dimanche 27 septembre 2020

Sang pour cent dans le noir - Collectif - Editions Cairn

 **** Chronique de Jess ****

La collection Du Noir au Sud fête son centième titre ! À cette occasion 24 auteurs maison vous proposent une nouvelle noire, locale et inédite !

Ce nombre n’était pas dans nos têtes lorsque la collection Du Noir au Sud s’est créée en 2013. Loin de s’imaginer que l’on atteindrait en si peu de temps ce nombre mythique. Loin de s’imaginer le succès que la collection rencontrerait tant au niveau du public que des auteurs. Aujourd’hui, c’est une réalité.

L’idée de ce recueil était simple : jouer sur les mots, leur son et leur sens. Cent, sang, sans, sent, c’en, s’en et tant d’autres...

Vingt-quatre auteurs sur la cinquantaine que nous avons publiés depuis le lancement de la collection. C’est dire la fidélité et l’engagement de la team Du Noir au Sud.





Je remercie les Editions Cairn et Eric Dupuis pour cette lecture.

Je lis très peu de recueils de nouvelles. Je ne pourrais même pas vous dire pourquoi car cela permet de découvrir de nouveaux auteurs. En général, il y a un thème, et ici c'était le "Sang" et tous ses homonymes. Je trouve qu'écrire une nouvelle n'est pas chose aisée car il faut pouvoir appâter le lecteur, le faire rentrer dans l'histoire rapidement et surtout ce qui est le plus important à mes yeux est la chute qui doit être phénoménale et nous laisser sur le cul. Sans une bonne chute je pense que le pari est raté. Mais ici j'ai découvert d'autres aspects positifs aux nouvelles. Il n'est pas facile de chroniquer plusieurs histoires en même temps (c'est d'ailleurs peut-être pour ça que je n'en lis pas souvent :-)) je vais donc les regrouper par ce qui m'a plu et vous parler de certaines un peu plus en détail.

En plus de certaines nouvelles dont la chute m'a scotché : 
Les nouvelles suivantes : 
- Patrick Caujolle "Un repas bien innocent", un agriculteur est marié avec une historienne de l'art, rien de commun entre eux si ce n'est le désir d'avoir un enfant qui ne vient pas. Le mari est à bout des commentaires de sa femme et de sa mère. Il va finir par réaliser l'impensable.
- Philippe Charrac "Faux-semblant", qui dépeint le récit d'un violeur/tueur de femmes dans sa quête de victime jusqu'à ce qu'il se fasse prendre. Mais il a plus d'un tour dans son sac pour s'en sortir !
- Antoine Léger "Sang blanc": une nouvelle dans l'air du temps et du Covid, avec la visite d'un fils à sa mère en maison de retraite. Cette dernière est un peu perturbée par tout ce qui se passe autour d'elle. Le fils la pense sereine et repart serein de la maison de retraite sans savoir que le dernier geste anodin qu'il a fait tuera sa mère.
- Philippe Lescarret "Sang équivoque" dont je ne ferais pas de résumé, mais qui a une fin vraiment improbable.
- Patrick Nieto "Sang d'encre" : idem que pour la nouvelle de Philippe Lescarret, la fin est incroyable !
- "Sans papier" de Guy Revhenmann" : une femme se fait arrêter en voiture en pleine nuit au Bois de Boulogne par la police. Le flic la prend pour une prostituée, elle va rentrer dans son jeu. Mais rira bien qui rira le dernier.

Il y en a aussi qui m'ont époustouflées par leur noirceur et leur retournement de situation :
- Michel Brome "Sans dessus dessous" : Un auteur de polar passionné de spéléologie se prend d'affection pour une femme de son club. Cette dernière est la muse d'un peintre qui ne laissera pas partir sa muse sans avoir le dernier mot. Une nouvelle machiavélique par son scénario et une de mes préférées.
- Jean-Luc Cochet "Consanguins": Un homme tue son oncle pour son héritage. L'oncle était mauvais et maltraitait Adrien. Il pense qu'il a réussi le meurtre parfait, mais c'était sans penser une seule seconde à un petit détails qui peut paraître anodin, mais qui va riper la mécanique de son crime.
- Eric Dupuis "Sans toi" : Cette nouvelle m'a bouleversée. Une ode à la femme et à sa protection. Des hommes sont retrouvés atrocement mutilés. En enquêtant, il se trouve qu'ils maltraitaient leur femme. Mais qui cherchent à venger les femmes ? Et surtout existe-t-il un schéma dans les morts par violence conjugale? Il semblerait que lorsque la femme décide de quitter son conjoint maltraitant, ce dernier ne le supportant pas finit pas la tuer. Une nouvelle qui fait réfléchir surtout par sa chute époustouflante, mais d'un côté prévisible.
- Simone Gélin "Sang d'encre" : Histoire de vengeance aussi dans cette nouvelle avec une jeune femme qui va se venger d'un crime impuni. Elle réussira le meurtre parfait.

D'autres avec une fin prévisible ou presque :
- N.D Noguès "Le sang de la terre" où un homme demande à un sculpteur de réaliser le buste de sa femme pour un cadeau d'anniversaire.

Enfin il y a celles sur la vengeance et le lâcher-prise : 
- Simone Gélin "Sang d'encre" : Histoire de vengeance aussi dans cette nouvelle avec une jeune femme qui va se venger d'un crime impuni. Elle réussira le meurtre parfait.
- Jacques Lavergne "Six cent quatre-vingt-dix grammes". Un homme dans la cinquantaine, au chômage, divorcé et sans enfants est au bout de sa vie et de ses rêves sauf quand il joue aux boules avec ses amis. Une rencontre à la terrasse d'un café va bouleverser sa vie.
- Serge Nicolo "Le sang des pauvres" : Une nouvelle dans l'air du temps avec les manifestants et le manque de moyen de certaines catégories sociales.

Et d'autres inimaginable, mais qui font vraiment réagir notamment Pierre Olhagaray avec "La sentence du sanctuaire" qui nous montre les effets négatifs des intelligences artificielles.

J'ai passé un bon moment entouré de ces 24 auteurs du noir qui ont réussi le pari de me surprendre avec leurs nouvelles. Un recueil à lire !

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