jeudi 8 octobre 2026

Accident(s) de Sophie Loubière - Belfond éditions

 **** Chronique de Jess ****

Octobre 2010. La romancière Cécile Varennes peine à refaire surface depuis la violente collision qui a failli lui coûter la vie. Son monde se fracture une nouvelle fois lorsque la voiture de son père est retrouvée calcinée au fond des bois près de Nevers. L'enquête conclut à un accident. Cependant, une valise cachée dans la maison du défunt raconte une autre histoire.
À l'intérieur, des coupures de presse faisant mention d'accidents, de disparitions et de meurtres survenus le long de la Nationale 7. La même route où ont péri la mère et le petit frère de Cécile, trente ans plus tôt.
Ce que son père traquait, Cécile l'ignore.
Mais ce sera le moteur de son prochain thriller.
Incapable de tenir un volant, Cécile arpente les 996 km de la Route bleue, aux côtés de Tristan, un ancien photo-reporter désormais journaliste dans la Nièvre. Un homme dont le passé pourrait bien télescoper le présent de la reine du crime... Vérités enfouies, serial-killer oublié : quels secrets cachent cette route mythique ?
De Paris à Nice, la quête de vérité va se transformer en guêpier.

Après la route 66 aux USA, Sophie nous embarque pour un road trip sur la Nationale 7.

Sur la N7, personne n'a fini de faire ses comptes

Il y a des romans qui vous embarquent dès la première page, et d'autres qui vous mettent la ceinture avant même le premier virage. Accident(s) appartient à la seconde catégorie.

Sophie Loubière choisit un décor que tout le monde connaît : les 996 kilomètres de la Nationale 7, entre Paris et Nice. La route des vacances, celle des embouteillages de l'été et des départs vers le Sud, devient ici un fil d'Ariane glaçant. On y roule avec Cécile Varennes, romancière de polar, dont le père est retrouvé mort dans sa voiture calcinée au fond d'un bois près de Nevers. L'enquête conclut à un accident, mais une valise cachée, remplie de coupures de presse sur des disparitions et des meurtres, raconte une tout autre histoire.

Le point de départ est brillant : une autrice de romans noirs qui, faute de pouvoir reprendre le volant, confie la conduite à Tristan, un ancien photoreporter reconverti dans la presse régionale. Ce duo improbable fait tout le sel du roman : elle écrit, il a déjà vu, et on devine que leurs passés ne demandent qu'à se télescoper. Les personnages de Sophie sont toujours très bien travaillés au point qu'on a l'impression de les connaitre. 

Sophie Loubière réussit aussi à rendre l'intime aussi tendu que l'enquête. La mère et le petit frère de Cécile ont péri sur cette même route trente ans plus tôt, et on sent que chaque borne kilométrique remue autre chose que des indices. C'est là que l'autrice excelle : le suspense ne repose pas sur la mécanique, il vient des fêlures de ses personnages.
Mais son personnage principal sera finalement cette nationale.

Les secrets et les non-dits ponctuent également le roman. Sophie Loubière nous balade sur cette nationale pour au final nous mettre KO avec un final magistral. 

Un polar qui donne envie de vérifier ses rétroviseurs, et qui fait de la Route bleue l'un des personnages les plus inquiétants de la rentrée. À lire, de préférence sans croire qu'un accident est toujours un accident.


Autres chroniques :






Photos de la soirée de lancement du 7 octobre 





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire