprenons d'autres points que nous n'aurions pu imaginer. Alafair Bruke va donc nous offrir des rebondissements à des moments où on ne s'y attend pas qui vont nous faire douter de tout et de tout le monde. 
L'auteure, ancienne adjointe du procureur, connait bien le système judiciaire américain qui est très complexe. Elle nous explique tout de manière claire et précise. 
J'ai été complètement happée par cette histoire. Je m'attendais à un twist final de malade, et je n'ai pas été déçue car il a été encore plus impressionnant que ce que je pensais. 

Je sais qu'Alafair Burke a coécrit plusieurs polars avec Mary Higgins Clark. J'étais un peu déroutée par le fait que Mary Higgins Clark écrive avec une autre auteure mais finalement je vais me pencher sur leur polar en commun car je suis sûre qu'ils vont me plaire. 
Et je vais maintenant suivre de plus près cette auteure car elle m'a offert un excellent moment de lecture et m'a bien floué. Cette lecture aura été complètement addictive ! Je le recommande vivement.

Je remercie Babelio et les Editions Presse de la Cité pour cette lecture.

dimanche 22 septembre 2019

Son espionne royale mène l'enquête de Rhys Bowen - Editions La Bête Noire


**** Chronique de Jess ****


Sa première mission royale : espionner le prince de Galles.
Londres, 1932.
Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch, trente-quatrième héritière du trône britannique, est complètement fauchée depuis que son demi-frère lui a coupé les vivres. Et voilà qu'en plus ce dernier veut la marier à un prince roumain !
Georgie, qui refuse qu'on lui dicte sa vie, s'enfuit à Londres pour échapper à cette funeste promesse de mariage : elle va devoir apprendre à se débrouiller par elle-même.
Mais le lendemain de son arrivée dans la capitale, la reine la convoque à Buckingham pour la charger d'une mission pour le moins insolite : espionner son fils, le prince de Galles, qui fricote avec une certaine Américaine...


Rhys Bowen nous embarque dans le Londres des années 30 où elle nous fait découvrir les us et coutumes de la famille Royale. 

Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, Georgie pour les intimes, petite cousine de la Reine d'Angleterre, vit avec son frère et sa belle-sœur dans leur château en Ecosse. Ces derniers lui ont coupé les vivres, comptant sur le fait qu'elle pourrait se marier bientôt. Alors qu'elle surprend par hasard une conversation entre son frère et sa belle-sœur comprenant que la Reine veut la marier à un Prince roumain, elle décide de fuir le château pour se rendre dans leur résidence londonienne. 
Mais une fois seule à Londres, il ne va pas être évident à Georgie de vivre surtout seule, sans le sou, et sans gouvernante. Heureusement elle va pouvoir compter sur ses relations aristocratiques pour survivre. Et à peine arrivée, la Reine la convoque afin de lui confier une mission : espionner son fils, le Prince de Galles, qui semble épris d'une américaine. 
Ce ne sera pas la seule mission pour Georgie car peu de temps après son arrivée elle va retrouver un cadavre dans sa baignoire. Son frère va rapidement se faire arrêter pour le meurtre. Elle va tout faire pour retrouver le véritable coupable. 
Et entre temps elle va chercher à gagner sa vie, mais pas facile quand on sort d'une école pour fille et que notre seul avenir possible est de devenir la "femme de".

J'ai retrouvé dans ce polar, tout ce que j'aime à la littérature anglaise. Un polar léger, bourré d'humour avec des personnages plus qu'attachants.
J'ai aimé connaître une époque historique que je ne connaissais pas forcément. L'auteure aborde aussi des thèmes importants de cette époque : la crise qui toucha Londres, le déclin des familles aristocratiques et l'émancipation des femmes. Il était inconcevable pour une Lady de vivre seule et de sortir sans chaperon. D'autant plus quand on fait partie de la famille royale !

Je me suis vraiment attachée à Georgie et il me tarde de lire la suite de ses enquêtes et de voir ce qui va lui arriver comme péripéties. 







vendredi 20 septembre 2019

En moi le venin de Philippe Hauret - Editions Jigal

**** Chronique de Jess ****


Suite à un événement tragique, l’ancien lieutenant de police Franck Mattis se voit contraint de retourner sur les terres de son enfance. Il y retrouve d’anciens camarades de lycée. 
À commencer par l’envoûtante Esther, devenue chargée de communication pour le compte d’un candidat à la mairie sans scrupules.
Mais aussi Valéry, le boss un peu dingue d’une boîte de nuit dans laquelle de jeunes femmes sont contraintes à la prostitution. Il y a aussi Ben, le passionné d’informatique qui végète dans son appartement en compagnie d’une étrange créature. Cécile, la secrétaire soumise aux jeux pervers de son employeur, Warren, l’amant stupide et incontrôlable, ou encore Moe, l’homme de main impitoyable qui ne rêve que de se retirer au calme avec ses chiens. 
Franck Mattis se voit plongé au cœur d’un monde qu’il ne connaît que trop bien, celui de la nuit, de la violence, du mensonge et de la désespérance. Une fois encore, il lui faudra lutter contre ses propres démons, et qui sait, peut-être enfin trouver la paix…


Voici le nouveau roman noir de Philippe Hauret que j'attendais avec impatience. Nous retrouvons son personnage fétiche le lieutenant Franck Mattis qui s'est mis en disponibilité de la police suite à sa précédente enquête (retrouvez mes chroniques des autres livres en fin d'article). Si vous vous posez la question de savoir s'il faut avoir lu les premiers opus, je vous dirais qu'il peut se lire indépendamment, car il y a peu de retours en arrière et peu de références aux précédentes histoires. Je vous conseille tout de même de les lire, car ce sont d'excellentes lectures.

Franck, suite aux décès de ses parents, retourne dans sa ville natale pour régler les formalités de succession. A peine arrivé, il retombe sur d'anciens camarades de lycée qu'il n'avait pas revu depuis 20 ans. Il retrouve tout d'abord Esther, son ex-petite amie, chargée de communication d'un homme politique qui fait campagne pour gagner les élections municipales. Et puis il retrouve Ben, son ancien ami, devenu informaticien. Mais il ne va pas croiser que de bonnes personnes. Il y a aussi Valery, patron du club de la ville qui prostitue des jeunes filles. 

Malgré le fait qu'il soit en disponibilité, il va devoir quand même mettre son nez dans des affaires louches. 

Dans ce roman, nous retrouvons les ingrédients phares de Philippe Hauret pour nous offrir un bon roman noir. Un personnage principal intègre, qui s'est repris et cherche à changer de vie. Il y a toujours le bandit de service. Cette fois-ci sous la forme d'un quarantenaire homo, qui ne supporte pas de se salir les mains en faisant les sales besognes et préfère laisser faire son homme de main. Et il y a toujours la demoiselle en détresse, cette fois sous la forme de Chana, une jeune polonaise, à qui on a promis une belle vie en France et qu'on séquestre dans un club. 

J'ai trouvé ce polar beaucoup plus noir que les précédents. L'auteur aborde des thèmes plus sérieux que dans ses précédents livres. J'ai dévoré ce livre en une petite journée et je suis restée bouche bée dans les derniers chapitres. Je n'aurais pas pu imaginer une fin pareille. 
Philippe Hauret m'a encore fait passer un excellent moment de lecture.

Je remercie les Editions Jigal pour leur confiance.


Autres chroniques :


Je vis je meurs 

Que Dieu me pardonne

Je suis un guépard

jeudi 19 septembre 2019

Helena de Jérémy Fel - Rivages Editions

**** Chronique de Jess ****



Kansas, un été plus chaud qu'à l'ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l'Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l'ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s'échappent d'une cave. Des rêves de gloire naissent, d'autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l'équilibre familial.

Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu'en l'infligeant à d'autres... Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d'où ils tenteront par tous les moyens de s'extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena... Jusqu'où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu'ils commettent l'irréparable ?


Après avoir vu passer ce livre un bon nombre de fois, je me suis enfin lancée dans sa lecture. Les avis sont très divergents sur ce livre et il me tardait de m'en faire une opinion.

Tout d'abord j'aurais du mal à classer ce livre dans un genre littéraire précis. Il est apparemment catégorisé dans la littérature générale, mais aussi dans le thriller psychologique. Pourtant dès les premiers chapitres j'avais plus l'impression de lire un roman classique, avec des tranches de vie des différents personnages. L'histoire met du temps à se mettre en place, l'auteur nous fait découvrir chacun de ses personnages. On se demande au départ quel est le lien entre eux. Car il y a forcément un lien qui va finir par apparaître. 
Je pense que c'est la première fois que je lis un livre ou quasiment tous les personnages sont abjectes et détestables. Il y a tout d'abord Hayley, qui sur la route des vacances va tomber en panne et finir par passer une journée et une nuit chez Norma. Cette dernière, mère célibataire de 3 enfants, vit en plein milieu du Kansas dans une ferme isolée. Tout aurait pu bien se passer si un des fils de Norma, Tommy, n'était pas un sociopathe en puissance. Victime d'abus étant plus jeune, il devient au fil des années schizophrène, à voir des choses et entendre des voix qui vont le pousser au pire ignominies. 
Norma va tout faire pour le protéger, elle qui a failli lorsqu'il n'était qu'un enfant. Le seul qui est normal est Graham, son ainé. Et c'est le seul que j'ai apprécié dans cette histoire. 

Pour ma part, je n'ai pas compris pourquoi ce titre "Helena". A part que l'auteur nous en parle pendant 3 pages dans l'épilogue, je n'ai pas compris du tout quel était son rôle dans le déroulé de l'histoire. Il y a des longueurs mais personnellement elles ne m'ont pas dérangés. J'ai lu ce livre comme on lit une tranche de vie. Nous suivrons chacun des personnages suite au drame qu'ils ont vécu et comment ils vont remonter la pente. En fait le sujet est la résilience. Et aussi l'amour et ce que l'on est capable de faire pour son enfant. Moi qui suis maman, j'ai essayé de me mettre à la place de Norma. J'avoue que sur certains points j'aurais été capable de faire exactement la même chose. Mais pas de camoufler les horreurs que mon fils aurait pu commettre. Certaines situations m'ont vraiment mises mal à l'aise. 

L'auteur a réussi par contre à m'emmener dans l'Amérique profonde. Je m'y suis vue, j'ai vu les étendues de champs de maïs, les silos à grains, les vieilles granges. Un dépaysement total. L'auteur a su me dérouter grâce a des personnages qui vont où on ne les attends pas. 
Donc au final j'ai passé un bon moment de lecture. J'attendais vraiment impatiemment de connaitre la fin, de savoir comment allait finir les personnages suivant ce qu'ils avaient fait. 

Je remercie les Editions Rivage pour cette lecture. 

lundi 16 septembre 2019

Filles de la mer de Mary Lynn Bracht - Editions Pocket


**** Chronique de Jess ****


Sur l'île de Jeju, au sud de la Corée, Hana et sa petite sœur Emi appartiennent à la communauté haenyeo, au sein de laquelle ce sont les femmes qui font vivre leur famille en pêchant en apnée.


Un jour, alors qu'Hana est en mer, elle aperçoit un soldat japonais sur la plage qui se dirige vers Emi. Aux deux filles on a maintes fois répété de ne jamais se retrouver seules avec un soldat. Craignant pour sa sœur, Hana rejoint le rivage aussi vite qu'elle le peut et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d'autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie.

Ainsi commence l'histoire de deux sœurs violemment séparées. Alternant entre le récit d'Hana en 1943 et celui d'Emi en 2011, Filles de la mer se lit au rythme des vagues et dévoile un pan sombre et bouleversant de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale en Asie. Au fil du récit, par la grâce de leurs liens indéfectibles, les deux héroïnes nous ramènent vers la lumière, ou l'espoir triomphe des horreurs de la guerre.




Comme vous le savez si vous lisez mes chroniques, j'aime voyager dans le temps et dans de nouveaux pays pendant mes lectures. J'entendais beaucoup parler de ce livre depuis quelques semaines, notamment ma mère qui a eu un gros coup de cœur et qui m'a dit de le lire, j'ai donc cédé à la tentation en me lançant dans cette lecture. 

Je n'étais pas du tout familière avec la guerre qui a eu lieu entre la Corée et le Japon dans les années 40. Je n'étais pas non plus au courant de toutes les horreurs qui avaient pu se passer dans ces différents pays. Mais le monde est ainsi fait que chaque guerre apporte son lot de souffrances et d'infamie. 
Hana est une haenyeo, une fille de la mer. De mère en fille la tradition se perdure. Elles font vivre leur famille grâce à la pêche. La guerre éclate et vient perturber l'île de Jeju au sud de la Corée. Hana et sa mère sont en mer en train de pêcher sous l'eau. Lorsque Hana remonte à la surface, elle voit un soldat japonais se rapprocher dangereusement de l'endroit où sa petite sœur garde le seau de leur pêche sur la plage. Sa mère lui a toujours dit de fuir les soldats, qu'ils enlevaient les jeunes filles. Hana ne veut pas qu'on fasse du mal à sa petite sœur et la cache avant de se faire prendre par le soldat. Vont s'ensuivre des mois de calvaire pour elle. 

Le roman se découpe entre le récit Hana (en 1943) et celui d'Emi (en 2011). Cette dernière part tous les ans aux commémorations qui ont lieu et qui dénoncent les atrocités faites pendant cette guerre. Elles rendent hommages aux "femmes de confort". Emi souhaite par-dessus tout réussir à revoir sa sœur qu'elle n'a pas revu depuis ce tragique matin où sa sœur l'a sauvée. Elle va revenir sur sa vie sans Hana, et ce qu'il s'est passé pendant les années qui ont suivi. 
Quant à Hana, nous suivrons Hana dans son périple qui l'emmènera en Manchourie où elle va finir dans un bordel pour soldat et être une "femme de réconfort". L'horreur à l'état pur pour n'importe quelle femme et surtout pour une jeune fille de 16 ans. L'auteure ne nous épargnera aucun détails des sévices subies par Hana. 
J'ai eu du mal à comprendre le personnage d'Emi, du pourquoi elle n'a jamais parlé à ses enfants de sa sœur et de ce qui lui était arrivé. Peut-être est-ce une question de culture. J'ai aimé le fait que l'auteure donne une fin joyeuse au récit d'Hana, même si la réalité devait être bien différente. 

Mary Lynn Bracht a fait un travail de recherche incroyable pour nous dépeindre la condition des femmes pendant ces différents conflits. La femme reste à travers toutes les guerres une victime et je vois que ça ne change et ne changera sûrement jamais. 

Un roman émouvant, qui nous fait découvrir une partie de l'Histoire que l'on ne connait pas forcément. Ce ne sera pas un coup de cœur mais je m'en rappellerais quand même longtemps. 




jeudi 12 septembre 2019

Lésions intimes de Christophe Royer - Taurnada Editions

**** Chronique de Jess ****



Nathalie Lesage, capitaine au caractère bien trempé, travaille au sein de la brigade de répression du proxénétisme. Une des branches de l'organisation « Gorgona », spécialisée dans un certain genre de soirées parisiennes, va l’amener à côtoyer un milieu où règnent la perversion et les pratiques extrêmes.

Victime d’un banal accident, son enquête va prendre une tournure inattendue. Dans le même temps, le décès de son frère va l’obliger à renouer avec son passé.

Tout va alors se mélanger et entraîner Nathalie vers l’inimaginable…




Plus je lis de polars et plus je trouve que la femme est à l'honneur. De nouveau, je lis un polar avec une femme en tant que personnage principal et j'avoue que j'aime ça.

Nathalie Lesage, la petite trentaine, travaille à la BRP. Célibataire, aimant son boulot et le faisant bien. Elle suit en général les règles de sa hiérarchie mais parfois elle dépasse les limites. Elle va vivre l'enquête de sa carrière en essayant de démanteler l'organisation "Gorgona". Cette organisation a plusieurs branches et notamment le proxénétisme avec ses soirées très particulières. Des soirées trash catégorisées de 1 à 4 en fonction du type de pratiques sexuelles. 
Elle prend tellement à cœur son boulot que même quand elle est en repos elle essaie d'arrêter les petites frappes. Ce qui lui vaudra un bel accident qui va la chambouler. 
Elle va penser perdre la tête quand elle va commencer à entendre une voix de jeune fille dans sa tête. Nathalie va donc, en plus de son enquête, essayer de comprendre pourquoi elle entend et arrive à avoir une conversation mentale avec la jeune fille. Bon pour le coup j'avais compris cette partie de l'intrigue. Et par conséquent j'avais une idée du pourquoi elle entendait ces voix.
Nathalie va devoir aussi renouer avec son passé suite à un message de sa mère à qui elle n'a pas adressé la parole depuis 7 ans. Pourquoi ne parle-t-elle plus à sa famille? Et pourquoi n'a-t-elle plus aucun souvenir de son enfance avant ses 12 ans? C'est une double intrigue que l'auteur nous propose.

L'auteur, à travers Nathalie et son enquête, va nous emmener dans les pires perversions sexuelles. Même notre enquêtrice va tomber sur des pratiques qu'elle n'avait encore jamais rencontré lors de ses précédentes enquêtes. Certaines scènes sont franchement à gerber. L'auteur ne nous épargne pas, et ça rend son histoire réaliste au possible. Le sujet a pourtant été traité de nombreuses fois dans le monde du polar mais Christophe Royer a su se l'approprier et en faire un thriller prenant. Il a su aussi créer un personnage féminin attachant. Dans cette enquête, elle va aller là où jamais elle ne pensait aller. D'autres personnages seront présents pour l'épauler dans ses enquêtes (qu'elles soient personnelle ou professionnelle). Certains attachants et d'autres imbuvables au possible. 

Malgré le fait que j'avais compris où l'auteur voulait nous emmener j'ai passé un super moment de lecture. Christophe Royer signe un premier thriller prenant, qui ne vous laissera pas une seconde de répit. Thriller très visuel grâce aux nombreuses descriptions, j'ai eu l'impression de vivre cette histoire de l'intérieur. J'espère vraiment retrouver Nathalie dans de nouvelles enquêtes car je pense que Christophe Royer a encore de belles surprises à nous offrir en matière de polar.

Je remercie les Editions Taurnada et plus particulièrement Joël pour sa confiance et pour m'offrir de formidable thriller.