mercredi 17 avril 2019

Les couleurs de la vie de Lorraine Fouchet - Editions Livre de Poche

**** Chronique de Jess ****


Quand Kim, jeune Groisillonne fraîchement débarquée de sa Bretagne natale à Antibes, est embauchée comme dame de compagnie par Côme, elle est touchée par le dévouement de ce fils pour sa mère Gilonne. D'autant que cette mondaine, ancienne actrice au caractère bien trempé, n'est pas toujours facile à vivre ! Quelle est donc sa surprise quand elle découvre, au hasard d'une conversation téléphonique, que le fils de Gilonne est mort. Ce jeune homme est-il un escroc, ou ses intentions sont-elles sincères ? Et pourquoi Gilonne, qui n'est pourtant pas sénile, le fait-elle passer pour son fils ? Guidée par sa curiosité et son attachement pour ces deux être cabossés par la vie, Kim se lance dans une enquête, afin de démêler le vrai du faux, et de faire la lumière sur la personnalité du « vrai » Côme, disparu dans des circonstances mystérieuses.


Lecture plaisir, et changement de registre avec un roman feel-good. Je ne connaissais pas encore les romans de Lorraine Fouchet, c'est maintenant chose faite.

Kim décide de quitter son île bretonne, pour se remettre du suicide de sa grand-mère. Pour ça, elle part à Antibes pour s'occuper d'une personne âgée, Gilonne. Elle est embauchée pour un mois par le fils de Gilonne afin de remplacer l'aide médicale de sa mère. Mais peu de temps après son arrivée elle va apprendre par hasard que le fils de Gilonne est décédé deux ans plus tôt. Qui se cache derrière le faux fils de Gilonne? Qui est-il? Que cherche-t-il?

J'ai passé un très bon moment de lecture avec Kim. J'ai aimé connaître ses états d'âme, sa recherche personnelle sur le décès de sa grand-mère. J'ai aimé la relation qu'elle entretien avec Gilonne. 
Gilonne est un personnage haut en couleur. Issue de la noblesse, elle a vécu mille vies. 
Le style de l'auteure est très agréable. Elle nous offre un roman rafraîchissant, qui nous fait passer un bon moment. 
J'ai aimé qu'elle donne vie à certains objets du quotidien. Notamment le Frigo ou le Miroir. C'est une idée originale. 
Et puis la petite enquête de Kim donne un peu de suspens à cette histoire, un peu de piquant. On a envie de connaître la vérité. 
Nous avons aussi des chapitres qui nous raconte la vie d'un petit garçon. Nous ne savons pas qui il est, et ce qu'il vient faire dans l'histoire de Kim. J'avais un petit doute mais j'ai attendu patiemment pour être sûre de moi. 

Ce roman m'a fait penser aux romans de Sophie Tal Men (qui se passent en Bretagne) et aussi aux romans de Virginie Grimaldi. Deux auteures que j'affectionne et dont j'adore les romans. Je lirais d'autres romans de Lorraine Fouchet, car en pause polar ils sont d'excellents choix de lecture.

lundi 15 avril 2019

L'enfant de Garland Road de Pierre Simenon - Editions Plon

**** Chronique de Jess ****

Kevin O'Hagan a 63 ans. Écrivain raté et veuf torturé par les affres toxiques d'un mariage déchu et d'un amour devenu haine que même la mort n'a pas réussi à éteindre, il vit retiré du monde, sans espoir ni recours, dans les collines boisées du Vermont. Alors qu'il tente sans succès d'en finir avec l'existence, il devient malgré lui le tuteur de David, son neveu de 10 ans, qui vient de perdre ses parents dans des circonstances aussi brutales que mystérieuses.

Au fil des jours se tissent des liens d'affection et de complicité entre le vieil homme et l'enfant, leur permettant à tous deux de lentement reprendre goût à la vie. Mais juste au moment où Kevin se met à espérer d'avoir enfin trouvé l'antidote au poison qui ronge son âme, la tragédie frappe à nouveau sans crier gare : un après-midi, David disparaît de son école, enlevé par un dangereux pervers. Pour le sauver de supplices innommables, Kevin se lance alors dans une traque effrénée qui exigera de lui toutes ses ressources et tout son courage. Sachant bien que, cette fois, il n'a pas droit à l'échec, et que tout se jouera sans merci ni pardon.


Encore un auteur que je découvre et dont je ne regrette absolument pas la lecture.
Le résumé m'avait plu, et je suis rentrée directement dans cette histoire.
L'histoire de Kevin, la soixantaine, qui ne s'est toujours pas remis de la mort de son épouse 12 ans plus tôt.
Il n'a plus goût à la vie, et n'arrive même pas à en finir. Un soir, sa belle-mère l'appelle pour lui annoncer le décès de sa belle-sœur et de son beau-frère. Ils laissent derrière eux leur fils David, 10 ans. Ses beaux-parents étant trop vieux pour s'occuper de l'éducation d'un jeune enfant, ils demandent à Kevin de devenir son tuteur. Ce dernier accepte et va apprendre à revivre avec ce jeune garçon que la vie n'a pas épargné.
Mais tout ne va pas se passer comme prévu, et il semblerait qu'un danger rôde autour de cette nouvelle famille.

Kevin va nous raconter sa vie d'avant avec son épouse quand elle était encore en vie. Il va revenir sur les temps forts de leur mariage. J'ai beaucoup aimé ces retours en arrière. J'en ai que plus apprécié le personnage de Kevin. Cette homme qui a vécu une vie pas toujours joyeuse, mais qui a réussi à maintenir le cap et  a élevé sa fille Nora avec brio.
Et j'ai aimé la relation quasi père-fils qu'il va entretenir avec David.
Et puis j'ai été totalement absorbé par l'intrigue. L'auteur a réussi à me faire douter plusieurs fois, à imaginer des scénarios les plus horribles. Il a insinué le doute en moi. Et certaines scènes sont tous simplement horribles. L'auteur ne nous épargnera pas.
Chaque personnage est particulier dans cette histoire. Fran, la meilleure amie de Kevin, est un personnage qui m'a énormément plu. Tout comme David, un enfant tout bonnement incroyable.
Ce roman est un mélange des genres. L'auteur allie psychologie, polar, et thriller. Le rythme sera parfois lent, l'intrigue prenant le temps de se mettre en place, et parfois plus rapide. Un peu comme un cheval lancé dans son élan, passant du pas, au trot, pour finir au galop grâce à un enchaînement d'événements qui vont accélérer le rythme. Les chapitres sont courts, une lecture rapide, un vrai page-turner.
J'ai aussi particulièrement aimé les descriptions magnifiques du Vermont.
J'ai vraiment adoré cet bouquin. Un auteur dont je retiendrais le nom.

samedi 13 avril 2019

Cataractes de Sonja Delzongles - Editions Denoël

**** Chronique de Jess ****


Jan Kosta a été sauvé à l'âge de 3 ans d'un glissement de terrain dans lequel sa famille et la majorité des habitants de son village des Balkans ont péri. Depuis, il est devenu hydrogéologue. Un ami d'enfance le prévient d'événements étranges dans la centrale qui vient d'être construite en aval du village de son enfance, alors qu'il est tourmenté par un cauchemar récurrent où il étouffe enseveli. 


Chez moi, les livres de Sonja sont attendus avec une grande impatience. Pour l'instant ils ont tous été des coups de cœur (retrouvez mes autres chroniques en fin d'article).
Sonja a l'habitude de nous faire voyager avec ses polars et cette fois elle nous embarque en Serbie. 
Je dois avouer que j'ai mis quelques chapitres à rentrer dans l'histoire voir même attendu le dernier tiers du livre pour être enfin dans l'intrigue.

Jan Kosta est un survivant. A l'âge de 3 ans il a survécu à un glissement de terrain qui a ravagé tout son village et lui a pris quasiment toute sa famille. 40 ans après il est toujours hanté par cette catastrophe. Un de ses anciens ami, Vladimir, débarque à Dubaï où Jan vit, pour lui demander de faire une expertise de la centrale hydraulique bâtie sur les hauteurs de son ancien village. Des événements étranges ont été constaté et il aimerait l'avis de Kosta. 
Pour Kosta qui n'a plus jamais remis les pieds là-bas le voyage est rude. Une fois arrivé sur place il va partir avec une journaliste Marija pour retrouver la source mère et y faire des prélèvements. Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu.
Et à la centrale hydraulique, les meurtres vont s'enchaîner. 


J'ai trouvé le style de Sonja très différent de ses autres romans. J'ai été un peu perdu avec le grand nombre de protagonistes et les noms serbes n'ont pas aidé ma mémoire de poisson rouge à retenir et intégrer tout le monde. J'ai du parfois réfléchir plusieurs minutes pour remettre un personnage dans son contexte. 
L'histoire en elle-même est bien pensée, mais je ne suis pas sûre d'avoir tout compris du dénouement de l'histoire. 
Le dépaysement est total, l'immersion dans les montagnes serbes est très bien décrite. On sent l'amour que Sonja peut avoir envers ce pays. D'ailleurs j'ai eu l'impression que les montagnes serbes étaient des personnages entiers du roman. 
L'eau et la nature ont aussi une part importante dans l'histoire. La nature nous rappelle tous les jours qu'elle est plus forte que nous, et Sonja nous le rappelle dans son roman.
Elle cherche encore loin dans les tréfonds du mal, et surtout analyse ce qui fait qu'un homme bascule du côté obscur. Elle reviendra aussi sur les conflits serbo-croate qui il faut le rappeler a été particulièrement horrible. 

Je ne pourrais pas vous dire si j'ai aimé ou non cette histoire. Ce ne sera définitivement pas un coup de cœur comme les autres romans de Sonja. Petite déception donc qui reste très personnelle. Je suis sûre que ce polar ravira d'autres lecteurs. Mais bon une petite déception sur tous les polars de Sonja ne m'empêchera pas de continuer à lire ses histoires.  



Mes autres chroniques :



vendredi 12 avril 2019

Tel est pris qui croyait pendre de Cicéron Angledroit - Editions Palémon


**** Chronique de Jess ****


Quand Cicéron et sa bande quittent le Val de Marne pour la Bretagne. Tout part d'un pendu et d'un tué par balle, assassinés à Vitry, et qui s'avèrent avoir de fortes accointances bretonnes, notamment entre Combrit, Quimper et Concarneau, le triangle des emmerdes dures. Nos enquêteurs dépaysés vont devoir fouiner dans une conserverie de la zone portuaire Concarnoise, où leur flair ne décèlera pas que des odeurs de bulots. Bottes aux pieds, la fine équipe se jette à l'eau.


Amis Bretons, nous voilà ! 



J'avais besoin d'un polar un peu plus léger car j'ai eu du mal avec mes précédentes lectures. J'ai donc choisi un polar de Cicéron Angledroit. J'avais beaucoup aimé le premier de la série Soit zen et tue le (mon avis ici). Je passe donc du premier au dernier. Il faudra que je lise toute la série car j'aime vraiment beaucoup le personnage de Cicéron.
Mais si vous vous voulez commencer par celui-ci aucun problème car l'auteur nous fait un petit résumé en début de livre avec une présentation de tous les personnages. 

Le petit plus dans les polars de Cicéron sont ses personnages. J'avais déjà remarqué ce point dans ma précédente lecture et je confirme mon ressenti avec Tel est pris qui croyait pendre. J'aime les polars qui me font marrer et Cicéron fait partie de la petite caste des auteurs de polars qui allie humour et polar. 
Car il y a quand même une enquête. Tout commence par l'assassinat déguisé en suicide de Léo Coeurmarie, un ami de Cicéron, qui est aussi une connaissance de la bande et du commissaire. Ce dernier va donc lui demander d'enquêter discrètement surtout qu'un autre mort est retrouvé le lendemain et qu'il semblerait qu'il y ait un lien entre eux. 

Avec sa bande, René et Momo, et épaulé par Vaness', la fliquette qui est aussi sa maîtresse, ils vont partir enquêter en Bretagne. Pour nos quatre compères cette petite virée en Bretagne à comme des airs de vacances. Ils vont profiter de leur temps sur place pour découvrir les beautés de la Bretagne et déguster les différentes gastronomies locales. 
L'enquête va suivre son cours et j'ai quand même eu l'impression que Cicé s'est un peu laissé porter par Vaness' et ses compères dans cette enquête. Malgré tout ils réussiront à trouver le fin mot de l'histoire et arrêter le coupable de cette drôle d'énigme.

J'ai passé un excellent moment avec ce polar humoristique. J'ai ri, j'ai souri en lisant certains passages. Une lecture quasi d'une traite une fois de plus. Mon premier avis se confirme j'adore la plume de Cicéron Angledroit. 
Donc si vous aussi vous aimez les polars qui vous font rire, avec un humour sans vulgarité je vous conseille grandement ces polars ! 



mardi 9 avril 2019

Je maudis le jour de Anna-Véronique El Baze - Plon Editions

**** Chronique de Jess ****


Un polar sous tension, entre folie et désespoir.

Nicolaï Stefanovic a rendu les armes au Mali, la nuit du 16 mars 2013, dans une grotte de l'enfer rocheux de l'Idrar des Ifoghas. La vie du fier légionnaire avait basculé et la France l'avait décoré pour ça. Depuis, il erre, indifférent au monde. Il regarde sa vie lui échapper au rythme des voitures qui filent sur un quai de Seine. Depuis, c'est comme en prison, le froid, la faim et l'infini en plus.

Léa, divorcée, 39 ans, est libraire ; elle a le profil d'une femme terne sur lequel on ne se retourne pas. Sa came c'est le roman noir, celui qui lui procure l'adrénaline. La vraie vie, elle ne sait pas ; les autres, elle les évite. L'émotion, elle la tient à distance. Elle est aussi invisible et détachée de la réalité des hommes que l'est ce vagabond.

Ces deux êtres " sortis du cadre " se croisent. Ils se voient, se parlent, se bousculent. Chacun redonne un semblant de sens à l'existence de l'autre.
Léa a pris les armes ; le légionnaire se donne une mission. La sauver de la folie. Mais Léa veut l'aimer, l'entraîner dans son monde, celui de l'autre Léa.
Ils ont en commun cette déchirure qui permet de commettre le pire au nom du meilleur.
La confrontation est au bout du chemin. Lequel des deux vaincra ?





Dans ce polar, pas de recherche du meurtrier car dès les premières lignes nous savons que c'est Léa qui est pris dans une folie meurtrière. Drôle de personnage que celui de Léa. Léa Gillet, libraire sans problème cache une autre face, celle de Léa Zemar, fille d'un mafieux à qui rien ne fait peur. Et gare à celui qui la fera souffrir. 

Ce personnage est complexe, sa folie ou plutôt sa schizophrénie est vraiment très bien décrite par l'auteure. Nous rentrons dans sa tête pour découvrir les méandres de sa folie. 


Patrick Revel, est flic au 36 il va enquêter sur la série de meurtres que tout le monde a surnommé "sniper au 22". Pour lui il ne fait aucun doute que Léa est coupable. Mais il est le seul à croire à cette hypothèse. Il faut dire que ces deux là ont un passif. Il y a d'ailleurs eu un autre polar de l'auteure avant celui-ci qui reprend les mêmes personnages. J'avais peur d'être un peu paumée mais il y a assez de retours en arrière pour comprendre ce qu'il se passe.


Et puis il y a Nicolaï, un ancien légionnaire devenu SDF. Il a vécu des choses assez dures pendant une mission au Mali et a décidé de tout abandonner pour vivre dans la rue. Pour lui la rue va lui servir de repentir à ce qu'il a pu faire lors de sa dernière mission. Il va croiser la route de Léa et ces deux là vont créer un lien improbable. 


Roman noir, sur les méandres de la folie humaine. Pas de rythme haletant, ni de course poursuite effrénée dans ce polar. Le style est beau, la psychologie des personnages exacerbée. La fin laisse envisagée une suite j'ai l'impression. Et si c'est le cas je serais curieuse de la lire. Mais s'il n'y a pas de suite j'aurais un sentiment mitigé et la frustration de ne pas avoir eu une fin plus aboutie. 
Un roman court qui ne vous laissera pas indifférent.

Je remercie les Editions Plon pour cette découverte.


samedi 6 avril 2019

La maison des oubliés de Peter James - Editions Fleuve Noir

**** Chronique de Jess ****



Le déménagement dans ce manoir charmant, en haut de la colline, devait être le point de départ pour une nouvelle vie. Après des années passées dans la banlieue de Brighton, Ollie Harcourt ne pouvait rêver mieux qu'une existence paisible à la campagne. Le reste de la famille suit d'un pas hésitant, mais ne rechigne pas pour autant à cette nouvelle aventure.

Cependant, peu après leur installation, des scènes étranges se déroulent dans la maison.

Des ombres apparaissent, les animaux domestiques se comportent de manière bizarre et plusieurs accidents, plus déroutants les uns que les autres, ont lieu.
Bientôt, Ollie n'a plus de doute : leur présence n'est pas vraiment souhaitée. Quelqu'un semble même prêt à tout pour les expulser de là à n'importe quel prix.



Quand j'ai lu le résumé de ce livre, il m'a tout de suite donné envie. Je ne connaissais pas du tout les écrits de Peter James, c'est donc une découverte pour moi. 
Et puis j'avais envie de changer un peu de style, et de lire une histoire qui allait me faire un peu flipper. J'aime beaucoup les histoires de maison hantée mais en général je les déguste en films ou en séries, rarement en livre. 

J'aime les histoires qui vous harponne dès le premier chapitre et c'est le cas de ce livre. Ce premier chapitre va donner le ton à toute l'histoire. 

Vous voulez avoir peur ? Alors je vous conseille de déménager le temps de votre lecture à Cold Hill. 
Oliver, Caro et leur fille de 12 ans Jade décident de quitter la ville pour emménager dans un vieux manoir délabré à Cold Hill. Les travaux ne leur font pas peur et ils aiment le challenge de retaper de vieille maison. Mais pour le coup ils ont un peu sous-estimé l'ampleur de la tâche qui les attend. Et puis des apparitions étranges vont commencer à troubler le quotidien de la famille. 

L'atmosphère qui se dégage de ce livre est tout simplement glaçante. L'auteur nous dépeint la vie et les problèmes de la famille de façon très visuel. J'ai eu l'impression de regarder un bon film sur le paranormal. J'ai imaginé ce vieux manoir tout décrépis. Je me suis vue passer une nuit dans une des nombreuses chambres. Et je me suis demandée qui pouvait être aussi fou pour acheter une ruine pareille et rester après les premiers signes bizarres qui font leur apparition. 
Les différentes apparitions et l'angoisse de la famille va monter crescendo. Les chapitres sont courts, pas de temps mort, le rythme s'accélère au fur et à mesure qu'on arrive sur la fin. 
J'ai dévoré ce livre en deux petites journées, cette histoire est vraiment haletante.
Peut-être que certains trouveront cette histoire clichée mais personnellement je suis bon public et j'ai adoré ce bouquin.

Un conseil de lecture : lisez ce livre le soir dans votre chambre sans bruit et vos sens seront décuplés par cette lecture angoissante. 


jeudi 4 avril 2019

Vraie folie de Linwood Barclay - Editions Belfond

**** Chronique de Jess ****


A priori, c’est un samedi matin qui commence comme tous les autres à Promise Falls. Mais soudain, une sirène d’ambulance, puis deux, puis trois ; et la panique, des gens inanimés dans leur cuisine, sur le pas de leur porte, dans la rue. Des morts, aussi.
L’eau est empoisonnée. Drame sanitaire ou crime de masse ? Pour l’inspecteur Barry Duckworth, la réponse ne fait aucun doute : vingt-trois victimes, un 23 mai…
Et un premier message découvert en ville annonce que le responsable ne compte pas s’arrêter là : « Je vais donner à cette ville une leçon qu’elle n’est pas près d’oublier. »
L’insaisissable meurtrier fanatique du nombre 23 est de retour. L’heure est venue pour l’inspecteur Duckworth et le privé Weaver d’unir leurs forces dans cette mortelle course contre la montre…

Intoxication meurtrière, disparitions inquiétantes, machination barbare… Et ce tueur fanatique du nombre 23 qui sème toujours la terreur. Après Fausses promesses et Faux amis, Linwood Barclay livre un final en beauté pour clore la trilogie consacrée à la petite ville (pas si) tranquille de Promise Falls.





Voici enfin le tome 3 d'une trilogie complètement addictive. D'entrée de jeux ce dernier opus commence très fort. La plupart des habitants se réveillent et commencent à se sentir mal. Les ambulances et l'hôpital sont vite surchargés et dépassés suite aux nombreuses personnes qui se présentent. Le pronostic vital est quasiment engagé pour chacun. Et l'on ne tarde pas à comprendre que l'eau du robinet a été empoissonné. 
Barry Duckworth ne sait plus où donner de la tête avec cette catastrophe. S'en est trop pour lui qui doit encore trouver un coupable dans l'attentat du Drive in et trouver le meurtrier de Rosemary Gaynor et Olivia Fischer. Et par dessus tout ça, Lorraine, une étudiante du campus vient d'être retrouvée éventrée comme Rosemary et Olivia. Pour Barry il ne fait plus l'ombre d'un doute qu'un seul et même tueur sévit à Promise Falls mais est-il aussi coupable des autres événements mettant en scène le fameux nombre 23?
D'un autre côté David Hardwood recherche Sam et son fils qui se sont mystérieusement envolés. Où sont-il ? Qu'est-ce qui les a poussé à fuir?

Ce dernier opus -  enfin j'ai comme un doute en finissant à savoir s'il ne va pas avoir un autre tome car la fin nous laisse encore quelques interrogations sur certains points - est tout simplement prenant.
Le suspens est au rendez-vous, Linwood Barclay ne nous laisse pas une seconde de répit. Roman choral toujours, les chapitres s'enchaînent donnant la parole à chacun des protagonistes et donnant à la lecture un côté addictif. Nous avons vite envie de lire les prochains chapitres pour revenir à ceux qu'on vient de finir pour connaître la suite des événements.
L'auteur fait tout pour qu'on émette des hypothèses sur qui est coupable des faits. J'ai bien sûr tenté de trouver moi aussi le coupable en me plantant dans les grandes lignes.
Chaque personnage est dans la ligne de mire, que ce soit Randall Finley qui grâce à la catastrophe se fait bien voir en donnant de l'eau de sa propre production aux habitants de la ville et gagne des voix pour l'élection de Maire. Victor Rooney, le fiancé d'Olivia Fisher qui en veut à la ville entière de n'avoir rien fait pour tenter de sauver cette dernière.
Une fin qui nous laisse bouche bée mais comme je le disais plus haut, il me manque encore quelques point à éclaircir sur certaines situations. Après c'est peut-être un choix de l'auteur, qui nous laisse imaginer le reste.

Une excellente série policière en tout cas qui m'a fait passée un excellent moment de lecture.

Retrouvez mes chroniques sur les deux précédents tomes :

Fausses promesses

Faux amis


mercredi 3 avril 2019

Raisons obscures d'Amélie Antoine - Editions XO

**** Chronique de Jess ****



Deux familles ordinaires à l'heure de la rentrée scolaire. Deux familles où chacun masque et tait les problèmes pour ne pas inquiéter les autres. 
Chez les Kessler, la mère a retrouvé son premier amour. 
Chez les Mariani, le père est mis à l'écart dans son entreprise.


Deux familles où règnent les secrets. 

Deux familles où, en apparence, tout va bien. Jusqu'à ce que tout déraille. Pour des raisons obscures.


Amélie a un don, celui de traiter de divers sujets avec subtilité et réalisme. Depuis maintenant 3 ans que j'ai découvert ses livres, j'ai toujours eu énormément de plaisir à les lire. Ils sont tous des coups de cœur et Raisons obscures ne déroge pas à la règle. 
Cette fois, Amélie nous parle d'un sujet qui est très sensible chez moi, mais connaissant les écrits d'Amélie je savais qu'il serait traité avec justesse. Elle a déjà traité des sujets tels que la fécondité, les attentats, la TV réalité.

C'est l'histoire de deux familles, les Kessler et les Mariani. Nous allons être témoin de leurs vies, de leurs secrets. Nous serons en immersion totale dans leur quotidien. Le prologue commence en juin 2017, une femme décroche son téléphone et un policier lui demande de venir au commissariat. Nous n'en saurons pas plus, surtout nous ne saurons pas de quelle mère il s'agit. Et puis nous remontons le temps, en septembre 2016. Nous alternerons avec un chapitre par famille. Cette façon d'amener l'histoire de la sorte fait qu'on ne peut que tourner les pages et lire les chapitres rapidement pour connaître la suite.
Nous pouvons nous retrouver dans chaque famille. Chacun vit son train train, avec ses problèmes quotidiens, la gestion des enfants qui quitte petit à petit l'enfance.
Et puis arrive la fin de la 1ère partie et là on se dit "merde non je veux savoir". J'ai failli aller à la fin du livre pour savoir ce qui avait pu se passer, et puis je me suis dit non Jessica ne gâche pas tout en faisant ça. Amélie joue donc avec mes nerfs.
Et rebelote nous replongeons dans le passé mais cette fois-ci avec un autre point de vue. Bien joué, je pense que si j'avais voulu j'aurais lu toute la nuit pour pouvoir vite connaître le fin mot de l'histoire.

Les personnages sont décortiqués, nous connaissons tout d'eux, leurs secrets, leurs manies, leurs vies. La psychologie est à son paroxysme, tout est vraiment très bien décrit. La description des sentiments est vraie, brute, sans censure. J'ai lu certains passages et j'ai fait un bond dans mon propre passé, à croire qu'Amélie avait vécu avec moi une partie de ma jeunesse. Elle a su se mettre à la fois à la place du bourreau et de la victime. Chose que je trouve particulièrement extraordinaire.
J'ai ressenti de la haine pure pour un des personnages et pour l'absence de réaction de certains autres.
Cette histoire m'a chamboulé aussi dans mon cœur de mère, j'espère de tout mon cœur que jamais aucun de mes enfants ne vivra ça. Que ce soit d'un côté ou de l'autre.
J'espère surtout que ce roman fera réagir face à un problème de société réel et trop peu pris au sérieux à mon goût.

Un roman à lire de toute urgence, un livre qui vous tord les tripes. Une histoire qui restera gravée au fond de vous je peux vous l'assurer. Pour moi il ne fait plus aucun doute qu'Amélie fait partie des grands auteurs de sa génération et qu'elle n'a plus rien à prouver depuis longtemps. 

Mes autres chroniques :






Sous son autre pseudonyme


mardi 2 avril 2019

Pour le bien de tous de Laurent Scalèse - Editions Belfond

**** Chronique de Jess ****


Sur une route de campagne, un homme est percuté par une voiture. Mort sur le coup, ce n'est pourtant pas la collision qui l'a tué mais les balles qu'il a reçues dans le dos. Si la victime n'a pas de nom ni de papiers, son identité semble précieuse, puisque le véhicule des pompes funèbres qui le transporte est braqué, et le corps enlevé... Les deux flics chargés de l'enquête forment le tandem le plus mal assorti de l'histoire de la police. Mélanie Legac est jeune, brillante, nerveuse. Le commandant Joseph Schneider a la soixantaine bien tapée, il ne peut plus courir après personne, et ce " croulant ", comme elle l'a baptisé, pourrait être son père. C'est la première fois qu'ils travaillent ensemble et ils vont vivre la pire affaire de leurs carrières. 


Je m'attendais à retrouver Samuel Moss dans le nouveau polar de Laurent et petite déception quand j'ai vu qu'il ne figurait pas dans Pour le bien de tous. (Retrouvez mon avis sur Je l'ai fait pour toi ici). Mais connaissant Laurent je me doutais qu'il allait trouver une très bonne alternative et c'est le cas avec deux flics que tout oppose ! Mélanie Legac, voit l'arrivée de son nouveau co-équipier d'un mauvais œil. Joseph Schneider a bientôt la soixantaine et n'est pas au mieux de sa forme. Et toutes ses petites manies vont vite taper sur les nerfs de Mélanie, mais elle n'a pas le choix elle doit le supporter et travailler avec lui. 
Ils vont enquêter sur un banal accident de la route qui finalement sera un meurtre. Je n'en dirais pas plus sur l'histoire. 

Laurent va se servir de cette histoire pour dénoncer divers problèmes de société actuels. La dépendance aux technologies, la sexualité, l'immigration, les groupuscules politiques d'extrême droite ou gauche. Certaines scènes vont refléter les sujets d'actualités qui peuvent fâcher. Les dialogues entre les personnages sont percutants dans leur envie de donner leur point de vue sur certains points. Chacun voudra avoir raison et essayera de convaincre l'autre. 
J'ai eu un petit coup de cœur pour le personnage de Joseph. J'ai trouvé une réelle empathie pour ce flic envers ses collègues, sa famille et les victimes. 

Le problème quand on lit beaucoup de polars et surtout beaucoup de nouveautés ce sont les sujets qui parfois se ressemblent et reviennent par vague. Ce polar reprend des sujets qui ont déjà été abordés. Je ne dirais pas lesquels pour ne pas vous spolier l'histoire. 
Mais les différents sujets sont très bien traités, le style de l'auteur est toujours addictif et l'on a qu'une envie c'est de connaître le fin mot de l'histoire. Sauf que pour moi le fin mot de l'histoire ne m'a pas mis une claque comme certains ont pu le ressentir. Peut-être en attendais-je trop. En fait je m'attendais à autre chose en ce qui concerne le pourquoi de ce polar. 

Alors je ne dirais pas que je n'ai pas aimé ce polar, car j'ai passé un très bon moment de lecture. L'enquête en elle-même est bien menée. J'aurai peut-être aimé quelques petits rebondissements. J'ai aimé aussi les petits clins d’œil à certains personnages de ses autres polars. Pas de fantastique dans celui-ci, histoire plus concrète, plus dans la réalité. Un polar sociétal je dirais qui fait aussi réfléchir sur certains problèmes d'actualité.  

Faites-vous votre idée de ce livre et lisez-le ;-)


dimanche 31 mars 2019

Crow de Roy Braverman - Editions Hugo Thriller

**** Chronique de Jess ****



UNE CHASSE À L'HOMME HALETANTE ET SANS PITIÉ DANS LES PAYSAGES SAUVAGES DE L'ALASKA

Hunter et Crow, deux fugitifs accusés de crimes odieux, décident de se soumettre d'eux-mêmes à l'esprit de la loi en s'isolant au cœur des Brooks Range. Mais les flics locaux et le FBI, dont l'obsession est d'appliquer la loi à la lettre, les laisseront-ils faire ? L'obstination d'un ex-agent du FBI, devenu sérial killer pour l'occasion, déclenche une chasse à l'homme haletante et sans pitié à travers les paysages sauvages de l'Alaska. Une terre rude et immense où tout chasseur devient un jour la proie de quelqu'un d'autre.

Tour à tour chassés ou chasseurs, Hunter et Crow vont poursuivre, croiser ou fuir une shérif amoureuse d'un orignal, une agent spéciale du FBI surnommée Fiasco suite à l'échec de sa dernière mission, une trappeur romantique qui ne craint ni les loups ni les ours, un collecteur de dettes arménien et mélomane, un gang de rednecks qui carbure à la bière locale, un pilote de brousse hippie fan de Jefferson Airplane... Tout ça pour sauver sa peau, appliquer la loi ou mettre la main sur un butin de plus d'un million de dollars. Voire les trois à la fois !




Voici la suite de Hunter (mon avis ici) thriller que j'avais adoré !
Dès le premier chapitre l'auteur nous harponne et on ne peut plus lâcher ce thriller intemporel.
Un agent de sécurité d'un parc aquatique sème l'horreur dans le parc. Quelques mois plus tard, nous le retrouvons dans le nord des Etats-Unis poursuivis par un collecteur de dettes. Dans un même temps, nous retrouvons Hunter, qui s'était échappé avec Crow, le tueur en série, suite au carnage du bowling. Nous allons rencontré une shérif, en Alaska, qui va enquêter sur le meurtre d'une jeune femme déguisée en mariée, et d'un jeune homme accroché à un arbre avec un carreau d'arbalète dans le cou. Toute la mise en scène ressemble aux meurtres qu'il y a eu quelques temps auparavant. Elle aura l'aide de Sally, garde-chasse, qui connaît la forêt mieux que quiconque et de Medeiros, ex-agent du FBI, qui a été viré suite au fiasco de l'évasion d'Hunter et Crow. Fiasco, c'est d'ailleurs le surnom que tous les flics de Détroit, où elle a atterri, lui ont trouvé.

Une chasse à l'homme va alors débuter où chacun va devenir chasseur pour les uns et proie pour les autres. Roy Braverman, va nous embarquer dans une histoire qui sera plus qu'un thriller mais une aventure. Les descriptions de l'Alaska, des paysages, de la faune, et des techniques de chasse sont tout simplement addictives. Roman choral, qui va donner la parole à chaque protagoniste important de l'histoire et qui donnera du punch et du rythme à la lecture. Ca va dézinguer dans tous les sens une fois de plus. Roman très visuel, nous sommes témoins de ces chasses à l'homme. L'Alaska sera un personnage à part entière, hostile, magnifique, grandiose.

J'avais déjà adoré Hunter, mais cette suite est encore plus abouti et addictive. La plume de l'auteur s'étoffe de plus en plus, devient poétique lors des descriptions de l'Alaska, des beautés de la nature. J'ai appris énormément de choses concernant la faune et la flore d'Alaska. Une lecture totalement dépaysante. Mais une lecture qui dénonce plusieurs problèmes de société dans certains pays, notamment le système judiciaire et l'homosexualité dans une région des USA isolés où il n'est pas bon de ne pas rentrer dans les cases.

Ce thriller est pour moi une totale réussite. Je vous conseille vivement de le lire et de lire aussi Hunter. Car même si l'auteur revient sur les points essentiels de Hunter il est bien de le lire pour connaître la psychologie des personnages et leur passif.

Je remercie les Editions Hugo Thriller pour cette lecture.


vendredi 29 mars 2019

L'insigne du boiteux de Thierry Berlanda - Editions De Borée

**** Chronique de Jess ****



Un assassin, qui se fait appeler le Prince, exécute des mères de famille sous les yeux horrifiés de leurs jeunes fils âgés de 7 ans. Opérant à l'arme blanche avec une rare sauvagerie, le meurtrier taille ses victimes en lanières. Telle est la punition qu'il inflige. Mais qui punit-il ? Et de quoi ? Pour répondre à ces deux questions fondamentales, le commandant Falier s'adjoint les services du professeur Bareuil, spécialiste des crimes rituels, « retraité » de la Sorbonne, et de Jeanne Lumet, qui fut sa plus brillante élève. Or la jeune femme est mère d'un petit garçon de 7 ans. Détail qui n'échappera sans doute pas au Prince...


Peut-être qu'en lisant le résumé de ce livre j'aurais dû me douter que je me serais identifiée aux différentes victimes. Etant moi-même maman d'un garçon de quasiment 7 ans, je me suis imaginée son désarroi et son horreur s'il assistait à ma mort de la plus horrible des manières. Rien qu'en imaginant la scène, j'en ai frémi.

Un homme se faisant appeler le Prince, tue donc des mères de famille en attachant leur fils de 7 ans en hauteur afin qu'il puisse assister impuissant à la mort horrible de sa mère. Déjà deux femmes sont retrouvées mortes ainsi que leur mari tué d'une balle dans la tête. Pourquoi ce rituel? Qui est ce tueur sanguinaire qui à l'air totalement déconnecté de la réalité? Pour résoudre ce crime, un flic proche de la retraite est chargé de l'enquête, le commandant Falier avec l'aide d'un auxiliaire, le professeur Bareuil. Ce dernier va demander de l'aide à une de ses anciennes étudiantes, Jeanne Lumet. 

Fausses pistes, faux semblants, cette enquête va donner du fil à retordre au commandant Falier. Il va enchaîner les bourdes tout au long de l'enquête. L'auteur va aussi nous induire en erreur en nous faisant douter de la sincérité et de l'innocence de certains personnages. 
Petit bémol concernant les personnages, je ne me suis pas vraiment attachée à eux. Le personnage de Falier fait un peu trop flic caricatural. Quant à Jeanne, j'aurais aimé que son personnage soit un peu plus poussé notamment que l'auteur nous explique le pourquoi de ses angoisses. Et je trouvais très bizarre qu'elle parle à son fils de son père en appelant ce dernier par son prénom et non "papa". Certaines scènes sont un peu confuses et j'ai dû parfois relire plusieurs fois un même passage pour essayer de comprendre ce que voulait nous dire l'auteur. 

Autrement, l'histoire en elle-même est plutôt bien ficelé. Le mobile des meurtres bien imaginé. 
C'est un polar qui se lit bien mais qui ne restera pas gravé dans ma mémoire. Il me manquait un petit truc pour que cette lecture soit addictive. Je tenterais un autre de l'auteur pour confirmer ou infirmer mon avis.

Je remercie les Editions De Borée pour cette lecture.


mercredi 27 mars 2019

Aux douceurs du temps de Véronique Chauvy - Editions De Borée

**** Chronique de Jess ****


À la fin du XIXe siècle, Juliette, fille d'une famille modeste, hérite de la confiserie de son oncle à Clermont-Ferrand. Malgré l'interdiction de son père, elle se lance dans cette aventure et devient sa propre patronne. Son commerce étant prospère, elle embauche Pierre, dont elle tombe amoureuse et avec qui elle a une fille. Mais très vite, Juliette doute de l'honnêteté de son conjoint. 



Petite pause polar avec un roman sucré Aux douceurs du temps de Véronique Chauvy. 

Juliette, la vingtaine, travaille depuis 10 ans dans une usine de confiserie à Clermont-Ferrand. Un matin son patron reçoit un courrier d'un notaire, qui lui demande de faire venir son employée à son cabinet notarial. Ne sachant pas pourquoi elle est convoquée par un notaire, Juliette s'y rend un peu à reculons. Quel n'est pas son étonnement quand elle apprend que son oncle par alliance, lui lègue une boutique de confiserie dans le centre ville. Oncle dont elle n'a jamais connu l'existence. 
Juliette est une jeune femme forte, qui connaît le métier pour avoir effectué toutes les tâches depuis qu'elle a 11 ans. Mais il n'est pas facile de se faire accepter à la fin du 19ème siècle dans un domaine qui est réservé uniquement aux hommes. Mais Juliette tient à prouver à tous qu'elle en est capable. Et malgré les doutes qui vont l'assaillir, le refus de son père qu'elle accepte l'héritage et la malveillance de ses futurs confrères confiseurs elle décidera de relever le défi.

Attendez vous à entendre votre ventre gargouiller à la lecture de ce roman gourmand. Fruits confits, pâtes de fruits, dragées, cerises à l'eau de vie, que de gourmandises décrites et qui font envie. J'ai tout de suite visualisé la petite boutique de Juliette dans ma tête, tellement elle est bien décrite par l'auteure. 
Ce livre est une ode à la femme. Les conditions de la femme sont à l'honneur et l'auteure connaît parfaitement le sujet. Elle connaît aussi parfaitement le métier de confiseur qu'elle nous dépeint à merveille. 
Nous allons suivre donc l'histoire de Juliette tout au long de son parcours que ce soit professionnel ou amoureux. 
Moi qui aime les romans d'un autre temps j'ai été particulièrement gâtée avec cette lecture. J'ai beaucoup aimé lire la vie de Juliette, son parcours un peu hors norme pour l'époque. 
Juliette va vivre de grandes choses et grâce à sa bonne étoile trouvera toujours des solutions aux problèmes qu'elle pourra rencontrer. Elle va également vivre de grands moment historiques notamment l'Exposition Universelle, et la première guerre mondiale. 

J'ai beaucoup aimé cette histoire. Si vous aimez les histoire d'un autre temps, ce livre est pour vous.

Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel - Editions Marabout série Black Lab


**** Chronique de Jess ****


Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n'est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais... Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d'une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d'avoir retrouvé Lucie. Mais il s'agit d'une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l'on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n'est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie...


Je suis toujours très impatiente de lire les nouveaux polars de Nicolas Lebel. Le dernier avait été une petite déception mais ça ne m'a pas empêchée d'aimer les autres et de vouloir lire les suivants ;-) Parfois, il faut des petites déceptions, on ne peut pas adhérer à toutes les histoires que l'on lit.

Voici donc une nouvelle enquête pour le petit capitaine Mehrlicht et son équipe, Dos Santos et Latour. Ils voient débarquer au commissariat, un matin, une femme qui vient signaler la disparition de sa fille Lucie. Mais étant majeure, les policiers ne peuvent pas vraiment faire grand-chose. Ils prennent malgré tout au sérieux ce que sa mère leur dit et vont tout de même enquêter. 
Ils vont ensuite être appelés au célèbre cimetière du Père Lachaise où a été découvert une énorme mare de sang, mais pas de victime. Puis un corps de femme va être retrouvé dans la Seine par des pêcheurs. Cela fait beaucoup de choses bizarres en une seule journée et nos enquêteurs sentent qu'il y a un lien entre tous ces faits. Malheureusement pour eux, l'enquête sur la femme repêchée va être confiée à la Crim et ils ne pourront pas faire grand- chose en dehors de rechercher Lucie. 

Entre chaque chapitre de l'enquête, nous découvrons de nouveaux protagonistes. Un jeune syrien dont la sœur a disparu et qu'il recherche activement. Un homme qui écrit à sa femme et à qui il raconte sa traque, il a enfin retrouvé celui qui a blessé cette dernière. Et un autre homme qui soigne sa femme d'une drôle de façon. 
Nous le comprendrons assez rapidement, tous ces hommes vont avoir un lien entre eux et entre l'enquête. 
Et puis il reste toujours les problèmes personnels de nos protagonistes principaux. Latour, qui cherche toujours une solution aux papiers de Djebril, son fiancé. Dos Santos, qui devient de plus en plus un justicier hors de contrôle. Et Mehrlicht, qui se prépare pour les sélections de Questions pour un champion et qui tient une bonne crève.

Nicolas va donner le ton avec une atmosphère brumeuse pendant toute la durée de l'enquête. Une ambiance angoissante, pour une enquête hors-norme. Est-ce que les disparitions de toutes ces femmes sont l'oeuvre d'un vampire comme tout le monde le pense ? Nous aurons des indices dès le départ qui nous donneront une idée de ce qu'il se trame dans Paris. 

J'ai beaucoup aimé cette dernière histoire. Tout est bien mené, tout est fait pour qu'on tourne les pages et qu'on comprenne comment les enquêteurs vont arrêter le coupable. L'histoire de la Roumanie m'a énormément plu également. 
J'ai trouvé que Nicolas donnait plus de sérieux dans cet opus. Moins de blagues de la part de Mehrlicht. Il faut dire que le sujet est sensible à l'heure actuelle. Le problème qui touche les femmes dans le monde, elles qui sont souvent les victimes de notre société : l'égalité homme/femme qui a du mal à se mettre en place, les violences domestiques au sein du couple, les femmes victimes de tueurs, les femmes immigrées qui tentent de fuir leur pays en guerre et qui sont les premières victimes des violeurs.
Grâce à ce polar Nicolas dénonce toutes ses violences et il le fait bien. 
Tu peux donc être rassuré Nicolas, j'ai adoré ce polar ;-)

Je remercie chaleureusement les Editions Marabout et en particulier Anne pour m'avoir fait découvrir en avant-première le dernier polar de Nicolas Lebel.

Mes autres chroniques :

Sans pitié ni remords

De cauchemar et de feu

lundi 25 mars 2019

Interview Pierre Gaulon et Frédéric Ernotte



Interview en 5 questions 

Suite à ma lecture de l'excellent polar de Frédéric Ernotte et Pierre Gaulon (mon avis ici) j'ai voulu leur poser quelques questions auxquelles ils ont répondu avec plaisir. Je les remercie donc d'avoir pris le temps de me répondre et vous fait partager cette interview :

1/ Je ne savais pas que vous vous connaissiez tous les deux. Comment vous êtes-vous rencontrés?


Nous avons fait connaissance par l’intermédiaire de nos livres « La mort en rouge » et « C’est dans la boîte ». On a sympathisé à distance. Même passion. Mêmes valeurs. Même envie de relever un défi colossal...

2/ Qui a eu l’idée de cette histoire ?


Fred : J’avais noté cette idée d’histoire de vengeance sur un site de rencontres dans un carnet et j’ai trouvé le sujet amusant pour un thriller à quatre mains. J’en ai parlé à Pierre et nous avons considérablement amélioré mon idée de départ ensemble au fil de l’écriture.

3/ Comment avez-vous écrit cette histoire ? Qui a fait quoi?


Fred: Nous n’avons pas les mêmes qualités. On s’est donc chaque fois posé la même question : « qui est le plus fort pour écrire tel passage. » L’autre avantage d’écrire à quatre mains, c’est qu’on ne veut pas décevoir l’autre. On aime tous les deux le rythme “page turner” et nous étions chacun le lecteur exigeant de ce que faisait l’autre. Pierre: Je pense qu’il est compliqué de savoir qui a écrit quoi, car il nous est parfois arrivé de morceler des chapitres. Par exemple, Fred écrivait le début, puis je continuais, puis il prenait le relai et enfin je concluais. Par ailleurs, nous avons également fait un gros travail de repérage de nos tics de langage, de relecture et de réécriture une fois le premier jet achevé.

4/ Avez-vous d’autres projets d’écriture ensemble ?


Ce n’est pas à l’ordre du jour. Il faut savoir que nous avons mis près de 3 ans à écrire ce roman, entre la réflexion du sujet, le premier jet, les relectures, les corrections des incohérences, les recherches, etc. Nous sommes extrêmement fiers du résultat, mais c’est un travail de longue haleine qui demande un investissement total. Difficile de dire aujourd’hui de quoi l’avenir sera fait. Nous avons des projets respectifs en cours et toutes les portes restent ouvertes.

5 / une anecdote à nous raconter pendant que vous écriviez ce polar ?


Qu’on le croie ou non, nous ne nous sommes jamais rencontrés « en vrai » et nous ne nous sommes que très peu parlé au téléphone. Ce livre, nous l’avons écrit à distance, comme une sorte de relation épistolaire 2.0.




jeudi 21 mars 2019

Vindicta de Cédric Sire - Editions Métropolis

**** Chronique de Jess ****



UN BRAQUAGE SOUS HAUTE TENSION



" On entre, on prend le fric, on ressort. Personne ne sera blessé. "

Leur plan est sans risque. Le bijoutier ne portera pas plainte pour le vol car son argent est d'origine illégale. Damien, Élie, Audrey et Driss s'imaginent avoir trouvé la réponse miracle à tous leurs problèmes. 

UN FLIC EN CHUTE LIBRE

Fraîchement muté dans un groupe de surveillance, Olivier est loin d'imaginer que la planque qu'on lui a assignée fera de lui le témoin clé d'un cyclone meurtrier, dans le sillage d'un tueur glacial et méthodique que rien ne semble pouvoir arrêter. Des déserts du Moyen-Orient aux villes sombres et silencieuses du territoire français, quand la vindicte est en marche, plus rien ne peut vous sauver.

UNE TRAQUE HALETANTE SECOUÉE DE FAUSSES PISTES

Pur instrument de torture et de mort, il n'a pas de nom, pas de visage, l'habitude de tuer et un cimetière de cadavres derrière lui. Mais dans cette affaire, pas de contrat. Cette fois-ci
pour lui : c'est personnel. 
Dans ce thriller crépusculaire, Cédric Sire joue comme jamais avec les nerfs du lecteur jusqu'à l'effroyable twist final et confirme son entrée tonitruante parmi les maîtres du thriller français.


Le nouveau thriller de Cédric Sire était une des sorties que j'attendais avec impatience. Je me suis donc jetée dessus et malgré les quasi 600 pages il a été dévoré en deux petites journées. Je ressors de cette lecture lessivée ! J'ai rarement lu un thriller aussi addictif, avec un rythme aussi soutenu du début à la fin. Et rarement une scène d'un livre m'a autant chamboulé au point d'en pleurer (du moins pas dans un thriller). Dès les premières pages j'ai été submergé par cette histoire.

Une histoire somme toute banale au final, mais qui va prendre une tournure plus qu'improbable. Une bande de quatre jeunes décident de braquer un bijoutier. Le plan semble simple, rapide et sans conséquences. Mais c'était sans compter un grain de sable qui va gripper la machine. 
Ce simple braquage sera comme un domino qui va basculer et enchaîner les catastrophes. Et basculer et perturber la vie d'Olivier Salva, flic à la PJ, mis au placard à la surveillance suite à quelques dérapages. Ce personnage m'a tout de suite plu, j'ai tout de suite été sous le charme de ce flic. Il est un peu stéréotypé mais on ressentira tout de suite son dilemme fasse aux choix qu'il doit faire. Suivre sa hiérarchie et fermer sa gueule ou alors passer outre et faire le bien au risque de perdre son boulot. Ce sera tout vu.

Mais sans le savoir, il va avoir un concurrent de taille. Un tueur hors norme nommé Le Spectre, payé pour tuer. Une tueur redoutable, invisible, quasiment invincible. 
Un tueur qui ne laisse presque aucun témoin derrière lui et le peu de personnes qui l'ont vu et qui le décrivent se font passer pour fou. Mais cette fois, il tuera pour une cause, la sienne et il va libérer la bête en lui pour expulser sa colère d'avoir perdu quelque chose de cher.
Chacun va mener son enquête de son côté. Les morts vont s'enchaîner plus violentes, plus cruelles à chaque fois. Quand on pense avoir atteint l'horreur absolue Cédric nous plonge encore plus loin dans l'horreur et la cruauté, le pire que l'on peut trouver chez un homme. 
Âmes sensibles s'abstenir car certaines scènes sont absolument insoutenables. Et l'horreur va aller crescendo jusqu'au dénouement de l'affaire. Roman très visuel, les descriptions sont époustouflantes de réalisme. Dès le départ, Cédric nous met des claques avec des rebondissements savamment distillés. Jusqu'au rebondissement final qui là va vous mettre KO. Un thriller qui vous met les nerfs à vif !

Certains chapitres écrits en italique nous offrent des flash-back qui se déroulent quelques années auparavant et où nous rencontrons une troupe de militaires. Ce groupe est secret et n’existe pas. Des militaires sans scrupules qui tueront, beaucoup. Mais l'un des membre du groupe va prendre plus de plaisir que les autres à tuer et torturer. 

L'auteur nous offre un thriller surprenant, j'ai rarement lu un bouquin pareil. Même Cédric n'a jamais écrit une histoire aussi dingue. En changeant de nom, Cédric transforme son talent pour arriver au plus fort de son art. 
Un putain de bouquin qui va faire parler de lui ! Un thriller à ne pas manquer !
Pour une première parution, les Editions Métropolis font fort et nous promettent du très lourd !