mercredi 22 janvier 2020

Matière noire d'Ivan Zinberg - Editions Cosmopolis

**** Chronique de Jess ****


Juillet 2017.

Une région. Deux disparitions.

Après une nuit en discothèque, la jeune Inès Ouari ne donne plus signe de vie.

Marion Testud, elle, n'est jamais rentrée de son jogging matinal.
Sur leurs traces, deux enquêteurs aux profils atypiques : Karim Bekkouche, chef de la BAC de Saint-Étienne, flirte avec les limites et prend tous les risques pour retrouver Inès. Jacques Canovas, journaliste parisien et ex-flic des Renseignements généraux, couvre la disparition de la joggeuse.
Tous deux ont des raisons personnelles de parvenir à leurs fins.

D'un bout à l'autre du pays, les pistes se croisent tandis que de vieux meurtres énigmatiques refont surface. Deux hommes confrontés, lancés dans une course contre la mort à pleine vitesse dans les abysses de la terreur panique.


Il y a peu de temps je découvrais la plume d'Ivan Zinberg avec Etoile morte (mon avis ici). Je suis tout de suite tombée sous le charme de son écriture et de son scénario. Il me tardait de lire Matière noire et de découvrir tout le bien qu'on en dit sur les réseaux sociaux. 

Ce qui est curieux parfois c'est d'expliquer pourquoi on accroche à une histoire plus qu'à une autre. Je m'explique, quand on commence ce polar et qu'on lit le résumé on se dit "rien de spectaculaire, rien de nouveau, une alternance d'enquête entre un journaliste et un flic qui n'est même pas en charge de l'affaire". 
Mais en fait pas du tout, il y a un petit quelque chose dans les polars d'Ivan Zinberg qui fait qu'on est happé dès les premières lignes. Serait-ce les descriptions aux cordeaux des interpellations, ou les faits et gestes de la police? Serait-ce ses personnages qui certes sont basiques, mais ont un petit quelque chose en plus ? Serait-ce l'alternance des enquêtes qui rend la lecture totalement addictive? Ou l'affaire en elle-même ?
C'est un petit mélange de tous ses ingrédients qui fait qu'une fois qu'on commence on ne peut plus s'arrêter.

Inès Ouari disparaît à la sortie d'une boite de nuit. Sa mère est folle d'inquiétude mais comme elle a un passif de fugueuse la police ne s'en inquiète pas plus que ça. Elle décide donc d'en parler à Karim, dit "Beck", chef de BAC, qu'elle connaît pour avoir passé sa jeunesse dans la même cité. Karim va chercher à retrouver Inès coûte que coûte. 
D'un autre côté nous avons Jacques, ancien des RG, retraité qui bosse depuis quasiment 10 ans en tant que pigiste chez Crime Hebdo, un journal de fait divers du style Le nouveau détective (que j'adore lire de temps en temps! Mais je m'égare). Son patron l'envoie faire un papier sur une joggeuse retrouvée violée et étranglée. Mais une fois sur place il va déterrer d'autres affaires de meurtres de femmes dont le mode opératoire fait penser à des crimes sériels. Il va se donner à fond sur cette piste. 

Je viens de comprendre en lisant Matière noire qu'Ivan est Capitaine de police et je comprends mieux maintenant la qualité de ce livre. C'est plus qu'un polar, on a l'impression d'être immergé dans les différentes enquêtes sur la recherche de la vérité et du coupable. L'auteur a choisi de dérouler son intrigue en France et non plus aux USA. Il connaît le secteur comme sa poche on pourrait même vérifier sur google maps les précisions des trajets des différents protagonistes. Le travail effectué pour ce bouquin est totalement incroyable. Certains pourraient penser qu'il y a des longueurs mais je pense qu'elles sont nécessaires à la trame de ce polar car les descriptions de certaines scènes sont très dures.
La rencontre entre Jacques et Beck va donner un rythme prenant au dernier tiers du roman. La tension va monter crescendo, tout va s'enchaîner avec brio pour arriver à un final en apothéose qui nous laissera sur le cul.

Si vous aimez les polars réalistes, ne passez pas à côté de ce bijou. Pour moi c'est un gros coup de cœur ! Je remercie les Editions Cosmopolis pour cette lecture.






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