lundi 12 novembre 2018

La fille hérisson de Jonas T. Bengtsson - Editions Denoël

*** Chronique by Aurélie ***

4ème de couverture
Suz a 19 ans, et pourtant on lui donnerait 12 en la croisant dans la rue, au pied de sa cité. Son allure chétive a bien quelques avantages : elle peut aller dealer dans la cour du collège du coin sans attirer l'attention, par exemple. Mais pour Suz et pour les projets qu'elle nourrit, c'est surtout un inconvénient, le temps est suspendu depuis trop longtemps pour elle et sa famille : elle ne grandit pas, son frère ne sort pas du coma, et son père reste dans la prison où l'a envoyé le meurtre de sa femme. Pourtant ce moment approche, et Suz se prépare, physiquement et mentalement, à faire ce qu'il faudra. Car Suz navigue parfaitement dans ce milieu interlope et familier pour se rapprocher toujours plus de son but : devenir une tueuse.


Mon avis

Je remercie les éditions Denoël pour cette lecture.

Suz est une jeune fille de 19 ans qui en paraît 12. Après le drame familial qu'elle a vécu, elle essaye de survivre seule au sein de la cité où elle est née. Son frère (militaire) est à l'hôpital entre la vie et la mort car il s'est pris une grenade, et son père est en prison car il aurait tué sa femme, la mère de Suz. 

La vie de Suz bascule lorsqu'elle apprend que son père a demandé une libération conditionnelle pour comportement exemplaire. Son père ? Exemplaire ? Pfffff, Suz n'y croit pas un instant. Elle ne va cesser de "s'entraîner à devenir une tueuse", et s'endurcir mentalement mais physiquement aussi. Nous allons suivre son quotidien au travers de différents défis qu'elle s'impose tous les jours. Mais ce n'est pas tout, Suz est un poids plume, alors elle fait une fixette sur son poids pour grossir à tout prix. Vous devez aussi savoir une chose, Suz est accro au hasch.

"La fille hérisson" porte bien son nom, car Suz est l'élément principal (et le seul) de ce livre. Suz est comparée à un hérisson et par certains aspects, ils se ressemblent bien. Le hérisson est solitaire aux poils dur, hérissés et piquants. C'est une description qui colle en tous points à Suz, qui est très seule et qui a un caractère assez "piquant" et provocateur. 

Je ressors de cette lecture avec un avis mitigé, peut-être dû à cette ambiance froide et singulière. Cette lecture est loin d'être un fleuve tranquille. Elle est dure et sans concessions, mais reflète la réalité du quotidien des cités et des drames qui peuvent s'y passer. Car malgré ce "je ne sais quoi" qui m'a gênée, je n'ai pu m'empêcher de tourner les pages pour savoir ce qui allait arriver à Suz, si son père, "cette personne qu'elle qualifie d'inhumaine", allait être libéré, si elle allait réussir à atteindre ses objectifs dont celui de le tuer... 

# By Aurélie :) 

Interview Mattias Köping



INTERVIEW Mattias Köping


Suite à la sortie du Manufacturier j'ai eu envie d'interviewer Mattias afin d'en savoir un peu plus sur lui et sur sa façon d'écrire. Il a gentiment accepté de se prêter au jeu des questions - réponses ;-)







1. Qu'est-ce qui t'a donné l'envie d'écrire ?


Pour être franc, je n’en sais rien. J’ai un rapport étrange à l’écriture. Parfois, j’ai envie d’écrire. D’autres fois, écrire ne me manque pas du tout. Je crois que je m’intéresse à tout un tas de sujets et que cela finit par faire un trop-plein dont je fais des histoires.


2. Qui sont les auteurs qui t'inspirent ?


Il y en a tellement que j’admire ! Mais je remarque que je me souviens plus des récits sombres et / ou déjantés que des récits joyeux. En voilà quelques-uns : Palaniuk, Ellroy, Céline, Cormac Mac Carthy, Banks, Orwell, Houellebecq…Je lis de tout, vraiment de tout, et autant de classiques que de romans contemporains.


3. Où trouves-tu l'inspiration ?


Partout. Tout m’intéresse a priori. On peut écrire une bonne histoire avec un tout petit bout de ficelle. C’est d’ailleurs comme ça que j’écris la plupart du temps : j’ai une scène unique. Je pars de cela et j’avance. Par exemple, pour Les Démoniaques, tout est parti de la scène du viol du livre. Je ne sais jamais où je vais avant de commencer. Je ne connais jamais la fin de mon histoire. L’histoire se construit au fur et à mesure et je la restructure parfois entièrement une fois que je sais où je vais.


4. Pourquoi écrire des romans aussi sombres et violents ?

Je suis joyeux au quotidien. J’adore rire et plaisanter. Cela ne m’empêche pas d’être un pessimiste convaincu : l’humanité est incapable de se réformer. La bête est là, toujours, partout. Les pulsions et les appétits sont au cœur de l’homme. On n’apprend jamais rien. On espère que les tragédies passées sont capables de nous enseigner quelque chose, mais je suis absolument persuadé du contraire, radicalement. Les monstruosités humaines sont sans fin. Je rends au monde la monnaie de sa pièce, avec rage.


5. Est-ce que tu as commencé à écrire le suivant ? J'avais la sensation que la fin du Manufacturier était ouverte, une suite prévue ?


Je réfléchis. J’ai une scène qui m’intéresse et qui pourrait faire un bon point de départ. Pour la fin du Manufacturier, il est vrai qu’elle est ouverte, mais c’est plus pour accentuer l’idée que la haine ne s’arrête jamais.


6. Une anecdote à nous raconter ?


Oui. À un certain stade de mes recherches pour le Manufacturier, il a fallu que je m’arrête, car j’avais vraiment le moral en berne. Avec l’horreur des hommes, il ne semble jamais y avoir de limites…





Retrouvez mes chroniques :

Les démoniaques

Le manufacturier






samedi 10 novembre 2018

Clivage de Jean Dardi - Editions Terra Nova

**** Chronique de Jess ****

Des victimes poignardées et émasculées... Les meurtres qui se succèdent dans Paris sont monstrueux, totalement hors normes. Un tueur se déchaîne et chaque nouvelle scène de crime reflète une brutalité qui va crescendo. Pour le commissaire Dell'Orso, ces crimes évoquent des rituels barbares, actes d'un tueur incapable de maîtriser une rage trop longtemps contenue. Quand Dell'Orso découvre que toutes les victimes étaient des brutes ou des violeurs, il comprend que le meurtrier agit par vengeance. Pour faire cesser les meurtres, l'enquêteur n'a pas d'autre choix que de plonger dans l'esprit dérangé du tueur. Il ignore encore qu'il embarque pour un long et terrifiant périple aux frontières de la folie. Un voyage dont personne ne peut sortir indemne... Dans les profondeurs de son âme se dissimule une noirceur sauvage.


Nouvelle enquête pour Giovanni Dell'Orso qui commençait sérieusement à déprimer faute de serial killer à se mettre sous la dent. Mais lorsqu'un homme est retrouvé poignardé de 67 coups de couteau et émasculé dans un wagon de la SNCF il va rapidement se remettre sur pied. Il semblerait que le bonhomme avant de se faire trucider ait participé à une tournante avec trois de ses potes. Mais impossible de mettre la main sur la victime et autre chose a disparu : les parties génitales de l'individu. Le début d'une série meurtrière va commencer
Mais à part l'ADN du meurtrier, il n'y aura rien qui permettra à l'équipe d'arrêter le ou les coupables.

Dès le début, j'ai eu le sentiment que j'avais compris qui était le coupable dans cette affaire. Mais curieusement j'ai quand même été happée par l'histoire pour savoir où ça allait nous mener. Je l'ai donc lu comme un polar où l'on connaît d'entrée de jeu le meurtrier et dont l'histoire se concentre sur la traque des policiers pour le retrouver et mettre un terme à son itinéraire macabre.

Petite incohérence par contre sur la recherche de la victime du viol, les enquêteurs auraient pu savoir qui elle était et l'interroger rapidement.
Tentative de retournement de situation pour nous faire croire qu'on se trompe mais on ne me la fait pas à moi ;-)
Tous les personnages qu'ils soient principales ou secondaires sont très bien fouillés.
J'adore le personnage de Giovanni et de Pochet. Les dialogues sont parfois très imagés en accent et parfois tordant de rire. Pochet ce gros nounours qui n'en mène pas large face à la sexy Julie.
J'ai vraiment un petit faible pour Dell'Orso qui malgré son état dépressif est attachant. Il est loyal envers son équipe qu'il considère comme une famille. D'ailleurs il a le respect de la plupart de ses collaborateurs.
Le personnage d'Eve est aussi très bien travaillée. Personnage atypique et particulier que l'on sent fragile dès le début et très manipulable. Tout le côté psychologique de ce polar m'a énormément plu.
Et de vouloir savoir comment l'équipe allait mettre la main sur le coupable m'a tenu en haleine.

Un peu de longueurs parfois dans les descriptions mais le style de l'auteur est toujours très agréable à lire. Pas mal d'humour ponctue l'histoire parfois glauque. J'ai souvent souri voir rigolé en lisant certaines scènes.
Pour finir j'avais bien tout le scénario dès le début mais ça ne m'a pas empêché de passer un très bon moment de lecture.

Je remercie les Editions City pour cette lecture.

 
Autres chroniques :



vendredi 9 novembre 2018

Passager 23 de Sebastian Fitzek - Editions Archipel

*** Chronique by Aurélie ***


4ème de couverture
Imaginez un lieu isolé.
Un lieu où disparaissent, année après année, des dizaines de personnes…
Sans laisser de trace.
Un lieu rêvé pour des crimes parfaits.
Bienvenue à bord.
La croisière ne fait que commencer…


Mon avis

Je remercie les éditions Archipel pour cette lecture.

Martin Schwartz est un flic au bord de la rupture. Les "missions suicide" sont son quotidien car il n'a plus rien à perdre. Cinq ans auparavant, il a perdu sa femme et son fils Timmy lors d'une croisière à bord du Sultan des Mers. Martin vient de terminer une mission lorsque Gerlinde Dobkowitz, une vieille dame d'un certain âge à l'humour mordant le contacte afin de l'amener sur le Sultan, paquebot du drame familial. Elle veut lui faire part de ses découvertes dont la réapparition d'Anouk qui n'est autre  qu'une passager 23. Mais Anouk ne resurgit pas seule, elle a en sa possession le doudou de Timmy. Quel est le lien entre Anouk et Timmy ? Est-il toujours en vie ? D'autre part, où est passé Naomi (la maman d'Anouk) et surtout où était caché Anouk pendant ces huit longues semaines ? 
Martin va mener son enquête en tentant de faire parler Anouk. 
En parallèle, Julia Stiller et sa fille entament une croisière sur le Sultan. Tout se passe bien jusqu'à la disparition de Lisa... Une histoire de passager 23 qui risque de se renouveler à nouveau... 

J'ai connu Sebastian Fitzek avec "Thérapie" que j'avais adoré ! C'est donc avec le souvenir d'un bon moment  de lecture que je me suis laissée embarquer dans ce dernier opus. 

"Passager 23" se lit d'une traite. Je l'ai littéralement bouffé ! Ce thriller en huis clos est tout simplement plus qu'addictif. Il y a beaucoup de personnages, mais c'est surtout le personnage de Martin qui est mis en avant. Ce personnage est superbement travaillé autant sur le plan psychologique, que sur l'aspect physique qu'on imagine sans mal. Les émotions de Martin font parties intégrantes de l'intrigue. Martin est un personnage à fleur de peau, usé, au bout du rouleau. 

Sebastian Fitzek nous plonge dans une enquête dense avec beaucoup d'informations. L'enquête s'avère complexe mais très bien ficelée. Tous les éléments d'un page-turner sont de la partie : style fluide, chapitres courts,... J'ai été entraîné à la suite de Martin, j'ai couru les coursives, j'ai arpenté les différents ponts, je suis descendu dans les coins les plus obscurs de ce paquebot. Cependant, toutes ces actions ne m'ont pas empêché de sentir la lourde solitude et le deuil de Martin. L'auteur ne nous laisse aucun répit. Il nous fait réfléchir, nous lance sur de fausses pistes pour encore mieux se jouer de nous.  Et que dire de la fin ? J'ai été estomaquée quand le voile a été levé car je n'ai rien vu venir que ce soit sur le mobile ou sur l'identité du "vrai" coupable. C'est donc pour moi une très belle réussite.

Vous l'aurez compris, j'ai été transportée tout au long de cette croisière, un huis clos vertigineux qui aborde de nombreuses thématiques dont une tabou. Cette thématique est à vomir. C'est malsain au possible. J'ai eu envie d'hurler ma haine contre tant de cruauté. Pour ma part, c'est inimaginable. Cela m'a révolté !

Néanmoins, j'ai un petit bémol concernant la justification du prologue. Quelle était son utilité ?

Je ne peux que vous conseiller cette lecture (très addictive), mais attention ce sera à vos risques et périls, car si vous pensiez entreprendre une croisière paisible, vous vous trompez lourdement. Alors, faites attention car vous risquez peut-être de passer par-dessus bord ;) 

# By Aurélie :)

mardi 6 novembre 2018

La reine des quiches de Sophie De Villenoisy - Editions Denoël

**** Chronique de Jess ****



À quarante et un ans, Murielle collectionne les échecs, comme si une vilaine fée prenait un malin plaisir à la persécuter. Après autant de fausses couches que de manuscrits refusés, elle s'est résignée à ne donner vie qu'à des articles sur les vermifuges dans la rubrique animalière d'un journal télé.
Jusqu'au jour où un éditeur l'appelle, son dernier roman, Ceci est mon corps, l’'a fasciné, il veut absolument le publier. Murielle n'en revient pas, son roman-confession sur sa propre stérilité va lui apporter la reconnaissance dont elle a toujours rêvé! Mais ce succès littéraire pourrait aussi avoir des conséquences inattendues sur sa vie et son entourage….



J'ai connu la pétillante Sophie De Villenoisy grâce à son roman Question de standing il y quasiment deux ans (retrouvez mes chroniques en fin d'article). J'ai tout de suite accroché avec sa plume et ses drôles d'histoires qui mettent en scène des femmes dans la quarantaine avec leurs problèmes et leurs petits défauts. Il me tardait donc de lire un nouveau roman de l'auteure.

Murielle, bientôt 42 ans n'aime pas trop sa vie. Elle voulait être journaliste et se retrouve à être rédactrice de la rubrique "animaux" dans un magazine TV. Elle a toujours voulu être mère et après 7 fausses couches à renoncer à l'idée de fonder sa propre famille. Sa mère ne lui a jamais adressé le moindre signe d'affection, préférant sa sœur cadette. Murielle a toujours rêvé d'être écrivain et qu'un de ses manuscrits soient publiés mais les lettres de refus des maisons d'édition s'accumulent. Et pour couronner le tout, sa sœur parfaite mène une vie de rêve avec ses trois beaux garçons. Le seul point positif de sa vie est son époux qui est toujours présent pour lui remonter le moral. 
Mais un matin, elle reçoit un appel des Editions Gallimard qui veulent publier son manuscrit Ceci est mon corps, un livre qu'elle a écrit avec ses tripes, une autobiographie un peu fantasmée qu'elle ne pensait jamais voir publiée. La vie de Murielle va donc être chamboulée du jour au lendemain. Elle qui était transparente la plupart du temps va se retrouver dans les Spotlight et ça ne va pas beaucoup lui plaire. 

Sophie nous offre encore une fois une histoire sympathique qui se lit d'une traite. J'ai eu du mal à comprendre le comportement de Murielle. J'ai eu parfois envie de lui mettre des baffes et de la secouer. J'avais un peu la même attitude que son mari, elle m'agaçait pour ensuite m'attendrir. Les femmes sont encore à l'honneur dans ce roman. L'auteure va traiter des sujets qui importent aux femmes à savoir, être ou ne pas être mère, la stérilisation, le viol, les secrets de famille, et comment être une bonne mère aux yeux des autres et comment réussir à accéder à ses rêves. Donc malgré un roman "feel good" il y a quand même une réflexion derrière la situation de Murielle et des autres protagonistes de l'histoire. 
Cathy, la sœur de Murielle m'a passablement énervé aussi à vouloir jouer la mère parfaite alors que quand on creuse et qu'on regarde derrière les meubles sa vie n'est pas si parfaite que ça.
Jérôme, le mari de Murielle m'a particulièrement plu. Cet homme toujours là pour sa femme dans n'importe quelles circonstances, toujours prêt à l'épauler malgré ses crises. Lui aussi a des rêves de gloire et lui aussi souhaite être père. 

J'ai passé un excellent moment avec cette lecture. J'ai ri parfois en lisant certaines scènes. J'ai eu les larmes aux yeux lors d'un autre passage où l'on comprend enfin le mal être de Murielle. Le style est toujours fluide et se lit tout seul ou presque. Je dirais que le seul bémol est la taille du livre car il se lit trop vite ! 
J'avais besoin d'une lecture légère et sans prise de tête suite à ma lecture précédente et ce livre a rempli son office. C'est toujours un plaisir de lire un livre de Sophie De Villenoisy. 


Mes autres chroniques :



lundi 5 novembre 2018

Le manufacturier de Mattias Köping - Editions Ring

**** Chronique de Jess ****

Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l'avocate Irena Ilić tente de remonter la piste jusqu'à la tête du commando, le sinistre Dragoljub.

Le 1er avril 2017, les cadavres d'une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet... Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s'empare de l'affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l'inimaginable s'en échapper.

Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L'avocate et le flic ont des intérêts divergents et sont prêts à se livrer une guerre sans merci. Emportés dans l'abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que l'on croit. Crimes contre l'humanité, meurtres en série, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l'étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l'Histoire finiront par déborder, et vomir des monstres trop vite oubliés.

N'ayez pas peur.

Oui, il y a tout cela dans Le Manufacturier. Non, il n'y a pas d'autre issue.



J'ai découvert Mattias Köping avec son premier thriller Les Démoniaques (mon avis ici) qui avait été une sacrée découverte et un énorme coup de cœur. J'attendais donc avec impatience son nouveau livre pour voir à quelle sauce il allait nous manger, nous pauvres lecteurs. 
Dans Les Démoniaques les ingrédients étaient drogue, esclavage sexuel, meurtres, corruption, pédophilie et toute la pourriture humaine que l'on peut rencontrer dans ces domaines. Ici Mattias reprend quelques ingrédients qui ont fonctionné et en a rajouté d'autres : mafia, prostitution, pédophilie, tortures et crimes de guerre.

Milovan a quitté son pays la Croatie à l'âge de 10 ans suite au massacre de sa famille. Laissé pour mort, à moitié égorgé, il a rejoint la France pour vivre chez un oncle éloigné de la famille, Boris. Ce dernier l'a adopté et en a fait son fils. Un jour, il voit dans une émission, une avocate serbe qui enquête sur les criminels de guerre des pays de l'Est. Elle fait tout pour mettre derrière les barreaux des miliciens qui ont massacré les populations. Malgré son dégoût et sa xénophobie envers les serbes Milovan va la contacter pour qu'elle retrouve le bourreau qui a exterminé sa famille.

D'un autre côté, une équipe des stups sous le contrôle du capitaine Latrigan et une équipe de la judiciaire sous les ordres du capitaine Radiche, dit Zéro, veulent démanteler un parrain de la drogue dans la cité de la Vallée Verte au Havre. Radiche est un flic borderline, détesté de tous ses collègues. Il n'hésite pas à enfreindre la loi pour mettre derrière les barreaux les pires saloperies. Et des saloperies il s'en passe : traites humaines, proxénétisme, deals de drogues, un vrai business !
Et entre les chapitres, nous rencontrons Vivardoux, un geek qui surf sur le darknet et qui est accro aux snuff movies et autres merdes dégueulasses que l'on trouve dans les fins fonds du web. Il va régulièrement sur le site du Manufacturier où il trouve son bonheur. Mais le Manufacturier a l'air d'avoir un but en tuant et mettant en ligne ses crimes. Lequel? Quel est le lien entre le Manufacturier et l'enquête au Havre? 

Dès les premières lignes je retrouve mes addictions au style de Mattias Köping. C'est bien un des rares auteurs qui avec un livre à son actif m'a rendu accro. Style percutant, en osmose avec l'histoire, c'est brut de décoffrage, c'est crade, ça fait flipper tellement ce qu'il nous raconte est vrai et sonne vrai. Je ne sais pas où il va chercher tout ça mais en tout cas ça fonctionne! 

Je n'étais pas du tout familière avec les différentes guerres qu'il y a eu dans les pays de l'Est. Cette partie de l'Histoire est vraiment passionnante mais en même temps horrible. Je connaissais la Seconde guerre mondiale côté Allemagne et France, mais pas du tout le rôle de la Croatie ni de la Serbie à cette période. Et dans les atrocités ils ont aussi fait très fort! 
Le travail de recherches sur ces différentes guerres est tout simplement remarquable. L'auteur s'est très bien documenté et nous retrace les différents conflits de manière claire et précise.
Quel est le point commun entre un baron de la drogue, un serial killer, et une enquête sur des crimes contre l'humanité en Croatie? Qu'est-ce qui lie tous les protagonistes? 

Des rebondissements où on ne s'y attend pas vont vous surprendre. Premier effet kiss-kool : une claque dans la tronche une première fois car là on se rend compte que l'auteur nous a bien entubé et baladé depuis le début. 
Et puis deuxième effet kiss-kool : la réalisation. Une des grosses interrogations vient de trouver sa réponse, on croit avoir deviné et on se dit mais non ce n'est pas possible ?!?!? 
Ne cherchez pas, je vous préviens vous ne pourrez jamais deviner le scénario de cette histoire à l'avance. Vous pourrez toujours tenter mais vous vous planterez. Jusqu'à la dernière page vous serez surpris et cerné par l'horreur à l'état brut. Vous passerez par un maelström d'émotions en lisant le Manufacturier, mais le plus souvent la colère et le dégoût l'emporteront. Mais chaque détail d'horreur à son importance dans l'histoire, rien n'est gratuit, tout à un but. 

Pas de longueurs, l'histoire passe d'une enquête à l'autre dans la fluidité parfaite d'un métronome. Enquêtes en tiroirs, multiples lieux (Le Havre, La causse de Mende, la Croatie..), pléthore de protagonistes nous sommes happés du début à la fin. Plus les différentes enquêtes avancent et plus le canevas des enquêtes parallèles se dessine et se précise. Ce bouquin est un putain de chef d'œuvre. Mais attention âmes sensibles s'abstenir car certaines scènes sont vraiment abominables. Mais c'est la touche de Mattias, l'horreur absolue, mais l'horreur qui existe ou qui a existé. Si on l'avait censuré, ce livre n'aurait pas eu le même impact je pense. Le pire de l'homme est décrit dans cette histoire. Je dirais même le pire DES hommes. 

C'est encore un énorme coup de cœur pour cette histoire que j'ai eu du mal à poser. Bon je me dis aussi que je dois avoir un problème pour avoir tant aimé une histoire aussi sordide ;-) ce doit être mon côté morbide.
Je peux dorénavant dire que Mattias Köping fait partie des grands et il me tarde maintenant de lire le suivant. D'ailleurs j'ai trouvé que la fin de ce livre était ouverte à une suite donc à voir! 
Par contre petit conseil, si vous n'aviez pas pu finir les Démoniaques car trop violent je vous déconseille de lire celui-ci car on passe à un niveau au-dessus dans le violent.




jeudi 1 novembre 2018

Heimaey de Ian Manook - Editions Albin Michel

*** Chronique by Aurélie ***
4ème de couverture
Quand Jacques Soulniz embarque sa fille Rebecca à la découverte de l'Islande, c'est pour renouer avec elle, pas avec son passé de routard. Mais dès leur arrivée à l'aéroport de Keflavik, la trop belle mécanique des retrouvailles s'enraye. Mots anonymes sur le pare-brise de leur voiture, étrange présence d'un homme dans leur sillage, et ce vieux coupé SAAB qui les file à travers déserts de cendre et champs de lave... jusqu'à la disparition de Rebecca. Il devient dès lors impossible pour Soulniz de ne pas plonger dans ses souvenirs, lorsque, en juin 1973, il débarquait avec une bande de copains sur l'île d'Heimaey, terre de feu au milieu de l'océan.

Un trip initiatique trop vite enterré, des passions oubliées qui déchaînent des rancœurs inattendues, et un flic passionné de folklore islandais aux prises avec la mafia lituanienne : après l'inoubliable Mongolie de sa trilogie Yeruldelgger et le Brésil moite et étouffant de Mato Grosso, Ian Manook, écrivain nomade, nous fait découvrir une Islande lumineuse, à rebours des clichés, qui rend plus noire encore la tension qu'en maître du suspense il y distille.


Mon avis
Je remercie les éditions Albin Michel pour cette lecture.

La mort de la mère de Rebecca a creusé un fossé de rancœurs et de douleurs entre père (Soulniz) et fille. Afin de renouer des liens avec sa fille, Soulniz décide d'entreprendre un voyage avec elle au cœur de l'Islande. Un pays qu'il avait découvert 40 ans auparavant, où il avait été volontaire pour aider à remettre de l'ordre dans le paysage. Soulniz avait été émerveillé par l'Islande avec ses différents endroits et ses différentes démonstrations de la nature d'une puissance hors norme. Cependant, tout ne se passera pas comme prévu... Soulniz retrouvera des mots sur son pare-brise, aura la sensation d'être épié,... et c'est sans compter sur Beckie et son caractère de rebelle. En une nuit tout basculera, Soulniz sera confronté à la disparition de Beckie. Qui a kidnappé Beckie ? Qui pourrait en vouloir à Soulniz ? Que s'est-il passé 40 ans auparavant ?
En parallèle, plusieurs incidents ont lieu comme le cadavre d'un homme retrouvé au milieu des solfatares, un bâteau qui coule et l'apparition de la mafia lituanienne au travers du personnage de Simonis. C'est Kornélius, Botty et Ida qui seront en charge de faire la lumière sur toutes ces affaires entremêlées.

"Heimaey" est un livre transcendant associé à une enquête à double tranchant qui ne fera que s'intensifier. Ian Manook prend son temps pour nous immerger dans son monde en distillant des petits détails insignifiants de prime abord mais qui prendront de l'importance en temps voulu, car rien n'est laissé au hasard. Ce livre est tout simplement génial tant par ses personnages haut en couleurs que par la beauté de l'Islande. Chaque personnage que ce soit Soulniz, Beckie, Simonis, Kornélius et Botty sont des personnages forts (fort en caractère mais aussi au niveau de l'intrigue). Sans ces personnages, l'histoire ne serait pas la même. Chacun écrit une page de l'histoire avec ses secrets. Aucun d'entre eux ne se ressemblent, ce qui en fait une force. Par exemple, j'adore les proverbes, j'ai donc beaucoup aimé les fameux proverbes de Simonis le lituanien.
"Si tu veux qu'on te prête, souffre qu'on t'emprunte" 
Un road-trip islandais de Keflavik à Heimaey qui ne vous laissera aucun répit car il y a toujours un rebondissement qui arrivera à point nommé pour relancer la machine. Ian Manook a l'art et la manière d'ouvrir plusieurs tiroirs en même temps sans qu'on prête forcément attention à tout. Mais ne vous y fiez pas, car si c'est écrit, c'est qu'il y a une raison et vous ne pourrez qu'être ébahi par tant d'ingéniosité.

Un polar qui met en lumière la beauté de l'Islande et qui vous fera voyager au travers de ses champs de lave, du Blue Lagoon, du pont des Continents et de la colère légendaire de Gunna au milieu des solfatares... Les descriptions sont tellement belles, réalistes, à couper le souffle ! Car moi aussi, j'ai voulu plonger dans un "hot-pot" alors que la température à l'extérieur était glaciale. Un roman vivifiant où je vous promets une ambiance glaciale avec des moments volcaniques !

Si comme moi, vous avez aimé Yeruldegger, détesté Mato Grosso (ma chronique ici), vous pouvez plonger les yeux fermés dans "Heimaey" car j'ai adoré ! J'ai retrouvé la "touch Manook" de Yeruldegger qui s'est encore bonifié ;) Un roman ou un diamant à l'état brut que je ne peux que vous conseiller ardemment !!

# By Aurélie :) 

mercredi 31 octobre 2018

Le petite fille du phare de Christophe Ferré - Editions Archipel

**** Chronique de Jess ****

 
Le temps d'une soirée dans un pub tout proche de leur villa située sur la côte de granit rose de Ploumanac’h, Morgane et Elouan ont laissé leur fille de 10 jours, Gaela, aux bons soins de son frère adolescent, Arthur. Mais au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d'effraction, pas de demande de rançon. À la douleur de la disparition, la famille voit s'’ajouter la violence du soupçon de la gendarmerie. Morgane, une mère déjà éprouvée par la perte d'un enfant, Elouan, un père souvent absent, une fortune familiale enviable… Les pistes se multiplient mais l'enquête n'avance pas.

Pourtant près d'un mois plus tard, le miracle : Gaela est rendue à ses parents. Le soulagement l'emporte sur l’'incompréhension, sauf pour Arthur, convaincu que ce bébé n'est pas sa sœur.
 
 
En lisant la 4ème de couverture j'ai tout de suite eu envie de lire cette histoire qui promettait d'être addictive.
L'histoire de la famille Kergouat, qui un soir voit leur vie se transformer en cauchemar quand à leur retour de soirée, ils se rendent compte que Gaela leur bébé de 10 jours a disparu. Mais chose encore plus étrange la petite réapparait un mois plus tard par miracle. Toute la famille est soulagée sauf Arthur qui est persuadé que le bébé n'est pas sa sœur. Le juge en charge de l'affaire est aussi troublé par cette drôle de disparition. De toute sa carrière, il n'a jamais eu affaire à un cas pareil. Plusieurs hypothèses vont s'échafauder. Et chacun aura ses petits secrets notamment Morgane qui cache pas mal de choses. 
 
Bon sur le coup je me suis spoliée toute seule en voulant regarder le nombre de pages du livre. Je suis tombée sur le nom du coupable d'entrée de jeu et j'étais un peu verte de m'être gâchée mon plaisir comme ça. Ca m'apprendra à faire plus attention. Mais ça ne m'a pas empêché de lire l'histoire pour savoir le pourquoi du comment.

Alors malheureusement cette histoire ne m'a pas emballé du tout et je vais essayer de vous dire pourquoi. Les sentiments dans cette histoire sont très mal décrits. J'ai trouvé l'attitude de la mère suite à l'enlèvement de sa fille en totale contradiction avec le comportement d'une mère dont l'enfant a disparu. Je n'avais pas l'impression qu'elle était plus touchée que ça de la disparition de son bébé. Moi qui ait aussi un bébé, je ne peux qu'imaginer dans quel état je serais si ma fille disparaissait !
Bon déjà je trouve ça un peu gros de laisser un bébé de 10 jours seule avec son grand frère de 13 ans même si ce dernier est mature pour son âge. Et le coup de la mère qui part faire une balade au bord de la mer pour se changer les idées.... Alors est-ce une ruse de l'auteur pour nous faire douter de la culpabilité de la mère dans cette affaire? Je pencherais pour cette hypothèse.
 
Les dialogues ne sont pas du tout naturels, ils sonnent faux comme si on regardait une mauvaise série TV mal joué. Le style est plutôt soutenu dans les dialogues ce qui donne ce côté peu naturel à la vie familiale. Je n'ai eu aucune empathie pour les personnages ou plutôt une antipathie. Surtout pour Morgane dont je n'ai pas du tout compris le comportement. Elle cache pas mal de choses au juge et aux enquêteurs qui je pense aurait pu permettre de faire avancer l'enquête. Son rapprochement avec Léa, une journaliste/bloggeuse est aussi particulier. Léa connaît la plupart des rebondissements de l'affaire et c'est elle qui renseigne Morgane.
 
Pas mal d'incohérences dans certains passages (par ex : Morgane ne répond pas à des dizaines d'appels du juge et ensuite elle dit qu'elle répond aux moindres appels depuis la disparition de sa fille). Il y a pléthore de rebondissements qui tombent un peu comme un cheveu dans la soupe. En général j'aime les rebondissements et les thrillers psychologiques mais dans ce livre ils sont très mal utilisés. Un des rebondissements m'a un peu laissé bouche bée sur la fin tant j'ai trouvé que c'était trop gros et improbable. J'étais à deux doigts de refermer le livre et d'arrêter puis je me suis dit "peut-être qu'il y a une bonne explication à la fin" et oui ouf, l'honneur est sauf finalement je ne m'étais pas tant spolié que ça!

Le seul point positif de ce livre sera pour moi la description des paysages de la Bretagne. On sent à travers les lignes de l'auteur son amour pour sa région. Les descriptions sont vraiment très visuelles, on ressent la houle sur notre visage, on sent l'iode et on en prend pleins les mirettes imaginaires.

Je suis plutôt bon public en général et je suis déçue de ne pas avoir adhéré à cette histoire. Mais tout ceci n'est que mon avis. Je vous invite à vous faire votre propre idée sur cette histoire.

 
Je remercie les Editions Archipel pour cette lecture.

mardi 30 octobre 2018

Moi non plus de Lucie Crisa - Auto Edition

**** Chronique de Jess ****

Moi Non Plus raconte l’histoire d’une jeune écrivaine franco-britannique. Emma a 24 ans, une demi-sœur qu’elle adore, une belle-mère extraordinaire, une mère alcoolique qui ne se souvient d’elle que lorsqu’elle a besoin de lui dire des méchancetés par téléphone, un père abusif verbalement et un chat qui aime dormir sur sa tête.
Après plusieurs revers éditoriaux et familiaux, Emma a perdu son inspiration. C’est pourquoi elle se décide à partir sur un coup de tête (et sur proposition de sa sœur) sur l’île de Jersey. Là-bas, elle pourra reprendre sa vie en main et écrire son nouveau livre. Mais les choses vont rarement comme on l’espère. Sur place, elle fait la connaissance explosive de Sacha. Entre eux, c’est la haine au premier regard. Mais leur haine cache également une profonde attirance physique, que ni l’un ni l’autre n’est content de ressentir. S’en suit alors une aventure inattendue pour notre héroïne qui l’amènera à faire des choix difficiles.


Petite pause polar suite à la lecture du Chattam qui m'a donné envie de lire un livre un peu plus léger. Une petite comédie romantique était ce dont j'avais besoin.
J'ai connu Lucie Crisa avec son livre La théorie du baiser (retrouvez mon avis ici). J'avais eu un gros coup de cœur pour ce roman donc quand Lucie m'a contacté pour lire son petit dernier je ne pouvais refuser!

Me voilà donc embarquée pour l'Ile de Jersey avec Emma, 24 ans. Jeune fille un peu paumée. Elle veut devenir écrivain, a été publié dans une maison d'éditions qui a fait faillite. Son père ne supporte plus de la voir vivre à ses crochets et décide de lui couper les vivres. Sa demi-sœur va lui proposer de garder la maison d'hôte qui appartient à la famille sur l'Ile de Jersey. Pas du tout emballée au premier abord, Emma décide quand même de partir à l'aventure. Elle va rencontrer petit à petit les gens du coin et surtout le beau Sasha Deschanel, qui est un écrivain à succès. Une forte antipathie va naître entre eux dès le départ. Mais souvent la haine et l'amour ne sont qu'une très fine ligne. Et ces deux-là vont commencer à entretenir une drôle de relation de "Je t'aime "pas" moi non plus".
Encore une fois, mon côté fleur bleu est ressorti à la lecture de ce roman. Malgré un début un peu laborieux, je suis finalement rentrée dans l'histoire pour ne plus vouloir quitter Emma et Sasha et voir où leur relation allait les emmener. Tous les deux en mal d'amour, et tous les deux ayant peur de ce genre de sentiment romantique tout ça promet une relation particulière!
Au départ, j'ai eu un peu de mal avec Emma que je prenais pour une petite fille gâtée pourrie. Mais au fil des pages, je me suis attachée à cette jeune femme fragile, rejetée par ses parents (abandonnée par sa mère, et dénigrée par son père). Quant à Sasha, difficile de cerner ce bonhomme. Beau, charmant, devant tout le monde, il peut se montrer détestable envers Emma.
L'auteur reprend ce qui marche dans les romans style Chick lit et New romance. Une histoire impossible, une rupture, un rabibochage, un rebondissement ou une situation improbable et des scènes olé olé. Mais tout cela fonctionne à merveille. Je suis arrivée à la fin de ce roman triste de devoir quitter Emma et Sasha. J'aurais voulu continuer à lire leur non amour, leur passion destructrice.
Le style de Lucie est toujours très agréable à lire. Seul petit point négatif, un peu trop de mots en anglais, j'ai trouvé ça parfois un peu trop. Et curieusement j'ai trouvé certaines expressions qui paraissait traduit de l'anglais comme si l'auteure avait écrit son livre en anglais et l'avait traduit en français. Mais c'est seulement mon ressenti et ça ne m'a pas plus dérangé que ça dans ma lecture et dans l'histoire passionnante d'Emma et de Sasha.

Un livre qui fait du bien à lire, c'est léger, c'est frais. Laissez vous tenter et tombez aussi sous le charme du beau Sasha ;-)

Je remercie Lucie de m'avoir fait découvrir cette nouvelle histoire.

vendredi 26 octobre 2018

Le signal de Maxime Chattam - Editions Albin Michel

**** Chronique de Jess ****


La famille Spencer emménage dans la petite ville perdue de Mahingan Falls. Pourtant les nouveaux venus n’y trouvent pas la tranquillité espérée : suicides mystérieux, disparitions de jeunes filles et autres accidents peu naturels s’enchaînent, semant l’angoisse chez les enfants Spencer. Ethan Cobb se doit d’enquêter.







Depuis quelques années je suis déçue des nouveaux romans de Maxime Chattam. Je ne retrouve pas celui que j'ai découvert au moment de la trilogie du mal. Heureusement qu'il restait sa série Autre-monde qui avait été une série coup de cœur pour moi.
Mais à chaque parution malgré les déceptions, je ne peux m'empêcher de lire ses nouveaux romans. Celui-ci prévoyait d'être différent, plus dans ce que l'auteur aime faire, nous faire peur.
Un conseil de lecture pour ce livre : le soir, chez vous, seul, ça c'est le conseil si vous voulez bien flipper! Sinon je vous conseille de rester proche de votre conjoint et d'éviter de lire la nuit si vous ne voulez pas faire de cauchemars. Ce bouquin est carrément flippant.
Les premiers chapitres peuvent paraître très clichés et faire penser à un mauvais film d'horreur. Par exemple, quelqu'un qui roule une nuit sans lune et qui se retrouve avec une drôle de femme sur la plage arrière ou alors la babysitter qui entend de drôles de bruits dans le babyphone et qui disparaît. Malgré donc certains gros clichés, Maxime Chattam a réussi à me ferrer, à m'agripper avec ses griffes d'auteurs pour ne plus me lâcher.
Terrifiant, angoissant, la peur va suinter à chaque chapitre. Maxime Chattam prend nos pires cauchemars pour les coucher sur le papier dans une histoire diabolique.
L'atmosphère qui se dégage est tout bonnement angoissante. Le lieu choisi, cette petite ville des USA coincée entre une montagne et la mer et qui n'est accessible que par deux routes n'aurait pas pu être mieux propice à cette histoire. De drôles de choses vont se dérouler à Mahingan Falls.
La famille Spencer a décidé de quitter New-York avec leurs 3 enfants pour vivre au grand air et se vivifier. Lui est auteur et elle présentatrice TV (ça me fait penser à quelqu'un tiens!), ils ont adopté Owen, leur neveu qui a perdu ses parents dans un accident de voiture quasiment 2 ans plus tôt. Plusieurs phénomènes étranges vont arriver à la famille Spencer. L'horreur va commencer à s'insinuer dans leur petite vie paisible.

Roman choral, chacun à la parole et va enquêter de son côté pour savoir ce qu'il se passe. Tom Spencer va commencer à se demander si la maison ne serait pas possédée.
Ethan Cobb, un policier qui vient de rejoindre le commissariat suite à son départ de Philadelphie, va se poser des questions suite à des disparitions et des meurtres un peu hors normes. Et la bande d'ados composée des fils d'Olivia et Tom, de Connor et Corey (le frère de Gemma la babysitter) vont aussi comprendre qu'il se passe des phénomènes anormaux dans la ville.

J'ai été totalement immergée dans cette histoire. J'ai été moi aussi coupé du monde pour vivre le temps de ma lecture à Mahingan Falls. J'ai été possédée par cette histoire et j'ai voulu savoir le fin mot de l'histoire. L'auteur ne va rien nous épargner, âmes sensibles s'abstenir car certaines scènes sont vraiment très visuelles et par conséquent très gore! Suspens, rythme haletant qui monte crescendo jusqu'au final. L'auteur ne va pas nous laisser un seul moment de répit.

Après le thriller et le fantastique, Maxime Chattam a décidé de mixer les deux et je pense qu'il aurait dû s'y mettre bien plus tôt car il excelle dans le fantastique. J'ai retrouvé les mêmes sensations que lors de ma lecture de sa série Autre-Monde. Je ne lis habituellement pas trop ce genre de littérature mais sur ce coup là j'ai eu un énorme coup de cœur pour cette histoire de dingue.

PS : Il est rare que je parle de la couverture et du livre en lui-même mais je trouve ce livre particulièrement magnifique avec la tranche noire et le bord des pages noirs également.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour cette lecture.


mercredi 24 octobre 2018

La maison de la falaise d'Audrey Perri - Editions City

*** Chronique by Aurélie ***

 
4ème de couverture
Dévastée par une récente rupture, Alma quitte Londres pour passer l'été chez sa grand-mère Mina, dans un petit village au bord de la mer. C'est là, dans la bibliothèque familiale, qu'elle découvre entre les pages d'un livre, une ancienne lettre. Le courrier est adressé à son arrière-grand-mère, autrefois employée chez les Wilson, une famille habitant une grande maison du coin, battue par les embruns.

Qui est cette femme noyée dont la lettre parle avec tant de douleur ? Quel rôle a été joué par sa propre famille dans ce drame ?

Alma se lance sur les traces de Selina Wilson, une jeune femme qui a vécu dans les années 1910. Une femme éprise de liberté, refusant de se plier à un mariage arrangé.

Dans les méandres d'une histoire familiale tourmentée, Alma va découvrir un secret bouleversant.

 
Mon avis
Je remercie les éditions City pour cette lecture.
 
En 2011, Alma est une jeune femme de 29 ans parachutée chez sa grand-mère Mina quasiment centenaire. Alma a été envoyée chez sa grand-mère à la suite du naufrage inattendu de sa vie intime et professionnelle. Loin du tumulte de la ville, Alma se sent bien seule dans cette petite bourgade. Elle décide de tromper son ennui dans un livre lorsqu'elle tombe sur une lettre qui parle d'une noyée et qui aurait un lien avec son arrière grand-mère. Il n'en faut pas plus pour qu'Alma se passionne pour cette histoire. Qui est la noyée dont on parle dans cette lettre ? Est-ce un accident, un suicide ? Qui l'a écrite ? Elle décide d'en parler à Mina qui étrangement ne souhaite pas développer le sujet plus que cela.
En parallèle, dans les années 1909 à 1914 à l'aube de la guerre, nous découvrons les familles Wilson avec leurs enfants Selina et Matthew et les Clark avec leurs enfants Sybil et Laura. Deux familles avec de grands secrets, deux familles très différentes avec beaucoup de points communs. Nous allons suivre leur quotidien, leurs problèmes, leurs mésententes, leurs joies, leurs tristesses, mais aussi leurs drames.
 
"La maison de la falaise" est le premier roman d'Audrey Perri. L'auteure a choisi de nous emporter dans une fresque familiale très agréable à lire. Nous sommes littéralement plongés dans deux histoires, deux époques qui nous le savons pertinemment finiront pas se rejoindre.
 
Les chapitres alternent entre les années 1909 à 1914 et une partie contemporaine en 2011. J'ai beaucoup aimé ce rythme d'un chapitre sur deux qui mixe à merveille ces deux périodes pour finir par se rejoindre tout à fait naturellement. Audrey Perri a su nous transporter habilement entre ces deux époques en adaptant son style avec deux ambiances différentes. L'histoire en elle-même prend le temps de s'installer en nous immergeant totalement dans des chapitres longs. Cela peut avoir un côté frustrant quand on hâte de retourner dans une époque plus qu'une autre ;)
 
Toutefois, j'ai été plus happée par la période d'avant-guerre avec ses personnages attachants ou d'autres méprisants, avec ses mystères/secrets, ses révélations... La partie contemporaine est pour moi en demi-teinte car c'était captivant uniquement lorsque Alma enquêtait sur cette étrange histoire de noyée. Mais pour le reste, il s'agit d'un mal-être répété inlassablement sur un ton geignard qui finit par lasser.
 
Dans cette saga familiale, il y a beaucoup de thèmes abordés dont l'émancipation des femmes, l'amour, l'amitié mais aussi la rupture et le deuil. Tant de sujets qui vous emportent dans un tourbillon d'émotions. Tous les ingrédients pour une belle histoire sont réunis au travers des émotions des personnages qui ont chacun leur rôle à jouer. Un roman à la Victoria Hislop qui ne pourra que vous emporter au cœur de ses secrets.
 
# By Aurélie :) 

lundi 22 octobre 2018

Ultima de L.S Hilton - Editions La Bête Noire

**** Chronique de Jess ****


Elisabeth Teerlinc, marchande d'art, femme fatale, sait reconnaître les faux. Après tout, elle-même n'est qu'une imitation, un personnage créé de toutes pièces. Son véritable nom, Judith Rashleigh, est enterré sous les mensonges, tout comme les hommes qui ont cru pouvoir la détruire.
Prise entre les feux croisés d'un chef de la mafia serbe et d'un inspecteur italien corrompu, elle est chargée de contrefaire un célèbre tableau afin de le céder pour 150 millions de dollars à une société de vente aux enchères – celle-là même où elle fut assistante...
Pour Judith, la perspective de duper son ancien chef et le monde de l'art est aussi excitante que le sexe " extrême " qu'elle pratique. Mais s'exposer ainsi sous les feux des projecteurs n'est pas sans risque, et le masque qu'elle s'est habilement construit menace de tomber...



Suite et fin de la série Maestra de L.S Hilton.
Judith alias Elisabeth s'était retrouvé dans une très mauvaise posture à la fin de Domina. Nous la pensions perdue avec la découverte du cadavre qu'elle avait laissé dans son appartement de Venise et elle aussi par la même occasion quand elle s'est fait arrêter par Da Silva. Mais Da Silva, ce flic italien pourri, va avoir besoin d'aide pour aider Raznatovic à rembourser une dette. Ils veulent qu'elle créé un faux tableau de maître et le vende via l'ancienne maison de vente où elle était assistante à Londres. Pour Judith le challenge ne lui fait pas peur et de plus arnaquer son ancien patron n'est pas pour lui déplaire! Mais il va falloir qu'elle mette au point un scénario machiavélique car plusieurs embûches vont se mettre en travers de son chemin et elle sait qu'à la fin elle va se faire assassiner par la mafia.

Comme dans les précédents tomes, L.S Hilton nous embarque dans une folle aventure à travers l'Europe et le Maghreb. J'ai trouvé le scénario mis en place par Judith pour créer un faux absolument prodigieux. Et on sent que l'auteure connaît son sujet lorsqu'elle nous raconte l'histoire des peintres et qu'elle analyse certains tableaux. On ressent son amour pour l'Art. Toutes ces descriptions donnent envie de découvrir les tableaux dont elle parle.
Son périple artistique est vraiment passionnant. Nous allons découvrir Tanger, l'Allemagne, d'autres villes d'Europe et pour finir Judith retournera à Londres. 
Alors par contre petit bémol pour la partie qui se passe à Londres car j'ai eu du mal à croire que son ancien patron ne la reconnaisse pas. Cette partie me paraît un peu grosse à avaler. Autre point négatif, certains points du scénario sont parfois un peu compliqué à comprendre.

Judith dans ce dernier tome va découvrir enfin l'amour. Mais est-ce que ça ne va pas la rendre un peu moins toxique et dangereuse? Je vais vous laisser en juger. Judith va-t-elle réussir l'exploit de vendre un faux? 
Ce dernier tome n'est pas différent des précédents à part que cette fois Judith est contrainte et forcée de faire ce qu'on lui demande. Je l'ai trouvé quand même un peu plus sage que dans les précédents opus de la série. Il faut dire que cette fois l'enjeu est lourd de conséquences.

Une lecture agréable tout comme les précédents mais qui ne sera pas un coup de cœur. Je suivrais quand même les prochaines parutions de l'auteure pour voir ce qu'elle sortira ensuite comme histoire.  


Mes autres chroniques :








vendredi 19 octobre 2018

L'ombre de la fauvette de Jean-Louis Desforges - Editions De Borée

**** Chronique de Jess ****



De retour dans la ferme familiale depuis quelques années, Joseph mène un combat auprès de ses amis et voisins paysans pour sauver leurs terres qui risquent de disparaître sous le béton d'une ville nouvelle. La nuit, c'est une autre bataille qui se livre contre ses propres fantômes, ceux de la guerre d'Algérie. Pourtant, lorsqu'il rencontre Adèle, une institutrice souhaitant faire visiter l'exploitation à ses élèves, il lui semble que la vie va enfin lui sourire et que le bonheur peut tout effacer. Mais il ignore encore que la jeune femme est rongée par son propre passé...



Je remercie les Editions De Borée et Jean-Louis Desforges pour leur confiance.

Ce roman me touche particulièrement car l'histoire se déroule aux alentours de Cergy qui n'est pas très loin de chez moi. Mais c'est un Cergy que je ne connaissais pas encore. Dans les années 60, au moment où se construisait Cergy-Préfecture et la ville nouvelle. 
Joseph est revenu depuis peu de temps de la guerre d'Algérie. Il vit avec son père dans leur ferme et mène de front le combat contre l'urbanisation qui envahit Cergy et les environs. 
Il va rencontrer un matin une jeune institutrice de Pontoise, Adèle qui voudrait emmener ses jeunes élèves visiter la ferme. Il tombe en une seconde sous son charme. Mais la belle a un passé compliqué qui va l'empêcher de s'unir avec Joseph. Un sombre passé qui date de la seconde guerre mondiale. Joseph qui ne supporte plus de voir sa belle si malheureuse va décider d'enquêter sur son passé pour y trouver une solution.

Voici une belle histoire que nous raconte Jean-Louis Desforges. Une histoire d'amour entre deux êtres touchés dans leur cœur par la guerre. La seconde guerre mondiale pour l'une, où la mère a été embarquée de force par les allemands dans un lebensborn, ces maisons pouponnières créées pour accélérer le développement de la race aryenne.
Et la guerre d'Algérie pour l'autre qui l'a profondément marqué. Atteint du trouble de stress post-traumatique peu connu à l'époque, Joseph a aussi ses propres démons à combattre. 
Il va nous faire revivre plusieurs évènements particulièrement marquants de sa vie de soldat. 
Sa quête du passé d'Adèle m'a particulièrement plu. Suite à l'arrivée des alliés pour libérer la ville où elle était avec sa mère, les soi-disant résistants l'ont traité de collabo, l'ont rasé sur la place publique devant son enfant. Elle a eu beau fuir, ils ont fini par la rattraper et lui retirer sa fille. Les dernières nouvelles qu'a pu avoir Adèle c'est que sa mère ne supportant pas la situation a fini  démente et s'est jeté dans le fleuve.
Il va donc remonter dans le temps pour connaître le fin mot de l'histoire et rendre la paix à sa bien-aimée.

J'aime beaucoup les romans qui parlent de la seconde guerre mondiale, j'en ai vu un autre aspect dans cette histoire. Quant à la guerre d'Algérie, j'ai lu très peu de références à cette guerre et grâce à ce livre j'en ai appris un peu plus. 
Ce roman est plein de sentiments et de bonnes valeurs. L'amour qui lie deux amoureux, mais aussi l'amour pour sa famille. Le lien qui unit tous les personnages est très fort. J'ai lu avec beaucoup d'émotions certains passages et je dois avouer avoir eu les larmes aux yeux parfois. 
J'ai beaucoup aimé les références à Cergy, Pontoise, et ses alentours que je connais bien. Le petit clin d'œil au parc d'attraction Mirapolis aussi m'a fait sourire car j'y suis allée peu de temps après l'ouverture en 87.

Encore un merveilleux roman de Jean-Louis Desforges que je ne peux que vous conseiller. 

Mes autres chroniques :