vendredi 19 janvier 2018

Juste après la vague de Sandrine Collette - Editions Denoël

**** Chronique de Jess ****

Une petite barque, seule sur l’'océan en furie.
Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots.
Un combat inouï pour la survie d'’une famille.

Il y a six jours, un volcan s’'est effondré dans l’'océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et soeœurs. Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. Alentour, à perte de vue, il n'y a plus qu'une étendue d'eau argentée. Une eau secouée de tempêtes violentes, comme des soubresauts de rage. Depuis six jours, ils espèrent voir arriver des secours, car la nourriture se raréfie. Seuls des débris et des corps gonflés approchent de leur île.
Et l'eau recommence à monter. Les parents comprennent qu'il faut partir vers les hautes terres, là où ils trouveront de l’'aide. Mais sur leur barque, il n'y a pas de place pour tous. Il va falloir choisir entre les enfants.

Une histoire terrifiante qui évoque les choix impossibles, ceux qui déchirent à jamais. Et aussi un roman bouleversant qui raconte la résilience, l'amour, et tous ces liens invisibles mais si forts qui soudent une famille.



Ne jamais dire "fontaine je ne boirais plus de ton eau". En effet, après avoir lu Il reste la poussière (mon avis ici) j'avais dit que j'abandonnais les livres de Sandrine Collette. Mais après avoir lu le résumé de son dernier livre j'ai eu vraiment envie de le lire.
A peine reçu, à peine lu car je voulais en parler avec elle ce week-end au salon d'Osny.
 
Alors chose curieuse mais ce qui me dérangeait dans le dernier livre ne m'a pas du tout dérangé dans celui-ci. Je pense que le sujet me plait et que ça joue énormément. Il me plait et il m'effraie au possible aussi. Car tout commence par un tsunami qui va détruire la ville où vit cette famille. Et les tsunamis me font une peur bleue. Cela fait partie de mes pires cauchemars.
Nous avons donc cette famille qui se retrouve prisonnière de la mer en haut de leur colline où se trouve leur habitation. Encore une fois, ne cherchez pas à savoir en quelle année nous sommes car il n'y a aucun indice spatio temporel à part la date à laquelle se déroule l'histoire : le mois d'août.
La mer petit à petit au lieu de décroître va continuer de monter au grand malheur de cette famille. Ils décident donc de partir vers les plaines hautes pour trouver de l'aide même si tout porte à croire qu'ils sont seuls au monde.
Mais dans leur malheur il se trouve que la barque qu'ils ont ne peut pas contenir tous les membres de la famille. Ils décident donc d'abandonner 3 de leurs enfants à la maison et de partir.
 
Dans la première partie nous allons suivre la vie sur l'île avec Louie, Perrine et Noé. Comment ils vont passer leur journée seuls au monde à attendre désespérément de revoir leurs parents et leurs frères et sœurs. Tout ne va pas être rose.
Dans la seconde partie, l'auteur nous raconte la vie sur l'eau, sur la barque du point de vue de Madie la mère mais aussi de Pata le père. Chacun va vivre sa culpabilité à sa façon. Un long voyage de plus de 12 jours qui ne sera pas de tout repos. Ils vont vivre leur lot de peurs et de malheurs.
Et enfin dans la troisième partie nous retournons sur l'île avec les enfants. La mer monte de plus en plus. Il va falloir faire des choix compliqués pour survivre.
 
J'ai été complètement subjuguée par ce livre. Les descriptions et les sentiments décrits sont tout simplement sublimes.
Le mer est le personnage principal de ce livre. Cette mer omniprésente, dangereuse, angoissante, tueuse.
La mère aussi, coupable, lâche, ou pas. Car comment faire ce choix que de laisser 3 de ses enfants de côté au risque qu'ils leur arrivent malheur. Moi-même maman je ne peux concevoir ce choix. Mais je ne suis pas non plus dans la même situation dramatique. La culpabilité va ronger cette femme. Elle qui a porté la chair de sa chair ne peut pas se remettre de perdre un de ses petits. Le père ne pourra pas comprendre le comportement de sa femme même si il aime ses petits, l'amour d'une mère est plus fort. Il ne comprend donc pas la folie qui la guette.
 
Sandrine Collette a réussi l'exploit de nous offrir un huis clos étouffant dans l'immensité de la mer. La mer hostile, qui semble sereine mais dont il faut se méfier. La mer qui monte, qui menace de nous engloutir, de nous noyer. Ce livre vous fera suffoquer. Vous allez espérer que tout le monde s'en sorte et que la fin soit joyeuse. Vous allez vous aussi voguer en pleine mer et avoir peur. Vous allez même en rêver la nuit.
Le style de Sandrine Collette est toujours parfait, juste. Les émotions sont au rendez-vous et ne vous laissera pas indifférent. Un livre qui ne s'oublie pas et qui restera gravé longtemps dans mon esprit.
Comme quoi j'ai bien fait de persévérer et de lire ce livre car sinon je serais passée à côté d'une pépite.

Salon Polar Osny 2018
 
 

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