jeudi 29 novembre 2018

Au rythme de ton souffle de Nicholas Sparks - Editions Michel Lafon

**** Chronique de Jess ****



Hope Anderson, 36 ans, vit en couple depuis six ans avec Josh, un chirurgien qui rechigne à s'engager. Au moment où elle apprend que son père adoré est gravement malade, elle décide d'aller se ressourcer dans le cottage familial de Sunset Beach en Caroline du Nord.
Tru Walls, jeune quadragénaire divorcé, est guide de safari au Zimbabwe. Le jour où il reçoit une lettre d'un homme prétendant être son père biologique, il décide de rejoindre la Caroline du Nord afin de percer le mystère de sa naissance.
Quand ces deux êtres se rencontrent sur la plage, leur attirance est immédiate, inexplicable. Mais comment concilier deux parcours de vie si éloignés, comment choisir un continent aux dépens de l'autre, Hope et Tru pourront-ils bouleverser leur quotidien pour vivre pleinement leur amour ?



!!!! ALERTE ENORME COUP DE COEUR !!!!

S'il y a bien un auteur dont j'attends les nouvelles parutions avec impatience c'est bien Nicholas Sparks. D'ailleurs je n'attends pas la sortie française en général et lis la version originale. C'est d'ailleurs ce que je préfère pour avoir lu toute sa bibliographie en anglais.
J'avais senti une différence en lisant les deux derniers romans de l'auteur. Un peu différent de ce qu'il avait l'habitude d'écrire. Un peu plus polar je dirais, avec son avant dernier "Si tu me voyais comme je te vois". Et encore différent avec son dernier où il était question d'une relation père-fille, où d'ailleurs il excelle aussi pour en avoir lu un autre sur ce thème (La dernière chanson).
Mais dans ce nouveau roman, d'entrée de jeu je retrouve le Nicholas Sparks que j'aime tant et qui nous promet une sublime histoire d'amour. Comme d'habitude, il décrit la Caroline du Nord avec merveille. Il va vraiment falloir qu'un jour j'aille dans cette partie des Etats-Unis car depuis que je lis ses romans, j'ai envie de visiter cette région.
Il prend son temps pour nous décrire les deux personnages principaux de l'histoire : Tru et Hope. Il nous décrit leur vie actuelle, leurs sentiments, leurs chagrins, leurs états d'âme, ce qu'ils sont chacun en train de traverser dans leur vie.

Tru, est guide dans une réserve naturelle au Zimbabwe. Il doit se rendre en Caroline du Nord pour rencontrer son père biologique qu'il n'a jamais connu.
De l'autre côté, nous avons Hope, qui vit une période difficile entre la maladie de son père et le break dans sa relation avec Josh son petit-ami. Pour se changer les idées, elle décide de passer la semaine dans le cottage de ses parents avant le mariage de sa meilleure amie.
Le destin va faire rencontrer ces deux personnages et le destin va leur donner une drôle de leçon.

Nicholas Sparks a le don de m'emmener loin avec ses histoires. J'ai l'impression de faire partie intégrante de l'histoire et de ne plus vouloir la quitter. Ses livres donnent de l'espoir en la vie et en l'amour. Il met toujours en scène des personnages forts, qui ont vécu des choses parfois dures mais qui se relèvent toujours. Le destin est toujours au rendez-vous dans ses romans. 
J'ai eu énormément de mal à poser ce livre. Je suis encore passée par tout un tas de sentiments. Ce livre m'a fait pleurer (comme à peu près tous ses livres). On se doute à chaque fois de ce qu'il va se passer et comment tout va se dérouler pour les personnages mais on espère un autre scénario. 
J'ai retrouvé un peu de "Sur la route de Madison", un peu aussi de ses autres romans notamment "Une nuit à Rothande". Il aborde toujours des problèmes actuels aussi : la maladie, les décisions que l'on doit prendre et qui nous brisent le cœur, les regrets que l'on peut ressentir après un choix difficile. 
Le fait que l'auteur fasse partie de l'histoire donne une petite touche véridique à l'histoire. On a envie que cette histoire soit vraie. On a envie que Tru et Hope existent vraiment. 

A chaque fois que je finis un roman de Nicholas Sparks, je me dis qu'il est meilleur encore que le précédent et que c'est un coup de cœur. Mais là en refermant ce livre, je n'ai pas de mots assez forts pour exprimer mon ressenti pour cette lecture. Mon rêve est de rencontrer un jour Nicholas Sparks. J'ai l'espoir d'avoir cette chance un jour. J'ai le rêve aussi de me rendre en Caroline du Nord pour aller voir tous les endroits si bien décrit dans ses livres. Maintenant je rêve d'aller voir cette fameuse boite aux lettres qui existe vraiment Kindered spirit et de lire toutes les lettres que les gens laissent derrière eux et pourquoi pas y laisser moi aussi une trace.
Je pense qu'il n'y a pas d'autre auteur qui puisse parler aussi bien d'amour que Nicholas Sparks. Il reste et restera à jamais mon auteur américain préféré. Si vous aimez les belles histoires d'amour je vous conseille vivement de lire ce livre et ses romans en général. Ils sont tous sans exception très très bons! 

Autre chronique :






lundi 26 novembre 2018

Les détectives du Yorkshire : tome 3 Rendez-vous avec le mystère de Julia Chapman - Editions La Bête Noire

**** Chronique de Jess ****

Engagé par le notaire local, Matty Thistlethwaite, pour retrouver le certificat de décès d'une femme morte une vingtaine d'années plus tôt – et ainsi clore la succession de cette dernière –, Samson O'Brien, de l'Agence de Recherche des Vallons, s'imagine que l'affaire sera vite pliée. Mais le détective privé est sur le point de découvrir que les choses à Bruncliffe sont rarement aussi simples. En particulier quand Matty insiste pour que Delilah Metcalfe, qui connaît parfaitement la ville et tous ses habitants, collabore avec lui.
Delilah, quant à elle, saute sur l'occasion d'aider son locataire, ne serait-ce que pour se changer les idées... En effet, outre la bataille judiciaire pour la garde de son chien, Calimero, qui approche à grands pas, elle doit faire face à la menace de faillite qui plane toujours sur son agence de rencontre.
À mesure que Samson et Delilah enquêtent, ils se retrouvent entraînés dans un mystère qui pèse sur la ville depuis des décennies. En cherchant la vérité, ne risquent-ils pas d'exposer des secrets que certains auraient préféré garder enfouis ?


Enfin le troisième tome des aventures de Samson et Delilah est disponible. 
J'ai eu un coup de cœur pour cette série anglaise (retrouvez mes avis sur les précédents tomes en fin d'article). 

Cette fois-ci Samson et Delilah sont tous les deux embauchés par le notaire Matty Thistlethwaite pour retrouver le certificat de décès de Livvy Thornton décédée 24 ans plus tôt. Sa mère qui vient tout juste de décéder lègue la moitié de ses biens à sa fille et il faut donc prouver sa mort pour que son fils puisse toucher l'héritage.
Mais tout ne va pas se passer comme prévu car il semblerait qu'il n'y ai aucune trace de la mort de Livvy. 
En plus de tout ça, Samson commence à recevoir des menaces pour qu'il arrête de fouiner partout. Il semblerait que cette enquête soit un véritable sac de nœuds. Toutes les pistes s'arrêtent brusquement et des rebondissements viendront pimenter l'enquête.
Samson quant à lui essaie toujours de cacher son passé et son futur proche qui lui pend au nez. Dans ce tome, nous apprendrons pourquoi il risque de perdre son boulot et peut-être finir en prison. Delilah va aussi lui cacher des choses. 
J'ai adoré retrouver Samson et Delilah. L'humour est toujours là. Certaines scènes m'ont fait beaucoup rire notamment le fameux passage avec Caliméro. Même le chien de Delilah est drôle et tient un rôle bien à lui dans cette série.
Pour ma part, j'avais compris depuis longtemps le dénouement de l'histoire. C'était tellement logique que j'aurais pensé que Samson et Delilah auraient eux aussi compris.
Malgré tout je n'avais pas non plus tous les tenants et les aboutissants de l'histoire. J'ai trouvé la fin de l'intrigue particulièrement émouvante. Jimmy Thornton est un personnage qui m'a beaucoup touché dans cette histoire.

J'ai une fois encore aimé ce style humoristique anglais, et cette petite ville où tout le monde sait tout sur son voisin et où l'on ne peut rien cacher.
Le couple Samson / Delilah évolue dans ce troisième tome mais pas assez vite à mon goût ! Quand Est-ce qu'ils vont enfin sauter le pas ?!?
D'autres mystères restent encore à découvrir. Notamment le lien Rick Procter / Samson.
Je pensais que ce livre serait le dernier de la série et apparemment non il y aura un quatrième tome et j'en suis ravie.



Mes autres chroniques :





samedi 24 novembre 2018

A fleur de peau de James Barnaby - Editions De Borée collection Marge noire

**** Chronique de Jess ****

Se réveiller sans rien savoir des dernières heures écoulées, un fardeau que Jane supporte depuis ses onze ans. L'année où elle a été enlevée. Brillante étudiante de 19 ans aux yeux de tous, la jeune fille souffre pourtant de « fugues temporelles », crises proches du somnambulisme dont elle ne garde aucun souvenir. Comme chaque année, Jane passe l'été au bord du lac Mendota dans le chalet familial. Obligée de se rendre à Chicago pour son travail, sa mère la laisse en compagnie de son beau-père, Richard, qu'elle adore. Mais le lendemain matin, Jane se réveille les mains ensanglantées. Près d'elle gît Richard, égorgé. Et Jane le sait, elle a tout de la coupable idéale...


Jane est une jeune femme de 19 ans, étudiante brillante, mais qui est à part et dans son monde depuis qu'elle a disparu pendant 1 mois à l'âge de 11 ans. Depuis cette histoire, elle a des absences. Elle peut avoir des trous de plusieurs heures sans se rappeler du tout de ce qu'elle a pu faire. Les cours étant terminés, elle a hâte de partir dans la maison du lac où elle va passer ses vacances avec sa mère et son beau-père Richard qu'elle affectionne par dessus tout.
Mais la première nuit, elle va se réveiller dans la chambre de ce dernier, les mains couvertes de sang et le corps de son beau-père égorgé à ses côtés. Pour elle, il ne fait aucun doute qu'elle est coupable vu qu'elle a encore eu une absence et qu'elle ne se rappelle plus de rien. Et surtout qu'elle était seule dans la maison avec Richard car sa mère a dû retourner à Chicago passer la nuit pour régler une affaire urgente.
Jane va vite se retrouver incarcérée. Tout le monde à l'air de vouloir clôturer le dossier rapidement. Tous, sauf Joseph Sleuth, agent du FBI, pour qui l'histoire semble un peu trop facile. Brebis galeuse du FBI, envoyé dans la ville de Madison pour éviter qu'il se mêle de ce qui ne le regarde pas, il va pourtant tout faire pour prouver l'innocence de Jane. Il est sûr d'une chose c'est que sa disparition il y a 8 ans a un rapport avec ce qu'il lui arrive maintenant. Mais quel est le lien?
Jane va être hospitalisée à l'hôpital psychiatrique de Madison. Un hypnothérapeute va vouloir se charger de son cas et lui faire retrouver la mémoire.

J'ai été totalement envoûté par cette histoire. Les thèmes abordés me plaisent énormément : manipulation psychologique, folie, hypnose. Le personnage de Jane est vraiment particulier. La psychologie de ce personnage, ce qu'elle peut ressentir est vraiment très bien décrit. 
J'ai voulu connaître la vérité tout au long de l'histoire. J'ai voulu savoir qui a pu enlever Jane 8 ans auparavant et qui était le coupable. J'ai eu ma petite idée tout au long de ma lecture. J'ai réussi à deviner une partie de la vérité mais une petite partie seulement. L'auteur aborde des sujets tels que le complot politique et gouvernemental qui sont tout bonnement passionnant. 

J'ai eu beaucoup de mal à poser ce livre. Des rebondissements ponctuent l'intrigue pour redonner du rythme à l'histoire. Les allers-retours dans le passé de Jane avec ce qu'il lui est arrivé est tout simplement horrible. Nous allons comprendre petit à petit ce qu'elle a pu endurer pendant un mois. Le fait pour l'auteur d'être parti d’un conte de fée Disney est une très bonne idée. Je peux vous dire qu'une fois la dernière page tournée, vous ne verrez plus les dessins animés Disney de la même façon.
Le style est fluide, les chapitres sont courts et alternent entre l'enquête et ce que vit Jane. 
L'atmosphère de ce thriller est parfois très angoissante. Et quand nous connaissons enfin le dénouement et ce qu'en dit l'auteur dans la préface, cela fait peur. Et si tout cela était vrai et pouvait arriver? 
Si vous voulez vous aussi vous poser ce genre de questions, je vous invite à lire ce thriller psychologique tout simplement stupéfiant. 


vendredi 23 novembre 2018

Je jouerai encore pour nous d'Elise Fischer - Editions De Borée

*** Chronique by Aurélie ***


4ème de couverture
Anaïs, jeune pianiste, file le parfait amour avec Nathanaël, violoniste. Quand elle tombe enceinte, c'est tout naturellement qu'ils envisagent de se marier. Mais la mère de Nathanaël s'y oppose fermement. Il se pourrait que les raisons de ce refus remontent à la Seconde Guerre mondiale et aux rôles joués par chacune de ces deux familles...

À la fois magnifique histoire d’amour, roman à suspense, éloge lyrique de la musique, Élise Fischer nous offre une œuvre chorale étonnante, fertile en rebondissements et en révélations, qui démontre une fois encore tout son savoir-faire romanesque.


Mon avis
Je remercie les éditions De Borée pour cette lecture.

Elle, c'est Anaïs, pianiste de renommée, son père n'est autre que l'un des héros de  la libération de Strasbourg lors de la Seconde Guerre mondiale. Lui, c'est Nathanaël, violoniste. Sa famille a subi la déportation...  Deux passés qui s'opposent, d'un côté la réussite et de l'autre côté le deuil. Anaïs et Nathanaël ont en commun leur amour et leur passion pour la musique. Du jour au lendemain, Anaïs est appelé pour remplacer au pied levé un célèbre pianiste. C'est Nathanaël qui est chargé de l'accueillir à la gare, mais il est loin de se douter ce qui va lui tomber dessus... et quand le passé des deux familles s'en mêlent, cela complique encore plus les choses... 

Tout d'abord, parlons de cette magnifique couverture, sobre tout en étant éblouissante. Elle illustre très bien l'histoire et son style. 

Pour ma part, ce roman est une pure merveille. C'est une ode à la musique dans toute sa splendeur, mais c'est aussi une ode à l'amour. J'ai été littéralement subjuguée/envoûtée par la musique et son histoire. 

"Je jouerai encore pour nous" est une très belle histoire d'amour avec de très beaux sentiments et de belles émotions. J'ai succombé au charme de Nathanaël pour son "Tendre Amour" Anaïs. Les sentiments qui les lient sont beaux et forts. On rêverait tous de connaître un si bel amour. Quant aux personnages, j'ai beaucoup aimé la grand-mère d'Anaïs, qui malgré son rôle secondaire, est très importante dans l'histoire. En effet, la grand-mère d'Anaïs l'a élevée, l'a incité à faire de sa passion son métier et surtout la protège envers et contre tout. Par contre, j'ai détesté le père d'Anaïs, cet homme imbu de sa personne et se croyant tout permis sous prétexte d'être un héros. Il m'a tout de suite été antipathique. 

Et puis, nous avons la fin de l'histoire qui est forte en rebondissements avec un petit côté policier/aventure. C'était brillamment pensé. Toutefois, cette fin ne m'a pas épargné... 
Vous l'aurez compris, cette histoire m'a touchée au plus profond de moi, jusqu'à me faire tirer les larmes. 

Ce roman se déroule sans anicroches, comme une partition de musique. Chaque personnage joue son morceau avec son cœur et ses tripes. J'ai été plongée dans ce prestigieux univers musical et cette douce ambiance feutrée. La musique est à l'honneur et nous donne le ton. L'auteure a su m'emporter dans ses envolées musicales, au rythme des notes, des doubles croches,... Le style est fluide, soigné et superbement écrit. 

Je ne peux que vous conseiller cette superbe lecture qui le temps d'un instant vous donnera l'illusion d'assister à un concert symphonique et à éprouver la passion de la musique. Je vous promets aucune fausse note ;)

# By Aurélie :)

mardi 20 novembre 2018

Scénario imparfait de Monia Boubaker - Editions Librinova

**** Chronique de Jess ****

Billet d’avion réservé et valise bouclée, c’est sous le soleil de Barcelone que Mélina Corneille s’apprête à rendre visite à sa mère, actrice égocentrique un brin fantasque.
Un séjour qui s’annonce être bien loin d’une sinécure ! Mais Mélina tient à tirer un trait sur le passé pour renouer quelques liens avec celle qui a toujours fait passer ses rêves de gloire bien avant sa famille.
Alors qu’elle salive déjà à l’idée de savourer nombre de spécialités espagnoles, Mélina devra pourtant remettre à plus tard balades et pauses gastronomiques : le fils de Grégoire, compagnon de sa mère et acteur divorcé, a été enlevé. Toujours à l’écoute de sa curiosité légendaire, Mélina se saisit de l’affaire, bien décidée à ramener le petit Mateo à ses parents.
La détective découvrira alors le milieu de la télévision et des telenovelas où ambition et manipulation font loi.
Et pour tenter d’y voir clair dans cette nébuleuse affaire, Mélina pourra compter sur une aide inattendue...



Je suis ravie de retrouver Mélina Corneille dans une nouvelle enquête. J'avais rencontré ce personnage très sympathique dans L'affaire Bella Rosa (mon avis ici). 

Encore une fois l'auteure nous fait voyager. Dans la première enquête, nous étions partis en Italie et cette fois-ci Mélina part en Espagne, à Barcelone pour essayer de renouer avec sa mère, une actrice imbue d'elle-même qui ne s'est jamais occupée d'elle. 
Il faut dire que Mélina avait plus de points communs avec son détective de père. Mais à peine ses valises posées qu'une affaire lui tombe dessus. Matéo le fils du petit-ami de sa mère, vient de se faire kidnapper. Carmen, la mère du petit, est une actrice célèbre qui est la vedette phare d'une télénovela à la mode en Espagne et qui ne veut surtout pas que la police se mêle de l'enquête. Elle va donc embaucher Mélina pour retrouver Matéo.
Mais cette fois Mélina ne sera pas seule. Avant de partir en Espagne, son père lui a présenté Alistair un ami détective. Il lui a demandé de prendre Mélina sous son aile et de la protéger lors de ses enquêtes. Ce dernier va donc débarquer à son tour à Barcelone pour lui prêter main forte.

Je ne sais pas si vous connaissez les Télénovelas, ces feuilletons télévisés espagnols dont certaines personnes sont friandes. On retrouve l'amour, la passion, la trahison, le mensonge, les secrets et le meurtre ou autres faits divers. Un peu comme Les feux de l'amour version espagnole. Et bien l'auteure nous plonge dans une série TV pleine de rebondissements et de retournements de situations. Car les parents du petit Matéo ont aussi des secrets qu'ils ne veulent pas voir ébruiter. Et tout ça va donner du fil à retordre à nos deux enquêteurs. 
Pour avoir lu il n'y a pas si longtemps un polar où un enfant disparaissait aussi, je peux dire que les défauts que je trouvais dans ce dernier je ne les retrouve pas du tout dans celui-ci. La peine et le désarroi de Carmen sont vraiment très bien décrits. On sent la mère anéantie par la disparition de la chair de sa chair même si parfois elle a des réactions bizarres comme ne pas alerter les forces de l'ordre.
Mélina quant à elle va s'affirmer dans cette nouvelle enquête. Elle va grandir tout en continuant d'être drôle et attachante. Malgré le fait que ce soit un polar, je retrouve de la fraicheur dans cette histoire grâce à la pétillante Mélina et à sa gourmandise extrême pour la bonne nourriture. Certaines scènes m'ont fait beaucoup sourire.
Quant à Alistair, c'est un personnage intéressant qui demande à être fouillé et qu'on a envie de revoir. Ses interactions avec Mélina étaient parfois très comiques.

C'est encore une fois une excellente lecture que nous offre Monia. Le dépaysement a été total, ce que j'adore quand je lis. 
N'hésitez pas vous aussi à partir en voyage avec Mélina et découvrir ses différentes enquêtes.




lundi 19 novembre 2018

Deux soeurs de Elizabeth Harrower - Editions Rivages

**** Chronique de Jess ****


Abandonnées à leur sort après la disparition de leur père, les sœurs Vaizey voient l'arrivée de Felix Shaw dans leur vie comme un miracle. II épouse l'aînée, Laura, et propose à la plus jeune, Clare, de vivre avec eux dans une superbe maison à Sydney. Mais le prétendu bienfaiteur révèle au fil du temps un autre visage, bien plus terrifiant...


J'ai été très tentée par le résumé de ce livre quand je l'ai lu. Noté comme thriller psychologique, il me tardait de le lire.

Après le décès de leur père, Laura et Clare déménagent en ville avec leur mère. Cette dernière ne sort quasiment plus de chez elle et laisse ses filles l'entretenir et tenir leur foyer. Le rêve de Laura était de devenir médecin comme son père mais ses rêves tombent à l'eau quand elle doit accepter un travail de dactylo dans une usine pour subvenir aux besoins de la famille. Quelques années plus tard, sa mère décide de rentrer en Angleterre pendant la guerre. Laura n'a plus d'autres choix que d'accepter la demande en mariage de Félix Shaw son patron qui lui propose d'héberger et de subvenir aux besoins de sa sœur Clare. Mais il va vite s'avérer que Felix a un problème de comportement.

Au bout d'une centaine de pages, j'ai décidé d'abandonner cette lecture. C'est très rare que j'arrête une lecture en cours mais j'ai vraiment eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire et à adhérer au style. Est-ce dû à la traduction? Je ne saurais le dire. L'histoire est très longue à se mettre en place. Je me suis ennuyée. Je n'ai pas eu d'empathie pour aucun des personnages.

C'est dommage car le résumé promettait une lecture addictive. 

Je remercie les Editions Rivages pour l'envoi de ce livre.

vendredi 16 novembre 2018

Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham - Editions Jigal

**** Chronique de Jess ****

Vrinks, fiché au grand banditisme, finit de purger une longue peine en centre de détention quand on lui annonce brutalement que le corps mutilé de sa fille Manon a été retrouvé dans un fleuve. Fou de rage, il ne pense plus qu'à s'évader pour la venger….
Amia, jeune femme d'une vingtaine d'années, prisonnière d'un sordide réseau de prostitution, réalise soudainement qu'elle va être mère ! C'est peut-être le signal qu'elle espérait pour trouver la force de fuir les griffes de ses bourreaux.
La capitaine Alice Krieg, en charge du dossier Vrinks, est une flic pugnace de la brigade de recherche des fugitifs. Elle, a grandi sans père, en a toujours souffert et plus encore aujourd'hui quand elle découvre sa cruelle maladie….
Le hasard va tous les faire se télescoper au cours d'une longue cavale infernale et sanglante. À la vie, à l'amour, à la mort, au destin….


Après avoir lu et eu un énorme coup de cœur pour des Des barbelés sur le cœur (mon avis ici) il me tardait de lire son dernier polar. 
Cédric Cham reprend les ingrédients qui avaient si bien fonctionné et nous offre de nouveau un thriller magistral avec des personnages forts.
Trois personnages, trois vies qui vont se télescoper, trois personnes qui n'auraient pas dû se rencontrer. 

Tout d'abord, Simon Vrinks qui purge une longue peine de prison. Il ne lui reste plus beaucoup à tirer, son dossier pour libération en conditionnelle est sur la bonne voie. Mais c'était sans compter sur le coup du destin qui va faire capoter tous ses plans. Son ex qu'il n'a pas vu depuis 10 ans lui annonce lors d'un parloir que leur fille Manon âgée d'une vingtaine d'année a été retrouvée morte, noyée et mutilée. 
Pour Simon c'est le coup de massue. Lui qui n'a jamais été un bon père veut tout faire pour retrouver l'assassin de sa fille quitte à y laisser sa vie. Il décide donc de s'évader de prison et de faire justice lui-même. Ce personnage m'a profondément touché. Car malgré le fait qu'il soit hors la loi, je l'ai trouvé très gentleman et respectueux même lorsqu'il faisait quelque chose de répréhensible. J'avais déjà remarqué çà dans Des barbelés sur le cœur.

Amia, jeune prostituée de 20 ans a déjà eu une vie bien glauque. Prisonnière d'un mac peu scrupuleux qui lui fait subir des horreurs, elle pense ne jamais pouvoir s'en sortir. N'ayant jamais connu l'amour (parental ou avec un homme) elle s'est finalement résignée à son sort. Mais lorsqu'elle se rend compte qu'elle est enceinte, sa décision est vite prise : elle va fuir ! Elle va croiser la route par hasard de Simon. Ils vont tous les deux parcourir un petit bout de vie ensemble. J'ai un peu eu la même sensation que dans le film Léon lors de certains passages du livre. 
Une relation forte, deux êtres que tout pourrait séparer mais qui vont se soutenir mutuellement. Elle verra en Simon, le père qu'elle n'a jamais connu, l'amant qu'elle a toujours voulu connaître. Et Simon verra en elle une fille qu'il peut sauver contrairement à sa propre chair. 

Et puis nous avons Alice, flic en charge de retrouver Vrinks après son évasion. Le cancer la ronge et elle aussi vit avec des regrets. Le regret d'avoir perdu sa mère trop tôt. Le regret que cette dernière ne lui ai jamais dit qui était son père. Le regret de n'avoir qu'une seule photo de ce dernier. Mais la vie est parfois cruelle et elle va en faire les frais à sa manière. 

Ces trois personnages sont tellement bien décrits qu'on a l'impression de les avoir toujours connus. Les chapitres vont s'alterner au début pour nous les présenter et mettre en place petit à petit l'histoire. Une histoire qui démarre doucement donc pour s'accélérer de plus en plus au fur et à mesure des différentes enquêtes. La recherche du fugitif pour Alice et la recherche du coupable du meurtre de sa fille pour Simon.
Tout comme son précédent polar, le milieu carcéral est vraiment très bien dépeint. Nous sentons que l'auteur connaît son métier.
Pas de temps mort dans cette sombre histoire, tout s'enchaîne avec brio, tout est fait pour que l'on ne s'ennuie pas une seule seconde. L'auteur va nous emmener loin dans le noir. L'auteur a le don de nous mettre KO en une seule phrase, un petit rebondissement de rien du tout mais qui prend tout son sens.

C'est désormais une certitude pour moi, Cédric Cham n'a rien à envier à d'autres auteurs, il offre à ses lecteurs des thrillers sombres d'une grande qualité. C'est encore une fois un énorme coup de cœur et il me tarde désormais de lire les prochaines parutions de Cédric. 
Un seul conseil foncez découvrir cette plume affutée ! 



mercredi 14 novembre 2018

Sinestra de Armelle Carbonel - Editions Ring

**** Chronique de Jess ****

Suisse. 1942.
Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le mal a franchi la frontière avec eux.


J'attendais cette sortie depuis très longtemps et avec impatience. Mais ce sera une drôle de lecture en ce qui me concerne. J'ai lu tous les livres d'Armelle (retrouvez mes avis en fin d'article). J'avais eu un énorme coup de cœur pour son premier Criminal Loft (qui d'ailleurs avait été ma première chronique de bloggeuse !) mais j'avais beaucoup moins adhéré à son second Majestic Murder. Ce sera donc LA lecture qui tranchera.
 
Armelle a le don de faire d'un lieu un personnage à part entière. Déjà dans ses deux précédents romans le lieu était très important (un ancien asile dans Criminal Loft et un théâtre dans Majestic Murder). Je trouve que ça donne une force à l'histoire et au récit. Dans Sinestra, elle donne la parole à part entière à la demeure. Plusieurs chapitres nous raconte l'histoire du point de vue du Val. Cette humanisation est merveilleusement décrite. 
Armelle aime les personnages et encore une fois nous avons un grand nombre de protagonistes dans cette nouvelle histoire. Certains sont importants d'autres moins. Mais il ne faut pas se fier aux apparences car souvent on pense qu'un personnage est secondaire et finalement il a un rôle essentiel dans l'histoire. 
 
Armelle nous embarque en Suisse au Val Sinestra pendant la Seconde guerre mondiale. Ce site nous envoie dans un décor hors du temps. On a beau savoir que nous sommes en 1942, on a l'impression qu'on pourrait être tout aussi bien au début du XXème siècle. L'écriture d'Armelle se peaufine de livre en livre pour devenir sublime dans Sinestra. Elle n'a rien  à envier à une autre auteure de roman noir Sandrine Collette (avec qui j'ai parfois du mal d'ailleurs). Elle nous plonge dans une atmosphère particulière dans ce livre nous emprisonnant avec sa plume dans les profondeurs du Val Sinestra. 
 
Nous allons suivre l'histoire de Ana, Klara (sa mère), Valère, un orphelin qui les a suivi et d'un vieux monsieur en fin de vie. Ils vont rejoindre le groupe de femmes et d'enfants qui vivent dans la résidence. Tout ce petit monde est sous la surveillance de Signur Guillon et de El doctor, le médecin qui tente de soigner les troubles psychiatriques des enfants.
Ana est aveugle suite à l'exécution de son père par un soldat SS. Sa mère espère qu'elle va retrouver la vue grâce au Val.
Mais eux qui pensaient fuir les horreurs de la guerre se rendent compte qu'ils ne sont pas arrivés au paradis mais en enfer. Chaque jour va apporter son lot d'horreurs. 
Armelle va nous décrire toutes ses horreurs avec subtilité, sans voyeurisme nous laissant parfois imaginer ce que certains personnages vont endurer plutôt que de nous donner des détails scabreux.
Je me suis attachée à Ana et Valère. J'ai souhaité le meilleur pour eux, qu'ils arrivent à se sortir de cet enfer. J'ai tourné les pages vite mais en même temps j'ai pris le temps de savourer cette lecture. La fin nous révèlera quelques surprises.
 
Un livre sombre, noir, un lieu sinistre qui me hantera longtemps. Alors vous aussi aurez-vous le courage de partir en Suisse découvrir ce lieu atypique?
Je vous invite et vous incite à découvrir ce roman noir à la plume sublime et poétique.
St Maur en Poche 2018
Mes autres chroniques :

Interview Mattias Köping



INTERVIEW Mattias Köping


Suite à la sortie du Manufacturier j'ai eu envie d'interviewer Mattias afin d'en savoir un peu plus sur lui et sur sa façon d'écrire. Il a gentiment accepté de se prêter au jeu des questions - réponses ;-)








1. Qu'est-ce qui t'a donné l'envie d'écrire ?

Pour être franc, je n’en sais rien. J’ai un rapport étrange à l’écriture. Parfois, j’ai envie d’écrire. D’autres fois, écrire ne me manque pas du tout. Je crois que je m’intéresse à tout un tas de sujets et que cela finit par faire un trop-plein dont je fais des histoires.

2. Qui sont les auteurs qui t'inspirent ?

Il y en a tellement que j’admire ! Mais je remarque que je me souviens plus des récits sombres et / ou déjantés que des récits joyeux. En voilà quelques-uns : Palaniuk, Ellroy, Céline, Cormac Mac Carthy, Banks, Orwell, Houellebecq…Je lis de tout, vraiment de tout, et autant de classiques que de romans contemporains.

3. Où trouves-tu l'inspiration ?

Partout. Tout m’intéresse a priori. On peut écrire une bonne histoire avec un tout petit bout de ficelle. C’est d’ailleurs comme ça que j’écris la plupart du temps : j’ai une scène unique. Je pars de cela et j’avance. Par exemple, pour Les Démoniaques, tout est parti de la scène du vol du livre. Je ne sais jamais où je vais avant de commencer. Je ne connais jamais la fin de mon histoire. L’histoire se construit au fur et à mesure et je la restructure parfois entièrement une fois que je sais où je vais.

4. Pourquoi écrire des romans aussi sombres et violents ?

Je suis joyeux au quotidien. J’adore rire et plaisanter. Cela ne m’empêche pas d’être un pessimiste convaincu : l’humanité est incapable de se réformer. La bête est là, toujours, partout. Les pulsions et les appétits sont au cœur de l’homme. On n’apprend jamais rien. On espère que les tragédies passées sont capables de nous enseigner quelque chose, mais je suis absolument persuadé du contraire, radicalement. Les monstruosités humaines sont sans fin. Je rends au monde la monnaie de sa pièce, avec rage.

5. Est-ce que tu as commencé à écrire le suivant ? J'avais la sensation que la fin du Manufacturier était ouverte, une suite prévue ?

Je réfléchis. J’ai une scène qui m’intéresse et qui pourrait faire un bon point de départ. Pour la fin du Manufacturier, il est vrai qu’elle est ouverte, mais c’est plus pour accentuer l’idée que la haine ne s’arrête jamais.

6. Une anecdote à nous raconter ?

Oui. À un certain stade de mes recherches pour le Manufacturier, il a fallu que je m’arrête, car j’avais vraiment le moral en berne. Avec l’horreur des hommes, il ne semble jamais y avoir de limites…





Retrouvez mes chroniques :

Les démoniaques

Le manufacturier







lundi 12 novembre 2018

La fille hérisson de Jonas T. Bengtsson - Editions Denoël

*** Chronique by Aurélie ***


4ème de couverture
Suz a 19 ans, et pourtant on lui donnerait 12 en la croisant dans la rue, au pied de sa cité. Son allure chétive a bien quelques avantages : elle peut aller dealer dans la cour du collège du coin sans attirer l'attention, par exemple. Mais pour Suz et pour les projets qu'elle nourrit, c'est surtout un inconvénient, le temps est suspendu depuis trop longtemps pour elle et sa famille : elle ne grandit pas, son frère ne sort pas du coma, et son père reste dans la prison où l'a envoyé le meurtre de sa femme. Pourtant ce moment approche, et Suz se prépare, physiquement et mentalement, à faire ce qu'il faudra. Car Suz navigue parfaitement dans ce milieu interlope et familier pour se rapprocher toujours plus de son but : devenir une tueuse.


Mon avis

Je remercie les éditions Denoël pour cette lecture.

Suz est une jeune fille de 19 ans qui en paraît 12. Après le drame familial qu'elle a vécu, elle essaye de survivre seule au sein de la cité où elle est née. Son frère (militaire) est à l'hôpital entre la vie et la mort car il s'est pris une grenade, et son père est en prison car il aurait tué sa femme, la mère de Suz. 

La vie de Suz bascule lorsqu'elle apprend que son père a demandé une libération conditionnelle pour comportement exemplaire. Son père ? Exemplaire ? Pfffff, Suz n'y croit pas un instant. Elle ne va cesser de "s'entraîner à devenir une tueuse", et s'endurcir mentalement mais physiquement aussi. Nous allons suivre son quotidien au travers de différents défis qu'elle s'impose tous les jours. Mais ce n'est pas tout, Suz est un poids plume, alors elle fait une fixette sur son poids pour grossir à tout prix. Vous devez aussi savoir une chose, Suz est accro au hasch.

"La fille hérisson" porte bien son nom, car Suz est l'élément principal (et le seul) de ce livre. Suz est comparée à un hérisson et par certains aspects, ils se ressemblent bien. Le hérisson est solitaire aux poils dur, hérissés et piquants. C'est une description qui colle en tous points à Suz, qui est très seule et qui a un caractère assez "piquant" et provocateur. 

Je ressors de cette lecture avec un avis mitigé, peut-être dû à cette ambiance froide et singulière. Cette lecture est loin d'être un fleuve tranquille. Elle est dure et sans concessions, mais reflète la réalité du quotidien des cités et des drames qui peuvent s'y passer. Car malgré ce "je ne sais quoi" qui m'a gênée, je n'ai pu m'empêcher de tourner les pages pour savoir ce qui allait arriver à Suz, si son père, "cette personne qu'elle qualifie d'inhumaine", allait être libéré, si elle allait réussir à atteindre ses objectifs dont celui de le tuer...
# By Aurélie :) 

samedi 10 novembre 2018

Clivage de Jean Dardi - Editions Terra Nova

**** Chronique de Jess ****

Des victimes poignardées et émasculées... Les meurtres qui se succèdent dans Paris sont monstrueux, totalement hors normes. Un tueur se déchaîne et chaque nouvelle scène de crime reflète une brutalité qui va crescendo. Pour le commissaire Dell'Orso, ces crimes évoquent des rituels barbares, actes d'un tueur incapable de maîtriser une rage trop longtemps contenue. Quand Dell'Orso découvre que toutes les victimes étaient des brutes ou des violeurs, il comprend que le meurtrier agit par vengeance. Pour faire cesser les meurtres, l'enquêteur n'a pas d'autre choix que de plonger dans l'esprit dérangé du tueur. Il ignore encore qu'il embarque pour un long et terrifiant périple aux frontières de la folie. Un voyage dont personne ne peut sortir indemne... Dans les profondeurs de son âme se dissimule une noirceur sauvage.


Nouvelle enquête pour Giovanni Dell'Orso qui commençait sérieusement à déprimer faute de serial killer à se mettre sous la dent. Mais lorsqu'un homme est retrouvé poignardé de 67 coups de couteau et émasculé dans un wagon de la SNCF il va rapidement se remettre sur pied. Il semblerait que le bonhomme avant de se faire trucider ait participé à une tournante avec trois de ses potes. Mais impossible de mettre la main sur la victime et autre chose a disparu : les parties génitales de l'individu. Le début d'une série meurtrière va commencer
Mais à part l'ADN du meurtrier, il n'y aura rien qui permettra à l'équipe d'arrêter le ou les coupables.

Dès le début, j'ai eu le sentiment que j'avais compris qui était le coupable dans cette affaire. Mais curieusement j'ai quand même été happée par l'histoire pour savoir où ça allait nous mener. Je l'ai donc lu comme un polar où l'on connaît d'entrée de jeu le meurtrier et dont l'histoire se concentre sur la traque des policiers pour le retrouver et mettre un terme à son itinéraire macabre.

Petite incohérence par contre sur la recherche de la victime du viol, les enquêteurs auraient pu savoir qui elle était et l'interroger rapidement.
Tentative de retournement de situation pour nous faire croire qu'on se trompe mais on ne me la fait pas à moi ;-)
Tous les personnages qu'ils soient principales ou secondaires sont très bien fouillés.
J'adore le personnage de Giovanni et de Pochet. Les dialogues sont parfois très imagés en accent et parfois tordant de rire. Pochet ce gros nounours qui n'en mène pas large face à la sexy Julie.
J'ai vraiment un petit faible pour Dell'Orso qui malgré son état dépressif est attachant. Il est loyal envers son équipe qu'il considère comme une famille. D'ailleurs il a le respect de la plupart de ses collaborateurs.
Le personnage d'Eve est aussi très bien travaillée. Personnage atypique et particulier que l'on sent fragile dès le début et très manipulable. Tout le côté psychologique de ce polar m'a énormément plu.
Et de vouloir savoir comment l'équipe allait mettre la main sur le coupable m'a tenu en haleine.

Un peu de longueurs parfois dans les descriptions mais le style de l'auteur est toujours très agréable à lire. Pas mal d'humour ponctue l'histoire parfois glauque. J'ai souvent souri voir rigolé en lisant certaines scènes.
Pour finir j'avais bien tout le scénario dès le début mais ça ne m'a pas empêché de passer un très bon moment de lecture.

Je remercie les Editions City pour cette lecture.

 
Autres chroniques :



vendredi 9 novembre 2018

Passager 23 de Sebastian Fitzek - Editions Archipel

*** Chronique by Aurélie ***


4ème de couverture
Imaginez un lieu isolé.
Un lieu où disparaissent, année après année, des dizaines de personnes…
Sans laisser de trace.
Un lieu rêvé pour des crimes parfaits.
Bienvenue à bord.
La croisière ne fait que commencer…


Mon avis

Je remercie les éditions Archipel pour cette lecture.

Martin Schwartz est un flic au bord de la rupture. Les "missions suicide" sont son quotidien car il n'a plus rien à perdre. Cinq ans auparavant, il a perdu sa femme et son fils Timmy lors d'une croisière à bord du Sultan des Mers. Martin vient de terminer une mission lorsque Gerlinde Dobkowitz, une vieille dame d'un certain âge à l'humour mordant le contacte afin de l'amener sur le Sultan, paquebot du drame familial. Elle veut lui faire part de ses découvertes dont la réapparition d'Anouk qui n'est autre  qu'une passager 23. Mais Anouk ne resurgit pas seule, elle a en sa possession le doudou de Timmy. Quel est le lien entre Anouk et Timmy ? Est-il toujours en vie ? D'autre part, où est passé Naomi (la maman d'Anouk) et surtout où était caché Anouk pendant ces huit longues semaines ? 
Martin va mener son enquête en tentant de faire parler Anouk. 
En parallèle, Julia Stiller et sa fille entament une croisière sur le Sultan. Tout se passe bien jusqu'à la disparition de Lisa... Une histoire de passager 23 qui risque de se renouveler à nouveau... 

J'ai connu Sebastian Fitzek avec "Thérapie" que j'avais adoré ! C'est donc avec le souvenir d'un bon moment  de lecture que je me suis laissée embarquer dans ce dernier opus. 

"Passager 23" se lit d'une traite. Je l'ai littéralement bouffé ! Ce thriller en huis clos est tout simplement plus qu'addictif. Il y a beaucoup de personnages, mais c'est surtout le personnage de Martin qui est mis en avant. Ce personnage est superbement travaillé autant sur le plan psychologique, que sur l'aspect physique qu'on imagine sans mal. Les émotions de Martin font parties intégrantes de l'intrigue. Martin est un personnage à fleur de peau, usé, au bout du rouleau. 

Sebastian Fitzek nous plonge dans une enquête dense avec beaucoup d'informations. L'enquête s'avère complexe mais très bien ficelée. Tous les éléments d'un page-turner sont de la partie : style fluide, chapitres courts,... J'ai été entraîné à la suite de Martin, j'ai couru les coursives, j'ai arpenté les différents ponts, je suis descendu dans les coins les plus obscurs de ce paquebot. Cependant, toutes ces actions ne m'ont pas empêché de sentir la lourde solitude et le deuil de Martin. L'auteur ne nous laisse aucun répit. Il nous fait réfléchir, nous lance sur de fausses pistes pour encore mieux se jouer de nous.  Et que dire de la fin ? J'ai été estomaquée quand le voile a été levé car je n'ai rien vu venir que ce soit sur le mobile ou sur l'identité du "vrai" coupable. C'est donc pour moi une très belle réussite.

Vous l'aurez compris, j'ai été transportée tout au long de cette croisière, un huis clos vertigineux qui aborde de nombreuses thématiques dont une tabou. Cette thématique est à vomir. C'est malsain au possible. J'ai eu envie d'hurler ma haine contre tant de cruauté. Pour ma part, c'est inimaginable. Cela m'a révolté !

Néanmoins, j'ai un petit bémol concernant la justification du prologue. Quelle était son utilité ?

Je ne peux que vous conseiller cette lecture (très addictive), mais attention ce sera à vos risques et périls, car si vous pensiez entreprendre une croisière paisible, vous vous trompez lourdement. Alors, faites attention car vous risquez peut-être de passer par-dessus bord ;) 

# By Aurélie :)

mardi 6 novembre 2018

La reine des quiches de Sophie De Villenoisy - Editions Denoël

**** Chronique de Jess ****



À quarante et un ans, Murielle collectionne les échecs, comme si une vilaine fée prenait un malin plaisir à la persécuter. Après autant de fausses couches que de manuscrits refusés, elle s'est résignée à ne donner vie qu'à des articles sur les vermifuges dans la rubrique animalière d'un journal télé.
Jusqu'au jour où un éditeur l'appelle, son dernier roman, Ceci est mon corps, l’'a fasciné, il veut absolument le publier. Murielle n'en revient pas, son roman-confession sur sa propre stérilité va lui apporter la reconnaissance dont elle a toujours rêvé! Mais ce succès littéraire pourrait aussi avoir des conséquences inattendues sur sa vie et son entourage….



J'ai connu la pétillante Sophie De Villenoisy grâce à son roman Question de standing il y quasiment deux ans (retrouvez mes chroniques en fin d'article). J'ai tout de suite accroché avec sa plume et ses drôles d'histoires qui mettent en scène des femmes dans la quarantaine avec leurs problèmes et leurs petits défauts. Il me tardait donc de lire un nouveau roman de l'auteure.

Murielle, bientôt 42 ans n'aime pas trop sa vie. Elle voulait être journaliste et se retrouve à être rédactrice de la rubrique "animaux" dans un magazine TV. Elle a toujours voulu être mère et après 7 fausses couches à renoncer à l'idée de fonder sa propre famille. Sa mère ne lui a jamais adressé le moindre signe d'affection, préférant sa sœur cadette. Murielle a toujours rêvé d'être écrivain et qu'un de ses manuscrits soient publiés mais les lettres de refus des maisons d'édition s'accumulent. Et pour couronner le tout, sa sœur parfaite mène une vie de rêve avec ses trois beaux garçons. Le seul point positif de sa vie est son époux qui est toujours présent pour lui remonter le moral. 
Mais un matin, elle reçoit un appel des Editions Gallimard qui veulent publier son manuscrit Ceci est mon corps, un livre qu'elle a écrit avec ses tripes, une autobiographie un peu fantasmée qu'elle ne pensait jamais voir publiée. La vie de Murielle va donc être chamboulée du jour au lendemain. Elle qui était transparente la plupart du temps va se retrouver dans les Spotlight et ça ne va pas beaucoup lui plaire. 

Sophie nous offre encore une fois une histoire sympathique qui se lit d'une traite. J'ai eu du mal à comprendre le comportement de Murielle. J'ai eu parfois envie de lui mettre des baffes et de la secouer. J'avais un peu la même attitude que son mari, elle m'agaçait pour ensuite m'attendrir. Les femmes sont encore à l'honneur dans ce roman. L'auteure va traiter des sujets qui importent aux femmes à savoir, être ou ne pas être mère, la stérilisation, le viol, les secrets de famille, et comment être une bonne mère aux yeux des autres et comment réussir à accéder à ses rêves. Donc malgré un roman "feel good" il y a quand même une réflexion derrière la situation de Murielle et des autres protagonistes de l'histoire. 
Cathy, la sœur de Murielle m'a passablement énervé aussi à vouloir jouer la mère parfaite alors que quand on creuse et qu'on regarde derrière les meubles sa vie n'est pas si parfaite que ça.
Jérôme, le mari de Murielle m'a particulièrement plu. Cet homme toujours là pour sa femme dans n'importe quelles circonstances, toujours prêt à l'épauler malgré ses crises. Lui aussi a des rêves de gloire et lui aussi souhaite être père. 

J'ai passé un excellent moment avec cette lecture. J'ai ri parfois en lisant certaines scènes. J'ai eu les larmes aux yeux lors d'un autre passage où l'on comprend enfin le mal être de Murielle. Le style est toujours fluide et se lit tout seul ou presque. Je dirais que le seul bémol est la taille du livre car il se lit trop vite ! 
J'avais besoin d'une lecture légère et sans prise de tête suite à ma lecture précédente et ce livre a rempli son office. C'est toujours un plaisir de lire un livre de Sophie De Villenoisy. 


Mes autres chroniques :



lundi 5 novembre 2018

Le manufacturier de Mattias Köping - Editions Ring

**** Chronique de Jess ****

Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l'avocate Irena Ilić tente de remonter la piste jusqu'à la tête du commando, le sinistre Dragoljub.

Le 1er avril 2017, les cadavres d'une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet... Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s'empare de l'affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l'inimaginable s'en échapper.

Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L'avocate et le flic ont des intérêts divergents et sont prêts à se livrer une guerre sans merci. Emportés dans l'abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que l'on croit. Crimes contre l'humanité, meurtres en série, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l'étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l'Histoire finiront par déborder, et vomir des monstres trop vite oubliés.

N'ayez pas peur.

Oui, il y a tout cela dans Le Manufacturier. Non, il n'y a pas d'autre issue.



J'ai découvert Mattias Köping avec son premier thriller Les Démoniaques (mon avis ici) qui avait été une sacrée découverte et un énorme coup de cœur. J'attendais donc avec impatience son nouveau livre pour voir à quelle sauce il allait nous manger, nous pauvres lecteurs. 
Dans Les Démoniaques les ingrédients étaient drogue, esclavage sexuel, meurtres, corruption, pédophilie et toute la pourriture humaine que l'on peut rencontrer dans ces domaines. Ici Mattias reprend quelques ingrédients qui ont fonctionné et en a rajouté d'autres : mafia, prostitution, pédophilie, tortures et crimes de guerre.

Milovan a quitté son pays la Croatie à l'âge de 10 ans suite au massacre de sa famille. Laissé pour mort, à moitié égorgé, il a rejoint la France pour vivre chez un oncle éloigné de la famille, Boris. Ce dernier l'a adopté et en a fait son fils. Un jour, il voit dans une émission, une avocate serbe qui enquête sur les criminels de guerre des pays de l'Est. Elle fait tout pour mettre derrière les barreaux des miliciens qui ont massacré les populations. Malgré son dégoût et sa xénophobie envers les serbes Milovan va la contacter pour qu'elle retrouve le bourreau qui a exterminé sa famille.

D'un autre côté, une équipe des stups sous le contrôle du capitaine Latrigan et une équipe de la judiciaire sous les ordres du capitaine Radiche, dit Zéro, veulent démanteler un parrain de la drogue dans la cité de la Vallée Verte au Havre. Radiche est un flic borderline, détesté de tous ses collègues. Il n'hésite pas à enfreindre la loi pour mettre derrière les barreaux les pires saloperies. Et des saloperies il s'en passe : traites humaines, proxénétisme, deals de drogues, un vrai business !
Et entre les chapitres, nous rencontrons Vivardoux, un geek qui surf sur le darknet et qui est accro aux snuff movies et autres merdes dégueulasses que l'on trouve dans les fins fonds du web. Il va régulièrement sur le site du Manufacturier où il trouve son bonheur. Mais le Manufacturier a l'air d'avoir un but en tuant et mettant en ligne ses crimes. Lequel? Quel est le lien entre le Manufacturier et l'enquête au Havre? 

Dès les premières lignes je retrouve mes addictions au style de Mattias Köping. C'est bien un des rares auteurs qui avec un livre à son actif m'a rendu accro. Style percutant, en osmose avec l'histoire, c'est brut de décoffrage, c'est crade, ça fait flipper tellement ce qu'il nous raconte est vrai et sonne vrai. Je ne sais pas où il va chercher tout ça mais en tout cas ça fonctionne! 

Je n'étais pas du tout familière avec les différentes guerres qu'il y a eu dans les pays de l'Est. Cette partie de l'Histoire est vraiment passionnante mais en même temps horrible. Je connaissais la Seconde guerre mondiale côté Allemagne et France, mais pas du tout le rôle de la Croatie ni de la Serbie à cette période. Et dans les atrocités ils ont aussi fait très fort! 
Le travail de recherches sur ces différentes guerres est tout simplement remarquable. L'auteur s'est très bien documenté et nous retrace les différents conflits de manière claire et précise.
Quel est le point commun entre un baron de la drogue, un serial killer, et une enquête sur des crimes contre l'humanité en Croatie? Qu'est-ce qui lie tous les protagonistes? 

Des rebondissements où on ne s'y attend pas vont vous surprendre. Premier effet kiss-kool : une claque dans la tronche une première fois car là on se rend compte que l'auteur nous a bien entubé et baladé depuis le début. 
Et puis deuxième effet kiss-kool : la réalisation. Une des grosses interrogations vient de trouver sa réponse, on croit avoir deviné et on se dit mais non ce n'est pas possible ?!?!? 
Ne cherchez pas, je vous préviens vous ne pourrez jamais deviner le scénario de cette histoire à l'avance. Vous pourrez toujours tenter mais vous vous planterez. Jusqu'à la dernière page vous serez surpris et cerné par l'horreur à l'état brut. Vous passerez par un maelström d'émotions en lisant le Manufacturier, mais le plus souvent la colère et le dégoût l'emporteront. Mais chaque détail d'horreur à son importance dans l'histoire, rien n'est gratuit, tout à un but. 

Pas de longueurs, l'histoire passe d'une enquête à l'autre dans la fluidité parfaite d'un métronome. Enquêtes en tiroirs, multiples lieux (Le Havre, La causse de Mende, la Croatie..), pléthore de protagonistes nous sommes happés du début à la fin. Plus les différentes enquêtes avancent et plus le canevas des enquêtes parallèles se dessine et se précise. Ce bouquin est un putain de chef d'œuvre. Mais attention âmes sensibles s'abstenir car certaines scènes sont vraiment abominables. Mais c'est la touche de Mattias, l'horreur absolue, mais l'horreur qui existe ou qui a existé. Si on l'avait censuré, ce livre n'aurait pas eu le même impact je pense. Le pire de l'homme est décrit dans cette histoire. Je dirais même le pire DES hommes. 

C'est encore un énorme coup de cœur pour cette histoire que j'ai eu du mal à poser. Bon je me dis aussi que je dois avoir un problème pour avoir tant aimé une histoire aussi sordide ;-) ce doit être mon côté morbide.
Je peux dorénavant dire que Mattias Köping fait partie des grands et il me tarde maintenant de lire le suivant. D'ailleurs j'ai trouvé que la fin de ce livre était ouverte à une suite donc à voir! 
Par contre petit conseil, si vous n'aviez pas pu finir les Démoniaques car trop violent je vous déconseille de lire celui-ci car on passe à un niveau au-dessus dans le violent.