vendredi 20 juillet 2018

Marche ou greffe d'Olivier Kourilsky - Editions Glyphe

**** Chronique de Jess ****

La vie personnelle du docteur Séverine Dombre, médecin responsable d'une unité de greffe rénale à Paris, est un désastre. Fille unique, très tôt orpheline, elle est incapable de nouer une relation amoureuse stable et n'entretient que des rapports distants et conflictuels avec son fils Vincent.

Séverine est approchée par un groupe mafieux qui veut la contraindre à organiser une greffe de rein. Face aux intimidations, puis aux menaces qui pèsent sur elle et sur son fils, lâchée par ses collègues qui n'ont pas compris ce qui se tramait, le docteur Dombre va découvrir les ressources de l'amour maternel, et dans le même temps exhumer un terrible secret familial.

Un personnage attachant de femme tourmentée et une plongée angoissante dans l'univers de la transplantation rénale concoctée par le Docteur K.
Il y a des auteurs dont on n'a pas besoin de se poser de questions, on sait que l'on va passer un bon moment. Ça a toujours été le cas avec les polars d'Olivier. C'est donc une lecture sans surprise pour moi qui voulait lire un bon polar.
Séverine Dombre est néphrologue, responsable de l'unité de greffe de l'hôpital Tenon. Un jour, elle voit débarquer en consultation trois drôles d'individus. Un albanais en insuffisance rénale et ses deux gardes du corps. Ils veulent que Séverine lui greffe un nouveau rein. Cette dernière essaie de leur faire comprendre qu'en France ça ne marche pas comme ça qu'il y a des procédures à respecter, que l'attente est longue et que dans leur cas ça va coûter énormément d'argent. Les hommes lui assurent que tout ça ne posera pas de problème. Elle pense s'en être débarrassé mais ils vont revenir plusieurs fois à la charge et cette fois en la menaçant de s'en prendre à son fils Vincent si elle ne réalise pas la greffe rapidement.
Pour Séverine, l'enfer commence. Il va lui arriver de plus en plus de problèmes et les morts vont se multiplier autour d'elle.
Séverine ne va plus savoir quoi faire ni vers qui se tourner. Elle qui n'est pas du tout maternelle va se rapprocher de son fils de peur qu'il lui arrive malheur.
Ce nouveau polar du Dr K est particulièrement prenant. Dès l'arrivée des trois énergumènes, nous ressentons l'angoisse de Séverine. Je me suis demandée comment elle allait arriver à se sortir du pétrin dans lequel elle est.
Le personnage de Séverine est très bien travaillé. Sa vie personnelle n'est pas vraiment folichonne. Elle n'a jamais eu de très bons rapports avec son fils dont elle a laissé la garde à son père. Elle n'a jamais réussi sa vie de couple et papillonne plus qu'autre chose. Mais le seul point positif de ce qui lui arrive c'est qu'elle va découvrir une partie de son passé qu'elle ne connaissait pas et se rapprocher de son fils.
Encore une fois c'est un excellent polar que nous a concocté Olivier Kourilsky. Tous les ingrédients y sont pour que l'on passe un très bon moment. J'ai eu beaucoup de mal à poser ma lecture tellement j'avais hâte de connaître la fin. Et comme d'habitude la fin nous réserve de belles surprises.
Grâce à sa carrière de néphrologue, il nous détaille de façon très clair et précise les différentes étapes pour accéder à une greffe de rein. Donc en plus d'être un bon polar, on apprend aussi pleins de choses très intéressantes.
Le style est toujours aussi efficace, on ne voit pas les pages tourner tellement l'histoire nous entraîne loin.
Je ne peux que vous conseiller ce livre!
Mes autres chroniques :

mercredi 18 juillet 2018

Le Marquis guillotiné de Roger Dudenne - Editions Marivole

**** Chronique de Jess ****


1794, l'époque révolutionnaire bat son plein et la guillotine fonctionne à tout-va. A Paris, le marquis de Guéau vient d'être guillotiné. Le fils navigue sur les océans, à l'abri des vagues, tandis que sa femme, Madame de Bonvoust, se réfugie avec sa fille nouveau-née au domaine de Reverseaux, propriété du marquis dans la région de Chartres. Elle part rapidement se réfugier en Angleterre, laissant sa fillette à une nourrice dans le plus grand secret. Les petites gens continuent à vivre autour du château du marquis guillotiné comme si de rien n'était. La Révolution a fait peu de vagues, et leur travail permet de les faire vivre. Un régisseur honnête surveille tout ce petit monde, ce qui permet au domaine de Reverseaux de survivre aux spéculateurs qui achètent successivement le domaine sans jamais y mettre les pieds.


Il y a deux périodes historiques que je préfère : La seconde guerre mondiale et la Révolution française. Je lis rarement des livres se passant sous la Révolution. En général, ce sont plus des biographies que des romans.

Dès le premier chapitre, Roger Judenne nous téléporte dans le temps au moment de cette terrible période qu'était la Révolution. Nous atterrissons à Réverseaux un domaine de l'Eure et Loire. Un soir la belle-fille du Marquis et son bébé arrivent en catastrophe de Paris pour se réfugier au château. Le Marquis vient d'être guillotiné et tous les nobles sont condamnés à être guillotinés. Le régisseur Montalbert et sa femme qui est gouvernante vont aider la jeune Marquise à fuir le château pour lui sauver la vie. Elle va partir en Angleterre pour essayer de retrouver son époux. Ils vont mettre en nourrice son bébé afin qu'elle puisse avoir une chance de s'en sortir. Mais l'avenir au domaine est compromis. Qui va gérer le domaine en l'absence d'un maître? Le régisseur va continuer de faire vivre le domaine comme il en a l'habitude et la vie va continuer de s'organiser avec les aléas de la Révolution.

Il m'a fallu quelques chapitres pour pouvoir me familiariser avec toutes les personnes vivant dans le domaine. Mais une fois rentrée dans l'histoire, j'ai eu beaucoup de mal à poser mon livre. J'ai été totalement immergée au XVIIIème siècle. Les gens du domaine vont continuer à vivre comme si rien ne s'était passé. L'auteur va nous conter la vie d'un domaine à cette époque, les us et coutumes ainsi que les différents métiers. J'ai appris énormément de choses sur cette période en lisant ce roman.
Les personnages sont parfois attachants et d'autres détestables. La jeune Louise et son histoire d'amour vont énormément me toucher. Pas évident de tomber amoureuse à 17 ans au XVIIIème siècle. Pas évident non plus pour elle de devoir gérer sa famille depuis que sa mère est décédée et de subir un père tyrannique. Et le jeune Martin, le benêt du village, va me donner des envies de meurtres. C'est un personnage vicieux, revanchard, et méchant qu'on ne peut que détester.

L'auteur a su décrire merveilleusement bien cette période. Il a su utiliser un style clair et précis qui en fait un roman très visuel. Il nous explique parfaitement bien les différents métiers de cette époque pour nous offrir une belle leçon sur cette partie de l'Histoire. Le métier de nourrice m'a particulièrement touché. Car le terme nourrice était employé pour les femmes qui donnaient le sein à des bébés qu'elles gardaient. Il est encore plus dur de s'en séparer le moment venu. L'entraide à cette époque était au premier plan. Surtout dans un domaine où tout le monde se connaît et ou tout le monde travaille ensemble pour vivre correctement.

Un magnifique roman qui m'a fait passer un excellent moment de lecture. Je remercie les Editions Marivole pour cette découverte. 

mercredi 11 juillet 2018

Lucky Losers de Laurent Malot - Editions Albin Michel

**** Chronique de Jess ****

Sean Kinsley, 17 ans, c'est moi. Il y a moins d'un ans, je vivais encore à Londres, jusqu'à ce que ma mère surprenne mon père dans les bras d'un homme. C'est là que tout a basculé : déménagement en Bretagne, inscription dans un nouveau lycée, mais surtout coup de foudre pour la plus belle fille du monde ! Ç'aurait pu être le nirvana si des fils à papa n'avaient pas cherché à nous humilier, mes copains et moi. Et comme je ne réfléchis pas toujours aux conséquences, je leur ai lancé un défi. De quelle façon ce défi a pu embraser toute la ville, je me le demande encore ....



Sean voit sa vie chamboulée du jour au lendemain quand son père se fait surprendre dans les bras d'un autre homme. Vivant à l'époque à Londres, il se voit déménager en Bretagne quand sa mère quitte son père. Lui décide de rester vivre avec son anglais de père, quant à sa peste de sœur elle restera vivre avec sa mère et le nouveau compagnon de cette dernière.
Arrivée au lycée Saint Hilaire, il va rapidement faire la connaissance de trois garçons : Antoine qui vit en foyer, Kevin dit Le gros, et Rémy le taiseux. Une profonde amitié va les lier.
Quand le lycée privée Balzac part en fumée suite à un court-circuit, la jeunesse dorée se retrouve à fréquenter les prolos du public. Sean, va rapidement tomber sous le charme de Camille qui vient de Balzac. Mais ça ne va pas plaire à certains élèves : Hubert, Quentin et Jacques-Etienne. Ces trois derniers vont humilier Antoine au point que celui-ci va leur lancer un défi : les défier dans leurs sports de prédilection (la natation, l'aviron et l'équitation).
Mais ce que Sean ne sait pas encore ce sont les conséquences qui vont découler de ce défi. Plusieurs entreprises de la région vont monter des plans sociaux et la plupart des habitants de la ville qui travaillent dans ces entreprises vont se retrouver au chômage. Il va devenir rapidement la figure d'un combat : le Che comme vont le nommer tout le monde.
La guerre d'une classe va devenir la guerre des classes.

Ce livre me faisait de l'œil depuis que je l'ai acheté en salon en septembre dernier. J'avais tellement de lectures en retard qu'il m'a fallu longtemps avant de le lire. Je dois dire que je ne m'attendais pas à cette histoire. Une histoire d'amitié, de moral, de rébellion, d'espoir de changer le monde dans lequel nous vivons. Laurent Malot nous offre un merveilleux roman social. Malgré le sujet sensible des restructurations d'entreprises et de chômage, il nous donne l'espoir que les jeunes générations vont peut-être changer quelque chose.
La différence entre les classes sociales sont très bien décrites. Les différentes situations qui mettent en concurrence ces deux milieux sont parfois très drôles.
J'ai retrouvé mon âme d'ado en lisant ce roman. Les premiers amours, l'amitié fraternelle, le bac, le lycée et les différences entre certaines personnes.

Un roman qui m'a fait passer un très bon moment. 
 
 
 

mardi 10 juillet 2018

Tu ne dormiras plus d'Eric Dupuis - Editions Ravet Anceau

****  Chronique de Jess ****


Le major de police Iwan Kaczmarek est en danger : François-Xavier de Montjarrieux vient de s'évader de prison et le menace. Malgré tout, le flic doit avancer sur son enquête en cours. Avec le lieutenant Bélinda Bordas, il traque dans le Pas-de-Calais le « barbare du bitume », un tueur sanguinaire qui s'en prend aux automobilistes. Dans le même temps, une chute de silo puis des explosions dans un centre de stockage de munitions sont signalées. Des indices laissent penser qu'un attentat se prépare sur le Paris-Roubaix, ravivant le souvenir du gang de Roubaix qui a sévi des années auparavant. Pris dans ce tourbillon de violence, Kaczmarek s'en sortira-t-il ?


Après les deux précédents polars d'Eric Dupuis j'enchaîne avec le petit dernier.
On aurait souhaité à Iwan Kaczmarek un peu de répit suite aux précédentes enquêtes qui l'ont mis au plus bas. Mais l'évasion spectaculaire de FX De Montjarrieux va lui remettre une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
En plus de tout ça, un tueur s'en prend à des automobilistes en les étranglant avec leur ceinture de sécurité. Ce tueur va rapidement être surnommé le barbare du bitume. Tout porte à croire que ce tueur se fait passer pour un flic pour neutraliser ses victimes.
Une menace terroriste plane au-dessus de leur tête. Un nouveau gardien de la paix arrive au commissariat et se met à enquêter de son côté en avertissant Iwan d'un éventuel attentat suite à la chute d'un silot à grain.
Et des mafieux se retrouvent assassinés. Guerre de gang? règlements de comptes? Les enquêteurs ne savent plus où donner de la tête.
Un vrai sac de nœuds pour la PJ. Iwan va se retrouver avec des problèmes par dessus la tête et va être dans un sacré pétrin. Surtout avec la menace de FX qui met sa famille en danger.

Encore une fois, Eric nous offre une enquête très complexe avec plusieurs affaires à gérer qui vont au final être liées les unes aux autres. J'avoue avoir été parfois perdue tout comme les enquêteurs. Mais c'est la touche d'Eric, il aime perdre son lecteur pour mieux lui porter l'estocade finale.
Bon cette fois, je ne me suis pas fait totalement bernée ;-). J'avais trouvé rapidement qui était le tueur des automobilistes. Mais il n'empêche que les divers retournements de situations m'ont au final bien eu. Et j'avais aussi de gros doutes sur une autre personne concernant l'évasion de FX qui se sont avérés exacts.
Un sac de nœud donc mais qui va nous être expliqué de manière détaillée en fin de livre. La psychologie criminelle nous est vraiment bien décrite. Tout le parcours de ce barbare du bitume agissant en super-héros est vraiment passionnant.

Eric Dupuis connaît son sujet et nous le décrit parfaitement. Il sait comment immerger son lecteur dans ses polars. Je dois vous avouer avoir eu du mal à m'endormir après avoir lu certains passages. Car dans ce dernier polar, il ne nous épargne pas non plus. Aucune censure.
Si vous aussi vous souhaitez lire un polar qui vous empêchera de dormir je ne peux que vous conseiller ce polar. 


Mes autres choniques :




dimanche 8 juillet 2018

Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel - Editions Belfond

**** Chronique de Jess ****

Maman disait de moi que j'étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Ce que maman a oublié de dire, c'est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais.
Je connais l'enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j'avais quelqu'un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’'a quasiment connu que la servitude.
Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer.
Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu'au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l'écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D'où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

Il me tardait de lire le nouveau livre de Karine Giebel surtout quand j'ai su qu'il était de la même trempe que Meurtres pour rédemption ou le Purgatoire des innocents. J'avais trouvé que les deux derniers étaient plus gentillet comparé à ce qu'elle nous avait habitué à ses débuts et j'avais peur qu'elle tombe dans le facile et le commercial. Mais dès les premiers chapitres, le ton est donné. Ce nouveau livre sera du grand Giebel comme elle nous a habitué.
Tama a 9 ans quand on l'emmène en France pour lui donner une vie meilleure. Orpheline de mère, son père s'est remarié et l'a confié à une tante. Quand on propose à son père de l'emmener en France où elle pourra avoir un meilleur avenir, il n'hésite pas une seconde. Mais jamais il n'aurait imaginé dans quel enfer il envoie sa fille. Car au lieu d'avoir une belle vie, elle va devenir l'esclave d'une famille. L'horreur commence pour Tama.
Gabriel vit en ermite dans un hameau des Cévennes. Un jour une jeune femme débarque chez lui et tente de le braquer. Elle est très blessée et amnésique. Gabriel va s'occuper d'elle mais la maintenir enfermée car il a des secrets qu'il ne veut pas voir dévoiler.
Quel est le lien entre l'histoire de Tama et celle de Gabriel? J'ai douté tout au long du livre pour au final m'être bien trompée!

Je referme ce livre en étant totalement bouleversée par cette lecture. J'ai même failli me dire plusieurs fois que j'allais arrêter ma lecture car tout le monde le sait les livres de Karine Giebel se termine généralement mal et j'avais envie que cette histoire se finisse bien. J'ai vécu avec Tama tout ce qu'elle a vécu. Son enfer est tellement bien décrit qu'on finit par croire lire une histoire vraie. Ce qui donne d'ailleurs un côté authentique à l'histoire c'est que ça pourrait être vrai. Tout le monde sait pourtant que l'esclavage a été aboli en 1848 mais malheureusement, il existe l'esclavage moderne.

Les sentiments sont au cœur de ce roman et ils sont exacerbés : l'amour passionnel, la haine, l'amitié.
Nous aussi lecteurs passons par tout un tas de sentiments : la colère, le dégout, l'espoir, la peur, le désespoir.
Quand enfin on pense que Tama peut s'en sortir une nouvelle tuile lui tombe dessus à croire que ce sera son destin de vivre que des malheurs.

Les personnages sont aussi très bien détaillés. On les aime ou on les déteste. Nous aussi nous voulons nous venger de ce que Tama subit. J'ai eu envie de faire mal comme certains ont blessé Tama, j'ai eu envie de tuer pour la venger, j'ai eu envie de torturer comme on l'a torturé.
Par contre, j'ai un petit point négatif c'est que je trouve que quand l'auteur fait parler Tama parfois on n'a du mal à lui donner un âge. On penserait plutôt qu'elle a dans les 25 ans et non 12 ou 10.
L'écriture de Karine Giebel est magistral dans ce roman. Parfois poétique, souvent très dur elle a su trouver les mots justes pour nous décrire l'horreur de certaines situations. Je pense que certaines personnes ne pourront pas lire ce livre car il est vraiment très dur.


*****
L'Avis d'Aurélie :
C'est à mon tour de vous faire un retour sur cette lecture intense et forte en émotions. Avant tout, je tiens à remercier les éditions Belfond pour leur confiance. 

Tama vit au Maroc avec sa tante Afaq. Lorsqu'on propose à son père de l'argent pour envoyer Tama en France pour lui donner une chance d'avoir un meilleur avenir, d'être scolarisée, il n'hésite pas une seconde... Tama a 8 ans lorsqu'elle arrive en France, soit disant elle sera scolarisée,... mais la réalité en est toute autre. Elle est vendue en tant qu'esclave au service de la famille Charandon. Dès qu'elle posera le pied en France, Tama sera asservie, brutalisée autant psychologiquement que physiquement... Tous veulent la briser par tous les moyens mais y arriveront-ils ? Tama arrivera-t-elle à résister à ces multiple assauts, à rester forte ?
En parallèle, nous faisons la connaissance de Gabriel (qui n'est pas un ange), un homme qui vit en ermite et qui s'est fixé une mission... jusqu'au jour où il se fait braquer par une jeune femme amnésique et gravement blessée. Quel est le lien entre l'histoire de Gabriel et celle de Tama ? Pour le découvrir, je vous laisse vous plonger dans cet opus qui vous emmènera tout droit en enfer. 

Avec ce dernier livre, Karine Giebel a choisi de frapper fort en abordant la thématique de l'esclavage. Un livre qui vous embarque dès les premiers chapitres dans l'enfer de Tama. Karine Giebel s'est fixé une mission, tout nous dire et je peux vous dire qu'elle n'omet aucun détail... Elle nous raconte tout : l'enfermement, la faim, la cruauté psychologique, la brutalité physique, et bien d'autres choses. Tama ira de désillusions en désillusions. Elle rêve de s'enfuir mais pour aller où puisqu'elle est sans papiers. A cause d'un incident, Tama sera retirée de la famille Charandon pour vivre un nouvel enfer différent. Mais au travers de tous ces changements, elle rencontrera Marguerite, Tristan, Gabriel et surtout Izri. 

J'ai été complètement happée par ce livre, par Tama, par toutes les atrocités subies (peut-être un peu trop sur la fin). J'ai vécu avec Tama, j'ai pleuré avec elle, j'ai crié avec elle, j'ai ri avec elle, j'ai eu peur avec elle, j'ai haï avec elle, mais j'ai aussi aimé avec elle. Car dans toute cette noirceur, il y a aussi l'amour passionnel, l'amour familial et l'amitié. Un peu de lumière dans cette avalanche de monstruosités plus perverses les unes que les autres. On passe par toute une palette de sentiments tels que la rage, le désespoir, la colère, l'incompréhension, le dégoût, la vengeance mais pas que... 
Le personnage de Tama est superbement travaillé. J'ai aimé ce personnage avec sa maturité, son envie de s'instruire, l'acharnement à rester en vie et revenir plus forte, le courage dont elle a fait preuve, le pardon qu'elle a su accorder,... Tama est un personnage hors norme, abouti et qui pourrait être réel

L'écriture et le style de l'auteure sont reconnaissables au premier coup d’œil. Il est indéniable que Karine Giebel a un don/talent pour nous conter des histoires aussi atroces et qui ne laisse personne de marbre. L'auteure nous plonge dans l'horreur de l'esclavage moderne qui malheureusement existe réellement.

"Toutes blessent, la dernière tue" est une histoire unique, une lecture excellente rempli de sentiments exacerbés. Cet opus ne vous laissera pas indifférent, pour ma part, il m'a bouleversée... âmes sensibles s'abstenir. 

# By Aurélie :) 

jeudi 5 juillet 2018

Là où vivent les loups de Laurent Guillaume - Editions Denoël

**** Chronique de Jess ****


Le train arrive dans la petite gare de Thyanne, terminus de la ligne. Priam Monet descend pesamment d’'un wagon. Presque deux mètres pour un bon quintal et demi, mal sapé et sentant le tabac froid, Monet est un flic misanthrope sur la pente descendante. Son purgatoire à lui c'est d'être flic à l’'IGPN, la police des polices. Sa mission : inspecter ce petit poste de la police aux frontières, situé entre les Alpes françaises et italiennes. Un bled improbable dans une vallée industrieuse où les règles du Far West ont remplacé celles du droit. Monet n’'a qu'’une idée en tête, accomplir sa mission au plus vite, quitte à la bâcler pour fuir cet endroit paumé.
Quand on découvre dans un bois le cadavre d'un migrant tombé d'une falaise, tout le monde pense à un accident. Pas Monet. Les vieux réflexes ont la peau dure, et le flic déchu redevient ce qu'il n’'a cessé d’'être : un enquêteur perspicace et pugnace. La victime était-elle un simple migrant? Qui avait intérêt à la faire disparaître? Quels lourds secrets cache la petite ville de Thyanne? Monet va rester bien plus longtemps que prévu.


Après Mako que j'avais adoré, autant au niveau de l'histoire que du personnage, Laurent Guillaume nous offre dans Là où vivent les loups un nouveau personnage, Priam Monet. Je pense que c'est la première fois que je vois un flic pareil dans un polar: un géant de quasiment 2m, qui pèse 150 kg, misanthrope et qui a été affecté à la police des polices pour des raisons que l'on ignore un peu mais dont on se doute. Le type est allergique au sport, aux bonnes manières, à l'amabilité, et à la montagne. Il va être servi quand on lui demande de faire un audit dans un petit patelin de montagne dans les bureaux de la PAF.
Un personnage qui peut paraître détestable au premier abord mais qui m'a charmé tout au long de l'enquête.

Dès les premières minutes, il ne va pas se faire que des amis parmi les policiers de Thianne. Le corps d'un homme va être retrouvé au pied d'une falaise. Tout porte à croire que c'est un migrant, car de plus en plus de monde essaie de rentrer en France par les montagnes. Mais c'était sans compter le flair de Monet, qui va prouver totalement autre chose. Va s'ensuivre une drôle d'enquête. Monet va continuer à pourrir la vie de ses nouveaux concitoyens et mettre un bazar pas possible par la même occasion.

Mais attention, l'environnement est important quand on mène une enquête. Et pour Priam, la montagne ne va pas lui faire de cadeau. En plus, dans ces petits patelins tout le monde se connaît, tout le monde se serre les coudes, et tout le monde à quelqu'un à l'œil.
C'est donc une drôle d'enquête que va mener Monet avec l'aide de Claire. Ces deux-là vont former un couple d'enquêteurs assez complémentaires.

J'ai été totalement embarquée dans cette enquête. Laurent Guillaume connaît son métier et son environnement et cela se ressent dans ses polars. Encore une fois, il nous offre un polar passionnant où l'on ne s'ennuie pas une seule seconde. Il y a du rythme, des rebondissements, de l'humour, une enquête menée de main de maitre, des descriptions parfaites, un personnage atypique. Tous ses ingrédients nous donne un excellent bouquin. 
Je pense que Laurent Guillaume n'a plus rien à prouver, il est un auteur à suivre et que je continuerais à suivre encore longtemps tellement je passe de bons moments avec ses polars. Et il me tarde de retrouver Priam dans de nouvelles enquêtes.

 Autre chronique :


Bronx la petite morgue

Une maison sur l'océan de Beatriz Williams - Editions Belfond

**** Chronique de Jess ****


Des tensions de l'Europe en guerre à l'Amérique jazzy des sixties, Beatriz Williams livre un final palpitant, une magnifique histoire d'amitié et de passion, pour ponctuer la trilogie des sœurs Schuyler.
À l'automne 1966, l'intrépide Pepper Schuyler est dans les ennuis jusqu'au cou : non seulement la belle est enceinte de son ex-patron, politicien influent qui la pourchasse à travers le pays, mais elle se retrouve seule et sans ressources. Son unique bien : une Mercedes de collection, qu'elle vient de vendre pour une coquette somme à une mystérieuse acquéreuse, Annabelle Dommerich.
Il faut dire que cette célèbre violoncelliste française attache une valeur sentimentale particulière à ce véhicule. Elle seule connaît l'histoire de cette voiture, de sa course éperdue à travers l'Allemagne nazie jusqu'à son arrivée en Amérique. Et le destin des deux amants en fuite qu'elle abritait...
Alors qu'Annabelle décide de prendre Pepper sous son aile et lui offre un refuge sur une plage déserte de Floride, les deux femmes se livrent peu à peu leurs secrets.
Ensemble, parviendront-elles à affronter les zones d'ombre de leur passé ?

Comme il me tardait de lire le dernier tome de la trilogie des sœurs Schuyler! L'attente n'aura pas été trop longue entre ma dernière lecture et celui-ci (voir les liens vers mes autres chroniques en fin d'article).
L'histoire commence là où nous nous étions arrêté dans le précédent roman. Nous avions rencontré Pepper dans Les lumières de Cape Code, qui avait un rôle secondaire mais qui restait bien présente dans l'histoire.
Nous apprenons donc à connaître un peu plus Pepper. Enceinte de plusieurs mois de son patron, un homme politique très influent, elle fuit en Floride. N'ayant rien dit à ses parents de sa situation, elle se morfond dans un hôtel en attendant la vente de la Mercedes qu'elle a retapé à Cape Cod l'été précédent. Mais une femme, Annabelle Dommerich, lui achète la voiture pour trois cents mille dollars. Grâce à cet argent, Pepper a de quoi voir venir. Mais Annabelle souhaite faire plus ample connaissance avec la jeune femme et surtout comprendre comment elle a pu retrouver la voiture qui lui appartenait dans les années 30.
Encore une fois, et c'est la touche de Beatriz Williams, l'histoire va alterner passé et présent.
Nous allons vivre au travers du récit d'Annabelle son histoire à partir de 1933.
Cet été là, elle va faire la connaissance de Stefan dans de fâcheuses circonstances. Ce dernier s'est fait tirer dessus et elle va l'aider en attendant le médecin. Elle va devenir sa garde-malade le temps de quelques jours et va finir par tomber amoureuse.
Mais la vie ne va pas être simple avec eux et va tout faire pour les séparer.
Dans les prémices de la seconde guerre mondiale, au tout début du nazisme et de ses lois abjectes, la vie de Stefan va être sur la sellette.
Pepper va quant à elle se réveiller dans la maison d'Annabelle le second jour pour trouver la maison vide. Où est passée Annabelle? Son fils débarque un soir, inquiet de ne pas avoir de nouvelle de sa mère. Pepper ne s'en inquiète pas plus que cela mais va profiter que le père de son bébé la retrouve pour mettre les voiles avec le fils d'Annabelle. 

Finalement, c'est plus la vie d'Annabelle que celle de Pepper que nous conte Beatriz Williams. J'ai été totalement embarquée dans la vie d'Annabelle. Les sentiments dégagés dans ce roman sont époustouflants ! On vit l'histoire d'amour d'Annabelle, on a envie qu'elle vive enfin avec l'homme qu'elle aime. J'ai regretté certain de ses choix. Les personnages et l'époque choisit sont merveilleusement bien dépeints. Nous sommes emportés dans le temps pour vivre dans les années 30 de l'avant-guerre.
J'aime les histoires d'amour impossible, j'aime les histoires qui se passe à une autre époque (surtout à cette époque) et ce livre m'a donné tout ce que j'aime. C'est un énorme coup de cœur que ce dernier tome. Je suis triste de quitter les personnages. J'aurai finalement aimé en savoir plus sur le devenir de Pepper. J'espère que Beatriz Williams remettra en scène cette dernière dans un nouveau roman.
Je verrais très bien cette histoire adaptée au cinéma. J'ai retrouvé dans cette saga un peu du style de Nicholas Sparks que j'adore. Donc si vous aimez cet auteur, lisez les livres de Beatriz Williams.

Un roman à lire cet été ou à un autre moment d'ailleurs.
  
Mes autres chroniques :

La vie secrète de Violet Grant
Les lumières de Cape Cod

lundi 2 juillet 2018

Domina - Tome 2 de L.S Hilton des Editions Robert Laffont - Collection La Bête Noire

4ème de couverture 
Judith Rashleigh mène une vie de luxe à Venise. Jusqu’au jour où son passé remonte à la surface et menace de tout faire s’écrouler. Quelqu’un connaît ses crimes et tente de la faire chanter. Pour acheter son silence, elle doit retrouver une oeuvre d’art mythique. Mais elle n’est pas la seule sur le coup… Cette fois-ci, Judith n’a plus aucun contrôle. Surpassée et manipulée, démunie et vulnérable, elle va devoir affronter le plus redoutable des ennemis. Et si elle ne gagne pas cette bataille, elle n’en sortira pas vivante.


Mon avis

Domina est le deuxième tome d'une trilogie. J'avoue avoir eu un peu d'appréhension pour cette lecture étant donné que je n'avais pas été emportée par "Maestra", ma chronique ici. Pour vous en dire davantage, Domina est différent mais reste tout de même dans la même lignée que le premier tome.

Judith évolue maintenant sous l'identité de Elisabeth Teerlinc et a ouvert une galerie d'art à Venise. Tout est paisible et calme, Judith (enfin Elisabeth) semble s'être assagie. Lors d'une exposition dans sa galerie, elle est approchée par un contact de Pavel Yermolov pour qu'elle estime sa collection. Elle se rend donc chez lui mais se sous-estime et ne se sent pas capable d'évaluer toutes ces œuvres d'art. A partir de là, des choses étranges vont se passer, comme la sensation d'une présence chez elle,... Et le pire est encore à venir, quand Judith est soumise à un chantage sur son lourd passé où de nombreuses têtes sont tombées... Jusqu'où ira-t-elle pour s'en sortir ? Jusqu'où ira-t-elle pour sauver sa peau ?

Comme dans le précédent tome, j'ai eu le plaisir de retrouver l'Italie, mais Judith nous fait aussi voyager à Belgrade avec son climat froid. L'art est toujours le fil conducteur du livre et est superbement mis en avant. L'auteure maîtrise parfaitement son sujet, c'est un vrai plaisir de la lire. 

Contrairement au tome précédent, j'ai apprécié de ne pas retrouver les points négatifs soulevés dans Maestra. Fini les scènes de sexe à outrance, fini la fille sans cœur. On découvre une Judith qui commence à avoir de vrais sentiments tels que la peur, l'amitié, la compassion... Enfin, chasse le naturel et il revient au galop, Judith est toujours aussi manipulatrice surtout quand il est question de sauver sa peau. Elle enchaînera divers scénarios pour arriver à ses fins pour enfin apprendre des choses dont elle n'avait pas les tenants et aboutissants.

L'intrigue reste complexe avec tous ces personnages dont certains du tome 1 qui n'était pas forcément restitué. On fini par s'y perdre. Malgré tout cela, l'auteure arrive à nous embarquer dans son monde et à nous faire tourner les pages inlassablement. Et parlons de cette fin qui nous laisse sur un cliffhanger étonnant et garde notre suspens en éveil.

Enfin, ce que je retiendrais de ce tome, c'est l'enfance de Judith qui est évoquée dans un chapitre. J'imagine que nous en saurons davantage dans "Ultima" (tome 3). Ce passage a éveillé ma curiosité et j'espère en apprendre davantage. 

# By Aurélie :)

vendredi 29 juin 2018

Devoir de mémoire d'Eric Dupuis - Editions Ravet-Anceau

**** Chronique de Jess ****


Durant la Seconde Guerre mondiale, Edith Cuvelier fut malgré elle la favorite d’un colonel SS. Une expérience qui la hante toujours. Aujourd’hui âgée et malade, elle décide de se cloîtrer, fusil à la main, dans sa résidence du bassin minier. Son but ? Se protéger des « hommes en noir ». Alertés par l’'entourage de la vieille dame, le major Kaczmarek et l’'agent à la retraite Constantini font chez elle une macabre découverte. Son mari, égorgé. Pour Constantini, les coïncidences n’'existent pas : le mode opératoire lui rappelle une ancienne affaire menée par son père. Affaire sur laquelle Edith avait déjà été inquiétée.… Kaczmarek, quant à lui, décide de n'’écarter aucune piste et interroge les proches de la suspecte. La même question est sur toutes les lèvres : peut-on échapper au passé ?


Il y a tout juste un peu plus de 6 mois je découvrais la plume d'Eric Dupuis avec son excellent polar Aussi noir que le charbon (mon avis ici). Une très belle découverte et un énorme coup de cœur.
Dans ce nouveau polar, nous retrouvons Iwan Kaczmarek dans une nouvelle enquête.
A peine revenu sur le bassin minier, il est embarqué dans une drôle d'affaire. Un couple de retraités s'est enfermé dans leur pavillon. La femme, Edith, 90 ans s'est barricadée à l'intérieur et menace quiconque veut rentrer de lui tirer dessus avec un fusil. Le fils du couple, Philippe Cuvelier, un officier de la PJ de Paris ne sait plus quoi faire.
Quand finalement tout le monde réussit à rentrer, il retrouve le mari d'Edith, égorgé dans son lit. Constantini, un flic à la retraite est appelé sur les lieux, car ce meurtre ressemble étrangement à une autre affaire qui a eu lieu il y a plus de 60 ans, où des hommes ont été retrouvé la gorge tranchée. Tout porte à croire qu'Edith est la coupable. Mais Kaczmarek n'y croit qu'à moitié et veut trouver qui est le véritable coupable.
Dès le départ, nous sentons que cette affaire va être très compliquée. L'auteur nous offre un pléthore de coupables, de pistes différentes, d'impasses, de cul de sac, de retournements de situation. Le passé et le présent vont se croiser, et se recroiser pour qu'on essaie de comprendre qui est à l'origine de ces crimes. Chaque enquêteur aura sa propre opinion et une idée du coupable, chacun va vouloir défendre son point de vue à ses risques et périls.
J'ai aimé retrouvé Iwan, ce flic sanguin au grand cœur, qui sort d'une enquête difficile. L'arrivée de Constantini ne va pas lui faciliter la tâche. Ce dernier est un vrai roquet qui ne lâche pas son os surtout quand il sent qu'il tient quelque chose. Ce personnage m'a vraiment agacé tout au long de l'enquête. Il a essayé de prendre les rênes de l'enquête au détriment du chef d'équipe. D'ailleurs parlons un peu de la chef d'équipe, Belinda Bordas. Elle va enchaîner les faux pas et les bévues lors de cette enquête. Sans elle ou avec un peu plus de professionnalisme, l'enquête aurait été réglée beaucoup plus rapidement.


Eric reprend les ingrédients qui m'avait tant fait aimé son premier polar : deux enquêtes en une, de l'action, un imbroglio pas possible, des coupables en veux tu en voilà, le passé qui se mêle au présent.
La seconde guerre mondiale est une période que j'affectionne particulièrement. J'aime les livres qui traitent de ce sujet que ce soit des biographies, témoignages ou polars qui se déroulent sur cette période. Ici il sera question de la Résistance et de ce qu'on put faire certaines femmes lors de l'Occupation.
Encore une fois, Eric Dupuis nous offre un polar aux petits oignons. Tout est savamment dosé pour qu'on ne s'ennuie pas une seule seconde. Le rythme est là, pas de temps morts, nous revenons sur le passé pour ensuite nous replonger dans le présent et l'enquête actuelle. Il y a aussi de l'action, de la bagarre, des arrestations musclées. On sent le vécu, la passion des sports de combat de l'auteur, et le professionnalisme qui transpire à chaque page. Tout est bien ficelé, tout se tient, même si parfois on a l'impression d'être perdu et de ne plus rien comprendre à cette affaire. D'ailleurs même les enquêteurs vont y perdre leur latin!
Un polar à lire et qui vous fera passer un excellent moment.
Je remercie Eric de m'avoir offert son roman.




mardi 26 juin 2018

La Tentation du présent de Patrick F. Cavenair - Editions Marivole

4ème de couverture
Mai 1968, alors que les premiers élans révolutionnaires échauffent le quartier Latin, Armand, jeune homme solitaire, survit mystérieusement à une mort violente. Un vieil homme lui redonne goût à la vie, et lui offre la possibilité de revenir la veille de chaque journée pour en changer son cours. Armand comprend qu'il peut ainsi influencer le destin des autres et même l'Histoire, au cours de cette période particulièrement tumultueuse de mai 1968 ; jusqu'à une certaine limite qu'il ne tarde pas à franchir. 
Armand se reconstruit et découvre le passé ombrageux de sa famille, la France étudiante et l'amour. Sa passion pour une jolie lycéenne au caractère volcanique l'entraînera au-delà de la raison dans les souterrains clandestins du métro, puis loin des frontières de son pays.


Mon avis
Je remercie les éditions Marivole pour cette lecture.

Avant de commencer ma chronique, je tiens à préciser que j'ai rencontré Patrick Cavenair en dédicace près de chez moi. Ce fut une belle surprise de rencontrer (enfin!) un auteur des éditions Marivole. J'ai été enchantée par notre rencontre où nous avons beaucoup échangé. Je retiens de cet échange une passion commune livresque et un homme adorable à l'écoute. Malheureusement, je n'avais pas eu le temps de lire son livre avant de venir mais je vous en parle quelques lignes en-dessous alors soyez attentif ! 

La préface de Michel Field est ludique et reprend parfaitement les ingrédients qui retrace l'histoire que Patrick Cavenair va nous conter.

Armand Malanord est un jeune homme de 21 ans qui travaille en tant qu'assistant au Palais de la Découverte. Mais Armand n'a plus goût à la vie et a décidé de mettre fin a ses jours. Quinze ans après le suicide de sa propre mère, il écrit à son père pour lui faire part de son choix en passant sous les roues du métro... sauf que tout ne se passe pas forcément comme on le pense et qu'au final Armand continuera sa vie. Dans le métro à la station Invalides, il rencontre Hippolyte et son chien Phileas. En suivant Phileas dans le tunnel du métro, Armand va aller de surprise en surprise surtout quand il comprend qu'il est revenu 24h en arrière... Imaginez-vous à sa place, vous pourriez rejouer les mauvaises journées afin d'en détourner le cours de l'histoire/l'Histoire, que feriez-vous ? Peut-on changer le cours des choses si facilement ? Quelles en seront les conséquences ? Car la vie n'est pas simple, Armand se retrouve dans des situations qu'il ne maîtrise pas forcément... 

"La tentation du présent" est un très beau roman qui nous invite au voyage initiatique d'Armand. L'auteur nous explique au fur et à mesure ce qui ronge Armand et tout découle de là (suicide de sa mère, refus de revoir son père...). Et puis, Armand se retrouve sous le climat de Mai 1968 avec ses émeutes d'étudiants qu'il ne comprend pas forcément. Il assiste à des affrontements violents entre les étudiants et les forces de l'ordre. Il rencontre Mary dont il tombe très vite amoureux et ne cessera de remonter la boucle du temps pour attirer son attention.

Patrick Cavenair nous transporte au cœur du soulèvement populaire en mêlant de manière très fluide, faits réels et fiction. J'ai apprécié cette lecture qui m'a fait sortir de ma zone de confort. J'ai adoré suivre les péripéties d'Armand, de courir après le temps ou de revenir en arrière. Mais, j'ai également été enchantée par l'esprit "pédagogique" de l'auteur quand il décrit les expériences au Palais de la Découverte. Je ne me suis pas ennuyée un instant !

Mais au travers de cet ouvrage sous un fond de climat politique, ce n'est pas qu'une histoire qui nous ai racontée. Nous découvrons ou redécouvrons des grands moments de l'Histoire comme le suivi du grand défi spatial en temps réel avec le premier pas posé sur la Lune (référence à Mission Apollo 11 avec la célèbre phrase "c'est un petit pas pour l'homme, un bond de géant pour l'humanité"). Nous suivons également la modernisation et les évolutions présentées au Palais de la Découverte.

Le style de l'auteur est fluide, l'écriture est soignée et recherchée, avec de courts chapitres qui nous pousse à tourner les pages sans que l'on s'en rende compte. Alors si vous aimez l'Histoire, les sciences, mai 1968 alors ce livre est fait pour vous et je ne peux que vous le conseiller. Pour ma part ce fut une très belle découverte et dorénavant un auteur à suivre.

 # By Aurélie :)

lundi 25 juin 2018

L'échange de Rebecca Fleet - Editions la Bête noire

**** Chronique de Jess ****


Quand Caroline et Francis reçoivent une offre pour échanger leur appartement de Leeds contre une maison en banlieue londonienne, ils sautent sur l'occasion de passer une semaine loin de chez eux, déterminés à recoller les morceaux de leur mariage. Mais une fois sur place, la maison leur paraît étonnamment vide et sinistre. Difficile d'imaginer que quelqu'un puisse y habiter.
Peu à peu, Caroline remarque des signes de vie, ou plutôt des signes de sa vie. Les fleurs dans la salle de bains, la musique dans le lecteur CD, tout cela peut paraître innocent aux yeux de son mari, mais pas aux siens. Manifestement, la personne chez qui ils logent connaît bien Caroline, ainsi que les secrets qu'elle aurait préféré garder enfouis.
Et à présent, cette personne se trouve chez elle...

Quand j'ai lu le résumé de ce livre, il m'a tout de suite donné envie. Mais je ne m'attendais pas à ce genre d'histoire. Une histoire banale qui va se transformer en un angoissant cauchemar.
Caroline et Francis décident de passer une semaine de vacances loin de chez eux en échangeant leur maison avec un certain S. Kennedy. Ils ont besoin de se retrouver, de faire un break avec leur vie de tous les jours. Depuis quelques années, leur couple part à vau l'eau. Francis est passé par une grosse phase dépressive où il est tombé dans la toxicomanie. Et Caroline pendant cette épreuve a trouvé du réconfort en la personne de Carl, son collègue de bureau.
Mais à peine arrivé dans cette drôle de maison quasiment vide, Caroline va ressentir une drôle d'impression. Plusieurs signes vont lui rappeler son histoire avec Carl. Qui se cache réellement derrière le nom de S. Kennedy? Pourquoi Caroline pense-t-elle que Carl se cache derrière S.Kennedy? Que s'est-il passé entre eux pour en arriver à de telles extrêmes?
Nous apprenons assez rapidement qu'il s'est passé quelque chose lors de leur rupture mais quoi? L'auteur a su donner assez de suspens pour qu'on ne lâche pas ce livre jusqu'au dénouement final.
Les chapitres vont alterner entre ce qui se passe de nos jours (mai 2015) et 2013. Nous allons remonter le temps et comprendre tout ce qui s'est passé dans la vie de Caroline.
J'aime beaucoup ce genre de narration car ça fait toujours un effet page-turner. Le chapitre s'arrête la plupart du temps sur une nouvelle information qui nous donne envie de tourner les pages et d'enchaîner les chapitres pour connaître la suite de l'histoire. Et entre chaque chapitre qui met en scène Caroline, nous avons la personne qui vit chez elle. Qui est-elle? Pourquoi fouille-t-elle partout? Que cherche-t-elle à faire?
Caroline va chercher à comprendre aussi qui est cette personne. La semaine qui devait la rapprocher de son mari et lui faire du bien va finalement tourner au cauchemar.
Alors curieusement, je n'ai pas trouvé le personnage de Caroline imbuvable ou égoïste. Je n'ai pas jugé son comportement. J'ai trouvé cette histoire vraie. La situation en elle-même pourrait très bien arriver dans la vraie vie. Un couple qui bat de l'aile, une femme qui en a marre et qui trouve du réconfort là où elle le trouve. Je n'ai pas jeté la pierre à Caroline. J'ai été émue par son histoire avec Carl. Les sentiments, la passion entre eux est superbement décrits. On ressent ce qu'ils ont pu ressentir l'un pour l'autre. J'étais triste pour eux. J'ai été spectatrice de leur aventure comme si je les voyais dans un film.
J'ai beaucoup aimé ce livre. Surtout que j'avais émis des hypothèses et que j'avais des doutes sur la finalité de l'histoire mais au final, je me suis bien trompée. Mais je pense que même si j'avais tout deviné j'aurais beaucoup aimé cette histoire.
C'est drôle mais cette histoire m'a un peu fait penser au film avec Richard Gere, Infidèle. Tout du moins la relation entre les deux amants m'y ont fait penser.
L'échange est un très bon roman psychologique que je vous conseille.
Je remercie la Bête noire pour cette découverte.

vendredi 22 juin 2018

Je suis un guépard de Philippe Hauret - Jigal Edition

**** Chronique de Jess ****


Le jour, Lino, employé anonyme d'une grosse boîte, trime sans passion au 37e étage d'une tour parisienne. La nuit, dans son studio miteux, il cogite, désespère, noircit des pages blanches et se rêve écrivain... Un peu plus loin, Jessica arpente les rues, fait la manche et lutte chaque jour pour survivre. Deux âmes perdues qui ne vont pas tarder à se télescoper et tenter de s'apprivoiser, entre désir, scrupule, débrouille et désillusion... Jusqu'au jour où Jessica fait la connaissance de Melvin, un jeune et riche businessman qui s'ennuie ferme au bras de la somptueuse Charlène. Deux univers vont alors s'entremêler pour le meilleur et surtout pour le pire...


Il me tardait de lire le nouveau roman de Philippe Hauret. Il s'était tourné vers le roman noir dans Que Dieu me pardonne et comme ce style lui réussit, il continue avec Je suis un guépard.
Je ne suis pas fan des romans noirs en général. Je ne pourrais vous dire pourquoi. Peut-être parce que je trouve ça parfois un peu long, un peu lent et qu'il ne se passe pas grand chose. Mais tout dépend qui écrit du noir.
Philippe reprend les mêmes ingrédients que dans son précédent ouvrage : des personnages communs, que l'on pourrait rencontrer n'importe où, qui pourrait même être nous, des personnes issues d'un milieu social différent et qui n'aurait pas dû se rencontrer sans un petit coup de pouce du destin.

Lino est un homme comme plein d'autre. Il mène une vie moyenne, a un boulot qui ne lui plaît pas, vit seul dans un studio, n'a pas vraiment d'amis, ne sort pas souvent. Sa routine est plutôt métro, boulot, dodo.
Sa route va croiser celle de Jessica, jeune femme dans la vingtaine mais déjà bien abîmée par la vie. Cette rencontre va chambouler la vie de Lino.
Et puis nous avons Melvin, un gars qui s'est fait tout seul à la sueur de son front. Il a monté les échelons sociaux pour arriver où il voulait. Mais malgré le fait qu'il ait la vie dont il a toujours rêvé, de l'argent, il reste insatisfait. Lui aussi va croiser la route de Jessica et pour lui aussi ce sera un chamboulement.

Encore une fois, trois personnes qui n'auraient pas dû se rencontrer vont vivre un bout de chemin ensemble. Jessica est un personnage particulier. Tout comme les autres. Ils sont chacun meurtris à leur façon, ils ont leurs blessures. Jessica est le fil rouge de cette histoire. Les conséquences de ses actes seront parfois fâcheux. Elle aussi veut s'en sortir mais est-ce de la bonne manière?

Philippe Hauret nous offre encore une fois un très bon roman noir avec des personnages tantôt attachants tantôt détestables. Une histoire qui pourrait être vraie tellement elle nous est bien contée. Une histoire qui se lit d'une traite. J'ai voulu tout au long du livre connaître la chute. Car il y a forcément une mauvaise chute dans ce genre d'histoire noire.
Un roman que je vous conseille, un livre qui change un peu des lectures habituelles.

Je remercie les Editions Jigal pour cette lecture.


Mes autres chroniques :

 Je vis je meurs (double chronique)
Polar'Osny 2018

jeudi 21 juin 2018

Hunter de Roy Braverman - Editions Hugo Thriller

**** Chronique de Jess ****


Si vous croisez sa route, ne vous arrêtez surtout pas.
Plus personne ne s'arrête à Pilgrim's Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l'obsédant souvenir d'une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s'évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son œuvre ?

Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim's Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues.
Pilgrim's Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c'est qu'il n'est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

Je referme ce livre en me disant "whaou en voilà un putain de bon bouquin!!" et ensuite "vivement la suite!!!"
Ian Manook nous offre une nouvelle trilogie sous le pseudonyme de Roy Braverman. J'ai découvert l'auteur avec son célèbre Yeruldegger, qui avait été une magnifique découverte. J'ai lu toute la série et il me tardait de découvrir Roy Braverman et cette nouvelle série.
Fini la Mongolie, l'auteur nous emmène maintenant dans un bled paumé des Etats-Unis. Une ville d'une vingtaine d'habitants mais qui a le malheur d'avoir eu un sérial killer qui s'en est pris à des couples. Les hommes ont été retrouvé morts et les femmes ont disparu. Un coupable a rapidement été arrêté et condamné à la peine de mort. Mais voilà, le type, Hunter, vient de s'évader. Freeman, le père d'une des jeunes femmes kidnappées le suit à la trace depuis son évasion et va tout faire pour le faire parler et faire justice lui-même.
Mais à peine arrivé tout ne va pas se passer comme prévu. Tout va littéralement partir en vrille!
Je ne vous parlerais pas plus de l'histoire car je n'ai pas du tout envie de vous gâcher votre plaisir.

J'ai rarement lu un polar avec autant de suspens, d'actions et avec un rythme aussi soutenu. Pas de temps morts ici, j'ai retenu mon souffle pendant quasiment toute ma lecture.
Je me serais cru devant ma télé en train de regarder un thriller angoissant et effrayant.
Ian nous offre aussi des personnages très particuliers. Des protagonistes bruts de décoffrage. Ils ne vont pas se faire de cadeaux entre eux ni à nous pauvres lecteurs. Ils ont chacun une personnalité très particulière, qu'il soit victime, coupable, enquêteurs ou simplement témoin de ce qu'il se passe dans la ville.

Tous les ingrédients ont donc été réunis pour en faire un super thriller. Des rebondissements en veux tu en voilà, des retournements de situations, des scènes parfois très glauques, des personnages plus qu'aboutis, des scènes tellement bien décrites qu'on à l'impression de regarder un film plutôt que de lire un bouquin. Du suspens et de l'action qui font qu'on ne peut plus lâcher ce livre une fois commencé. Un style totalement différent de ses autres romans, peut-être plus fouillé et recherché mais très addictif.

En bref, un immense coup de cœur, et il me tarde de lire la suite car j'ai hâte de savoir ce qu'il va se passer. C'est tellement frustrant de rester sur notre faim surtout quand on est gourmande de bon polar comme je le suis! Ce n'est pas gentil de me mettre au régime Ian!!
J'étais pourtant un peu sceptique au départ car les livres de ce genre ne sont pas vraiment ma tasse de thé mais c'était sans compter sur le don de l'auteur de nous conter de super thriller.

Pour conclure, foncez tout de suite lire ce livre! 
Mes autres chroniques :

St Maur en Poche 2015

mercredi 20 juin 2018

Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez - Editions Fleuve Noir

4ème de couverture
Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d'une femme. A la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l'homme n'est pas le propriétaire du véhicule.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L'institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L'Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d'Opale, et le traumatisme de l'enlèvement de sa fille Sarah. L'agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre années écoulées.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d'autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l'unique vérité est que tout vous devient étranger ?
Mon avis
Je remercie les éditions Fleuve Noir pour cette lecture.

J.L Traskmann est le fils de Caleb Traskmann, célèbre auteur de thriller qui s'en est allé volontairement sans avoir terminé son dernier thriller. La maison d'édition a donc décidé que le fils de Caleb terminerait "Le manuscrit inachevé". Le manuscrit inachevé c'est donc plusieurs romans en un, mais ne vous inquiétez pas, vous allez très vite comprendre.

Quatre ans auparavant, Sarah Morgan est enlevée à son domicile. Elle est la fille de Jullian et Léane qui n'est autre que la célèbre auteure Enaël Miraure. Depuis un certain temps, ils attendent que le meurtrier Jeanson dit le "Voyageur" dévoile enfin l'emplacement où il a enterrée Sarah... Quand soudainement, Jullian se fait agresser et devient amnésique... Léane va essayer de reconstituer les dernières heures de Jullian avant son agression. Mais à trop vouloir chercher, ne finit on pas par s'oublier et sombrer ?
En parallèle, Léane est accusée de plagiat sur son nouveau livre.
De nos jours, une course-poursuite qui se solde en accident... mais ce n'est pas tout ! La découverte d'un corps dans le coffre est une grosse surprise ! Qui est donc le jeune fille retrouvée ? C'est le duo de Vadim Morel et Vic Altran (V&V) qui se chargera d'élucider ce mystère qui ne cessera de s'intensifier sombrement. 
Des histoires complexes forcément liées mais comment ? Franck Thilliez nous offre un chassé-croisé d'énigmes surprenantes.

Pour cet opus, pas de Sharko & Hennebelle où soit dit en passant, je ne suis pas à jour. Le manuscrit inachevé est un one-shot qui ne cessera de vous surprendre. Franck Thilliez aborde le thème de la mémoire avec l'hypermnésie, l'amnésie et le phénomène de cryptomnésie. Un super moment de lecture où l'auteur nous entraîne avec lui dans cette spirale infernale de la mémoire et de ce qui en découle. Il aborde également différentes techniques dont la misdirection qui est particulièrement astucieuse.

"Le manuscrit inachevé" est un thriller ingénieux où Franck Thilliez a pris un malin plaisir à nous glisser des énigmes du début à la fin. Cet auteur est un génie ! Palindromes, jeux de mots, énigmes cachées,... poussent le lecteur à enquêter aux côtés de l'auteur. Franck Thilliez nous entraîne dans un vrai jeu de dupes où il ne cessera de jouer avec les mots, avec notre mémoire. J'ai également apprécié les nombreuses références à Stephen King, Conan Doyle et Maurice Leblanc, un pur bonheur ! 

Parlons de ces personnages, ils vous habitent et vous éprouvent. Certains vous révolteront et vous dégouteront. L'auteur n'épargne pas ses personnages par certaines scènes plus que glauques ! Tous ces personnages ont leur mission attitrée. Ils sont excellemment travaillés. Parmi les personnages les plus marquants, nous avons Vic qui est hypermnésique (autrement dit, il n'oublie rien et retient tout). J'ai beaucoup aimé dans sa logique, ses déductions, sa mémoire. Léane est un personnage central qui se cache sous le pseudo masculin d'Enaël Miraure.  J'ai eu beaucoup d'empathie pour elle, et éprouver de la compassion pour Jullian. Volontairement, je ne parlerai pas d'autres personnages intéressants pour ne pas spoiler.

Franck Thilliez nous lance dans une partie d'échec, où on avance par à coup, on recule... On est pris d'assaut ou pas... Une intrigue avec une sous intrigue où tout est à sa place, tout est dévoilé en son temps. Le fil conducteur est bien présent et vous tient en alerte pour ne pas vous perdre une seconde. Le suspens est présent tout au long du livre. C'est noir, très noir mais réussi magistralement. Pour ma part, ce livre est un vrai chef d'œuvre qui ne peut que vous embarquer.
"Le manuscrit inachevé" c'est aussi une fin orchestrée diaboliquement par son auteur, et il peut en être fier ! Une fin surprenante qui nous laisse sur notre faim si on ne détecte pas la solution car il y a bien une fin écrite par l'auteur. Depuis le début, l'auteur n'a eu de cesse de nous mettre tous sous nos yeux, mais c'est tellement gros, comme un nez au milieu d'une figure qu'on ne voit rien et pourtant ! Tout cela déroulé avec une fluidité incomparable. 

Si vous aimez les actions, les parcours semés d'embûches, les énigmes, les jeux de mots alors sautez sur le manuscrit inachevé et enquêtez car le lecteur a aussi sa partie à jouer ! Un livre épatant qui doit absolument être lu !
 # By Aurélie :)